Chers Amis Auditrices et Auditeurs De l’émission Echo d’Haïti www.wunr.com samedi soir, 8 heures.
Echo D'Haïti aura comme invité ce samedi 12 juin 2010 Monsieur René Julien
Nous ne sommes pas tenus.
L'un des principes fondamentaux de la démocratie est la confiance qui doit s'installer entre la population qui donne mandat à ses dirigeants par le biais d'un bulletin de vote et le devoir de responsabilité dont les dirigeants doivent faire preuve à l'endroit du peuple. La légitimité est liée non seulement à la durée du mandat c'est-à-dire le temps durant lequel le mandataire devra exercer ses fonctions et aussi et surtout à la fonction qu'il devra exercer consistant dans la recherche du bien-être de la population. La légitimité de toute autorité repose sur des bases juridiques, éthiques ou morales et ce sont ces valeurs qui créent la relation de confiance. Aussi tout dirigeant qui aura décidé d'instaurer ou d'utiliser la violence comme moyen de gouverner, ou qui se sera révélé totalement incompétent, perd ipso facto sa crédibilité et de surcroit sa légitimité.
Il existe dans le domaine de la fiscalité un principe qui veut que tous les impôts et taxes fassent l'objet d'une loi. Ce principe évite non seulement les risques de détournement de fonds publics vers des patrimoines privés mais aussi conforte dans l'esprit du citoyen l'idée qu'il participe à la distribution du service public.
Ce que nous constatons en Haïti depuis longtemps et dont le pouvoir actuel en est passé maître, c'est le fait que l'on se fiche de la volonté populaire comme si, même quand on se dit concerner par le bien-être de la population, il n'est pas nécessaire de l'y adjoindre, ou qu'il y participe.
Nous allons boucler ce samedi 12 juin 2010 le cycle de cinq longs mois de tribulations, de violations, de misères et de tortures physiques et morales de la population haïtienne après l'Hécatombe de janvier 2010 en Haïti, cinq mois caractérisés par un manque de respect effarant que le pouvoir en place voue à la population dont il a pour devoir de protéger et de garantir le bien-être. Ce qui est pire dans ce dévergondage c'est que l'ONU, les Etats Unis pour ne citer que ces deux entités sont présents en Haïti au premier rang et cautionnent toutes ces violations et prennent même position aux cotés du Gouvernement malgré les protestations de la population réclamant sa démission. On comprend aisément que cette prise de position vient tout simplement du fait que le pouvoir en place satisfait les intérêts des multinationales.
Ce que l'on veut éviter en appuyant le pouvoir de Préval ou mieux en voulant l'imposer aux haïtiens, c'est bien loin d'être une soi-disant légitimité et de stabilité politique et quelle stabilité? mais en fait la consolidation des deux lois illégales, inconstitutionnelles et illégitimes que Préval et ses amis ont concoctées et qui garantissent le pillage par les internationaux du patrimoine d'Haïti.
L'on ne nous apprend absolument rien lorsqu'on nous dit que l'on va faire de Port-au-Prince une Capitale moderne. Ce par contre l'on ne nous dira jamais c'est qui sont les firmes multinationales ou ces particuliers qui ont déjà raflé toutes les petites parcelles de Port-au-Prince? Nous sommes sûrs que la diaspora n'est pas du nombre. L'on savait que cette déclaration allait venir et le fait de ne pas s'intéresser trop aux haïtiens sous les tentes témoignent tout simplement du fait que l'on veut ménager les coûts de la réalisation du projet.
La saison cyclonique qui arrive n'inquiète que les pauvres misérables haïtiens qui vivent sous les tentes dans la crasse et dans la merde. Préval et ses copains au contraire voudraient assurément les voir emporter par les eaux, ce qui ferait certes couler dans les yeux de leurs proches quelques larmes supplémentaires mais qui règlerait en fait le problème du coût pour les multinationales.
On ne peut en aucune façon faire du développement pour une population sans l'y intégrer, on ne peut pas bâtir une cité pour une population quelconque tout en l'excluant du projet. La réalité est que Port-au-Prince ne sera en rien pour les haïtiens, ils seront tout simplement embauchés à des menus travaux de ménage et autres. Port-au-Prince sera un milieu d'affaires et de villégiatures où ne pourront y séjourner que des riches et si un haïtien voudrait y passer un instant quelconque, ce ne sera que dans des chambres d'hôtels qui seront excessivement chères.
La Communauté Internationale, les hommes d'affaires et Préval sont en train de bâtir une pyramide sur un sable mouvant. Il faut se rappeler que l'une des dispositions de la dite loi relative à la commission de la reconstruction prévoit l'expropriation des terrains de Port-au-Prince et c'est à ce carrefour que la Communauté Internationale et Préval devront dresser les mitrailleuses de l'ONU et celles des GI Américains contre les haïtiens, ou même exterminer tous ceux-là qui voudront s'opposer à l'élaboration du plan. On a pris assez de retard avec la résistance sous les tentes, on n'en acceptera pas d'autre sous aucun prétexte.
On sent bien que la Communauté Internationale est prise de vitesse et veut éliminer tous les obstacles sur leurs parcours pour avancer rapidement. Ils ne veulent pas entendre parler de démission de Préval ce qui aurait retardé le plan, il ne veulent non plus entendre parler de remise en question du CEP de Préval ce qui serait aussi une occasion de perte de temps. Ce qu'ils veulent en fait c'est tout simplement consolider la situation actuelle en plaçant au pouvoir rapidement un autre Préval qui garantira les acquis et faire marcher rapidement la machine.
Il y a une seule certitude à retenir dans la situation actuelle d'Haïti. L'Haïti de demain sera un pays d'extrême fragilité ou l'ou verra mourir tous ceux-là qui oseront s'opposer au programme. On y instaurera la loi du silence où les armes des forces étrangères et les bandits que l'on a disséminés dans la nature entretiendront un régime de peur et de terreur qui fera du pays la région la plus fragile de la planète.
La Communauté Internationale devra choisir entre la population haïtienne toute entière ou Préval et sa clique minoritaire. Il est préférable de bâtir sur du roc et non sur du sable mouvant. Puisque les haïtiens ne sont parties prenantes de la reconstruction de leur propre pays, puisqu'ils ne sont pas concernés et que leurs décisions n'intéressent personne, puisqu'ils sont les premières victimes tout en étant les seuls à continuer à souffrir, ils ne sont en rien concernés par ce qui se fait donc; "ils ne sont en rien tenus".
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