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Updated: Jun 12th, 2010 - 00:02:44
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Thèmes de l’Emission de la semaine
Orlando le 11 juin, 2010
Actualités
Politiques : Grandes Lignes
La conférence en
République Dominicaine réunissant les donateurs internationaux pour la
reconstruction d’Haïti, a-t-elle résolu ou mis en exergue une
situation beaucoup plus grave ? Certes, on a désigné et installé les
Haïtiens membres de la CIRH. Alors que des donateurs internationaux sont
venus pour réitérer leurs engagements, mais n’ont ni désigné, ni
installé ceux qui devront représenter leurs intérêts. Qui détient les
courroies de la bourse ? Peut-on dire que la CIRH est fonctionnelle,
comme elle a été conçue et qu’elle devrait fonctionner ?
Est-elle capable aujourd’hui de se réunir pour prendre des
décisions ?
L’absence de
confiance de la part des donateurs internationaux envers le gouvernement de
Préval, ne date pas d’hier. Tout au début de son second mandat, à la
première conférence des bailleurs de fonds le 26 juillet 2006, 750 millions
de dollars US avaient été promis. Qu’a-t-on versé ? Le Document
de Stratégie Nationale pour la Croissance et pour la Réduction de la
Pauvreté n’était-elle pas accompagné d’une requête de 4
milliards de dollars US ? Qu’a-t-on reçu ? Cependant
l’offre qui a failli se matérialiser, date du gouvernement
intérimaire. Malheureusement, nos braves technocrates ont admis ne pas
pouvoir créer de projets pouvant absorber les 1.3 milliards de dollars US
offerts par la Banque Mondiale. Si l’offre à un gouvernement
intérimaire, ne s’est pas matérialisée, faute de capacité
d’absorbation admise par le gouvernement lui-même. Qu’en est-il
des promesses faites à un gouvernement constitutionnel, qui n’a
jamais fait de tels aveux d’incapacité, mais cependant n’a rien
reçu ? A-t-on besoin d’être grand clerc pour interpréter ce
fait ? Il est évident que la réticence ne soit pas envers le
type de gouvernement, mais envers le régime ! Entre un gouvernement
intérimaire et un gouvernement constitutionnel, lequel des deux est sensé
avoir plus de légitimité politique, offrant plus de garantie ? Il faut
aussi se rappeler qu’en février 2006 ceux sont les Sud-américains qui
ont forcé le retour au statu quo ante, avec Préval !
Alors que Préval
quémandait des fonds pour combler le déficit budgétaire, Leonel Fernandez
lui a fait savoir, que mis à part une certaine sympathie venant des pays
sud-américains, les autres pays donneurs d’aide, ont une absence
totale de confiance envers lui. C’est ce qui explique le fait que
l’on soit venu réitérer les engagements, sans installer les
représentants des intérêts étrangers à la conférence. Ce qui est
sous-entendu, mais qui est fondamentalement la cause de l’absence de
confiance, c’est la corruption.
Cela va de soit.
Tranparency International, qui dresse la liste des pays les plus corrompus
du monde, puise ses informations à partir des données que lui fournisse la
Banque Mondiale. La Banque Mondiale n’est-elle pas en charge de la
gestion des finances pour la reconstruction d’Haïti ? Ce serait
absolument illogique que la Banque Mondiale, qui fournit ces informations à
Transparency International, n’ait pas foi dans la liste qui émane de
ses propres données. Pourrait-elle de bonne foi recommander que ses clients
aient confiance en Préval ? Quand Préval est venu dernièrement aux
Etats-Unis, l’un des plus importants organes de presse de la capitale
des Etats-Unis, le Washington Post, n’a-t-il pas accusé publiquement
son gouvernement d’être parmi les plus corrompus du monde, en sa
présence ?
Si les donateurs
internationaux montrent ostensiblement et sans équivoque autant de
réticence envers le gouvernement de Préval, au point de ne pas vouloir
désigner leurs représentants au sein du CIRH. Cette absence totale de
confiance, ne constitue-t-elle pas, dans cette conjoncture, un empêchement
sévère à la matérialisation des projets de reconstruction ?
Il n’y a pas
que les donneurs d’aide à se formaliser. Le peuple haïtien, après ce
que Préval a offert comme scandales, fraudes et irrégularités aux élections
d’avril 1997 à juin 2009, a perdu absolument toute confiance dans sa
capacité de faire des élections démocratiques, libres, honnêtes et
crédibles offrant les possibilités d’alternance démocratique. De
plus, Préval a commis une ignominie impardonnable en introduisant des
criminels notoires au sein du Sénat. Pire dans cette atmosphère de fin de
règne et de fraude électorales, Préval, en un tour de main, a fait décréter
l’état d’urgence pour 18 mois, s’est octroyé les pleins
pouvoirs et prolongé son mandat présidentiel au-delà du 7 février 2011.
Est-il insensé de craindre, que si le 14 mai 2011, il n’y a pas d’élection,
que Préval puisse être tenté de prolonger son mandat pour la balance des 18
mois de l’état d’urgence ? Autant de possibilité qui
n’inspire aucune confiance, ni au peuple haïtien, ni à la Banque
Mondiale, ni aux donateurs internationaux. Jupiter rend fou ce qu’il
veut perdre !
Se basant sur le
calendrier constitutionnel, Edmond Mulet a annoncé, avant le CEP et Préval
lui-même, des élections pour le 28 novembre 2010. Alors que
l’internationale prend toutes sortes de précautions pour éviter
toutes apparences qu’Haïti soit sous un régime de tutelle, Edmond
Mulet s’y adonne à cœur joie. Ex-parlementaire du Guatemala, ne
pensez-vous pas qu’il sait, que la déclaration d’élection, soit
un acte de souveraineté ? Dans cette cacophonie, quelle est donc sa
partition, la continuité ou la rupture ? Compte tenu de la réticence
manifeste des donneurs internationaux envers Préval, est-ce qu’Edmond
Mulet, officier de haut rang des Nations-Unies, peut jouer à
contre-courant, en faveur de la continuité que préconise Préval et son équipe ?
Voilà le hic !
Mis à part la
question de confiance qui est néanmoins cruciale tant pour le peuple
haïtien que pour les donateurs internationaux. Au lendemain du 12 janvier,
Préval et son équipe, en tant que gouvernants, n’ont-ils pas donné à
la face du monde une preuve monumentale et spectaculaire d’absence
totale de sens de responsabilité envers un pays et une nation en
détresse ? Les journalistes de la CNN n’ont pas cessé de
réitérer la question : « Où sont les gouvernants ? Où sont
les responsables en Haïti ? » Quand finalement Préval a été
surpris à l’aéroport par le Dr. Sanjay Gupta de la CNN, il n’a
débité que des lamentations, voulant convaincre les Haïtiens et le reste du
monde, qu’il soit lui-même un sinistré. Qu’il ait perdu son
palais et sa maison. Pas un mot pour montrer qu’il soit prêt, dans
ces circonstances désastreuses, à prendre, comme il se doit, le pays en
charge en tant que chef d’état responsable. Préval et son équipe ne
se sont-ils pas abstenus de participer à la distribution d’aides
humanitaires ? Mais quand arrivent les grosses sommes, pour la
reconstruction, ils sont tous prêts à s’imposer, à réclamer, à faire
valoir leur sens de responsabilité envers les intérêts haïtiens, pour
exiger un partenariat égal au sein de la CIRH. Et même obtenir la
coprésidence et le droit de veto. Avant le 12 janvier, cette équipe
n’a, à aucun moment au cours de son mandat, tenté de résoudre aucune
des crises qui ont frappé la nation haïtienne. Son laxisme est proverbial.
La possession, l’exercice et le maintien du pouvoir voilà ce qui
manifestement intéressent et préoccupent Préval et son équipe.
Si dans les faits la
présence de Préval et de son équipe constitue un élément de blocage qui
empêche au peuple haïtien d’exprimer sa volonté politique aux
élections, faute de confiance. Si les donateurs internationaux réitèrent
leurs engagements, mais refusent, faute de confiance, d’envoyer leurs
représentants à la CIRH. Si la participation des citoyens aux élections est
cruciale pour la stabilité politique du pays. Si la participation des
donateurs à la CIRH est cruciale pour la matérialisation des projets de
reconstruction. Peut-on permettre à Préval et à son équipe de continuer à
tenir un pays et une nation en détresse en otage ? Si, dans le cas de
destruction totale et de détresse extrême, on ne peut pas exiger aux
donateurs internationaux d’investir leur argent sous un régime à
cause de sa corruption. Peut-on réciproquement exiger à un peuple qui
pendant 12 ans a été constamment victime de fraudes électorales perpétrées
continuellement par un chef d’état, de participer à des élections
sous la houlette de ce même chef d’état ? Believe or not, la
fraude électorale est aussi de la corruption !
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