Le 22/11/2012 02:55, RVG a écrit :
> L'ad-oration est un des modes de l'ora avec le lab-ora.
> C'est l'acte de retourner le mental vers le cœur et de l’immerger
> (baptizein) dans sa propre source.
> L'ad-oration est cet exercice dans lequel l'homme intérieur (premier
> commandement: tendre l'esprit, le cœur et l'âme vers Celui qui est, le
> pur "Je suis" dénué d'attributs) comme un être extérieur à soi (ce que
> signifie le préfixe "ad": se jeter vers.
L'enstase, pour moi. C'est tellement jouissif de sentir la source couler
à l'intérieur, du haut vers le bas, tout le long du thorax et du ventre,
quelques centimètres en avant de la colonne vertébrale, et puis ça diffuse.
Cette relation verticale bat à plate couture son ersatz, la relation
horizontale, tant par son intensité que par son étendue.
L'instant où l'on s'envole à l'intérieur de soi, où l'on se fond, on
s'oublie, on se laisse couler au sein de l'universelle intemporalité ...
C'est sensuel, vécu avec les sens.
> Le lab-ora, second terme de la règle bénédictine, est compris
> exotériquement comme le travail manuel, le labeur. Mais c'est aussi et
> d'abord l'ora des lèvres (labo-ora), travail d'é-laboration de l'union
> spirituelle dans le laboratoire du livre et des lèvres, la psalmodie.
joliment dit, ça. Je vous envie de connaître.
Mais le labora n'est-il pas ce que la sexualité orale du tout petit qui
suce le sein de sa mère est à la sexualité adulte, qui serait
représentée, ici, par l'enstase ?
Bref, nous parlons, ici, ne vous en déplaise, de la meilleur façon de
faire l'amour avec Dieu. ça tombe bien, il paraît que c'est un dieu d'amour.
> Enfin le terme, placé par St Benoît comme le premier acte et premier but
> du moine, est l'ora, ce que St Silouane à la suite de St Séraphin de
> Sarov appelle la "prière pure", qui est l'union absolue, hypostatique,
> entre le moine et Dieu par le don de l'Esprit Saint qui l'assimile
> existentiellement au Fils monogène de Dieu.
C'est quoi, un fils monogène ? je ne connais pas cette expression.
> Le cœur prie et pleure avec
> tous les hommes, le moine est crucifié sur l'amour du Christ et se voit
> comme Adam, source et cause unique de tous les êtres et de toutes leurs
> souffrances, n'ayant d'autre justification que le Christ seul.
> Le Chrétien n'existe alors plus comme individu, mais comme sang versé du
> Christ pour tous les hommes de tous les peuples de la terre.
Grrrr ... Pourquoi faire de l'instant sublime qu'est ce que nous
appellerons pudiquement la communion avec Dieu - pour ne pas blesser les
pieux (j'ai pas dit les bûches, non, non !)- un instant centré sur le
calvaire d'une séance de torture, qu'on peut, là aussi, facilement
traduire en langage sado-maso ?
Je sais bien que la religion chrétienne n'est que la résultante de la
vision dévoyée de cet imbécile de Paul, homosexuel sado-maso tellement
refoulé , qui haïssait les femmes au point de les exclure de la
hiérarchie de ses condisciples, mais quand même.
Je crois que si je ne suis plus chrétienne, c'est bien à cause ça, tiens
: pourquoi faire de l'amour à Dieu une abomination. L'amour est lumière,
l'amour est joie, etc ...
Si le cœur pleure, c'est avant tout sur ses limites, l'impossibilité de
se dépasser totalement, de se fondre en vrai dans la soupe prè-cration,
de mourir à cet amour. Bref encore un reste d'égotisme.
Tant que nous existons, nous ne sommes pas.
J'aime bien vos posts, parmi les rares qui permettent de discuter de
philosophie religieuse. Merci.
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Melly