Google Groups no longer supports new Usenet posts or subscriptions. Historical content remains viewable.
Dismiss

Dieu ?

0 views
Skip to first unread message

Jacques Guilloreau

unread,
Nov 10, 2009, 10:12:38 AM11/10/09
to
"Et Dieu, dans tout ça ?",
comme disait un célèbre animateur d'émission.
C'est vrai, on cause… on cause…
Et puis, vingt dieux ! on en oublie le principal.
Et comme le principal est l'essentiel, comme dit l'autre.
On ne peut pas continuer à tourner autour du pot…
Même du pot au roses qui fait découvrir…
ceux à qui on donnerait le Bon Dieu sans confession
et qui, n'empêche, empochent des pots… de vin
pour faire ou, au contraire… avoir des concessions !
Eh oui, pour beaucoup, le pognon est leur seul dieu.
Avec les dieux du stade, bien sûr. Qui, eux, ne sont pas fâchés,
non plus, avec le flouze, le pèze, les picaillons, les pépettes,
l'oseille, les radis, le blé, le trèfle, l'artiche …
Plus fort que la Sainte Trinité ou la Multiplication des pains !
C'est carrément la démultiplication de Saint-Fric.
Non, Dieu m'en garde, moi, je parle du grand, du seul, de l'unique…
De celui qui a fait Tout… . Qui a fait Tout avec rien.
Rien qu'avec une pensée, c'est dire. Et… un maxi d'énergie !

Ah ! évidemment, il y a ceux qui jurent leurs grands dieux
qu'ils ne croient en rien, que dalle,
tout juste au pur hasard, Balthazar, et au néant, Fernand,
mais qui, quand ils se tapent sur les doigts,
n'en gueulent pas moins : "Oh, nom de Dieu !",
avec une conviction qui frise la foi.
Il y a aussi tous ceux qui se représentent Dieu en image d'Epinal,
en noble papy avec une grande barbe blanche
(forcément, il a quand même quelques milliards d'années !).
Une sorte de grand sage de l'odieux visuel qui se déroule
sur la scène toute ronde de notre petiote planète.
Une sorte de super Père Noël cosmique, quoi !…
En tout cas, il y a deux écoles, comme disent les intellos.
Ou il joue avec nous ou… se joue de nous (?)
dans le spectacle. Ou bien, il ne joue pas.
S'il décide de jouer à l'acteur ou au metteur en scène,
il faut alors qu'il soit tout ouïe aux plaintes et gémissements
de tout ce petit monde en train de se bouffer le nez,
quand ce n'est pas de se pourfendre allègrement les osselets.
Les uns pour conquérir un bout de terrain désert rocailleux.
Les autres pour prendre le pouvoir et grassement profiter,
pour ne pas dire abuser, des biens sociaux associés.
D'autres encore pour simplement afficher leurs idées,
sur des banderoles et calicots, Coco, de toutes sortes,
et crier à tue-tête et même à tue-corps pour imposer aux autres
leur seule et grande vérité du moment, du genre :
"Non aux cocos!", "Non à Coca !", "La France aux Gaulois !",
"Ils ne passeront pas !", "Y a qu'à…", "Faut qu'on…"
Enfin, ce n'est pas les sujets et prétextes qui manquent.
Et surtout un bon, vieux comme Hérode, tiré de derrière les fagots
au nom de Dieu et même pour l'amour de Dieu, justement !
Un sujet de conversation et de conversion inépuisable.
Parce que là, il suffit que, selon le coin qu'on habite,
on ne lui donne pas le même pseudo
(Allah, Bouddha, Brahma, Iahvé, Jéhovah…),
le même "login", comme disent les internautes,
ou que ses fans ne l'adorent pas sur le même credo,
et vlan ! ce coin de paradis devient vite l'enfer.
Et la tolérance s'installe à coups de kalachnikovs !
Chacun alors de se prosterner, de flatter, d'idolâtrer,
de sans cesse encenser intensément,
d'adresser en recommandé, mais sans accusé de réception,
un tas de prières assorties d'un plein de salamalecs,
de faire un monceau de serments et de vœux, mon neveu,
de se confondre en remerciements anticipés
pour se faire entendre du Tout-Puissant.
Et essayer d'obtenir ses faveurs en défaveur de celui d'en face
qui est toujours forcément le "méchant".
En fait, on ne lui demande même pas de jouer les arbitres,
mais de faire carrément du favoritisme en jouant les justiciers.

Devant tout ça, Dieu le Père est perplexe.
Faire un petit miracle, de temps en temps,
pour permettre à un pauvre mec au bout du rouleau
de se remettre au boulot et redonner
du baume au cœur aux autres, d'accord.
Mais se mêler d'affaires qui ne le regardent pas,
fausser le jeu et changer le spectacle en cours
en favorisant tel ou tel acteur, ce n'est plus du jeu.
C'est de la triche.
Non, décidément, ce serait vachement injuste.
Il préfère, grâce à Dieu, se tenir à carreau … du Temple
et laisser justement le libre arbitre aux acteurs qui jouent tous,
d'ailleurs, leur rôle avec beaucoup de conviction,
et même souvent avec force génuflexions,
à défaut d'un chouia de réflexion…
Bien sûr, il pourrait avoir une petite faiblesse compréhensible
pour ses fans les plus fervents qui flattent son petit ego
et à qui il serait tenté de donner un petit coup de pouce…
Mais non. Et puis, ça doit quand même le distraire,
toutes leurs histoires improvisées, leurs love stories,
tous leurs dérapages incontrôlés…
Ça doit drôlement meubler sa sidérante solitude intersidérale.
D'où son choix de non ingérence ou de non assistance,
comme on voudra. En tout cas, pas de SAC, service après création…
Ce qui casse les réflexions douteuses de ceux qui disent :
"S'il existait, il ne laisserait pas faire tout ça !…"

N'empêche que cet îlot de Terre dans l'océan des étoiles,
ne doit pas être sans lui donner un mini de soucis.
Les acteurs, ici, sont en effet de plus en plus turbulents.
Non seulement il leur a donné l'indépendance,
mais voilà maintenant qu'ils esquintent toute la scène.
Pire encore, voilà qu'ils se sont mis en tête
d'aller voir ailleurs ce qui se passe et d'aller émigrer
dans des terres alentour en vaisseaux spéciaux :
La Lune, Mars… Et allez donc ! A la grâce de Dieu.
Ils ne doutent vraiment de rien. Sauf de lui, parfois, justement.
Mais bon, pour l'instant, il laisse faire.
Et de la super vue panoramique sur notre petit monde,
d'où il voit tout, partout, il se contente de regarder
comment tout ça va évolutionner, sans y mettre son grain de sel.
Il a choisi, je vous dis, de ne plus jouer à rien du tout
dans ce petit coin perdu du cosmos profond,
qui a dû le décevoir un peu, il faut bien dire.
A se demander, d'ailleurs, s'il ne regrette pas
vraiment de l'avoir fabriqué et si un jour…
un jour, il ne va pas l'abandonner dans un coin du labo
ou même le faire glisser dans les oubliettes d'un trou noir…

Ah ! il préfère sûrement prendre du recul
et regarder son œuvre, en entier, le grand Tout, tout l'Univers.
Un sacré programme…
Mais regarder l'Univers, c'est se regarder lui-même !
Comment ça ? Eh bien, peut-être à travers les yeux de ses créatures.
Et, entre autres, de nous. Vous n'en croyez pas vos oreilles ?
D'accord, on est encore un peu primitifs, nous,
mais on pense, quand même !… Réfléchissez.
S'il nous a fabriqués avec le matos dont il est fait lui-même,
de la pensée et de la poussière d'étoile, on est forcément un peu lui…
Beaucoup même. Et quand on le regarde, il se regarde. Logique.
Quelqu'un a dit : "Dieu existe, je l'ai rencontré".
Et vous aussi, sûrement, vous avez dû le voir.
Mais sans même jamais vous en apercevoir.
Non, pas en ville, évidemment.
Trop de remue-ménage, de poussière, de fumée, de lumière…
Il faut être au calme, en pleine cambrousse,
par une chaude nuit d'été ou une glaciale nuit d'hiver,
mais avec un plafond constellé de loupiotes
qui semblent si proches qu'on pourrait les cueillir à la main.
Ne pensez plus à rien. Zieutez seulement.
D'abord à l'œil nu… Tout nu, oui (je sais, c'est osé !).
Puis avec des jumelles. Et zieutez au plus profond du cosmos.
Vous voyez cette belle grande traîne blanche de mariée
qui traverse tout le ciel ?
Eh bien, c'est la Voie lactée, qu'elle s'appelle.
Avec cent milliards d'étoiles. Et notre Soleil en fait partie.
C'est notre galaxie, à nous.
Et des galaxies comme ça, il y en a aussi cent milliards
dans tout l'Univers… enfin…dans notre univers.
Parce que des univers, il y en a peut-être plein d'autres
qui glissent les uns contre les autres, comme des bulles de savon !
Mais qui font toujours partie du grand Tout. Vous me suivez !
En tous cas, ça en fait des milliards de milliards d'étoiles
qui naissent, qui meurent, qui disparaissent.
Tout comme nous. Ou les petiotes cellules de notre corps.
Mais, les étoiles, elles, après… des milliards d'années.
Parce que l'Univers, s'il ne s'arrête pas de grandir,
il n'arrête pas non plus de se régénérer, de se réparer.
Comme notre corps. Et quand je regarde ce sacré Univers,
au plus profond de lui-même, par une chouette nuit étoilée,
quand je vois tous ces voiles d'étoiles et de galaxies
et, encore mieux, quand je regarde les images
des télescopes géants, qu'est-ce quelles me dévoilent,
qu'est-ce que je vois ?… Il n'y a pas de doute, je vois
les fibres d'un corps hyper-méga-géant qui vit, qui vibre,
qui n'arrête pas d'allumer, d'éteindre, de marier des étoiles,
de fusionner des galaxies dans des feux d'artifices
à couper le souffle des étoiles mourantes…
Un corps… ou un cerveau (?) qui n'arrête pas de se façonner,
de se construire, de grandir, de s'étendre à l'infini…
"Dieu, qu'il est grand ! ", que je me dis, tout petit,
aussi petit… peut-être plus encore qu'une bactérie
dans mon ventre de petit homme terre à terre.
Une bactérie qui essaierait de comprendre…

Bon, vous vous dites sûrement que là, ça y est,
je suis complètement fêlé. Ou illuminé complet !
Vous avez dit : "illuminé" ?
Là, vous avez peut-être bien raison, Dieu me pardonne,
mais les prophètes ne sont pas toujours un peu… beaucoup…
passionnément illuminés ? Par la Lumière. La Lumière divine…
Non, allez, Dieu soit loué, je rigole !
Mais la prochaine fois que vous allez à la campagne
regardez quand même le ciel d'un autre œil, on ne sait jamais,
vous y verrez peut-être quelque chose ? Un signe.

© Jacques Guilloreau
Aux mots la parole ! / Prêts-textes à rire :
jacques.guilloreau.perso.sfr.fr

0 new messages