C’est donc un homme terriblement affecté d’être désigné comme «
traître de la cause » par une partie de son peuple à force de
compromission avec le couple américano-israélien, qui a décidé de
jeter l’éponge. Une réaction de dépit d’un homme qui se sent trompé
par ceux- là mêmes qui l’obligeait à montrer patte de blanche devant
Tel-Aviv sans pour autant tirer bénéfice, ni pour lui ni pour son
peuple. Ces réactions faussement indignées des puissants de ce monde,
regrette-t-il, dénotent plutôt d’une crainte de ne pas trouver un
homme aussi « lisse » que Mahmoud Abbas. Pis encore, ils redoutent
l’élection démocratique d’un président d’obédience Hamas. C’est
pourquoi le bureau de Mahmoud Abbas est inondé ces derniers jours de
messages émanant de plusieurs pays lui manifestant leur soutien et
l’invite à revenir sur sa décision. Et à tout seigneur tout honneur,
c’est la Maison-Blanche qui a ouvert le bal des lamentations en
saluant jeudi M. Abbas comme un « vrai partenaire » de Washington. La
secrétaire d’Etat américaine, Hillary Clinton, s’est contentée
d’espérer travailler avec M. Abbas « quelles que soient ses fonctions
». Depuis Sarajevo, où il effectuait vendredi une visite officielle,
le ministre britannique des Affaires étrangères, David Miliband, a
affirmé que le président Abbas a joué un rôle « crucial » et aura à
jouer « un rôle majeur » pour l’avenir du processus de paix au Proche-
Orient.
Un doux leurre
Le président Abbas a joué un rôle absolument crucial, principal et
consistant en soutenant un processus pacifique pour le peuple
palestinien. Son homologue français, Bernard Kouchner, a abondé dans
le même sens, en affirmant que M. Abbas doit « continuer sa démarche
vers la paix ». « J’insisterai auprès de Mahmoud Abbas pour qu’il
continue sa démarche vers la paix », a soutenu M. Kouchner. « C’est
cette génération d’Abou Mazen (Mahmoud Abbas) qui peut faire la paix.
» Le ministre des Affaires étrangères, Miguel Angel Moratinos, demande
à Mahmoud Abbas de donner une chance à l’Europe pour « sauver » le
processus de paix. « Vous êtes l’homme qui incarne l’espoir du peuple
palestinien. Je vous demande d’accorder une chance à l’Europe pour
sauver le processus de paix. » La chancelière allemande Angela Merkel
est allé jusqu’à appeler le chef de l’Autorité palestinienne au
téléphone le priant de « déposer sa candidature » pour la
présidentielle de janvier 2010. Ironie du sort et de l’histoire, même
l’ennemi juré de la paix au Proche- Orient pleure le retrait de
Mahmoud Abbas.
En effet, le président israélien, Shimon Peres, qui a signé avec M.
Abbas en 1993 les Accords d’Oslo en tant que chef de la diplomatie, a
exprimé le souhait de voir le président palestinien se présenter au
prochain scrutin présidentiel ! Un soutien encombrant de nature à
donner du grain à moudre aux adversaires de Mahmoud Abbas. Mais à y
voir de près, il est difficile d’imaginer le retour de ce dernier à de
meilleurs sentiments compte tenu de la conclusion qu’il a lui-même
tiré : « Nous nous sommes félicité et nous avons été optimistes
lorsque le président Barack Obama a annoncé la nécessité d’un arrêt
complet des colonies israéliennes. Mais nous avons été surpris par la
suite par son soutien pour la position israélienne. » En clair, pensez
que les Etats-Unis puissent altérer leur amitié presque légendaire
avec Israël pour les beaux yeux de Abbas ne serait qu’un doux leurre.
Il a raison abbas, il va rentrer en arabie. Il se rend compte qu'il
perd son temps.
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