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Nucléaire : industriels et gouvernement rassurent pour préserver la filière

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Jul 20, 2008, 11:31:42 AM7/20/08
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Nucléaire : industriels et gouvernement rassurent pour préserver la filière
LEMONDE.FR avec AFP et Reuters | 18.07.08 | 20h56 • Mis à jour le
18.07.08 | 20h57

"Aucun de ces incidents n'a eu d'impact sur la santé des personnels et
des riverains, ni sur leur environnement." Vendredi 18 juillet, Anne
Lauvergeon, la présidente du groupe Areva spécialisé dans l'énergie
nucléaire se voulait rassurante. Elle s'était rendu sur les deux sites
de son entreprise où sont survenus, en moins d'une semaine, deux
incidents, au Tricastin (Vaucluse) et à Romans-sur-Isère (Drôme).


Les député UMP Pierre Lellouche et Thierry Mariani, le député PS PAscal
Terrasse et le député Verts François de Rugy ont chacun réclamé vendredi
la création d'un "comité d'enquête parlementaire pour faire la lumière
"sur les deux incidents nucléaires de Tricastin (Vaucluse) et de
Romans-sur-Isère (Drôme)". "Dans l'intérêt même de la pérennité et du
développement de la filière nucléaire française en France et en
étranger, toute la lumière doit être faite sur cette double affaire et
la façon dont elle a été gérée par l'industriel et l'autorité de sûreté
depuis huit jours", a déclaré M. Lellouche à l'AFP. – (avec AFP)

"Quand j'ai appris l'incident de Romans, je me suis dit : 'quelle
déveine', s'est exclamée Anne Lauvergeon, mais je me suis dit que
c'était le propre d'une société mûre que d'être capable de transparence
en toute occasion." Et la présidente d'Areva de préciser que son
entreprise avait "connu sept incidents de niveau 1 [sur une échelle
allant jusqu'à 7] en 2007 et que tous les exploitants nucléaires
français en avaient connu 86".

"FAIRE LE POINT SUR LES DÉCHETS"

Si les premières études confirment que les fuites au Tricastin et à
Romans n'ont pas eu, pour l'instant, d'impact sur l'environnement,
l'émotion a été vive. Cela ne devrait pourtant pas modifier les
ambitions nucléaires françaises. "Je veux tout remettre à plat, avait
déclaré, dans la journée, Jean-Lous Borloo, ministre de l'écologie,
apparemment, tant qu'on est au cœur du sujet [la centrale nucléaire
elle-même], on a l'impression qu'il y a une très, très grande rigueur.
Mais quand on est sur le traitement des effluents, de l'eau, etc., on a
le sentiment qu'il y en a moins , que la vigilance baisse".

En 2006, le Parlement a approuvé deux projets de loi sur le nucléaire,
l'un sur la gestion des déchets, l'autre sur la sécurité et la
transparence. M. Borloo appelle aujourd'hui le Haut Comité sur la
transparence à "remettre à plat l'ensemble du système de procédures,
évaluer l'ensemble des nappes phréatiques sous les installations
nucléaires, faire le point sur les déchets nucléaires anciens". Tous les
acteurs seront entendus d'ici à l'automne, a-t-il affirmé : industriels,
opérateurs, militaires, associations...

PROJET DE DEUXIÈME CENTRALE NUCLÉAIRE

La question du nucléaire est particulièrement sensible : dans un
contexte de hausse des prix du pétrole et de lutte contre le
réchauffement climatique, le gouvernement veut mettre en avant la
filière dans laquelle la France est en pointe. Pour les experts, les
récents incidents ne devraient pas avoir d'influence sur le
développement de cette énergie. "Face au renouveau du nucléaire, cela
apparaît relativement mineur et cela passe au second plan", a ainsi
déclaré Maïté Jaureguy-Naudin, coordinatrice du programme énergie à
l'Institut français des relations internationales (IFRI). Nicolas
Sarkozy a d'ailleurs annoncé au début du mois un projet de construction
en France d'une deuxième centrale nucléaire EPR pour faire face à la
crise énergétique.

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