La Syrie, par exemple, digère mal son éviction forcée du Liban. Dans ce
pays, une manifestation comme celle de samedi ne peut se produire sans
que les autorités du pays y consentent.
Or, il s’agit de l’État le plus laïque du Proche-Orient. Cela montre
bien que ces manifestations ont essentiellement des visées politiques,
plus que religieuses », note-t-il.
Les Syriens ont saisi le prétexte de ces caricatures offensantes pour
mobiliser leur population dans une manifestation anti-européenne,
faisant ainsi oublier la contestation du régime. De la même façon, au
Pakistan, les manifestations qui se sont déroulées ont été menées à
l’initiative d’une coalition de partis proches des talibans afghans. Or,
ces manifestations se déroulent au moment même où l’Otan vient de
décider de s’impliquer davantage en Afghanistan, relève le chercheur. Et
l’Otan est une alliance qui rassemble une majorité de pays européens,
parmi lesquels le Danemark.
La religion, dans ce conflit, n’est donc bien qu’un prétexte. Même si,
par ailleurs, l’émotion des musulmans est réelle. Cette émotion est
instrumentalisée par des gouvernements qui présentent ainsi la facture
d’initiatives occidentales dans la région. Elle est aussi utilisée par
des groupes d’opposition qui ne parviennent pas à s’exprimer autrement
que dans la rue, dans ces régimes autoritaires.
Mais Olivier Roy souligne aussi la dimension européenne de cette crise,
alors que les manifestations, pour une fois, ne prennent pas les
États-Unis comme cible prioritaire :
« Cette crise montre que l’Europe est beaucoup plus impliquée dans le
monde musulman que nous ne le croyons habituellement », dit Olivier Roy.
Or, selon Olivier Roy, « cet engagement n’est pas assumé. Nous
conduisons des politiques qui, de mon point de vue, sont positives. Mais
l’opinion publique n’y est pas préparée. Même si j’approuve ce qu’a fait
Jacques Chirac quand il a dit que la Syrie devait quitter le Liban, il
faut être conscient qu’en ce conduisant ainsi, nous créons une nouvelle
ligne de front », indique le chercheur.
Toute sortie de crise passe, selon lui, par une plus grande attention
portée à la parole des communautés musulmanes en Europe.
« Chez nous, les musulmans ont le sentiment qu’on ne les entend pas.
Ils estiment qu’il existe un double standard. Lorsqu’une publicité
utilise la Cène, elle peut être interdite. De plus, toute expression qui
attaque les minorités est interdite. La presse n’oserait jamais s’en
prendre aux homosexuels ou aux nains. Mais les musulmans ne se sentent
pas protégés de la même façon ».
(/La Croix/ du 6 Février 2006)
--
G2N
Goret mit facile l'assis dos.
> Toute sortie de crise passe, selon lui, par une plus grande attention
> portée à la parole des communautés musulmanes en Europe.
> « Chez nous, les musulmans ont le sentiment qu’on ne les entend pas.
> Ils estiment qu’il existe un double standard. Lorsqu’une publicité
> utilise la Cène, elle peut être interdite. De plus, toute expression
> qui attaque les minorités est interdite. La presse n’oserait jamais
> s’en prendre aux homosexuels ou aux nains. Mais les musulmans ne se
> sentent pas protégés de la même façon ».
Il y a là quelque chose effectivement à analyser.
Pour la Cène et les cathos, ma religion est faite : non seulement la
liberté de la presse doit l'emporter sur le respect des croyances, mais
la liberté d'expression tout court.
Pour le reste, sont pénalisées depuis 1972 la diffamation ou l'injure des
gensses "à raison de leur origine ou de leur appartenance ou de leur
non-appartenance à une ethnie, une nation, une race ou une religion
déterminée", et depuis 2004 "à raison de leur sexe, de leur orientation
sexuelle ou de leur handicap."
Un chose est de s'en prendre aux musulmans, une autre chose est de s'en
prendre à l'islam, nuance.
Maintenant, je veux bien concevoir que la culture religieuse entre pour
une part importante dans le sentiment d'identité collective et qu'il
convienne d'expliquer notre position par souci de pédagogie. Pour autant
qu'on nous prête une oreille.
Mais sur cette affaire on voit clairement qu'il s'agit de quelque chose
qui va bien au-delà de l'histoire des caricatures, puisque le journal
danois en cause a publié des excuses en arabe
(http://62.242.178.124/jp_brev_arabisk.pdf) et en anglais
(http://www.jp.dk/meninger/ncartikel:aid=3527646) le 30 janvier,
c'est-dire juste avant que l'affaire ne prenne l'ampleur qu'on lui
connaît.
--
On ne vit qu'une fois. Et encore.
> Pour la Cène et les cathos, ma religion est faite : non seulement la
> liberté de la presse doit l'emporter sur le respect des croyances, mais
> la liberté d'expression tout court.
Non, il y a une différence de nature entre une campagne de *publi*cité
et une parution de presse.
Ce que vous affichez sur la voix publique est imposé à la vue de tout un
chacun: il convient donc en ce domaine de respecter l'ensemble de ceux
qui sont susceptibles de voir l'affiche.
En revanche, ce qui paraît à l'intérieur d'un journal, que ce soit des
caricatures, des photos zoophiles ou des critiques enflammées, n'est
imposé à la vue de personne.
La liberté d'afficher est donc plus contrainte que la liberté de presse,
et c'est normal.
Mais c'est exactement l'objet de ma précision. J'entends bien qu'on
puisse exposer au su et vu de tous une affiche de cinéma avec un Christ
en croix portant nez rouge et noeud papillon bleu à pois verts, ou encore
une première de couverture avec un Pape en slip kangourou portant
entonnoir.
Pour ce qui est de la Cène, de deux choses l'une :
- Soit on considère que la Cène de Vinci ressortit au domaine de l'art et
de la culture collective, qu'à ce titre elle appartient au domaine public
et on peut *publiquement* en faire ce que l'on veut.
- Soit on considère que la Cène de Vinci ressortit au domaine du sacré et
du religieux, et qu'à ce titre elle est publiquement intouchable.
. En ce cas, toutes les oeuvres culturelles d'inspiration chrétienne
sont publiquement intouchables, on n'est pas sorti de l'auberge.
. Et en ce cas, il faut considérer que les édifices religieux
ressortissent au sacré avant de ressortir à l'architecture, donc je
considère qu'ils heurtent ma délicate sensibilité d'antithéiste et
j'exige qu'on les retire de ma vue sans délai.
> Mais c'est exactement l'objet de ma précision. J'entends bien qu'on
> puisse exposer au su et vu de tous une affiche de cinéma avec un Christ
> en croix portant nez rouge et noeud papillon bleu à pois verts, ou encore
> une première de couverture avec un Pape en slip kangourou portant
> entonnoir.
La différence, c'est que ce que vous demandez, c'est la banalité
quotidienne, bien résumée par cette parodie de The Onion, où des
artistes protestent contre une peinture du Christ sans le moindre
blasphème :
http://www.theonion.com/content/node/28377
« Non-Controversial Christ Painting Under Fire From Art Community
June 13, 2001
NEW YORK–Miguel Nunez, a Brooklyn-based artist, has sparked protest and
outrage within the art community with his "Jesus Rising #4," a
non-controversial, non-feces-smeared painting that in no way defiles or
blasphemes Jesus Christ.
"Jesus Rising #4," included in Nunez's new _Divinity_ exhibition at the
Whitney Museum, has received harsh criticism from artists and academics
since its June 6 debut. The painting has been picketed nearly around the
clock by angry protesters, who say they are stunned by its lack of
obscene imagery metaphorically conveying a provocative, highly charged
theopolitical message.
"Why isn't this [painting] splattered with donkey semen?" asked sculptor
India Jackson, one of the protesters. "And I defy anyone to find a trace
of urine, human or otherwise, on this entire canvas. The piece does not
appear to be an enraged howl against Christian patriarchal hegemony at
all. Frankly, I'm shocked."
"It's the duty of all artists to expose Judeo-Christian brutality
through images of Christ engaged in acts of masturbation, rape, and
torture," said Diana Bloom-Mutter, curator of New York's Rhone Gallery.
"When I look at a painting of Christ, it's supposed to make me say to
the person standing next to me, 'Yes, this is obscene, but do you know
what's _really_ obscene? Two thousand years of white, male oppression in
the name of God.'"
Other detractors point out the "outrageous, inexcusable absence" of
subversive commentary on the pervasiveness of materialism in our
consumer culture.
"[Nunez] could have had a field day with this subject," said Martin
Meyer, a 1960s art-world sensation who made his name with such Pop Art
works as "Mother (Rheingold Beer Ad)" and "General Le Duc Tho Wouldn't
Trust Anything Less Than Oxydol For His Wash." "Divinity and materialism
are practically one and the same in today's world. Instead of Jesus on
his throne, why not place him atop a pile of DVD players? Instead of
gold, frankincense, and myrrh, why not three wise men bearing
Cuisinarts, Nokia cell phones, and PlayStations?"
Still others criticized Nunez's failure to make himself part of the work.
"In my 1997 piece 'Shitrock Salad (Eat 'Em Upp) #79,' I placed myself in
a sealed plexiglass coffin for eight days with only a slender tube
providing me air, while maggots writhed about my ranch-dressing-covered
body," performance artist Eugene Weaver said. "While I admit 'Jesus
Rising' shows some skill in composition and color, I think Nunez could
have made a far more powerful statement by scourging his naked flesh
with broken glass, rolling in a bed of salt, and crucifying himself on
an old metal mattress frame."
Among the few members of the art community to come to the embattled
painting's defense is _New York Times_ art critic Michael Kimmelman, who
called it "a friskily post-postmodern tour-de-force."
"At first glance, 'Jesus Rising #4' seems to be a competent if
unremarkable devotional work," Kimmelman said. "But look deeper, and you
find that Nunez's main objective is to challenge our preconceptions to
the very core. The beatific visage of Jesus seems to echo the hoariest,
most shopworn Sunday School homilies, but the clichés of religious art
are so vigorously rendered that the viewer comes to realize that this is
not a work of slavish iconography at all, but a shrewd comment on our
spiritual limitations."
Continued Kimmelman: "Yet Nunez does not spare the Existentialists and
the Modernists, either. They once somberly proclaimed that 'God is
dead,' but Nunez rejects this, too. His conclusion? 'God is nice.'"
In spite of the uproar over "Jesus Rising #4," Whitney Museum director
Maxwell Anderson said he is committed to keeping the work on display. He
is, however, willing to "open a dialogue" with the protesters.
"Perhaps we can reach some sort of compromise," Anderson said. "I don't
want to go so far as to soak the painting in the menstrual blood of a
13-year-old girl, as some have demanded, but I'm open to other
suggestions. We might be able to scare up a pint or two of rhino vomit
to splash on the canvas. And I know candied yams can be mashed into a
nice, viscous paste and spread pretty easily. Personally, I like the
painting as it is, but if a little shock is all it takes to calm
everybody down, I'm all for it." »
>> Mais c'est exactement l'objet de ma précision. J'entends bien qu'on
>> puisse exposer au su et vu de tous une affiche de cinéma avec un
>> Christ en croix portant nez rouge et noeud papillon bleu à pois
>> verts, ou encore une première de couverture avec un Pape en slip
>> kangourou portant entonnoir.
>
> La différence, c'est que ce que vous demandez, c'est la banalité
> quotidienne, bien résumée par cette parodie de The Onion, où des
> artistes protestent contre une peinture du Christ sans le moindre
> blasphème :
>
> http://www.theonion.com/content/node/28377
Je ne comprends pas cette controverse sur l'aspect non-blasphématoire
de l'oeuvre.
Il est pourtant clair que ce tableau de Jésus le représente
coiffé de son propre prépuce irradié... prépuce dont on ne sait toujours
pas vraiment s'il a fait ou non l'objet d'une ascension séparée,
ou s'il avait déjà rejoint son divin possesseur à la sortie du tombeau...
Sham
>> Mais c'est exactement l'objet de ma précision. J'entends bien qu'on
>> puisse exposer au su et vu de tous une affiche de cinéma avec un
>> Christ en croix portant nez rouge et noeud papillon bleu à pois
>> verts, ou encore une première de couverture avec un Pape en slip
>> kangourou portant entonnoir.
>
> La différence, c'est que ce que vous demandez, c'est la banalité
> quotidienne, bien résumée par cette parodie de The Onion, où des
> artistes protestent contre une peinture du Christ sans le moindre
> blasphème :
>
> http://www.theonion.com/content/node/28377
Je ne comprends pas cette controverse sur l'aspect non-blasphématoire
C'est curieux, ça m'avait échappé, si bien que je me disais que cela
n'avait pas grand chose de comparable.
Les Iraniens
> l'ont bien compris, eux qui ont décidé de s'attaquer à ce que les
> Européens considèrent comme sacré : la « shoah ». Les musulmans vont
> en pèlerinage à la Mecque,
devoir sacré de chaque bon croyant,
> les enfants français sont envoyés en
> pèlerinage à Auschwitz, avec obligation de faire des gueules
> d'enterrement une fois là-bas, sinon sanctions, expulsion, etc.
Tres peu y vont, pas en pélérinage mais parce que ca fait partie de
l'histoire de leur continent, et honnetement, ce lieu est suffisament
malsain pour éviter l"obligation"
> La loi coranique interdit de toucher à Mahomet,
La loi coranique n'existe pas a part dans quelques pays, et j'imagine le
caricaturiste de jesus pendant l'inquisition.
De plus, il s'agit de représenter, pas de s'attaquer, et j'ai cru
entendre sur France Inter que ca n'était pas vrai de la meme facon pour
les chites et les sunnites. Quelqu'un peut confirmer?
> plusieurs lois européennes interdisent de toucher à la « shoah ».
> L'Éducation
> nationale française oblige les écoliers à regarder « Nuit et
> brouillard », film sacré,
Faux
on fait apprendre par coeur le Coran aux
> enfants musulmans, livre sacré.
Faux aussi,seul certains dans les madrassas ont ce devoir
>Endoctrinement de part et d'autre.
> La réponse iranienne est vraiment celle du berger à la bergère.
>
> Car ce n'est pas la religion qui est en cause ici, c'est la notion du
> « sacré ». On verra la réaction des pays européens à la publication
> des caricatures iraniennes sur la « shoah ».
La je suis d'accord, tout est caricaturable. D'ailleurs la shoah l'est
depuis longtemps : dois je rappeler quelques blagues de collégiens
francais?
Quelle est la différence entre un wagon de balles de ping pong et un
wagon de juifs?
Que font les oiseaux en passant au dessus d'un camp de concentration?
Ces blagues je les ai entendues a 12 ans. Ca n'est pas de la caricature
effectuvement, mais c'est plus saignant que les images en question
>
> Les danois ont déjà accepté de publier ces caricatures.
>
>
> Quelle est la différence entre un wagon de balles de ping pong et un
> wagon de juifs?
Oh, celle-là est vraiment trop facile:
- le contenu du premier n'est pas "bio" alors que celui
du second est parfaitement compostable
Tellement facile qu'elle est franchement et véritablement nulle...
> Que font les oiseaux en passant au dessus d'un camp de concentration?
Là c'est un peu plus difficile, tout dépend si le camp se trouve en
Pologne ou en France. Dans le premier cas, les oiseaux essaient de fuir
l'odeur de poulet grillé, et dans le second cas, ils essaient tout
simplement de se faire griller... *PAN!*
> Ces blagues je les ai entendues a 12 ans. Ca n'est pas de la
> caricature effectuvement, mais c'est plus saignant que les images
> en question
On devrait quand-même pouvoir facilement distinguer des blagues de
qualité compréhensiblement prépubère et immature des insultes carrément
volontaires d'adultes. A 12 ans, vos blagues, vous les lisiez aussi dans
des journaux à plusieures centaines de milliers d'exemplaires de
parution?