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La France assistée

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sidonie

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Apr 16, 2007, 9:56:19 AM4/16/07
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La France assistée
12/04/2007 - Séverine Cazes et Aurore Gorius - © Le Point

Les grands candidats à la présidentielle jurent qu'ils mettront fin à
l'assistanat. Comme si soudain, après des lustres de pratique, ce mot
sonnait comme un juron. On ne sait s'ils sont sincères, mais leurs
positions sont une preuve supplémentaire que notre modèle social est à
bout de souffle. Voyage dans la France assistée. Rien ne dit que ce
sera le dernier...

A h, s'il avait su, le brave Huchon ! En pleine campagne électorale, le
président de la région Ile-de-France décrète la gratuité des transports
en commun pour les RMistes et leurs familles, soit 350 000 personnes.
Si la mesure avait été prise une semaine plus tôt, le resquilleur à
l'origine de la petite émeute à la gare du Nord à Paris n'aurait pas
resquillé et il n'y aurait pas eu d'émeute... Le geste, labellisé
socialiste, est généreux. Mais, pour le coup, il ne fait pas
l'unanimité. Passe encore que Nicolas Sarkozy regrette que l'« on
installe les RMistes dans leur statut ». En fait, la critique la plus
inattendue est venue de Martin Hirsch. Le président d'Emmaüs s'attaque
à une mesure qui rend « la marche vers l'emploi de plus en plus haute »
pour le RMiste francilien. N'exagérons tout de même pas la violence de
la polémique. Mais remarquons qu'il y a dix ans, ou même seulement
cinq, pareil débat n'aurait pas eu lieu. En multipliant les aides,
n'enferme-t-on pas les exclus dans l'exclusion ? A entendre les
principaux candidats à l'élection présidentielle, qui parlent de «
donnant-donnant » (Ségolène Royal), « de nécessaire insertion »
(François Bayrou) ou de « contrepartie » (Nicolas Sarkozy), il semble
bien que ces questions ne soient plus taboues. Peut-être parce que
notre cher modèle social est en train de s'effondrer. « Notre modèle,
explique au Monde, dans son langage imagé, Jean-Marie Le Pen, c'est un
scaphandrier sur un vélo. Les différents gouvernements ont ajouté au
scaphandre un masque à gaz, un casque, un parachute ventral. Le
cycliste est protégé, mais il ne peut plus monter sur son vélo. »

« En France, nous avons une drôle de mentalité, dit ce cadre sup un peu
baroudeur qui a travaillé des années à l'étranger (Japon, Inde,
Chine...). J'ai droit à ceci, j'ai droit à cela, ce n'est pas à moi de
payer, c'est à l'Etat »... L'Etat providence est inscrit dans les gènes
de chaque citoyen. « La décontraction avec laquelle les Français
courent s'inscrire à l'ANPE me sidère, dit cette jeune Suisse installée
à Paris. Chez moi, mes amis hésitent six mois avant de faire valoir
leurs droits. Car chacun réalise que l'argent public, c'est l'argent de
tout le monde. » Opinion somme toute policée, comparée à celle de Jack
Welch. Dans son dernier livre, qui vient de paraître en français, « 74
réponses iconoclastes pour réussir » (Village mondial), l'ancien PDG de
General Electric, une légende à lui tout seul, raconte un récent séjour
en Europe. Rencontrant à Stockholm une journaliste juste après les
émeutes de banlieue en novembre 2005 en France, celle-ci lui demande ce
qu'il faut faire. Simple, répond Welch, il faut « travailler en
concertation avec les entreprises pour créer des emplois. Pas des
simulacres d'emplois dans le service public. Non, de vrais emplois ».
Son interlocutrice suédoise, raconte Welch, a frisé l'apoplexie. Elle
avait sa propre réponse aux émeutes de banlieue : « Pour régler le
problème, il faut que le gouvernement augmente les allocations et les
prestations des chômeurs. » Là, c'est Welch qui a failli s'évanouir...

Les aides et subventions en tout genre demeurent une spécialité
française. Quelle profession, quelle corporation n'en bénéficient pas ?
70 % du revenu des agriculteurs proviennent de concours publics. Les
entreprises bénéficient de quelque 730 aides, avec un gros volant (25
milliards d'euros) pour les allégements de charges sociales. Les
médecins ont reçu en 1999 un ordinateur pour accélérer le passage à la
carte Vitale. Et que dire des professions fermées (des taxis aux
notaires en passant par les pharmaciens) obéissant à un numerus clausus
qui, dans les faits, se transforme en rente ? Ou des intermittents,
dont la mobilisation perpétuelle permet de sauver l'essentiel d'un
système qui, s'il était généralisé, provoquerait la faillite de l'Etat
providence ?

D'accord, dira-t-on, ces aides vont à des destinataires qui, tous, ont
plus ou moins un travail. Alors que la vraie question, celle qui se
pose aujourd'hui avec de plus en plus d'acuité, est celle de savoir
s'il ne faut pas revoir de fond en comble les dispositifs d'aides
sociales pour s'assurer qu'ils atteignent bien le but recherché :
ramener vers le marché de l'emploi une population qui, si l'on
additionne les RMistes et les chômeurs, s'élève à plus de 3 millions de
personnes. Bien plus même, car, si l'on tient compte aussi des
bénéficiaires des allocations de parent isolé (API), d'adulte
handicapé, de fin de droits pour les chômeurs (ASS), on arrive alors au
total faramineux de 4,5 millions de personnes tenues en dehors des
circuits du travail.

Droits connexes. D'où la pluie d'aides qui s'abat sur ces populations
fragilisées, car aux minima, et c'est particulièrement vrai pour le
RMI, sont associés des droits « connexes ». Le plus important, depuis
1999, est la faculté d'être soigné gratuitement grâce à la Couverture
maladie universelle. Un avantage particulièrement précieux dont
bénéficient pour l'heure 1,5 million de personnes - celles qui ont un
revenu inférieur à 542 euros par mois et par personne. A cela s'ajoute
une complémentaire gratuite (les plafonds d'attribution varient suivant
la situation familiale) qui évite de payer le ticket modérateur : le
champ s'élargit alors à 4,8 millions de personnes.

D'autres aides, venant de sources aussi diverses que
l'assurance-maladie, la Caisse d'allocations familiales ou encore
l'Etat, les régions, les départements, les communes... viennent
s'ajouter (voir infographie). Leurs natures et leurs montants varient
donc d'une ville à l'autre. Dans certains départements, on recense
jusqu'à une cinquantaine d'aides ! Au total, ces droits connexes
représenteraient entre 50 et 70 % des ressources des allocataires du
RMI. Comme le souligne le précieux ouvrage « Code des droits contre
l'exclusion », réalisé sous la direction de Martin Hirsch et Denis
Chemla (Dalloz), « il est difficile de faire l'inventaire de ces aides
». Kafka, ou plutôt la bonne bureaucratie bien de chez nous, n'est pas
loin. « Le système est devenu illisible, les compétences éclatées et
les prestations qui s'empilent ne sont plus adaptées », explique
Hirsch. C'est peut-être pour cela que le blues des travailleurs sociaux
occupés à démêler le casse-tête administratif des aides contraste
fortement avec les actions d'éclat des ONG sociales, cette spécialité
bien française. Les Don Quichotte et les Restos du coeur font plus pour
la cause des SDF que le député du coin.

Dans la lutte contre la pauvreté, l'administration est rarement à
l'avant-garde. Elle applique les règlements, un point c'est tout. Sans
vraiment se soucier de contrôle, car cela n'est pas dans sa culture.
Claudine a été assistante sociale pendant trente ans en Alsace : « En
plus des aides sociales, beaucoup travaillent au noir pour s'en sortir.
A la longue, certains de nos " clients " deviennent experts à faire
valoir leurs droits. » Ils connaissent toutes les combines. Ainsi
a-t-on constaté que les bénéficiaires de la CMU, pourtant plus jeunes
et donc en meilleure santé que les allocataires de l'assurance-maladie
classique, dépensent en moyenne 25 % de plus qu'eux. La gratuité a des
effets pervers. De là à jeter le bébé avec l'eau du bain... «
Attention, précise Jean-Christophe Le Duigou, secrétaire de la CGT
chargé des questions économiques, parmi les RMistes ou les chômeurs de
longue durée on rencontre beaucoup d'accidentés de la vie. Des gens qui
ont divorcé, perdu leur job depuis longtemps, se sont mis à boire. »
Toute la misère du monde, en somme, qui vit hors du monde.

Alors, comment en sortir, à supposer que l'on puisse ? Jean-Paul
Huchon, le président de région, a involontairement relancé le débat
avec sa fameuse carte Solidarité transports pour les RMistes
d'Ile-de-France. La mesure, coûteuse pour la région (81 millions
d'euros), paraît de bon sens. Comment un RMiste peut-il, avec 440,86
euros par mois, se payer une Carte orange 8 zones à 142 euros ? « Ce
n'est pas de l'assistance, dit Huchon, c'est un droit à la mobilité. »
Ou, si l'on préfère, un « droit au retour à l'emploi ».

Erreur, réplique Martin Hirsch. Pour lui, le geste de Huchon est «
dangereux et improductif, car il ne faut pas lier une prestation
sociale à un statut d'inactivité ». Le président d'Emmaüs n'est pas le
premier venu. Il passe en France pour l'homme et l'énarque ayant la
connaissance la plus fine des politiques d'assistance et de leurs
dangers. Dans ce cas précis, le danger s'appelle la « trappe à
inactivité », qui est aussi une « trappe à pauvreté ». On peut la
définir ainsi : plus une personne est aidée, plus elle hésitera à
reprendre un travail si cela l'amène à tout perdre. Cet effet de seuil
est fatidique. Pourquoi l'un des deux membres d'un couple de RMistes
sans enfant percevant 661 euros net prendrait-il un travail au smic
pour 984 euros net ? Avec l'obligation de renoncer à la CMU, de payer
plein pot son gaz et son électricité, de perdre ses avantages logement,
de payer sa taxe d'habitation ou sa redevance télé, etc. Et, s'il
habite en Ile-de-France, d'abandonner sa Carte orange gratuite ! Sans
compter que, pour certains, se posent des problèmes de garde d'enfants.
Bien souvent, donc, le jeu n'en vaut pas la chandelle. L'incitation à
travailler n'est pas suffisante. Surtout si le job proposé offre peu de
garanties de stabilité. Pourquoi lâcher un statut aidé pour un travail
précaire, alors que le grand « service » public de l'emploi promis
depuis des lustres n'existe toujours pas ? Christine, 37 ans, deux
maîtrises en poche (anglais et français), est revenue à Cognac en 2005
après cinq ans passés hors de France (Dubaï et Vanuatu). Elle n'avait
aucun droit au chômage. « Mes quelques économies ont fondu et, faute de
pouvoir payer un loyer, j'ai réintégré le domicile familial. Peu à peu,
on ne sort plus, on ne voit plus personne. » Elle s'est tournée vers
l'ANPE, qui lui a trouvé un contrat d'avenir, un job
d'aide-documentaliste dans un lycée. « Un bol d'oxygène pour dix mois.
Mais sans perspective. » Christine est prête à tout, quitter sa région,
changer d'orientation, mais de boulot, point.

PPE insuffisante « Dites-moi, les chômeurs, est-ce qu'il ne faudrait
pas leur donner un coup de pied au cul ? » demandait un jour un
ministre de l'actuel gouvernement à Martin Hirsch. Réponse : « Oui,
absolument, mais vérifiez bien qu'il y a des jobs à prendre, sinon ça
se retournera contre vous ! » Depuis des années, la « trappe à pauvreté
» ne cesse de se remplir. Le RMi, créé en 1988 par Michel Rocard, était
destiné à une population marginale (on songeait alors à 200 000 ou 300
000 personnes). Aujourd'hui, 1,25 million de RMistes campent dans la
nation. Pendant que « bien des personnes alternent contrats précaires
et RMI, explique un travailleur social de Nanterre. Un effet yo-yo très
répandu... et décourageant. Cela peut être vécu comme une suite
d'échecs et certains finissent par ne plus avoir envie de bosser. Ils
s'enfoncent dans une logique d'assistanat. »

« Le système, explique Hirsch , s'est grippé durant l'hiver 1997-1998,
quand des chômeurs ont réclamé une prime de Noël. » Depuis, il ne fait
toujours pas meilleur dehors. Voilà trente ans que le taux de chômage
en France n'est jamais descendu au-dessous de 8 %. Il est le plus élevé
des pays d'Europe occidentale. Les jobs offerts sont mal rémunérés : 17
% des salariés français sont payés au smic, 40 % au-dessous de 1,5
smic. Pour ne rien arranger, la crise du logement déchire le tissu
social : selon la Fondation Abbé Pierre, il y a 3 millions de mal-logés
en France, dont 2 millions dans des « conditions indécentes », et 100
000 SDF. Pour aller voir ailleurs, s'arracher à l'assistanat, il faut
bien du courage. « Stigmatisés et dévalorisés , explique Serge Paugam,
sociologue, directeur de recherche au CNRS, les RMistes développent une
image négative d'eux-mêmes qui les enferme dans l'assistanat. »

Nos politiques ont bien imaginé une solution pour encourager la reprise
du travail. En 2001, Lionel Jospin, alors Premier ministre, invente la
prime pour l'emploi (PPE), qui, sans être aussi radicale que
l'allocation universelle (voir encadré), s'inspire directement
d'expériences anglo-saxonnes. L'idée consiste à accorder une prime aux
petits salaires (compris entre 0,4 et 1,3 smic), de manière à accroître
ou maintenir l'incitation à travailler. La droite revenue aux affaires
l'a reconduite et même fortement augmentée en 2006. Très vite,
cependant, la belle machine a déçu. Sans même s'étendre sur les
nombreuses fraudes (on minimise ses revenus...) qui, selon la Cour des
comptes, accompagnent le dispositif, la PPE a un défaut rédhibitoire :
contrairement aux modèles anglo-saxons, la prime n'est pas concentrée
sur une population particulière. Elle est diluée. Plus de 8 millions (
!) de « travailleurs pauvres » en bénéficient. Résultat : les primes
individuelles sont minimes. Pas de quoi changer la vie ni provoquer des
migrations massives du statut d'assisté à celui de salarié... En 2007,
la prime maximale correspond à 67,12 euros par mois. « La PPE, c'est
excellent, résume Pierre Cahuc, professeur à Paris-I, mais pas dans la
version actuelle »... Martin Hirsch a une réponse. Sa botte secrète ?
Le RSA, pour revenu de solidarité active. L'idée consiste à cumuler
durablement les revenus du travail et les minima sociaux lors de la
reprise d'activité. Et à observer un décalage dans le temps afin que le
revenu global ne s'effondre pas d'un coup.

Le RSA. Dans tous les cas, il ne devrait pas tomber au-dessous de
1,3-1,4 smic. Pour le président d'Emmaüs, le passage au RSA devrait
être l'occasion de simplifier le régime des minima sociaux. Pourquoi ne
pas fusionner le RMI, l'allocation parent isolé et l'allocation
spéciale de solidarité distribuée aux chômeurs qui ont épuisé leurs
droits ? Une réforme s'impose plus que jamais : « Pour l'argent que
l'on dépense, on a plus de chômeurs, plus de pauvres, plus de déficit
et plus de frustration, dit Martin Hirsch. Si on enlève de l'argent, on
détériore la situation des pauvres et précaires. Si on en ajoute, on ne
l'améliore pas. Il faut changer le logiciel. » Message reçu,
apparemment, puisqu'une dizaine de départements sont prêts à
expérimenter la formule du RSA, l'Eure acceptant, à partir de juin,
d'essuyer les plâtres (voir encadré). Tient-on là le truc miracle qui
dynamiterait la « trappe à pauvreté », gommerait les effets de seuil ?
Le professeur Cahuc, rompant avec l'enthousiasme ambiant, demeure
sceptique : « Un système d'aide dégressive, type RSA, ne fait en
général que reporter le moment où les problèmes resurgissent. » Car
l'entrée sur le marché du travail n'est toujours pas un cadeau. Et
puis, le RSA ne peut vraiment marcher que si la nouvelle formule
concentre les aides afin de ne pas renouveler l'erreur de la PPE. Ce
qui suppose de faire un sérieux ménage dans les comptes de l'Etat, de
la Sécu, de l'Unedic et des caisses d'allocations familiales qui sont
en déficit chronique.

Or concentrer les aides sociales sur ceux qui en ont le plus besoin
n'est pas une mince affaire. Ainsi, une bonne partie des aides sont
détournées au profit des classes moyennes. Ce peut être un jeune cadre
bien payé qui se fait licencier pour changer de métier. Un étudiant qui
s'inscrit au chômage. Ou même une arnaque à la Cotorep qui permet à des
petits malins de toucher une rente à vie en prétextant un handicap
purement imaginaire. Il y a aussi les prêts immobiliers à taux zéro,
censés bénéficier aux moins argentés, mais qui sont accaparés par des
jeunes plutôt diplômés et issus de familles aisées. Ou ces logements
sociaux occupés par des familles dont les revenus sont devenus
importants. De même, on sait depuis le rapport Wauquiez que les classes
moyennes supérieures n'ont pas leur pareil pour décrocher des bourses
d'études pour leur progéniture, les fonctionnaires à ce jeu n'étant pas
les moins astucieux. Et que dire de ces cadres bac plus quelque chose
qui détournent délibérément les aides sociales ?

La triche. Nous en avons rencontré un. Appelons-le Bernard. Diplômé de
HEC, il n'a pas 30 ans, habite dans le 15e arrondissement parisien, un
appartement dont il est propriétaire. Après avoir travaillé trois ans
dans la finance, il perd son emploi et se retrouve au chômage. Depuis
juillet 2006, il est inscrit au RMI, moyennant une fraude grossière
possible grâce à ses talents d'informaticien. Il bénéficie de la CMU et
depuis peu (merci, Huchon !) d'une Carte orange gratuite. Ne croyez
surtout pas qu'il se tourne les pouces : il dirige en fait deux
sociétés immobilières, dont l'une est installée à l'étranger, où il se
verse des dividendes. Combien y a-t-il de Bernard ? Les contrôles dans
l'attribution des minima sociaux sont bien trop lâches pour le savoir.
Selon lui - décidément, il s'y connaît -, l'une des combines les plus
usitées consiste à vivre à l'étranger, à Londres, par exemple, et à se
faire verser un RMI en France.

Au-delà de ces tricheries manifestes - certains Britanniques aisés
touchent même le RMI du côté de Bordeaux ou Dijon -, Timothy Smith,
Canadien et auteur de « La France injuste » (Autrement), parle, lui, de
détournement systématique des aides. « En France, résume-t-il, beaucoup
trop de gens pauvres reçoivent beaucoup moins que leurs besoins
l'exigeraient, tandis que beaucoup de gens aisés prennent à l'Etat
providence beaucoup plus qu'ils ne lui donnent. » Au passage, il
dénonce les corporatismes de la fonction publique : « Les défenseurs
les plus virulents de la solidarité sont désormais les travailleurs du
secteur public et les membres des caisses de retraite spéciales . La
crise de l'Etat providence est indissociable d'une crise du régime des
Etats providence corporatistes continentaux conservateurs. » Rien que
ça !

Sans doute Smith exagère-t-il les avantages que s'accapareraient les
classes moyennes. Car elles-mêmes sont en crise, comme nous l'a montré
Louis Chauvel dans son livre magistral « Les classes moyennes à la
dérive » (Seuil). Pour ce sociologue, le signe qui ne trompe pas, c'est
que, les subsides publics ne suffisant plus, « les parents apportent un
soutien économique souvent considérable à leurs enfants, soutien sans
lequel l'édifice social aurait déjà vacillé ».

La classe moyenne frappée au coeur... 4,5 millions de personnes aux
minima sociaux, plus de 4 millions de travailleurs pauvres... Qui,
hormis les statisticiens de l'Insee, ne voit que la France, dans son
ensemble, s'appauvrit dramatiquement ? La vérité est que le pays est à
bout de souffle. Sa croissance, cette fameuse croissance qui
permettrait aux assistés de sortir de l'ornière grâce aux jobs créés,
reste souffreteuse (2,1 % seulement l'an dernier). Et elle ne marche
que sur une jambe : la consommation, au détriment de l'investissement.
Le présent contre l'avenir, en somme. Contrairement aux statistiques
nationales, les statistiques internationales font apparaître une
paupérisation du pays sans appel. Parmi les pays de l'OCDE, la France
possédait le quatorzième revenu par tête en 1995. Elle n'est plus que
dix-septième en 2005, devancée par l'Irlande, la Finlande et le
Royaume-Uni. Ces dix dernières années, contrairement à la plupart des
pays, son niveau de vie a diminué (de l'indice 114,4 à 108,2).

La paupérisation de la France : le voilà, le piège pour les candidats à
la présidentielle ! En finir avec l'assistanat, comme tous s'y
engagent, revient à convaincre des gens coincés dans une cave de sortir
là où il fait froid et venteux, là où la précarité et les salaires
chiches sont de règle. Apparemment, pourtant, Martin Hirsch a bien
travaillé. Il a réussi à convaincre deux poids lourds des vertus de son
RSA : Nicolas Sarkozy et Ségolène Royal se sont engagés à l'essayer
s'ils sont élus. François Bayrou s'y intéresse de près. Et tous trois
insistent sur la nécessité de conditionner les minima sociaux à une
activité, qu'elle soit ou non d'intérêt général. Ce qui n'exclut pas le
recours aux sirènes... de l'assistanat. Ségolène Royal ne
propose-t-elle pas, pour les jeunes, la création de 500 000
emplois-tremplins et l'octroi d'une nouvelle allocation autonomie ?
Nicolas Sarkozy ne veut-il pas, lui, créer un nouveau « droit opposable
à la garde d'enfant » d'ici cinq ans, ou encore une allocation
formation (300 euros par mois) pour les jeunes qui « suivront bien
leurs études » ? Décidément, on ne se refait pas...

La fuite en avant des intermittents

Les intermittents du spectacle et leurs employeurs se sont entendus
pour dissimuler leurs prestations. Si bien que les congés-spectacle
sont devenus pour beaucoup un complément de salaire ponctionné sur les
salariés du secteur privé... Le phénomène n'a fait que croître et
embellir au cours des années 90, lorsque le statut a été étendu, peu à
peu, aux chaînes de télévision du câble et du satellite, aux radios,
aux disques et même, de façon frauduleuse, à la publicité (!)... Les
chiffres parlent d'eux-mêmes : en 1991, l'Unedic dénombrait 41 038 «
chômeurs du spectacle », soit 260 millions d'euros de prestations. En
2003, au pic des abus, le nombre d'allocataires bondit à 105 600
individus, engloutissant 1 milliard d'euros de prestations. Le déficit
de la branche spectacle de l'Unedic atteint alors 887 millions d'euros.
Intenable... Le Medef veut mettre de l'ordre dans les comptes.

Contestations, protestations, manifestations... la crise éclate.
Matignon cède devant la grève des festivals : Renaud Donnedieu de
Vabres met sur pied un fonds provisoire de 20 millions d'euros pris sur
le budget de l'Etat afin d'indemniser les exclus de l'intermittence. En
somme, le gouvernement prend dans la poche du contribuable ce que les
salariés et patrons du privé ne paient plus... Un colmatage « à la
française ». Depuis le 1er avril, ce double système - cotisations
privées d'un côté et rattrapage étatique de l'autre - est devenu la
règle ! Côté Unedic, les allocataires perçoivent toujours plus : 11
885,20 euros par intermittent en 2005. Le déficit, lui, a continué à
grimper : 962 millions d'euros en 2005... Le gouvernement a acheté sa
tranquillité Emmanuel Berretta

Une utopie, l' allocation universelle

E mpilement des aides, multiplication des organismes décideurs... Un
remède radical existe pour simplifier le dispositif. Il consiste à
allouer une somme forfaitaire à chaque citoyen - libre à lui de
l'utiliser comme il l'entend. Mais plus question ensuite de prétendre
obtenir des subsides pour son logement, son assurance maladie ou sa
prime de rentrée scolaire... L'allocation universelle (AU) a été
imaginée à la fin du XVIIIe siècle par un penseur libéral anglais,
Thomas Paine. Deux siècles plus tard, dans les années 1980, Milton
Friedman, le pape de l'école de Chicago, l'a remise au goût du jour. Il
y a deux types d'allocation universelle. Celle de Friedman,
restrictive, est versée aux plus démunis. Mais on peut concevoir une
allocation vraiment universelle versée, celle-là, à tous les citoyens,
pauvres ou riches, chômeurs, actifs ou retraités. Quelles que soient
leurs ressources ou leur situation familiale, ils bénéficieraient d'un
revenu identique sans contrepartie. Les plus pauvres empochent
intégralement l'allocation. Les plus riches la restituent sous forme
d'impôt. Les partisans de l'allocation universelle mettent en avant sa
simplicité : on réduirait considérablement le nombre de services et de
fonctionnaires employés aux missions sociales. Des expérimentations ont
eu lieu, de portée limitée, car elles se heurtent aux montants qu'il
convient de mobiliser. L'Alaska a instauré une forme d'allocation en
1982, d'environ 1 500 dollars par an, indexée sur les cours du pétrole
et versée chaque année à Noël. Le Brésil étudie la question depuis
2004. Les détracteurs de l'allocation universelle craignent qu'elle
n'encourage l'inactivité. Surtout, ils estiment qu'elle n'apporte pas
de réponse aux problèmes d'insertion pour les populations
particulièrement vulnérables A. G.

Sophie : l'erreur d'aiguillage

Sophie ne souhaite pas être reconnue sur la photo. Non qu'elle triche
pour toucher une allocation RMI d'environ 100 euros mensuels une fois
déduit le fruit de ses petits boulots, mais elle a un peu honte : «
Avec le RMI, on se sent cloué au sol. C'est culpabilisant. » A 28 ans,
Sophie enchaîne les CDD depuis quatre ans. A l'issue de son diplôme
(bac + 5) de l'école des Beaux-Arts de Valence, obtenu en 2003, elle
travaille comme « agent de cinéma » dans un multiplexe. Payée 800 euros
net par mois, elle est vingt-cinq heures par semaine derrière la caisse
et nettoie les salles après les séances. Au bout d'un an, le CDI promis
se transforme une nouvelle fois en CDD. Sophie décide alors de faire un
post-diplôme aux Beaux-Arts de Lyon. Aujourd'hui, son projet est de
réussir le Capes pour enseigner les arts plastiques à l'école tout en
poursuivant un travail de vidéaste à la Maison des artistes. En
attendant, elle vient de trouver, seule, « comme d'habitude, sans
l'aide de l'ANPE », son prochain petit boulot : pendant quatre jours,
elle va mettre sous pli les bulletins de vote qui serviront le 22
avril... S. C.

Les à-côtés du RMI

Au RMI est attachée une multitude d'aides dont certaines varient avec
le lieu de résidence. Est-on mieux loti à Niort (Deux-Sèvres), sur les
terres de Ségolène Royal ou à Neuilly (Hauts-de-Seine), fief de Nicolas
Sarkozy ? Les différences existent, certes. Mais, à Niort comme à
Neuilly, on a beaucoup à perdre en quittant le statut de RMiste. Nous
avons pris l'exemple* d'une femme vivant seule dans un logement social
avec un enfant à charge âgé de plus de 3 ans. Rappel : le smic est à
984 euro net/mois.

Neuilly et Niort : Dans les deux villes, avec le RMI (66129 euro/mois),
les droits connexes, en plus de la CMU sont :

- Exemption de la taxe d'habitation

- Exonération de la redevance audiovisuelle

- Réduction de 4.21 euros par mois sur l'abonnement téléphonique fixe

- Abattement de 30 à 50 % sur l'électricité

- Priorité d'accès à la garde d'enfants (loi du 26 mars 2006)

- Prime de rentrée scolaire (268,01 euros)

- Allocation de logement social (variable)

- Prime de Noël (152.45 euros)

Neuilly

Prestations supplémentaires à Neuilly :

- Gratuité de la Carte orange 3 zones, soit 69.50 euros (région
Ile-de-France)

- Prime « nouveau départ » de 1 220 euros en cas de reprise d'un emploi
de six mois au minimum (département)

- Suivi personnalisé par un cabinet de placement privé pour les RMistes
depuis plus de deux ans (département

- Prise enc harge de 30 à 37 euros/jour pour garde des enfants en
période de formation (département)

- Aides financières de secours et impayés loyer, gaz, électricité
(mairie...)

Niort

- Réduction sur les trains régionaux (région Poitou-Charentes)

- « Micro-crédit social universel » : prêt gratuit de 3 000 euros pour
accident de la vie (région)

- 1 000 heures de formation et 150 euros d'aide à la mobilité pour les
femmes isolées (région)

- Aides pour le permis de conduire et location de Mobylette
(département)

- Chèque-loisirs de 48 euros maximum par an (communauté
d'agglomération)

- Réductions pour cantine, garde d'enfants, bus (mairie)...

Nadine : la chute

« Avant, on avait une maison, une voiture, une vie normale », dit
Nadine, 46 ans. Depuis trois ans, Nadine, son mari et leur fils de 17
ans vivent avec 616,82 euros mensuels (RMI + APL). Les difficultés ont
commencé quand son mari a été licencié en 1986. A l'époque, lui était
cariste chez Renault, à Cléon (76) ; elle, sans formation, élevait les
enfants. « On s'est serré la ceinture », dit Nadine. Son mari a assuré
des remplacements de chauffeur de bus avant de tomber malade. « A force
d'avoir des revenus en dents de scie, dit Nadine, la maison a été
saisie en 2003. » Depuis, la famille vit dans un logement social à
Louviers (27). « J'ai rencontré des situations pires que la nôtre. J'ai
beaucoup de chance car dans ma famille on parle. Mais j'aurais pu
divorcer, le foyer éclater... » Aujourd'hui, Nadine vient de finir une
formation d'assistante de vie. Elle veut s'occuper de personnes âgées
et dépendantes. Elle mise beaucoup sur le revenu de solidarité active
(RSA), en test à partir de juin, pour ne plus perdre trois mois
d'allocation chaque fois qu'elle retrouve un petit boulot S. C.

La paix sur la dalle

L a dalle d'Argenteuil n'est pas seulement ce lieu symbole où les
ministres n'osent plus déambuler tranquillement. On y vit aussi !
Françoise - nous l'appellerons ainsi -travaille depuis plus de vingt
ans pour les services sociaux du département. Elle connaît bien les
populations du Val d'Argenteuil, dont beaucoup vivent des minima
sociaux. Près de 90 % de « clients » sont d'origine étrangère. Le RMI ?
« Spontanément, j'ai tendance à dire que c'est une bonne chose. Mais
spontanément je pense aussi à ses effets pervers. » Françoise suit un
petit groupe de familles depuis la création du RMI il y a dix-neuf ans.
Des abonnés, en somme. « Pour la plupart, ils ont eu des accidents de
la vie, des divorces, des licenciements qui ont mal tourné. A la
limite, on peut comprendre. »

Génération RMI. Mais qu'est-ce qu'on ne comprend pas, alors ? « Le plus
grave, c'est que depuis sept ou huit ans je vois arriver des jeunes de
25 ans qui n'ont jamais travaillé et s'installent, eux, pour le coup,
dans l'assistance avec ensuite femme et enfants... » Après la
génération Mitterrand, la génération RMI... Selon Françoise, dans son
secteur, cette population de RMistes à vie ne représente qu'un peu plus
de 10 % des « usagers ». Mais elle est amenée à croître : « Beaucoup
attendent d'avoir 25 ans ou d'avoir un enfant pour rentrer dans le
système. » Ils savent que la collectivité, en plus de leur verser une
petite rente mensuelle, de leur donner le bénéfice de la CMU et
diverses aides liées, donnera un complément si, après toutes ces
rentrées, le « reste à vivre » pour la famille est inférieur à 85
euros.

C'est cette population de RMistes à vie qui pose problème. « Pour le
reste, 50 % des personnes aidées sont des intermittents qui
apparaissent, disparaissent et reviennent. Et 40 % ne font qu'un court
passage. » « Le RMI et le système D, ça peut aider à vivre en banlieue.
» Et la triche ? « Aussi, bien sûr, mais sans plus. J'ai connu, par
exemple, un cas où une personne touchait son RMI dans quatre
départements. » Selon Françoise, la triche concerne un volant de 5 à 6
% de personnes. « Il m'arrive de savoir qu'Untel arrondit son RMI avec
un peu de travail au noir. Je ferme les yeux. » En règle générale, les
assistantes sociales n'aiment pas demander des contrôles. « Nous ne
sommes pas dans notre rôle. Ce n'est pas notre travail. Je ne demande
des enquêtes que si j'ai un énorme soupçon. » Ça lui arrive quand même.
« A une époque, j'avais un RMiste qui venait me voir chaque fois avec
une nouvelle BMW. C'était un peu gros. » Comme quoi on peut faire du
business et toucher le RMI. « Bon, mais ça c'est l'exception. La triche
la plus courante, c'est quand des personnes au RMI travaillent à plein
temps, au noir bien sûr, dans le bâtiment ou dans la restauration. Ou
quand des Marocains travaillent dans leur pays et touchent le RMI en
France. ça arrive ! »

Les mamans API. « Pour moi , poursuit Françoise, l'allocation parent
isolé (API) est plus bancale que le RMI. Je vois trop de femmes qui,
pour ne pas en perdre le bénéfice, attendent le moment où leur enfant
dépassera 3 ans pour en faire un autre et bénéficier d'une prolongation
de leur API. » Tout de même, cela a une fin... « Oui, elles passent au
RMI quand elles ont quatre enfants. » Cela devient pratiquement aussi
avantageux. « Le plus fort dans tout cela, c'est qu'auprès de ces
femmes il y a un homme qui vit au foyer mais n'apparaît pas. Elles sont
fières de pouvoir financer leur survie toutes seules. » Du moins le
pensent-elles... « Car la collectivité n'existe pas pour les assistés.
Ils ne se reconnaissent que des droits. » C'est là qu'intervient un
autre effet pervers, sournois celui-là : « Les RMistes ont l'impression
de jouir de petits privilèges, surtout s'ils décrochent une aide que
d'autres n'ont pas. Ils ne vivent pas bien du tout, mais depuis le
temps qu'ils "bidouillent" , qu'ils "trichouillent", ils n'imaginent
pas autre chose. Ça leur suffit. »

Dans les bureaux d'aide sociale, d'ailleurs, hormis quelques cas, ça se
passe plutôt bien. « Ceux qui râlent le plus sont les "petits" Blancs
qui trouvent qu'on en fait trop pour les étrangers. » Ce qui est faux.
Tous, en réalité, ont bien du mal à se remettre dans la peau d'un
travailleur. « Après un certain temps, les assistés ne veulent pas
aller voir ailleurs, se confronter à l'autre, et le monde du travail,
c'est l'autre. Ça brise toutes leurs habitudes. Ils ont peur. Le pire,
c'est que les assistés de longue date n'ont plus aucune ambition pour
leurs enfants. Ils pensent qu'ils pourront bien vivoter comme eux. Il
est là, le vrai danger. » Si rien ne change, on ne voit pas comment la
vie sur la dalle va s'améliorer. « Il ne faut pas se faire d'illusions :
avec le RMI ou l'API, c'est la paix sociale qu'on achète. » Et ce n'est
pas sûr que ça dure Patrick Bonazza

Benoît Genuini, M. Productivité au service du social

M artin Hirsch et Benoît Genuini se sont rencontrés dans les airs, à
bord d'un avion qui les emmenait, en 2005, à Singapour, défendre la
candidature de Paris aux JO de 2012. Martin Hirsch, énarque, membre du
Conseil d'Etat et président du mouvement Emmaüs, connaît par coeur
l'histoire de la protection sociale en France. Benoît Genuini, lui, est
un homme d'entreprise. Pendant trente ans, il a dirigé le cabinet
Accenture France. La gestion, la productivité, l'audit, la conduite du
changement... c'est son rayon ! En 2005, à 52 ans, ce polytechnicien a
envie de « rendre à la société la chance qu'elle [lui] a donnée ». Il
demande donc à Martin Hirsch de lui trouver « un petit job » chez
Emmaüs.

Martin Hirsch, lui, a une autre idée en tête. Début 2006, il s'attelle
au lancement de son Agence nouvelle des solidarités actives (Ansa), une
structure légère d'ingénierie sociale. Sa mission : expérimenter sur le
terrain de nouvelles méthodes de lutte contre l'exclusion et conseiller
les collectivités locales. Benoît Genuini devient donc le nouveau
président de l'Ansa « bénévole », précise cet amoureux de Victor Hugo
et des voyages. Depuis un an, il se rend régulièrement dans l'Eure pour
travailler avec les services sociaux du conseil général, de la CAF, de
l'ANPE, etc., qui testeront pour la première fois en grandeur nature le
revenu de solidarité active (RSA) si cher à Hirsch.

« Il faut retourner la logique des aides comme une chaussette », dit
Benoît Genuini. Et ce n'est pas tout : « Il faut simplifier la machine,
expérimenter localement pour commencer et, surtout, faire que les
administrations se parlent. Bref, c'est un grand chantier. » Mais cet
homme de foi ne se décourage pas : « Dans l'entreprise ou dans
l'administration, je ne connais rien qui se propage mieux que
l'enthousiasme. » S. C.

Martin Hirsch

« Lier une prestation sociale à un statut d'inactivité peut être
dangereux. En particulier vis-à-vis des travailleurs pauvres, qui vont
continuer, eux, à payer leur billet »

Martin Hirsch le président d'Emmaüs, est convaincu que plus on
distribue d'aides aux personnes qui ne travaillent pas, moins elles
seront incitées à retrouver un job. Or, pour lui, il y a un équilibre à
trouver entre la nécessité de soulager la pauvreté et la nécessité
d'inciter par tous les moyens les RMistes à retravailler; La Carte
Orange gratuite peut être une calamité.

Jean-Paul Huchon

« Les propos de Martin Hirsch montrent qu'il ne saisit pas la réalité
de la région Ile-de-France. Dans notre région, les déplacements sont
essentiels. Hirsch est atteint du syndrôme Hulot »

Jean-Paul Huchon, président de la région Ile-de-France, en accordant la
gratuité des transports en commun aux RMistes, se défend de tout
assistanat. Pour lui, la carte Solidarité transport n'est pas une
mesure protectrice, c'est une mesure active : un RMiste doit pouvoir se
déplacer s'il veut trouver un travail. La Carte Orange gratuite est une
prime à la mobilité

--
Avoir une section fumeur dans un restaurant, c'est comme avoir une
section pisseur dans une piscine ! :-)


P@lp@tine

unread,
Apr 16, 2007, 10:05:38 AM4/16/07
to
On 16 avr, 15:56, sidonie <sido...@plus.fr> wrote:

Et que dire des professions fermées (des taxis aux
> notaires en passant par les pharmaciens) obéissant à un numerus clausus
> qui, dans les faits, se transforme en rente ?

Les plaques de taxi existent dans toutes les grandes cvilles et
capitales du monde .
Les Françaises sont les plus abordables .
A Rio une plaque peut atteindre 200 000 Euros à la revente si vous
voulez travailler sur Copacabana .


pollux

unread,
Apr 16, 2007, 10:11:22 AM4/16/07
to
Ils se cassent pas trop le tête au Point. Tous les 2mois ils nous
refourguent le même journal avec les mêmes articles.

"sidonie" <sid...@plus.fr> a écrit dans le message de news:
mn.83bc7d747...@plus.fr...

ouinon

unread,
Apr 16, 2007, 10:33:46 AM4/16/07
to

"sidonie" <sid...@plus.fr> a écrit dans le message de news:
mn.83bc7d747...@plus.fr...
>> Les aides et subventions en tout genre demeurent une spécialité
> française. Quelle profession, quelle corporation n'en bénéficient pas ? 70
> % du revenu des agriculteurs proviennent de concours publics.


Evidemment puisque leurs produits ne sont pas achetés à leur vraie valeur.
A l'opposé beaucoup de gens sont trop bien payés pour un travail sans
valeur.


Chap

unread,
Apr 16, 2007, 10:59:00 AM4/16/07
to
Excellent article !

sinb...@chez.com

unread,
Apr 16, 2007, 11:02:01 AM4/16/07
to
On 16 avr, 16:59, "Chap" <petit.ch...@gmail.com> wrote:
> Excellent article !

Je trouve aussi.

Grand Ayatrollah

unread,
Apr 16, 2007, 11:06:52 AM4/16/07
to
On Apr 16, 3:11 pm, "pollux" <p...@hotmail.fr> wrote:
> Ils se cassent pas trop le tête au Point. Tous les 2mois ils nous
> refourguent le même journal avec les mêmes articles.
>
> "sidonie" <sido...@plus.fr> a écrit dans le message de news:
> mn.83bc7d7474704a57.53...@plus.fr...
> ...
>
> read more »- Hide quoted text -
>
> - Show quoted text -

attaque typiquement socialo..

mieux vaut attaquer les journalistes plutot que le contenu de l'article

Sal Khalbar

unread,
Apr 16, 2007, 5:14:00 PM4/16/07
to
"sidonie" <sid...@plus.fr> a écrit dans le message de
news:mn.83bc7d747...@plus.fr...
> La France assistée
> .........SNIP........

> « En France, nous avons une drôle de mentalité, dit ce cadre sup un peu
> baroudeur qui a travaillé des années à l'étranger (Japon, Inde,
> Chine...). J'ai droit à ceci, j'ai droit à cela, ce n'est pas à moi de
> payer, c'est à l'Etat »... L'Etat providence est inscrit dans les gènes
> de chaque citoyen. « La décontraction avec laquelle les Français
> courent s'inscrire à l'ANPE me sidère, dit cette jeune Suisse installée
> à Paris. Chez moi, mes amis hésitent six mois avant de faire valoir
> leurs droits. Car chacun réalise que l'argent public, c'est l'argent de
> tout le monde. »
> .........SNIP........


Ca c'est une mentalité timide de gagne-petit bien éduqué.
Car dis-toi bien que le *vrai* riche, le grand patron qui
gagne 10, 20 ou 100 (ou plus) fois plus que n'importe lequel
des ouvriers/employés qu'il exploite n'a pas ces frilosités
de vieille fille ménopausée : dans SON esprit, l'argent public
(comme n'importe quel argent) n'est PAS l'argent de tous :
c'est LE SIEN !

Il considère que *tout* l'argent lui revient de plein droit,
que tout argent se trouvant hors de SA poche constitue
une injustice criante à réparer de toute urgence, ainsi
qu'un affront à ses "qualités" et "compétences" personnelles.
Et son but est de l'amener *en totalité* et *par n'importe
quel moyen* dans SA poche, déjà tellement bien garnie
qu'il ne sait comment en dépenser (je n'ai pas dit *investir*
le centième, sans le partager ni en laisser quelques miettes
à d'autres (qui en auraient pourtant bien plus besoin que lui).

aleste81

unread,
Apr 16, 2007, 7:49:46 PM4/16/07
to
On 16 avr, 15:56, sidonie <sido...@plus.fr> wrote:
> La France assistée

le problème est qu'il est plus facile de fourguer un RMI aux immigrés
que leur trouver un employeur.

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