Pour la première fois dans l'histoire, au vingtième siècle, les Etats- Unis
ont pu taxer le monde entier d'une manière indirecte, par l'intermédiaire de
l'inflation. Ils n'ont pas mis en place un prélèvement direct, comme tous
les empires qui les ont précédés, mais ont distribué leur propre devise, le
dollar US, aux autres nations en échange de biens avec comme conséquence
prévue une inflation et une dévaluation de ces dollars qui étaient ensuite
récupérés en échange d'une quantité inférieure de biens la différence
constituant la taxe impériale US. Voici comment ils ont procédé.
Au début du vingtième siècle, l'économie US a commencé à dominer l'économie
mondiale. Le Dollar US était indexé sur l'or et par conséquence sa valeur ne
connaissait pas de fluctuations, puisqu'elle correspondait toujours à la
même quantité d'or. La Grande Dépression, précédée par une inflation entre
1921 et 1929 et l'explosion des déficits budgétaires, a provoqué une nette
augmentation de la quantité de monnaie en circulation, rendant ainsi
impossible l'indexation du dollar sur l'or. Ce qui amena Roosevelt en 1932 à
supprimer l'indexation du dollar sur l'or. Jusqu'à là, les Etats-Unis
dominaient le monde, mais uniquement d'un point de vue économique. Ils
n'étaient
pas encore un empire. En distribuant des dollars convertibles en or, des
dollars à valeur constante, les Etats-Unis ne pouvaient tirer des bénéfices
économiques de leurs échanges avec d'autres pays.
D'un point de vue économique, l'Empire Américain est née en 1945 avec (les
accords de) Bretton Woods. Le dollar US n'était pas totalement convertible
en or, mais était encore convertible en or uniquement pour les gouvernements
étrangers. Le dollar devint ainsi la monnaie de réserve du monde. Ceci fut
rendu possible parce que, pendant la deuxième guerre mondiale, les
Etats-Unis avaient fourni des biens à ses alliés en exigeant de l'or en
guise de paiement. Les Etats-Unis ont ainsi accumulé une bonne partie de
l'or
mondial.
La constitution d'un empire n'aurait pas été possible si, après les accords
de Bretton Woods, la quantité de dollars en circulation avait été limitée à
celle de l'or disponible, afin de pouvoir garantir la parité. Mais la
politique « du beurre et des canons » des années 60 était une politique
impériale : le volume des dollars fut sans cesse accru pour financer la
guerre du Vietnam en même temps que le projet de Grande Société du président
Lyndon B. Johnson. La plupart de ces dollars étaient mis en circulation à
l'étranger
en échange de biens et n'étaient pas rachetés pour la même valeur.
L'augmentation
des quantités de dollars détenus par des étrangers, alimentée par les
déficits US endémiques, équivaut à une taxe : la taxe classique « par
l'inflation
» qu'un pays impose à ses propres citoyens, mais cette fois-ci imposée par
les Etats-Unis au reste du monde.
En 1970-71, lorsque les pays étrangers demandèrent le remboursement de leurs
dollars en échange d'or, le gouvernement des Etats-Unis fit faux bond, le 15
août 1971. Alors que l'histoire officielle raconte la « suppression de la
parité entre le dollar et l'or », il s'agissait en réalité d'un refus de
payer, de rembourser en or, ce qui revient à un acte de mise en faillite de
la part du gouvernement des Etats-Unis. C'est ainsi que les Etats-Unis se
déclarèrent Empire. Ils avaient accaparé d'énormes quantités de biens du
reste du monde, sans intention ou capacité de les payer, et le monde ne
pouvait que constater son impuissance.
A partir de ce moment, pour maintenir l'Empire Américain et continuer à
taxer le reste du monde, les Etats-Unis devaient obliger le reste du monde à
continuer d'accepter, en échange de biens, les dollars qui se dévaluaient en
permanence. Le reste du monde devait ainsi accumuler de plus en plus de
dollars dévalués. Pour qu'ils continuent d'accumuler tous ces dollars, il
fallait trouver et donner au monde une raison économique de posséder tant de
dollars. Cette raison fût le pétrole.
En 1971, lorsqu'il devint évident que le gouvernement US était incapable de
racheter ses dollars avec de l'or, un accord avec l'Arabie Saoudite fut
instauré en 1972-73 : les Etats-Unis soutenaient le règne de la Maison des
Saoud qui, en échange, n'accepterait que le dollar US comme monnaie de
paiement pour leur pétrole. Le reste de l'OPEC suivit. Le monde était donc
contraint d'acheter en dollars le pétrole aux pays arabes et devait donc
posséder des dollars pour pouvoir payer. Et parce que la demande de pétrole
dans le monde était sans cesse croissante, la demande de dollars ne pouvait
qu'augmenter. Si les dollars ne pouvaient plus être échangés pour de l'or,
ils pouvaient désormais être échangés pour du pétrole.
L'idée derrière cet accord était de faire en sorte que le dollar soit
désormais soutenu par le pétrole. Et tant que cette situation perdurait, le
monde devait accumuler de plus en plus de dollars, parce qu'il leur fallait
ces dollars pour acheter ce pétrole. Tant que le dollar restait le seul
moyen de paiement du pétrole, sa domination était garantie et l'Empire
Américain pouvait continuer à taxer le reste du monde. Si le dollar, pour
une raison ou une autre, devait perdre le soutien du pétrole, l'Empire
Américain cesserait d'exister. Ainsi, la survie de l'Empire dépend de la
vente du pétrole en dollars. Cela implique aussi que les réserves de pétrole
soient situées dans des pays trop faibles politiquement ou militairement
pour demander le paiement du pétrole dans une autre devise. Si quelqu'un
demandait à être payé autrement qu'en dollars, il fallait le convaincre, par
des pressions militaires ou économiques, de changer d'avis.
Un qui a effectivement demandé des Euros en échange de son pétrole fût
Saddam Hussein, en 2000. D'abord il fut l'objet de risées. Ensuite on a
tenté de l'ignorer. Enfin, lorsqu'il devint évident qu'il ne plaisantait
pas, on exerça des pressions politiques pour lui faire changer d'avis.
Lorsque d'autres pays, comme l'Iran, voulaient être payés en d'autres
devises, notamment en euros et yens, le danger pour le dollar devint
évident, et une opération punitive fut organisée. La guerre de Bush en Irak
n'a rien à voir avec les armes nucléaires de Saddam, ni la défense des
droits de l'homme, ni la démocratie, ni même le contrôle des puits de
pétrole ; il s'agit de défendre le dollar, c'est-à-dire l'Empire Américain.
Il s'agit de donner une leçon à tous ceux qui seraient tentés de demander à
être payés autrement qu'en dollars.
Nombreux sont ceux qui ont critiqué Bush pour avoir mené une guerre en Irak
dans le but de prendre le contrôle des puits de pétrole. Cependant, ils
n'expliquent
pas pourquoi Bush voudrait prendre le contrôle de ces puits il aurait pu
se contenter d'imprimer des billets pour rien et acheter tout le pétrole
dont il avait besoin. Il devait donc y avoir une autre raison pour envahir
l'Irak.
L'histoire nous enseigne qu'un empire doit entrer en guerre pour une de ces
deux raisons : (1) pour se défendre ou (2) pour tirer profit d'une guerre ;
dans le cas contraire, comme le démontre Paul Kennedy dans son magistral «
The Rise and Fall of the Great Powers », un éparpillement excessif de ses
forces militaires drainerait ses ressources économiques et précipiterait sa
chute. D'un point de vue économique, pour qu'un Empire puisse déclencher et
mener une guerre, les bénéfices tirées doivent surpasser le coût militaire
et social. Les bénéfices tirés des puits Irakiens ne compensent pas les
coûts militaires à long-terme. Bush est donc entré en Irak pour défendre son
Empire. Et ceci est confirmé par le fait que deux mois après l'invasion de
l'Irak
par les Etats-Unis, le programme Nourriture contre Pétrole fut interrompu,
les comptes bancaires Irakiens en euros furent convertis en dollars, et le
pétrole fut de nouveau vendu exclusivement en dollars US. Il n'était plus
possible d'acheter du pétrole à l'Irak avec des euros. La suprématie globale
du dollar fut restaurée de nouveau. Bush descendit victorieusement d'un
avion de combat et déclara que la mission était accomplie entendez par là
qu'il avait réussi à défendre le dollar US, donc l'Empire Américain.
Une bourse iranienne du Pétrole Iranienne
Le gouvernement iranien a finalement mis au point l'ultime arme «
nucléaire » qui pourrait rapidement détruire le système financier qui
soutient l'Empire Américain. L'arme d'une bourse que l'Iran a prévu d'ouvrir
en mars 2006. Elle sera basée sur un mécanisme de négoce de pétrole en
euros. En termes économiques, la danger pour le dollar est bien plus grand
que celui représenté naguère par Saddam, parce que cela permettrait à
n'importe
qui, désireux d'acheter ou de vendre du pétrole en euros, de court-circuiter
complètement le dollar. Dans ce cas, il s est probable que pratiquement tout
le monde adopterait avec enthousiasme l'euro comme monnaie de paiement du
pétrole.
Les européens n'auraient plus à acheter ou vendre des dollars pour payer le
pétrole, et pourraient payer avec leur propre devise. L'adoption de l'euro
pour payer le pétrole donnerait à la monnaie européenne un statut de devise
de réserve au détriment de celle des Etats-Unis.
Les Chinois et les Japonais seraient particulièrement heureux d'adopter ce
nouveau monnaie d'échange pour le pétrole, parce que cela leur permettrait
de réduire considérablement leurs énormes réserves de dollars et de
diversifier avec des euros, se protégeant ainsi des dévaluations successives
du dollar. Ils pourraient décider de garder une petite partie de leurs
dollars et de carrément se débarrasser d'un autre partie. Une partie serait
gardée pour régler quelques futurs achats en dollars, mais leurs réserves
seraient désormais constitués en euros.
Les Russes ont un grand intérêt à adopter l'euro la majeure partie de
leurs échanges s'effectuent avec les pays européens, les pays exportateurs
de pétrole, avec la Chine et avec le Japon. L'adoption de l'euro
faciliterait d'emblée les échanges avec les deux premiers blocs, et
facilitera à terme les échanges avec la Chine et le Japon. De plus, il
semblerait que les Russes détestent posséder des dollars qui se dévaluent,
car ils viennent de se convertir à la religion de l'or. Les Russes ont aussi
ranimé leur nationalisme et ils ne seraient que trop heureux d'adopter
l'euro
si cela pouvait donner un coup de poignard dans le dos des étasuniens, et
c'est
avec un sourire aux lèvres qu'ils observeraient les étasuniens perdre leur
sang.
Les pays arabes exportateurs de pétrole, face à leurs montagnes de dollars
dévalués, adopteraient l'euro avec enthousiasme afin de diversifier leurs.
Comme les Russes, leurs échanges s'effectuent principalement avec les pays
européens, et ils préféreraient la devise européenne, plus stable. Sans
parler du djihad contre l'ennemi infidèle.
Seuls les Britanniques se trouveraient entre le marteau et l'enclume. Ils
ont toujours eu un partenariat privilégié avec les Etats-Unis, mais ont
toujours subi une attraction naturelle vers l'Europe. Jusqu'à présent, ils
ont eu de nombreuses raisons pour rester aux côtés du vainqueur. Néanmoins,
quand ils assisteront à la chute de leur vieil allié, se tiendront-ils
toujours fermement à ses côtés ou délivreront-ils le coup de grâce ? Il ne
faut cependant pas oublier que les deux principales places boursières de
pétrole dans le monde sont le NYMEX de New York et le International
Petroleum Exchange (IPE) à Londres et les deux sont contrôlés par les
Etats-unis. Il semblerait donc plus probable que les Britanniques devront
couler avec le navire ou alors se tirer une balle dans le pied en portant
atteinte aux intérêts de leur propre IPE. Il faut noter ici qu'au delà de
toute la rhétorique autour du maintien de la livre sterling, il est très
probable que les Britanniques n'ont pas adopté l'euro principalement parce
que les étasuniens ont fait pression. Dans le cas contraire, l'IPE aurait
basculé vers l'euro, portant ainsi un coup mortel à leur partenaire
stratégique.
En tout état de cause, et quelque soit la décision britannique, si la bourse
iranienne du pétrole devait voir le jour, les entités qui comptent les
Européens, les Chinois, les Japonais, les Russes et les Arabes adopteront
avec enthousiasme l'euro, scellant ainsi le destin du dollar. Chose que les
Etats-Unis ne peuvent se permettre et ils recourront, si nécessaire, à toute
une série de stratégies pour déstabiliser ou interrompre les opérations de
la bourse iranienne :
Le sabotage - par un virus informatique, une attaque contre le réseau, les
communications ou un serveur, par différentes failles de sécurité ou une
attaque de type 11 septembre contre le site principal et les sites de
secours.
Un coup d'état - de loin la meilleure option à long terme pour les
Etats-Unis.
Une négociation acceptable des conditions et des restrictions autre
excellente solution pour les Etats-Unis. Bien sûr, le coup d'état est
nettement préférable pour les Etats-Unis car cela garantirait une
neutralisation totale de la bourse qui ne représenterait plus une menace
pour leurs intérêts. Cependant, si le coup d'état ou le sabotage échouent,
alors la négociation devient à l'évidence la meilleure solution de rechange.
Une résolution de guerre à l'ONU - difficile à obtenir étant donné les
intérêts en jeu chez les états membres du Conseil de Sécurité. Mais tout le
discours fébrile autour d'un développent d'armes nucléaires en Iran est
clairement destiné à préparer une telle éventualité.
Une Frappe Nucléaire Unilatérale - un choix stratégique terrible pour toutes
les raisons liées à l'éventualité suivante : la Guerre Totale Unilatérale.
Les Etats-Unis feront probablement appel à Israël pour mener ce sale boulot.
Une Guerre Totale Unilatérale - à l'évidence, la plus mauvaise des
solutions. D'abord, les ressources militaires US ont déjà été entamées par
deux guerres. Ensuite, les Etats-Unis dégraderont encore plus leurs
relations avec d'autres nations importantes. Troisièmement, les grands pays
possesseurs de dollars pourraient riposter en se débarrassant discrètement
de leurs montagnes de billets verts et empêcher ainsi les Etats-Unis de
financer leurs nouveaux projets militaires. Enfin, l'Iran a des alliances
stratégiques avec de puissantes nations, ce qui pourrait les entraîner dans
la guerre ; l'Iran a une telle alliance avec la Chine, l'Inde, et la Russie,
connue sous le nom de Groupe de Coopération de Shanghai, ou Coop de
Shanghai, et un pacte avec la Syrie.
Quelque soit le choix, d'un point de vue purement économique, si la Bourse
iranienne de pétrole devait prendre son envol, elle serait adoptée par de
grandes puissances économiques et précipiterait la chute du dollar. La chute
du dollar accélérerait l'inflation aux Etats-Unis et ferait monter les taux
d'intérêts US. A ce stade, la Fed (banque centrale US NDT) se retrouverait
à devoir choisir entre Charybde et Scylla entre la déflation et
l'hyperinflation
et serait rapidement obligée de prendre soit sa « médecine habituelle »,
de ralentir l'inflation en augmentant les taux d'intérêt, provoquant ainsi
une dépression économique majeure, un effondrement de l'immobilier, un
implosion des valeurs boursières et un effondrement financier total, ou bien
de choisir une voie de sortie « à la Weimar » par l'inflation, ce qui
écornera les rendements des placements à long terme, fera décoller les
hélicoptères noiera le système financier sous des tonnes de liquidités,
mettra fin aux fonds d'investissement à long-terme et provoquera
l'hyperinflation
de l'économie.
La théorie autrichienne sur la monnaie, le crédit et les cycles nous
enseigne qu'il n'y a rien entre Charybde et Scylla. Tôt ou tard, le système
monétaire devra basculer d'un côté ou de l'autre, obligeant la Fed à faire
un choix. Il ne fait aucun doute que le commandant en chef Ben Bernanke,
grand connaisseur de la Grande Dépression et un fin pilote de
(l'hélicoptère)
Black Hawk, choisira l'inflation. Hélicoptère Ben, inconscient de la Grande
Dépression telle qu'elle est analysée par Rothbard, a néanmoins retenu les
leçons sur le pouvoir destructeur de la déflation. Le Maestro lui a enseigné
que la panacée à tout problème financier, dans tous les cas, c'est
l'inflation.
Il a même enseigné aux japonais sa méthode originale pour lutter contre la
déflation. Comme son mentor, il a rêvé de livrer une bataille au sein d'un
hiver de Kondratieff. Pour éviter la déflation, il fera appel à la planche à
billets, il fera décoller les hélicoptères des quelques 800 bases
étasuniennes à l'étranger et, si nécessaire, il monétisera tout ce qui lui
tombera sous la main. Son ouvre ultime sera la destruction par
hyper-inflation de la devise étasunienne. Et de ses cendres renaîtra la
nouvelle devise de réserve du monde, cette relique barbare qu'on appelle
l'or.
l'hyperpuissance US, c'est pas qu'une affaire de pîtrole,
donc...............
"infos" <info...@wanadoo.fr> a écrit dans le message de news:
43e2074a$0$17040$626a...@news.free.fr...
> même les ordinateurs
> de la bourse iranienne tournent sous le Windows XP US
>
> l'hyperpuissance US, c'est pas qu'une affaire de pîtrole,
> donc...............
Les économistes distingués continuent à tenter d'expliquer ce qu'eux
mêmes ne distinguent guère....