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Le Monde - La pénurie de main-d'œuvre menace la filière nucléaire

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jm

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Mar 25, 2008, 3:08:27 PM3/25/08
to
La pénurie de main-d'œuvre menace la filière nucléaire
LE MONDE | 25.03.08 | 13h35 • Mis à jour le 25.03.08 | 15h32


A la fin de la prochaine décennie, des centrales nucléaires commenceront
à fermer en France. Les mirifiques plans de développement de cette
énergie seront remisés un peu partout dans le monde. La guerre des
antinucléaires aura cessé, faute d'"ennemis". La cause de tout cela est
banale : la pénurie de main-d'oeuvre... EDF, premier exploitant mondial
avec ses 58 réacteurs, en serait la première victime. Ce scénario ne se
réalisera probablement pas, mais la pénurie de compétences fait peser
une hypothèque de plus en plus lourde sur le secteur à mesure que les
commandes de centrales se multiplient.


Dans une déclaration unanime, les 28 pays membres de l'Agence nucléaire
de l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE)
ont tiré la sonnette d'alarme au Congrès mondial de l'énergie, en
novembre 2007, à Rome : "Si aucune mesure n'est prise, le secteur
nucléaire risque d'être confronté à une pénurie de main-d'oeuvre
qualifiée, tant pour assurer le contrôle et le fonctionnement des
centrales existantes que pour en construire de nouvelles." Tous les
métiers sont concernés.

"Le problème du vieillissement de la main-d'oeuvre donne des insomnies
aux dirigeants. Les "baby-boomers" commencent à partir à la retraite,
particulièrement dans le secteur de l'énergie et des "utilities"
(services collectifs)", prévient Eric Schmitt, expert chez Capgemini,
dans une étude intitulée Préparer la renaissance du nucléaire.

On assiste à un effet de ciseaux : les salariés qualifiés partent à la
retraite alors que les écoles d'ingénieurs et les universités ont réduit
ces formations dans les années 1980-1990 et tari les sources de
recrutement. Le recul des prix du pétrole avait alors entraîné l'arrêt
des investissements dans le nucléaire, dont l'image s'était fortement
dégradée après l'accident de Three Mile Island (1979) et la catastrophe
de Tchernobyl (1986).

"Le nucléaire est viable, compétitif, sûr et respectueux de
l'environnement", assure M. Schmitt. Est-ce suffisant pour attirer les
jeunes talents de demain ? La situation française n'est pas dramatique,
affirme Alain Bugat, administrateur général du Commissariat à l'énergie
atomique (CEA). Il n'en reconnaît pas moins que la formation de
spécialistes est "une tâche de grande ampleur". "Le renouvellement des
compétences est un enjeu majeur", souligne de son côté Pierre Gadonneix,
PDG d'EDF.

D'ici à 2015, 40 % des équipes EDF d'ingénierie et de production devront
être renouvelées. Surtout dans la filière nucléaire, qui emploie 25 000
salariés et assure 80 % de la production. L'entreprise prévoit
l'embauche de 500 ingénieurs par an dans les dix prochaines années et
d'autant de diplômés bac + 2.

Comme le fabricant de réacteurs et de combustibles nucléaires Areva, EDF
doit pour cela peaufiner l'image d'un groupe soucieux de développement
durable et dont l'activité permet d'éviter des rejets massifs de gaz à
effet de serre. Elle doit surtout inciter universités et grandes écoles
à attirer les futurs ingénieurs dans ces filières. EDF doit lancer,
mi-avril, une Fondation européenne pour les énergies de demain, chargée
de financer des formations dans les énergies sans CO2, dont le
nucléaire. Dès la rentrée, elle financera un master préparé dans
plusieurs écoles (Polytechnique, Mines, Centrale...).

Mais EDF devra être "encore plus attractive", reconnaît Yann Laroche,
directeur général délégué chargé des ressources humaines. L'enjeu est
aussi international pour le groupe français, qui a fait de la vente de
son savoir-faire une priorité. Ses dirigeants estiment qu'en 2010, 700
personnes travailleront sur des projets de centrales à l'étranger
(Etats-Unis, Chine, Grande-Bretagne, Afrique du Sud...).

La situation reste néanmoins tendue au niveau mondial. Selon Capgemini,
la moitié des écoles formant ingénieurs et opérateurs ont arrêté ces
formations au cours des 25 dernières années. Aux Etats-Unis, qui ont le
premier parc de centrales, un tiers des travailleurs du nucléaire
pourront faire valoir leurs droits à la retraite d'ici à 2012, estime le
département du travail. La filière devra embaucher 26 000 personnes dans
les dix ans pour faire tourner les 104 réacteurs existants. Sans compter
celles qu'il faudra former pour les dizaines de réacteurs prévus.

Dans les pays émergents déjà dotés de compétences (Chine, Inde...), les
formations devraient suivre le développement de la filière. Mais dans
ceux ayant renoncé au nucléaire (Italie) ou programmé sa disparition
(Allemagne, Suède, Belgique, Espagne), la situation risque d'être
critique s'ils décident de relancer l'atome civil. Sans parler de ceux
qui veulent se doter de centrales, comme certains pays arabes. "Les
spécialistes considèrent qu'il faudra, d'ici dix ans, plus de 30 000
ingénieurs et techniciens supplémentaires dans cette filière à
destination des pays qui auront accédé au nucléaire civil", note Pierre
Laffitte, sénateur des Alpes-Maritimes et président de la Fondation
Sophia Antipolis (technopole sur les nouvelles technologies). Durant sa
présidence de l'Union européenne (juillet-décembre 2008), la France
devrait proposer la création d'un Institut international du nucléaire
civil, chargé de former les spécialistes (conception, construction,
maintenance et démantèlement des centrales).

Si le nucléaire se développe autant que ses partisans l'espèrent, la
"course aux talents" va être vive, prévient M. Schmitt. Les salariés de
la filière étaient jusqu'à présent très stables. Dans un monde
économique où le turn-over est important, ce ne sera plus la règle.
Est-ce compatible avec le bon fonctionnement d'un secteur où, plus que
dans tout autre, l'accumulation des compétences et les retours
d'expérience sont des gages de la sûreté des centrales et de la
fiabilité de la production ?
Jean-Michel Bezat
Article paru dans l'édition du 26.03.08.

Zetrader In Roanne City

unread,
Mar 25, 2008, 3:24:07 PM3/25/08
to
jm wrote:
> La pénurie de main-d'ouvre menace la filière nucléaire
> LE MONDE | 25.03.08 | 13h35 . Mis à jour le 25.03.08 | 15h32

Il y a pas de pénurie de main d'oeuvre si on accepte de la payer
correctement.

--
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lvmduch

unread,
Mar 25, 2008, 4:04:00 PM3/25/08
to

"Zetrader In Roanne City" <http://www.zetrader.fr> a écrit dans le message
de news: 47e95166$0$31892$426a...@news.free.fr...

> jm wrote:
>> La pénurie de main-d'ouvre menace la filière nucléaire
>> LE MONDE | 25.03.08 | 13h35 . Mis à jour le 25.03.08 | 15h32
>>

", le secteur nucléaire risque d'être confronté à une pénurie de


main-d'oeuvre qualifiée, tant pour assurer le contrôle et le
fonctionnement des centrales existantes que pour en construire de
nouvelles." Tous les métiers sont concernés."

pas un mot sur qui va demonter les anciennes centrales, ni qui va gerer les
dechets...


UBUjean-jacques viala

unread,
Mar 26, 2008, 3:19:28 PM3/26/08
to
On Tue, 25 Mar 2008 21:04:00 +0100, "lvmduch" <lvm...@wanadoo.fr>
wrote:

il faut importer positivement de la main d'oeuvre qualifiée, par exemple
iranienne.

--

UBU
La république gouverne mal, mais elle se défend bien.
Anatole France

dlink

unread,
Mar 26, 2008, 3:38:34 PM3/26/08
to
Vite des Sénégalais. J'espère que les ingénieurs nucléaires font partie
des 108 métiers ouverts à l'immigration choisie du Sénégal par Hortefeux.
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