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Organiser un protectionnisme européen raisonnable et instaurer des droits de douane pour faire cesser le dumping social et environnemental

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Emilio Largo

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Apr 19, 2009, 3:36:04 PM4/19/09
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Organiser un protectionnisme européen raisonnable et instaurer des
droits de douane pour faire cesser le dumping social et
environnemental

Depuis quelques mois, le débat sur le protectionnisme, qui était porté
de manière relativement confidentielle par quelques libres penseurs,
s’est imposé sur la scène économique, porté par un nombre toujours
plus grand d’économistes qui en font désormais une condition pour le
retour à la croissance dans les pays développés.

LEUR ECHEC

Pourquoi avons-nous besoin du protectionnisme ?

Sur le fond, le raisonnement est finalement assez simple : la libre
concurrence entre des pays dont les écarts de salaires vont de 1 à 20
provoque inexorablement une baisse des salaires et du chômage dans les
pays où ils sont plus élevés. Les Etats-Unis ont fait le choix de la
déflation salariale puisque le salaire d’un ouvrier Américain a baissé
de plus de 10% depuis les années 70 et que le salaire minimum est
passé de 8 à 5,15 dollars depuis 1966 (en dollar constant) comme le
montre Paul Krugman, prix Nobel d’économie 2008 dans son livre «
L’Amérique que nous voulons ». L’Europe a choisi le chômage et la
stagnation des salaires.

Les théoriciens du libre-échange auront beau rappeler toutes les
belles théories écrites il y a des siècles, il ne faut pas oublier
qu’à l’époque de Ricardo, les écarts de salaire allaient de 1 à 2 et
que le transport était beaucoup plus aléatoire. Ce qui était vrai au
18ème siècle ne l’est pas forcément au 21ème. En outre, la théorie des
avantages comparatifs présente de grandes limites, comme le montre le
fait que la Chine devient l’usine du monde, sans la moindre
distinction de secteurs (en passant des vêtements et des jouets aux
ordinateurs). Bien sûr, le libre échange peut être bénéfique mais non
régulé, il est aujourd’hui un facteur d’appauvrissement de la
population des pays développés du fait de trop grands écarts de
conditions salariales, sociales et environnementales.

Maurice Allais, notre seul prix Nobel d’économie a été le pionnier de
ce débat, au début des années 90. Il a démontré que le chômage des
pays européens en général et de la France en particulier est en grande
partie la conséquence du choix d’un libre-échange non régulé. Emmanuel
Todd lui a emboîté le pas et aujourd’hui Hakim El Karoui, Jean-Luc
Gréau, Jacques Sapir ou Gérard Lafay plaident pour le protectionnisme.
Mieux, même s’ils n’ont pas encore franchi le cap du protectionnisme,
de nombreux économistes (Patrick Artus, Paul Krugman, prix Nobel
d’économie et même Alan Greenspan) reconnaissent que le libre-échange
provoque un appauvrissement des pays développés, ainsi que de
l’immense majorité des populations des pays émergents, et pousse les
salaires à la baisse, notamment dans tous les secteurs de l’économie
qui peuvent être délocalisés.

Le protectionnisme existe toujours !

Malgré cette percée idéologique, le débat est encore difficile
aujourd’hui et oppose trop souvent les « gentils » partisans du libre-
échange et les « méchants » protectionnistes. Les premiers brandissent
la crise des années 30 comme une preuve des dangers du protectionnisme
alors qu’il n’était qu’une conséquence de la crise et non pas une
cause… la crise actuelle, où le commerce mondial s’effondre bien plus
encore que l’économie (les exportations du Japon ont baissé de plus de
45% en janvier 2009) sans la moindre mesure protectionniste, montre
bien que l’effondrement du commerce peut être la conséquence de la
crise.

En outre, tous les pays utilisent des formes de protectionnisme. Même
l’Allemagne y a recours, par l’utilisation de normes spécifiques (les
fameuses normes DIN) qui protègent leurs industriels de concurrents
étrangers qui hésitent à investir pour rendre compatible leur
production pour un seul pays... L’instauration d’une TVA sociale il y
a deux ans relève de la même logique puisqu’elle a permis de faire
davantage contribuer les produits importés au financement du modèle
social Allemand. Et les Etats-Unis ont une panoplie d’outils
protectionnistes (pics tarifaires, réglementation de l’acier,
mécanismes de rétorsion) bien plus développée qu’en Europe. Même
l’Europe a maintenu des droits de douane sur les vélos, permettant à
60% du marché européen d’être couvert par une production locale.
Mieux, à l’opposé de la légende écrite par certains, le modèle de
développement du Japon, de la Corée ou de la Chine associe un solide
protectionnisme du marché intérieur avec le bénéfice de l’ouverture
des autres. 95% des voitures achetées dans ces trois pays sont ainsi
produites localement, le marché intérieur étant protégé de différentes
manières. La Chine, par exemple, taxait à environ 100% les voitures
importées il y a une dizaine d’années (environ 30% aujourd’hui) pour
imposer aux constructeurs occidentaux à construire des usines sur
place, leur imposant au passage un partenaire local pour former les
futurs constructeurs locaux. Ainsi, ils ont assuré un transfert de
technologie qui permet aujourd’hui à leurs constructeurs locaux de
voler de leurs propres ailes. Et pour assurer un transfert maximum de
la valeur ajoutée, le gouvernement a instauré des droits de douanes
très importants sur les pièces détachées pour localiser la majeure
partie de la chaîne de valeur. Bref, le protectionnisme est une
pratique courante, qui, si elle a reculé dans certains pays, reste
fortement présente dans d’autres, qui l’utilisent comme un moyen
d’assurer leur croissance, loin de la caricature autarcique que l’on
présente habituellement.

L’Europe actuelle, naïvement libre-échangiste

Alors qu’un nombre grandissant d’économistes alertent les dirigeants
européens des dangers du libre-échange non régulé, les dirigeants
européens continuent à ouvrir les frontières commerciales de l’Europe
sans la moindre retenue. C’est dans les années 70 que les
gouvernements européens ont confié à la Commission le soin de négocier
les accords commerciaux. Le dogmatisme ultralibéral des technocrates
ne s’est pas démenti depuis.

Au début des années 90, la Commission a ainsi décidé d’ouvrir le
marché européen aux automobiles japonaises, auparavant limitées par
des quotas sans jamais négocier la moindre contrepartie avec les
autorités japonaises. Résultat, alors que les ventes de voitures
japonaises ont doublé en Europe, les ventes de voitures européennes au
Japon restent toujours aussi marginales. De même, les constructeurs
coréens ont toute liberté pour vendre leur production alors que le
marché coréen est encore plus verrouillé que le marché japonais.

Pire, l’élargissement aux pays de l’ancienne Europe de l’Est en 2004 a
eu des conséquences dramatiques pour les industries des pays de
l’Europe occidentale. En à peine quatre ans, les constructeurs
Français ont ainsi diminué leur production nationale de plus d’un
million d’unités alors qu’ils ont augmenté leur production hors du
territoire national de près d’un million. Une grande partie de ce
transfert de production s’est effectué vers les pays d’Europe de l’Est
(Slovénie et Roumanie pour Renault, République Tchèque pour PSA) où
les salaires peuvent être jusqu’à dix fois plus bas qu’en France
(salaire minimum Roumain par rapport au SMIC Français).

LEUR DOUBLE LANGAGE

Quels que soient les partis dominants et leurs alliés, le thème du
protectionnisme européen revient en force dans la bouche des candidats
de l’UMP, du PS, du MoDem et des Verts. Il s’agit là d’un double
langage flagrant de la part de responsables politiques. La palme en
revient à Nicolas Sarkozy, qui a multiplié les déclarations martiales
avant et après son élection :

« Je veux réintroduire la préférence communautaire (...) Ce n’est pas
anormal qu’un continent se protège comme le font les Américains, les
Japonais ou les Chinois » M. Sarkozy, qui estime que « l’Europe a été
construite pour protéger, pas pour être le cheval de Troie d’une
concurrence déloyale », demande également « la réciprocité. +J’ouvre,
tu ouvres. Tu n’ouvres pas, je n’ouvre pas+. C’est basique, mais ça ne
se discute pas », a-t-il dit. « Il n’y a pas de fatalité à subir la
mondialisation. Il doit y avoir réciprocité ». Par ailleurs, «
s’agissant de la négociation à l’OMC, qui constitue l’une des
compétences les plus importantes de l’Union européenne, je pense qu’il
n’est plus possible de la confier à un commissaire européen, quel que
soit sa qualité », a-t-il affirmé. Mais ces déclarations volontaristes
n’ont pas empêché Nicolas Sarkozy de promouvoir et d’imposer le traité
de Lisbonne par la voie parlementaire en février 2008, un traité qui
comme la Constitution européenne, achève de faire passer à la majorité
qualifiée l’ensemble des vote portant sur des accords commerciaux à
l’OMC et renforce le rôle exclusif de la Commission de Bruxelles dans
ces négociations.

On doit à la vérité de reconnaître que le parti socialiste, qui a
récemment inscrit l’objectif du protectionnisme européen dans son
projet pour les élections européennes, n’est pas en reste lui non
plus : tout comme l’UMP et le MoDem, mais avec l’hypocrisie en plus,
il a massivement voté la ratification parlementaire du traité de
Lisbonne.

CE QUE NOUS VOULONS

Construire un protectionnisme européen de croissance

L’établissement d’une forme de protectionnisme est donc essentiel pour
permettre la hausse des salaires dans les pays occidentaux, sinon la
concurrence avec les pays émergents provoquera chômage et déflation
salariale. Ce protectionnisme est aussi le moyen de permettre à ces
pays de faire progresser leur niveau de vie, sans quoi toute
amélioration des conditions salariales et sociales risquent de pousser
les industriels à délocaliser de nouveau. Il ne s’agit donc pas de
retourner à l’autarcie. Il n’est en aucun cas nécessaire de remettre
en cause le commerce avec des pays comparables au nôtre, ni même
d’arrêter le commerce avec les pays émergents. Il s’agit de mettre en
place des écluses qui permettront aux conditions de vie de progresser
au lieu de se niveler par le bas.

En outre, la relocalisation d’un certain nombre d’activités et la
réduction de certains échanges commerciaux aurait un impact écologique
très important tant le transport pèse un poids important dans les
émissions de CO2.

Il s’agit d’éviter de faire peser une concurrence destructrice pour
les salaires et l’emploi. Des solutions existent. Jean-Luc Gréau
recommande la création de zones géographiques regroupant des pays de
niveau de développement comparable et la mise en place de droits de
douane compensateurs qui seraient fonction du niveau des salaires, et
des réglementations sociales et environnementales. On pourrait
également établir des droits de douanes compensateurs pour les
distorsions monétaires.

Beaucoup affirment que de telles politiques sont impossibles, que
l’Allemagne, qui profite du commerce, refusera forcément la mise en
place d’un protectionnisme européen. Mais le souci de compétitivité
allemand a des limites : depuis 10 ans, la croissance moyenne de
l’Allemagne est de 0,8% et ce pays souffre de l’appauvrissement des
classes moyennes. La sévérité de la crise actuelle (le PIB a reculé de
plus de 8% en rythme annuel au 4ème trimestre) peut changer les
mentalités.

Les partisans du « laissez passer » oublient l’importance de la
demande. La crise actuelle, qui frappe très violemment les économies
exportatrices montre les carences d’un système qui déprime la
consommation. Cela peut amener les premiers bénéficiaires du libre-
échange à s’ouvrir à un protectionnisme de croissance.

Source: http://www.europeennes2009.fr/organiser-un-protectionnisme.html

UBUjean-jacques viala

unread,
Apr 20, 2009, 5:17:56 PM4/20/09
to


communiqué du F.N.

--

UBU

Les gentilshommes avaient une façon à eux de danser leur vie,
se ruinant pour une fête, risquant leur peau pour un bon mot,
affectant de n’attribuer d’importance qu’à l’élégance et
l’honneur. Ce style de vie à été balayé par les gens sérieux
de 89 qui, eux, pensaient et avaient compris que la vie n’est
pas un jeu.

Anouilh

Emilio Largo

unread,
May 6, 2009, 7:14:44 AM5/6/09
to

Le Chanoine de ces lieux

unread,
May 6, 2009, 7:25:40 AM5/6/09
to
Emilio Largo a prᅵsentᅵ l'ᅵnoncᅵ suivant :
> Source: http://www.europeennes2009.fr/organiser-un-protectionnisme.html

"Je vous demande de vous arrᅵter !"

Vos copiᅵs-collᅵs n'interessent personne, un lien et un commentaire
suffiraient amplement.

--

RE dit Le Chanoine / "L'annonce apostolique, c'est-ᅵ-dire la Tradition,
est nᅵcessaire pour entrer dans la comprᅵhension de l'ᅵcriture et y
saisir la voix du Christ." - Benoit XVI


Le Chanoine de ces lieux

unread,
May 6, 2009, 7:28:18 AM5/6/09
to
Après mûre réflexion, Le Chanoine de ces lieux a écrit :
> Emilio Largo a présenté l'énoncé suivant :
>> Source: http://www.europeennes2009.fr/organiser-un-protectionnisme.html
>
> "Je vous demande de vous arrêter !"
>
> Vos copiés-collés n'interessent personne, un lien et un commentaire
> suffiraient amplement.

Il y en a une dizaine je crois. C'est aussi pénible que la faq à jr....

--

RE dit Le Chanoine / "On ne peut pas traiter l’Iran comme un âne, en
agitant la carotte ou le bâton." (M. El Baradei)


Margrave Nhor

unread,
May 6, 2009, 1:18:43 PM5/6/09
to
Le Chanoine de ces lieux :

> "Je vous demande de vous arr�ter !"
>
> Vos copi�s-coll�s n'interessent personne, un lien et un commentaire
> suffiraient amplement.

Remarquez, �a fera une excellente raison de ne pas voter pour DLR.

Le Chanoine de ces lieux

unread,
May 6, 2009, 2:05:21 PM5/6/09
to
Margrave Nhor a ᅵmis l'idᅵe suivante :

> Le Chanoine de ces lieux :
>
>> "Je vous demande de vous arrᅵter !"
>>
>> Vos copiᅵs-collᅵs n'interessent personne, un lien et un commentaire
>> suffiraient amplement.
>
> Remarquez, ᅵa fera une excellente raison de ne pas voter pour DLR.

Voter pour un laᅵcard,je n'y pense mᅵme pas !

--

RE dit Le Chanoine / "Heureusement que les Israᅵliens ne sont pas
serbes, sinon Tzipi Livni et Ehoud Olmert seraient en route pour le
Tribunal International de La Haye." (Patrick Besson)


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