La hausse des prix du pétrole va se poursuivre, prévient le président de
l'OPEP
LEMONDE.FR avec AFP | 06.07.08 | 12h53
"Les prix du pétrole connaîtront une nouvelle hausse dans les semaines à
venir. Il nous faut suivre l'évolution du dollar, car une baisse de 1 %
du dollar signifie 4 dollars de plus dans le prix du pétrole", a estimé
le président de l'OPEP, Chakib Khelil, dimanche 6 juillet, dans un
entretien au quotidien indépendant Algérie News.
"En tant que pays producteurs nous pensons que l'offre [de pétrole] est
suffisante actuellement, que cet équilibre de l'offre est dans l'intérêt
de tous et qu'il ne faut pas le contrarier, car la hausse actuelle des
prix du pétrole n'est en revanche dans l'intérêt de personne", a-t-il
souligné.
LES EMBARGOS FREINENT LES INVESTISSEMENTS
M. Khelil, également ministre de l'énergie et des mines algérien, a
évoqué parallèlement les effets géopolitiques sur le prix du pétrole, à
travers notamment la crise entre l'Iran et les Occidentaux au sujet du
programme nucléaire iranien, et rejeté la thèse selon laquelle les pays
du cartel ne favorisent pas la recherche pour augmenter leur production
et peser ainsi sur les prix à la baisse.
"Je pense que 60 % de la hausse du prix du pétrole est due à la chute du
dollar et aux problèmes géopolitiques et que 40 % est due à l'intrusion
du bioéthanol sur le marché", a-t-il estimé.
"J'affirme que tous les pays [de l'OPEP] sont favorables à de nouvelles
découvertes, mais le fait est que l'embargo qui avait été imposé à la
Libye n'a pas permis d'élargir les investissements dans ce pays, comme
l'embargo imposé actuellement à l'Iran ne permet à personne d'y
investir", a-t-il poursuivi. Et de constater :"Les Etats-Unis menacent
de sanctions économiques sévères tout groupe qui se hasarderait à
investir en Iran. Par ailleurs la guerre en Irak fait que
l'investissement y est faible. Aucun pays de l'OPEP ne peut investir
dans ces pays interdits."