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18 Mai 1.962:

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UBUjean-jacques viala

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May 15, 2012, 2:58:20 PM5/15/12
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En tout 36 attentats, 24 morts, 13 blessés, enlèvements, plastics.

L'exode des européens prend des allures de panique.

13 attentats à Alger, un mort.

Trois attentats à Oran, deux morts.

Plastics à Perregaux, Sidi-bel-Abbés, Mostaganem, Philippeville.

Dans une ferme abandonnée de l'Alma, un petit village à l'est d'Alger,
non loin du rocher noir, Susini, devenu par la force des choses le
numéro un de l'O.A.S. (et le seul qui ait gardé une tête assez froide
pour comprendre que l'affaire est sans issue) rencontre Farés, le
président de l'exécutif provisoire. Ils rédigent en une seule séance un
protocole d'accord (Farès prétendant être couvert par le FLN) qui
complète les déclarations d'intention d'évian par des garanties
particulières pour les pieds noirs. En particulier la mise en place
d'une force armée pied noire. C'est début mai que Farés a demandé à
Charles Baujard le maire de Blida, de lui organiser un rendez vous avec
Susini. Il a falu une quinzaine de jour pour joindre ce dernier qui a
pris l'avis de Gardes et de Perez.

En Camargue, Mas Thibert, le bachaga Boualem, ancien vice président de
l'assemblée nationale, grande croix de la légion d'honneur, officier de
l'armée française, chef de la tribu des beni-boudouanes s'installe avec
une centaine de personne. Le bachaga est un des derniers représentants
de la société féodale traditionnelle algérienne. Il a eu un fils et 17
membres de sa famille assassinés par les rebelles. Il a tout au long de
la guerre maintenu l'ordre sur le territoire de sa tribu, les
beni-boudouanes, Traditionnels soldats dans l'armée française ils ont
laissé 2.000 des leurs sur tous les champs de bataille, de Sedan en
1.870 à l'algérie, en passant par le Maroc, l'Afrique, l'Indochine, les
deux guerres mondiales.

Il raconte: " Et maintenant. Maintenant je suis là, confiné sur quelques
hectares de terrains que je peux à peine exploiter. Sur les
circonstances tragiques de ce brusque retour, je préfère ne pas trop
parler. Il n'est pas dans mes habitudes de critiquer mon pays et, dans
ces conditions, il vaut mieux n'être pas précis. Mais je dois dire que
sans l'armée française, sans certains de ses officiers, je ne serais pas
en vie aujourd'hui, ni moi, ni ceux de ma famille. Après l'affaire
Gardes dans l'Ouarsenis, tous mes harkis, tous mes hommes avaient été
désarmés, l'armée française se retirait peu à peu, laissant ses postes à
l'A.L.N., les cuisines encore toutes chaudes. Le FLN. était à mes
portes.

Partir était un devoir, si je voulais préserver tous ces enfants que
j'ai près de moi, ces orphelins dont les familles ont été égorgées par
le F.L.N., ces petites têtes que je vois à chaque instant surgir des
tentes de notre campement et qui me rappellent que, là-bas, le massacre
des innocents continue. Ce n'était pas pour nous une question de jours,
c'était une question d'heures. Il a fallu partir pour l'exil dans le
pays que j'ai choisi, mon pays: LA FRANCE.

L'arrivée du Bachaga Boualam en France, c'est un événement, du moins
pour quelques jours. Aussi, dès les premières heures de mon
installation, j'étais envahi par des dizaines de journalistes et de
reporters de toute la France, venus dans l'espoir d'un article à
sensation. Je n'ai rien contre eux, mais lorsque j'avais besoin d'eux,
lorsque même la France avait besoin d'eux, je ne les ai pas trouvés.

Ils étaient déçus, ils attendaient sans doute une déclaration explosive,
ils ne l'ont pas eue. J'aurais pu, seulement j'étais trop désabusé. Je
pleurais, je n'en ai pas honte, je pleurais de tristesse, d'humiliation,
d'impuissance, de rage aussi, de rage d'avoir été trompé, bafoué.

Et je me souviendrai longtemps de ce journaliste qui, croyant bien
faire, m'a dit:

- Ne pleurez pas, Monsieur le Bachaga, ça se tassera.

Je lui ai répondu, avec colère, je crois:

- En France, quand vous perdez un chat, un chien, vous pleurez bien et
moi je n'aurais pas le droit de pleurer mes morts.

Puis ils sont partis, je n'ai pas même lu leurs comptes rendus le
lendemain tant j'étais las et triste. Le Mas Fondu, quarante hectares de
rizières et de prairies dans la plaine de la Crau infestée de
moustiques, c'est tout ce qu'il me reste; j'en administrais trente-trois
mille."

repris sur Mon pays la France ISBN 2 7048 0549 0



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UBU

Ascenseur social: elle est née dans le ruisseau, elle a fini sur le
trottoir.
Allais
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