Les bobos phénomène de notre époque ?
Que nenni !
Un peu de recul historique ne messied point.
Et un zeste de psychanalyse relèvera le goût.
En 1659, Gédéon Tallemant des Réaux présente une monographie
féroce de ces jeunes aristocrates qui aiment à se déguiser en bohémiens,
en adoptant l'allure et le langage pour se démarquer de leur caste.
St Simon détournera le terme militaire d'"avant-garde" pour désigner
ces héritiers farfelus qu'il qualifiera d'inutiles et de prétentieux,
ne leur trouvant pour excuse que de devoir meubler leur oisiveté.
Balzac décrira les "princes de la bohème", ces dandys inconsistants
et vaporeux, prêts à suivre aveuglément la dernière mode car pour eux
le passé ne vaut rien, et au présent rien n'est tabou.
A partir de là, tous les écrivains, artistes ou comédiens de quelque renom revendiqueront leurs excentricités publiques et leurs propos subversifs comme autant de signes distinctifs du talent voire du génie, tout en vivant en privé de façon fort bourgeoise, tel Marx engrossant ses bonniches.
La nouveauté moderne est, après WW 2, l'osmose entre les germanopratins
fantasques et une certaine gauche d'apparence qui a à coeur de faire
oublier ses complaisances pour le maréchal.
C'est la célébration des noces incestueuses entre l'art (ou ses succédanés) et la politique politicienne. Plutôt que de quémander
auprès d'un mécène, autant se servir directement dans les caisses !
Puis, dans nos sociétés post-modernes où l'immigré a remplacé le prolo,
et où la décroissance s'est substituée au grand soir, le bobo légitimé par les média qu'il contrôle s'incruste dans le paysage sociologique urbain. Avec, en tant que classe devenant dominante, la prétention d'imposer son système de valeurs à l'ensemble de la société.
Le changement est radical : de marginal plus ou moins influent, il devient acteur prioritaire et prescripteur d'opinions.
Le bobo est en règle générale éduqué et d'origine bourgeoise (on y
trouve peu de produits de l'ascenseur social) il jouit d'un mode de vie de privilégié et occupe une position économique enviable dans la société, ou un poste de pouvoir, l'un ou l'autre en forme d'avantages héréditaires.
Mais...
Coucou la psychanalyse !
Le bobo vit les affres de la dissonance cognitive !
Parce que ça faisait bien dans son milieu d'origine de se donner des airs rebelles, on lui a rabâché dans sa jeunesse la vulgate crypto-marxiste pour les nuls, mâtinée d'anarchisme à la Marie-Chantal. Il y a gagné une forme de culpabilisation prégnante vis à vis de l'argent. Semblable dans son fonctionnement à la diabolisation du sexe dans la religion...
Composant avec le mal (= le fric) tel un prélat lubrique avec les putes.
Cherchant des arrangements entre des croyances indélébiles, irréfragables, et un mode de vie qui les conchie allégrement.
D'où cette dichotomie entre le dire et le faire que nous observons.
Instruit et cultivé, il promeut la spontanéité ignare du pédagogisme farfelu, et affirme haut et fort la supériorité de l'école publique et des mélanges sociaux.
Mais il inscrit ses moutards dans des boîtes privées chicos fonctionnant à l'ancienne.
Profiteur d'une société dont il exploite tous les avantages, il clame sa haine et/ou son mépris de son pays, de son histoire et de ses institutions, mais trouve de bonnes excuses pour exploiter ses salariés (que deviendraient ces malheureux sans lui ?)
Se croyant anticonformiste parce qu'il rejette des préjugés qui n'ont plus cours depuis belle lurette, et valeureux résistant parce qu'il
combat les fantômes d'un passé fort heureusement révolu, il impose insidieusement le conformisme de ses lubies assorties de délits d'opinion à ceux qui lui font l'injure de ne pas être d'accord avec lui.
Goinfré de Chivas, de caviar et de langouste, il verse une larme de crocodile sur les SDF, et donne aux restau du coeur pour réduire ses impôts, tout en déplorant que la répression fiscale l'oblige cet hiver
à se contenter de 2 semaines dans un 4 étoiles à Maurice au lieu des 3 semaines habituelles dans un 5 étoiles aux Seychelles.
Boursicoteur limite délit d'initié, il pourfend les injustices, c'est à dire les situations qui procurent des avantages aux autres, et donne généreusement (tant que ça ne coûte rien) des leçons de bienséance
et de bienpensance au monde entier.
Rejoignant par la tangente les ridicules prétentions des aristos et des bourges traditionnels à codifier les bonnes manières.
Prouvant ainsi qu'au delà d'un reniement de pure façade, il en est bien
le légitime héritier.
Dès lors où toute action plutôt y en passe-t-elle en toute constance
En consistance par le milieu où économie y est-elle en effervescence
Dont le courant en induit-il juste sens où y en tende-t-il s'en opposer
Juste à la cause certainement y aurait-elle eue tendance le produire
Quitte essentiellement le rendre juste conventionnel à se reproduire
Dans le sens contraire à en finir par force plutôt supposée y en faire
Circuler justement dans sens soi-disant conventionnel y en aveugler
D'avantage où y puisse-t-il le tout faussement en être bureaucratisé
Aussi bien comptabilisé le long de toute circulation y en poursuivre
Tout du semblant en deux dimensions rêvasse-t-on tant convention
Plutôt y en faire le tout strictement plutôt en une et seule dimension
Où le tout en serait-il dénué d'existence sans sur aucune dimension
--
Ahmed Ouahi, Architect
Bonjour!
"Christian Navis" kirjoitti viestissä:5081735d$0$1859$426a7...@news.free.fr...
Les bobos phénomène de notre époque ?
Que nenni !
Un peu de recul historique ne messied point.
Et un zeste de psychanalyse relèvera le goût.
En 1659, Gédéon Tallemant des Réaux présente une monographie
féroce de ces jeunes aristocrates qui aiment à se déguiser en
bohémiens,
en adoptant l'allure et le langage pour se démarquer de leur caste.
St Simon détournera le terme militaire d'"avant-garde" pour désigner
ces héritiers farfelus qu'il qualifiera d'inutiles et de prétentieux,
ne leur trouvant pour excuse que de devoir meubler leur oisiveté.
Balzac décrira les "princes de la bohème", ces dandys inconsistants
et vaporeux, prêts à suivre aveuglément la dernière mode car pour eux
le passé ne vaut rien, et au présent rien n'est tabou.
A partir de là, tous les écrivains, artistes ou comédiens de quelque
renom revendiqueront leurs excentricités publiques et leurs propos
subversifs comme autant de signes distinctifs du talent voire du génie,
tout en vivant en privé de façon fort bourgeoise, tel Marx engrossant
ses bonniches.
La nouveauté moderne est, après WW 2, l'osmose entre les germanopratins
fantasques et une certaine gauche d'apparence qui a à coeur de faire
oublier ses complaisances pour le maréchal.
C'est la célébration des noces incestueuses entre l'art (ou ses
succédanés) et la politique politicienne. Plutôt que de quémander
auprès d'un mécène, autant se servir directement dans les caisses !
Puis, dans nos sociétés post-modernes où l'immigré a remplacé le prolo,
et où la décroissance s'est substituée au grand soir, le bobo légitimé
par les média qu'il contrôle s'incruste dans le paysage sociologique
urbain. Avec, en tant que classe devenant dominante, la prétention
d'imposer son système de valeurs à l'ensemble de la société.
Le changement est radical : de marginal plus ou moins influent, il
devient acteur prioritaire et prescripteur d'opinions.
Le bobo est en règle générale éduqué et d'origine bourgeoise (on y
trouve peu de produits de l'ascenseur social) il jouit d'un mode de vie
de privilégié et occupe une position économique enviable dans la
société, ou un poste de pouvoir, l'un ou l'autre en forme d'avantages
héréditaires.
Mais...
Coucou la psychanalyse !
Le bobo vit les affres de la dissonance cognitive !
Parce que ça faisait bien dans son milieu d'origine de se donner des
airs rebelles, on lui a rabâché dans sa jeunesse la vulgate
crypto-marxiste pour les nuls, mâtinée d'anarchisme à la Marie-Chantal.
Il y a gagné une forme de culpabilisation prégnante vis à vis de
l'argent. Semblable dans son fonctionnement à la diabolisation du sexe
dans la religion...
Composant avec le mal (= le fric) tel un prélat lubrique avec les
putes.
Cherchant des arrangements entre des croyances indélébiles,
irréfragables, et un mode de vie qui les conchie allégrement.
D'où cette dichotomie entre le dire et le faire que nous observons.
Instruit et cultivé, il promeut la spontanéité ignare du pédagogisme
farfelu, et affirme haut et fort la supériorité de l'école publique et
des mélanges sociaux.
Mais il inscrit ses moutards dans des boîtes privées chicos
fonctionnant à l'ancienne.
Profiteur d'une société dont il exploite tous les avantages, il clame
sa haine et/ou son mépris de son pays, de son histoire et de ses
institutions, mais trouve de bonnes excuses pour exploiter ses salariés
(que deviendraient ces malheureux sans lui ?)
Se croyant anticonformiste parce qu'il rejette des préjugés qui n'ont
plus cours depuis belle lurette, et valeureux résistant parce qu'il
combat les fantômes d'un passé fort heureusement révolu, il impose
insidieusement le conformisme de ses lubies assorties de délits
d'opinion à ceux qui lui font l'injure de ne pas être d'accord avec
lui.
Goinfré de Chivas, de caviar et de langouste, il verse une larme de
crocodile sur les SDF, et donne aux restau du coeur pour réduire ses
impôts, tout en déplorant que la répression fiscale l'oblige cet hiver
à se contenter de 2 semaines dans un 4 étoiles à Maurice au lieu des 3
semaines habituelles dans un 5 étoiles aux Seychelles.
Boursicoteur limite délit d'initié, il pourfend les injustices, c'est à
dire les situations qui procurent des avantages aux autres, et donne
généreusement (tant que ça ne coûte rien) des leçons de bienséance
et de bienpensance au monde entier.
Rejoignant par la tangente les ridicules prétentions des aristos et des
bourges traditionnels à codifier les bonnes manières.
Prouvant ainsi qu'au delà d'un reniement de pure façade, il en est bien
le légitime héritier.
> C'est le profil des élèves de science po et HEC ça...
Quelques uns sont passés par là, ou plutôt l'X et l'ENA.
Pour les sous-doués ou les super-glandeurs, il y a aux USA
des universités vénales qui délivrent des diplômes de complaisance.
Mais ces parchemins sont inutiles sans le carnet d'adresses de papa :
les complicités crapuleuses, les secrets inavouables, les renvois d'ascenseur et les petits chantages distingués font partie de l'hétitage.
Un mariage avec une riche héritière, une homosexualité flamboyante,
une aventure torride avec une top model ou quelques amis truands notoires peuvent être aussi des atouts. ^^
> Quelques uns sont passés par là, ou plutôt l'X et l'ENA.
> Pour les sous-doués ou les super-glandeurs, il y a aux USA
> des universités vénales qui délivrent des diplômes de complaisance.
> Mais ces parchemins sont inutiles sans le carnet d'adresses de papa :
> les complicités crapuleuses, les secrets inavouables, les renvois
> d'ascenseur et les petits chantages distingués font partie de l'hétitage.
> Un mariage avec une riche héritière, une homosexualité flamboyante,
> une aventure torride avec une top model ou quelques amis truands
> notoires peuvent être aussi des atouts. ^^
T'as une définition très noir et restreint du bobo, là de mon point de vue c'est plus des bobos que tu décris, mais carrément les déscendants de la bourgeoisie et de la noblesse crasse qui a survécu à la révolution. Personnellement, le bobo je l'assimile plus à cette classe moyenne/aisée qui habite les quartiers sud parisiens (12, 13, 14, 15 eme) qui payent des loyers chers (donc riches, mine de rien, comparé à la moyenne) mais qui n'ont pas tout à fait conscience de cette aisance, dont je peux m'estimer faire partie quand même, même si je suis conscient de cette aisance. En fait le parisien est bobo en gros par définition, parceque, le parisien est de gauche, mais ils pays des loyers hors de prix et un vie hors de prix... D'ailleurs, ça doit être pour ça qu'il est de gauche, la vie est tellement cher à paris, que même en étant riche, ils se sentent pauvres (sans déconner hein).
(et a paris la misère ne se cache pas non plus, c'est pas Delhi bien-sur, mais je pense que cette proximité entre l’extrême richesse et l’extrême pauvreté joue dans la perception des schismes sociaux, moins évidents en province, et pratiquement imperceptible à la campagne)
> sedenion avait énoncé :
> Pour les sous-doués ou les super-glandeurs, il y a aux USA
> des universités vénales qui délivrent des diplômes de complaisance.
Cites en quelques unes, la valeur du diplome d'une universite americaine
est facile a etablir et entre les colleges (au sens anglais du terme) et les
universites il faut descendre bien bas (*) pour en trouver d'inferieures a
ce que l'on trouve en France (mm parmi les pretendues meilleures a
quelques exceptions pres, ne soyons pas trop cruels).
(*) mettons au 200eme rang.
Les classements des universites et etablissements d'enseignement superieurs
francais a l'echelle mondiale incitent a la plus grande modestie.
> Mais ces parchemins sont inutiles sans le carnet d'adresses de papa :
> les complicités crapuleuses, les secrets inavouables, les renvois
> d'ascenseur et les petits chantages distingués font partie de l'hétitage.
Et la franc maconnerie sans laquelle rien ne se fait et rien ne s'obtient
dans la doulce France... Tu oublies l'essentiel mon pauvre ami.
Que lis je en ce moment? Meme DSK semble finalement se tirer d'affaire
sans trop de degats, il vient de creer sa propre boite de consulting, donne
des conferences a un public trie sur le volet qui paie pour l'ecouter et
son carnet d'adresses lui est tjrs aussi utile, la seule prison qu'il
connaitra jamais est celle de Rikers Island a NYC ou il n'a passe
finalement qu'une ou deux nuits. Sur ce point au moins ne disons
pas trop de mal des Americains si cons qu'ils soient par ailleurs.
Quant au guignol qui lui a souffle sa place et qui deshonore la France (rien
de neuf) sois sur qu'en depit de ses lamentables histoires de cul, tous les
freres trois points de l'hexagone sont derriere lui pour le soutenir de
leurs nombreuses "loges" aux noms si pittoresques.
> Un mariage avec une riche héritière, une homosexualité flamboyante,
> une aventure torride avec une top model ou quelques amis truands notoires
> peuvent être aussi des atouts.
Rien de bien neuf, Rastignac, Balzac, La Comedie Humaine et une bonne
partie de la litterature francaise moderne et contemporaine (Maurice Druon,
par exemple).
Tu comptes continuer a defoncer beaucoup de portes ouvertes?
>> C'est le profil des élèves de science po et HEC ça...
> Quelques uns sont passés par là, ou plutôt l'X et l'ENA.
> Pour les sous-doués ou les super-glandeurs, il y a aux USA
> des universités vénales qui délivrent des diplômes de complaisance.
> Mais ces parchemins sont inutiles sans le carnet d'adresses de papa :
> les complicités crapuleuses, les secrets inavouables, les renvois
> d'ascenseur et les petits chantages distingués font partie de l'hétitage.
> Un mariage avec une riche héritière, une homosexualité flamboyante,
> une aventure torride avec une top model ou quelques amis truands
> notoires peuvent être aussi des atouts. ^^
> T'as une définition très noir et restreint du bobo, là de mon point de vue > c'est plus des bobos que tu décris, mais carrément les déscendants de la > bourgeoisie et de la noblesse crasse qui a survécu à la révolution.
Le bobo est l'enrobage modernisé, rien de plus, de ces aristos déjantés, sévissant déjà au XVII ème comme les décrivait Tallemant des Réaux.
Souvent par mimétisme avec les "originaux" so british.
> Personnellement, le bobo je l'assimile plus à cette classe moyenne/aisée qui > habite les quartiers sud parisiens (12, 13, 14, 15 eme) qui payent des loyers > chers (donc riches, mine de rien, comparé à la moyenne) mais qui n'ont pas > tout à fait conscience de cette aisance, dont je peux m'estimer faire partie > quand même, même si je suis conscient de cette aisance.
Epiphénomènes ! Le bobo court après le pouvoir : économique,
médiatique ou politique.
Il existe par sa double capacité d'arrosage et de nuisance.
Et il a besoin d'un affichage social autre que le web pour son ego.
> En fait le parisien > est bobo en gros par définition, parceque, le parisien est de gauche, mais > ils pays des loyers hors de prix et un vie hors de prix... D'ailleurs, ça > doit être pour ça qu'il est de gauche, la vie est tellement cher à paris, que > même en étant riche, ils se sentent pauvres (sans déconner hein).
Le bobo est urbain, mais on le trouve aussi dans les villes de province.
Profession libérale ou cadre sup', habitant les anciens quartiers du centre ville rénovés aux frais du contribuable, membre du Lion's ou
du Rotary... Mais ces critères sont insuffisants.
Il entre vraiment en boboïtude quand il devient président de son ordre professionnel, conseiller régional, maire adjoint, ou organisateur de bals pour demoiselles huppées... :-)
Dans son message précédent, Patrick Bigelow a écrit :
> Cites en quelques unes, la valeur du diplome d'une universite americaine
> est facile a etablir et entre les colleges (au sens anglais du terme) et les
> universites il faut descendre bien bas (*) pour en trouver d'inferieures a
> ce que l'on trouve en France (mm parmi les pretendues meilleures a
> quelques exceptions pres, ne soyons pas trop cruels).
Aigreur de fil à papa qui est allé faire ses emplettes
de peaux d'âne outre Atlantique ?
Faut pas stresser comme ça, votre employeur ne lit pas usenet ! :oÞ
> Rien de bien neuf, Rastignac, Balzac, La Comedie Humaine et une bonne
> partie de la litterature francaise moderne et contemporaine (Maurice Druon,
> par exemple).
J'avais donné quelques références littéraires antérieures dans l'intro.
Mais sans doute êtes-vous de ces gens qui commentent les articles qu'ils
n'ont pas lu, les livres qu'ils n'ont pas ouvert et les films qu'ils
n'ont pas vu ?
> Tu comptes continuer a defoncer beaucoup de portes ouvertes?
Qu'est-ce qui vous gène ?
Une description trop acide de votre microcosme ? :-(
"Christian Navis" <christian.na...@free.fr> a écrit dans le message de news: 5081735d$0$1859$426a7...@news.free.fr...
| Les bobos phénomène de notre époque ?
| Que nenni !
| Un peu de recul historique ne messied point.
| Et un zeste de psychanalyse relèvera le goût.
|
| En 1659, Gédéon Tallemant des Réaux présente une monographie
| féroce de ces jeunes aristocrates qui aiment à se déguiser en
| bohémiens,
| en adoptant l'allure et le langage pour se démarquer de leur caste.
|
| St Simon détournera le terme militaire d'"avant-garde" pour désigner
| ces héritiers farfelus qu'il qualifiera d'inutiles et de prétentieux,
| ne leur trouvant pour excuse que de devoir meubler leur oisiveté.
|
| Balzac décrira les "princes de la bohème", ces dandys inconsistants
| et vaporeux, prêts à suivre aveuglément la dernière mode car pour eux
| le passé ne vaut rien, et au présent rien n'est tabou.
|
| A partir de là, tous les écrivains, artistes ou comédiens de quelque
| renom revendiqueront leurs excentricités publiques et leurs propos
| subversifs comme autant de signes distinctifs du talent voire du génie,
| tout en vivant en privé de façon fort bourgeoise, tel Marx engrossant
| ses bonniches.
|
| La nouveauté moderne est, après WW 2, l'osmose entre les germanopratins
| fantasques et une certaine gauche d'apparence qui a à coeur de faire
| oublier ses complaisances pour le maréchal.
| C'est la célébration des noces incestueuses entre l'art (ou ses
| succédanés) et la politique politicienne. Plutôt que de quémander
| auprès d'un mécène, autant se servir directement dans les caisses !
|
| Puis, dans nos sociétés post-modernes où l'immigré a remplacé le prolo,
| et où la décroissance s'est substituée au grand soir, le bobo légitimé
| par les média qu'il contrôle s'incruste dans le paysage sociologique
| urbain. Avec, en tant que classe devenant dominante, la prétention
| d'imposer son système de valeurs à l'ensemble de la société.
| Le changement est radical : de marginal plus ou moins influent, il
| devient acteur prioritaire et prescripteur d'opinions.
|
| Le bobo est en règle générale éduqué et d'origine bourgeoise (on y
| trouve peu de produits de l'ascenseur social) il jouit d'un mode de vie
| de privilégié et occupe une position économique enviable dans la
| société, ou un poste de pouvoir, l'un ou l'autre en forme d'avantages
| héréditaires.
| Mais...
| Coucou la psychanalyse !
| Le bobo vit les affres de la dissonance cognitive !
| Parce que ça faisait bien dans son milieu d'origine de se donner des
| airs rebelles, on lui a rabâché dans sa jeunesse la vulgate
| crypto-marxiste pour les nuls, mâtinée d'anarchisme à la Marie-Chantal.
| Il y a gagné une forme de culpabilisation prégnante vis à vis de
| l'argent. Semblable dans son fonctionnement à la diabolisation du sexe
| dans la religion...
| Composant avec le mal (= le fric) tel un prélat lubrique avec les
| putes.
|
| Cherchant des arrangements entre des croyances indélébiles,
| irréfragables, et un mode de vie qui les conchie allégrement.
| D'où cette dichotomie entre le dire et le faire que nous observons.
|
| Instruit et cultivé, il promeut la spontanéité ignare du pédagogisme
| farfelu, et affirme haut et fort la supériorité de l'école publique et
| des mélanges sociaux.
| Mais il inscrit ses moutards dans des boîtes privées chicos
| fonctionnant à l'ancienne.
|
| Profiteur d'une société dont il exploite tous les avantages, il clame
| sa haine et/ou son mépris de son pays, de son histoire et de ses
| institutions, mais trouve de bonnes excuses pour exploiter ses salariés
| (que deviendraient ces malheureux sans lui ?)
|
| Se croyant anticonformiste parce qu'il rejette des préjugés qui n'ont
| plus cours depuis belle lurette, et valeureux résistant parce qu'il
| combat les fantômes d'un passé fort heureusement révolu, il impose
| insidieusement le conformisme de ses lubies assorties de délits
| d'opinion à ceux qui lui font l'injure de ne pas être d'accord avec
| lui.
|
| Goinfré de Chivas, de caviar et de langouste, il verse une larme de
| crocodile sur les SDF, et donne aux restau du coeur pour réduire ses
| impôts, tout en déplorant que la répression fiscale l'oblige cet hiver
| à se contenter de 2 semaines dans un 4 étoiles à Maurice au lieu des 3
| semaines habituelles dans un 5 étoiles aux Seychelles.
|
| Boursicoteur limite délit d'initié, il pourfend les injustices, c'est à
| dire les situations qui procurent des avantages aux autres, et donne
| généreusement (tant que ça ne coûte rien) des leçons de bienséance
| et de bienpensance au monde entier.
| Rejoignant par la tangente les ridicules prétentions des aristos et des
| bourges traditionnels à codifier les bonnes manières.
| Prouvant ainsi qu'au delà d'un reniement de pure façade, il en est bien
| le légitime héritier.
|
| -- | Mort du journalisme citoyen :
| http://christian.navis.over-blog.com |
|
> Les bobos phénomène de notre époque ?
> Que nenni !
Tu décris là un type sociologique qui a probablement toujours existé dans toutes les sociétés civilisées. Le bourgeois bohème reste généralement à 99% bourgeois et 1% bohème. Son aisance permet naturellement quelques frivolités, mais pas au point de remettre sérieusement les fondements de son aisance. Il n'y a aucun paradoxe, le côté bohème est bien au contraire consubstantiel au niveau de vue aisé.
La nouveauté du phénonomène bobo tient au fait que c'est devenu un phénomène de masse, avec l'apparition d'une vraie classe sociale, résultat de l'exode rural, de l'éducation de masse, de la tertiarisation de l'économie, de l'accès à un incroyable niveau de vie en comparaison des siècles précédents.
Pas besoin d'être très riche pour être bobo, ce serait même plutôt le type même du citadin aux revenus moyens. Ne pas confondre le bourgeois bohème et le bobo.
> Le 20/10/2012 00:34, Christian Navis a écrit :
>> Quelques uns sont passés par là, ou plutôt l'X et l'ENA.
>> Pour les sous-doués ou les super-glandeurs, il y a aux USA
>> des universités vénales qui délivrent des diplômes de complaisance.
>> Mais ces parchemins sont inutiles sans le carnet d'adresses de papa :
>> les complicités crapuleuses, les secrets inavouables, les renvois
>> d'ascenseur et les petits chantages distingués font partie de l'hétitage.
>> Un mariage avec une riche héritière, une homosexualité flamboyante,
>> une aventure torride avec une top model ou quelques amis truands
>> notoires peuvent être aussi des atouts. ^^
> T'as une définition très noir et restreint du bobo, là de mon point de vue > c'est plus des bobos que tu décris, mais carrément les déscendants de la > bourgeoisie et de la noblesse crasse qui a survécu à la révolution.
C'est aussi ce que j'ai pensé à la lecture de l'exposé de Christian Navis.
Ce n'est d'ailleurs pas une autopsie, mais plutôt une vivisection; le bobo comme le bourgeois sont bien vivants. ;-)
> Personnellement, le bobo je l'assimile plus à cette classe moyenne/aisée qui > habite les quartiers sud parisiens (12, 13, 14, 15 eme) qui payent des loyers > chers (donc riches, mine de rien, comparé à la moyenne) mais qui n'ont pas > tout à fait conscience de cette aisance, dont je peux m'estimer faire partie > quand même, même si je suis conscient de cette aisance. En fait le parisien > est bobo en gros par définition, parceque, le parisien est de gauche, mais > ils pays des loyers hors de prix et un vie hors de prix... D'ailleurs, ça > doit être pour ça qu'il est de gauche, la vie est tellement cher à paris, que > même en étant riche, ils se sentent pauvres (sans déconner hein).
Je ne suis pas parisien - et ça ne me gène en rien. Mais la dichotomie apparaît plutôt entre arrondissements de l'Est et arrondissements de l'Ouest. Cf résultats électoraux:
http://p7.storage.canalblog.com/77/85/109333/75464035.jpg
> Je ne suis pas parisien - et ça ne me gène en rien. Mais la dichotomie
> apparaît plutôt entre arrondissements de l'Est et arrondissements de
> l'Ouest. Cf résultats électoraux:
> http://p7.storage.canalblog.com/77/85/109333/75464035.jpg
> Le bobo, c'est surtout l'hagard de l'Est.
Comparez avec cette carte, vous allez mieux comprendre et donc nuancer l'analyse :)
C'est cela. Nuançons, nuançons ! ;o)
Le revenu médian n'a pas beaucoup de sens.
Selon l'INSEE il était de 1653 ¤/mois en 2011.
Selon votre carte, celui des riches des beaux quartiers Ouest
de la capitale serait à peine supérieur : 1750.
Pour signifier quelque chose, il faudrait indiquer :
- le nombre de gens décomptés en fonction des tranches de revenus
et établir une pyramide des ressources,
- dresser un ratio des revenus capital-travail,
- superposer avec une carte des bureaux de vote et des résultats
électoraux afin d'établir éventuellement des corrélations.
> Je ne suis pas parisien - et ça ne me gène en rien. Mais la dichotomie > apparaît plutôt entre arrondissements de l'Est et arrondissements de l'Ouest. > Cf résultats électoraux:
> http://p7.storage.canalblog.com/77/85/109333/75464035.jpg
Peut-être faudrait-il intégrer d'autres paramètres car le bobo
n'est pas seulement un friqué des beaux quartiers, il est
relativement jeune (moins de 55 ans sauf exceptions)
il entretient une nichée d'étudiants au long cours, il est
hyperactif dans des cercles de pouvoir, et ses appartements
en location ou à rembourser sont plus souvent situés dans
d'anciens quartiers lépreux rénovés avec l'argent des contribuables
que dans des sites historiques.
Votre carte électorale corrélée à la pyramide des âges, au
nombre de personnes à charge et au ratio capital-travail ferait
sans doute apparaître une proportion supérieure à la moyenne
de vieux, de rentiers, de propriétaires et de gens sans charges
familiales.
Et puis... Et puis...
Je soupçonne bon nombre de bobos médiatiques (alors là oui parigots
et alentours) de clamer leur amour de la gauche, de la révolution,
voire même de l'anarchie pour ne pas être ostracisés par leur clan...
Tout en glissant secrètement un bulletin de droite dans l'isoloir.
Cons peut-être, mais pas au point de voter contre leurs intérêts ! ;-)
> C'est cela. Nuan ons, nuan ons ! ;o)
> Le revenu m dian n'a pas beaucoup de sens.
> Selon l'INSEE il tait de 1653 /mois en 2011.
> Selon votre carte, celui des riches des beaux quartiers Ouest
> de la capitale serait peine sup rieur : 1750.
Ce qui compte ce ne sont pas les donn es absolues, mais la r partition. Je vous confirme que cette carte refl te assez bien la r partition riche/pauvre de paris et sa r gion. Vous pouvez galement vous r f rer au prix de l'immobilier au m (qui vaut aussi bien pour les locations que les achats) :
> La nouveaut du ph nonom ne bobo tient au fait que c'est devenu un ph nom ne > de masse, avec l'apparition d'une vraie classe sociale, r sultat de l'exode > rural, de l' ducation de masse, de la tertiarisation de l' conomie, de > l'acc s un incroyable niveau de vie en comparaison des si cles pr c dents.
Cette volution propre aux 30 glorieuses, est finie depuis l' re
pal ogiscardienne ! Les derniers r sidus de ce cycle taient
les bouffons de la gauche caviar qui entouraient Mitterrand.
Depuis, la soci t n'a cesser de se fragmenter, voluant vers
le mod le soci tal post-moderne : fini les classes sociales,
place aux communautarismes et aux groupes d'int r ts sectoriels.
Avec possibilit de multi-appartenances variables en fonction
de qu'on esp re en retirer.
Fini l'exode rural, fixation et modernisation des derniers paysans
et apparition des rurbains colonisant nos belles campagnes.
En m me temps, dislocation entre activit s professionnelles et
habitat pour ceux qui peuvent op rer distance.
Finie aussi l' ducation de masse, place aux illettr s dipl m s :
un certif' d'il y a 50 ans tait plus instruit qu'un licenci d'aujourd'hui. (cf Duflot bac + 5 => Japon dans l'h misph re sud !):-Z
En outre, le corollaire de l' ducation pour tous tait l'ascenseur
social. Qui niera qu'il est en panne ?
Quant l' conomie tertiaire, encore faudrait-il qu'il y ait une
conomie r elle de services ! L'e economie est une option, au moins
un vecteur, waint and see...
Mais que dire du niveau de vie qui s'am liore certes pour quelques
happy few mais ne cesse de se d grader pour l'ensemble de la population depuis bient t 30 ans...
> Pas besoin d' tre tr s riche pour tre bobo, ce serait m me plut t le type > m me du citadin aux revenus moyens. Ne pas confondre le bourgeois boh me et > le bobo.
Non, c'est vous qui confondez le petit bourgeois qui veut p ter
plus haut que son cul avec les repr sentants de la caste dominante,
la fois d tenteurs de pouvoir et prescripteurs d'opinion, qui
masquent leur agressive sup riorit derri re une d magogie
gauchisante bien d goulinante !
"Patrick Bigelow" <Zazakely@Masiaka> a crit dans le message de news: mMadnRwPBv0DkR_NnZ2dnUVZ_gidn...@bestweb.net...
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| Les classements des universites et etablissements d'enseignement superieurs
| francais a l'echelle mondiale incitent a la plus grande modestie.
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En France les grandes coles sont s par es des universit s et n'ont pas d' quivalents chez les anglo-saxons. Les comparatifs toujours faits sur la base du syst me anglo-saxon sont foireux, on compare des choux et des carottes.
> Les bobos ph nom ne de notre poque ?
> Que nenni !
> Un peu de recul historique ne messied point.
Votre recul historique montre surtout qu'il y a toujours eu des vieux cons pour trouver qu'il n'y a plus de jeunesse, que les temps ne sont plus ce qu'ils taient et que y'a plus de morale m me chez les gangsters.
"jr" kirjoitti viestiss :aekkd9Fn45...@mid.individual.net...
Le 19/10/2012 17:35, Christian Navis a crit :
> Les bobos ph nom ne de notre poque ?
> Que nenni !
> Un peu de recul historique ne messied point.
Votre recul historique montre surtout qu'il y a toujours eu des vieux
cons pour trouver qu'il n'y a plus de jeunesse, que les temps ne sont
plus ce qu'ils taient et que y'a plus de morale m me chez les gangsters.
"jr" <j...@froc.net> a écrit dans le message de news: aekkd9Fn45...@mid.individual.net...
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| Votre recul historique montre surtout qu'il y a toujours eu des vieux
| cons pour trouver qu'il n'y a plus de jeunesse, que les temps ne sont
| plus ce qu'ils étaient et que y'a plus de morale même chez les gangsters.
Ce n'est pas qu'il n'y a plus de morale, c'est qu'elle change. Maintenant, si l'on en croit les faits divers, la morale consiste à prendre la fuite quand on a un accident ou qu'il y a un barrage policier. Un surcroît de morale est de percuter un gendarme. C'est normal, on transcrit la morale des jeux vidéo, la nouvelle norme, dans la réalité.
> Ce n'est pas qu'il n'y a plus de morale, c'est qu'elle change. Maintenant,
> si l'on en croit les faits divers, la morale consiste prendre la fuite
> quand on a un accident ou qu'il y a un barrage policier. Un surcro t de
> morale est de percuter un gendarme. C'est normal, on transcrit la morale des
> jeux vid o, la nouvelle norme, dans la r alit .
a vient d'avantage du cin ma que des jeux vid o... Je ne comprends toujours pas pourquoi le jeu vid o est le premier cibl alors que c'est loin d' tre le "m dia" le plus influant.
> Mais que dire du niveau de vie qui s'améliore certes pour quelques
> happy few mais ne cesse de se dégrader pour l'ensemble de la population > depuis bientôt 30 ans...
Ça, c'est complètement faux: le niveau de vue global a monté pour la très grande majorité des habitants, en qualité et en quantité de biens de consommation (autoimobile, habitat, hi-tech...), en services de santé, en loisirs, etc. Mais la sinistrose existe sans doute depuis des lustres, avec ou sans bobos.