UBUjean-jacques viala
unread,May 17, 2012, 4:41:05 PM5/17/12You do not have permission to delete messages in this group
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20 morts et 12 blessés, enlèvements, plastics.
L'administration annonce que la mesure de mise sous les drapeaux par
anticipation a touché 6000 jeunes pieds noirs, tous envoyés en
métropole.
Des charniers sont découverts dans le quartier de Hussein dey, l'un avec
8 l'autre cinq cadavres. Un des corps est identifié, il s'agit d'un
algérois enlevé quelques jours avant. Les militaires délivrent deux
prisonniers horriblement torturés.
Le général Rolet, alors chef de bataillon, raconte :
"La plupart des attentats, d'un côté ou de l'autre, se perpétraient en
voiture avec à bord, quatre hommes armés de pistolets ou de pistolets
mitrailleurs et souvent d'une bombe. Chacun opérant dans sa zone,
souvent sous le nez des patrouilles. Dans la rue principale
d'Hussein-Dey, une "traction avant" double une patrouille, s'arrête à
cent mètres à une station-service. Un jeune maghrébin est tué, la
voiture s'enfuit. Le lendemain : même scénario. Un autre jeune est tué
dans les mêmes conditions. Le tireur de la J 12,7 du scout-car fait feu
en l'air. Les mêmes scènes se reproduisent partout. Un Européen assez
âgé et sa femme sortent de leur jardin. Une voiture passe, ils sont tués
tous les deux. La patrouille est à quelques mètres, les véhicules
barrent la route: quatre Algériens sortent et tirent en s'enfuyant. Ils
sont abattus. C'est un incident grave ."
" Le 20 mai, l'OR du secteur communique au Chef de Bataillon une
information très grave: vers l'Oued Ouchaïa, au lieu dit Haouch Adda,
des Européens seraient torturés. Une opération de ratissage est décidée
pour le lendemain. Tout Alger ne parle que d'enlèvements, ce qui
explique peut-être que l'officier ait décidé d'agir aussitôt. En outre,
la zone n'est pas censée être un lieu d'implantation FLN, ce n'est pas
un sanctuaire. Là-dessus, le 21 mai au matin, on apprend un nouveau
rapt: 6 Européens ont été enlevés à Belcourt dont le directeur du
Monoprix, Monsieur M. Dans ce cas, les forces armées doivent lancer
l'alerte "Chicago", (voir le livre de Vitalis Cros, Le Temps de la
Violence, pages 66 et 67), qui consiste à barrer les principaux axes,
fouiller les véhicules et contrôler les personnes. Les armes ne doivent
pas être utilisées, ou seulement en cas de légitime défense. Or
précisément, en arrivant à la ferme Finé, les militaires français sont
accrochés par des Algériens armés. Une fusillade s'ensuit. Il est 14
heures lorsque la 6ème compagnie investit la place. Elle arrête trois
musulmans et libère deux Européens enlevés. Ceux-ci ont été torturés et
indiquent que plusieurs de leurs compagnons de détention ont déjà été
assassinés. Les soldats découvrent dans les vignes alentour un charnier
contenant huit corps mutilés. Certains cadavres ont été recouverts de
chaux vive pour rendre l'identification impossible. Le 22 mai, un
nouveau charnier contenant six cadavres, dont celui du directeur du
Monoprix, est découvert dans le même secteur. "
Le général Rolet indique qu'une semaine plus tard, le 28 mai, huit
nouveaux cadavres seront déterrés à la décharge publique pas très loin
de la ferme Finé. Le total des morts retrouvés s'élève donc à 22 pour
cet endroit. La presse publie ces informations et la capitale est figée
d'effroi. Les pieds-noirs savent maintenant le sort qui guette les
personnes enlevées. Mais le scandale a d'autres implications: il
apparaît clairement à tout un chacun que les Accords d'Evian sont très
sérieusement malmenés du côté algérien. Le cessez-le-feu lui-même est
rompu puisque la 6ème compagnie du 2/23 RIMA a été accueillie par des
tirs. Du côté du commandement militaire, l'embarras est perceptible car
la découverte de ces charniers montre que des citoyens français sont
assassinés. A une OAS en perte de vitesse, ceci peut donner un nouvel
élan; un surcroît d'attentats est prévisible.
La réaction des autorités françaises sera troublante: le général Rolet
écrit qu'une fois son rapport transmis, il reçut l'ordre, qui le
déconcerta, de quitter le secteur dans les vingt-quatre heures. C'est le
2/117e R.I. qui relèvera son bataillon. Les officiers furent consignés
jusqu'au 6 août, la formation fut dissoute à Sissonne, le 31 du même
mois. Voulait-on empêcher que ne soient connus certains aspects de cette
affaire? Le rapport du Chef de bataillon qui en reprenait tous les
éléments avait un côté très inopportun politiquement. Le général Rolet
ne le comprendra qu'après coup: "La mesure", écrit-il dans une lettre
qui nous a été communiquée, "n'était pas disciplinaire, j'en ai eu la
preuve, mais le rapport que j'ai envoyé était explosif je l'ignorais"
Indiquons d'ailleurs que les archives du Service Historique de l'Armée
de terre confirment le contenu de son texte, devenu évidemment moins
fracassant aujourd'hui. Dans un procès-verbal de gendarmerie rédigé à la
Brigade de Maison Carrée, et transmis à la R. T. et au Corps d'Armée
d'Alger le 30 mai, on peut lire qu'il ressort de l'interrogatoire des
musulmans faits prisonniers à l'Haouch Adda, qu'ils recevaient leurs
ordres de commissaires politiques du FLN. L'un d'eux aurait été
identifié sur photographie tant par les trois Algériens arrêtés que par
les deux Européens libérés.
Les comptes-rendus militaires signalent que la ferme Finé avait été
transformée en centre de détention et de torture, mais aussi en entrepôt
pour du matériel ménager flambant neuf. Il s'agissait du produit de
différents pillages opérés dans la zone portuaire et dans divers
secteurs industriels. Il se confirmait ainsi que l'activité politique et
"militante" de certains groupes allait de pair avec le trafic et le
banditisme.
Monneret, " la phase finale de la guerre d'algérie ", l'harmattan,
ISBN2-7475-0043-8
Le FLN relâche le commissaire Robin et quatre autres français enlevés il
y a quelques jours.
Des tirs de mortier sont effectués sur le quartier arabe d'Oran, faisant
12 morts.
--
UBU
C'était l'oncle Martin c'était l'oncle Gaston
L'un aimait les tommis l'autre aimait les teutons
Chacun pour ses amis, tous les deux ils sont morts
Moi qui n'aimait personne, hé bien je vis encore.
Georges Brassens