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UBUjean-jacques viala

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May 17, 2012, 4:41:05 PM5/17/12
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27 morts et 21 blessés, Découverte de sept nouveaux corps, horriblement
mutilés à Hussein Dey, on identifie parmi eux des personnes enlevées ces
derniers jours. Nouveaux enlèvements, plastics.

A Tipasa un gérant de ferme et un cultivateur enlevés.

A Marseille, les pouvoirs publics sont débordés par l'arrivée massive
des réfugiés d'algérie.

Jean Brune raconte:

Quelque part près de Géryville, à l'orée du désert, les onze hommes d'un
groupe d'autodéfense ont été égorgés le soir même de la remise des armes
aux soldats français. Les victimes ont été allongées côte à côte, au
pied du mât où l'on envoyait les couleurs quand les colonels et les
généraux- tintins venaient passer en revue les volontaires. Ainsi les
égorgés prolongent-ils dans la mort cette parade qui leur a pris la vie.
Les égorgeurs ont défendu que l'on touchât aux cadavres. Alignés épaule
contre épaule, la tête renversée laissant béante l'immonde mutilation de
la gorge, les morts ont l'air figé dans un ultime "garde-à-vous". La
nouvelle du massacre est parvenue à quelque rond-de-cuir d'Etat-Major.

Il a délégué un capitaine sur les lieux du forfait. Quand le capitaine
arrive au village de boue séchée, les femmes ont déjà éteint tous les
feux, selon la coutume, arrêté les pendules, déposé un bol de couscous
près de chaque cadavre, appelé trois fois chaque mort par son nom et
allumé onze bougies qui, piquées dans le sol, vacillent au soleil sous
les souffles du sud qui sentent l'alfa. Les femmes ont vu de loin
l'écharpe de poussière que traîne sur la steppe la Jeep du visiteur.

Elles se sont groupées instinctivement à la tête des morts, immobiles
comme les répliques vivantes des gisants égorgés.

Elles savent que ce véhicule qui vient, c'est le char de la mort. Elles
l'attendent comme des louves. Lorsque le capitaine arrive, elles le
laissent mettre pied à terre, puis elles se précipitent. Elles déchirent
sa tenue au bout de leurs ongles et elles le couvrent de crachats.

L'officier remonte difficilement dans sa voiture. Les femmes le
lapident. Il parvient à rompre l'encerclement, à partir, halant derrière
lui un sillage d'injures. Un mot tinte à ses oreilles. On l'a appelé
"Iblis" le diable... le démon. Dans la bousculade, les bougies se sont
éteintes. Les égorgés sont morts deux fois; l'une de la main des
bourreaux, l'autre de l'affront infligé par cette visite du véritable
coupable: celui qui a tué avec la promesse empoisonnée des mots.

Jean Brune, " interdit aux chiens et aux français " éditions Atlantis.

A Paris, Christian Fouchet rencontre De gaulle il lui parle des
rencontres Susini Farés, et propose de relncer ces discussions en
s'appuyant sur le maire d'Alger, Chevallier. Le général ne dit rien, il
fronce les sourcils, Fouchet en déduit qu'il est d'accord pour essayer.
Chevallier (qui s'est refugié à Paris) accepte.

--
UBU
C'était l'oncle Martin c'était l'oncle Gaston
L'un aimait les tommis l'autre aimait les teutons
Chacun pour ses amis, tous les deux ils sont morts
Moi qui n'aimait personne, hé bien je vis encore.

Georges Brassens






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