Vert et vertueux : en pleine Semaine du développement durable, pas une
entreprise, pas une multinationale qui n'ait pris conscience du risque
environnemental qui menace la planète. Du moins si l'on s'en réfère à leurs
vertes affiches et communiqués de presse. Pas un média qui ne les relaie,
ours polaire(*) sur fond de banquise - fondante - à l'appui. Mais gare à
l'emballement : "Nous sommes à la limite de l'indigestion", prévient
Brigitte Mantel, directrice des tendances pour Getty Images France. Basée à
Seattle, cette multinationale créatrice d'images vient de publier le rapport
MAP (what Make A Picture) après avoir analysé 2 500 campagnes de
communication dans le monde courant 2007.
Selon cette enquête, réalisée avec Yankelovitch Research, les consommateurs
de 2008 recherchent l'authenticité et se méfient du "greenwashing", cette
tendance des annonceurs à peindre en vert leur communication sans changer
leurs pratiques. "Ce qui est étonnant, c'est l'étroitesse de la palette des
verts utilisés", commentent les auteurs de l'enquête. Alors que
l'environnement prend une importance croissante dans le quotidien des
consommateurs, ceux-ci deviennent de plus en plus méfiants vis-à-vis de la
publicité mensongère. Les réactions des internautes le confirment : "Vous
nous racontez tout et n'importe quoi sur l'environnement. Assez de bigoterie
écologiste !", lancent-ils. Le message est pris très au sérieux par Getty
Images, qui en a averti ses clients présents dans tous les secteurs
économiques. Car le développement durable fait partie intégrante de
l'économie de marché. De l'Europe à l'Amérique, les financiers sont
convaincus que l'écologie est une fabuleuse source de business, un "or
vert".
L'économie, deuxième pilier du développement durable, a donc un avenir
radieux. Même s'il est porteur d'incohérences. Ainsi l'enquête Getty Images
cite le palmarès des sociétés les plus écoresponsables, classées selon leur
engagement dans leur processus de fabrication, leurs emballages, leurs
nouveaux produits : arrive en tête Toyota Motor Corporation, talonné par
General Electric, Whole Foods (aliments naturels), Honda Motor Company et
Wall-Mart, soit deux leaders de la construction automobile (secteur
responsable de 12 % des rejets de CO2 dans l'atmosphère) sur cinq, et un
géant de la grande distribution (Wall-Mart).
Mais nous sommes aux Etats-Unis, nation qui a pris conscience de façon
tardive mais très réactive des dangers causés par notre mode de vie
destructeur de ressources naturelles. En France, l'évolution des mentalités
est antérieure et progressive. Ce qui n'empêche pas certains mystères : la
société Batribox (collecte, recyclage et sensibilisation de l'éco-organisme
Screlec) relève ainsi dans son sondage IFOP que 87 % des personnes
interrogées déclarent rapporter leurs piles et batteries usagées dans les
points de collecte, alors que, selon les chiffres officiels, ces points de
collecte n'en récupèrent que 30 %...
Reste le social, troisième et dernier "pilier" du développement durable. A
l'intérieur de l'entreprise, les bonnes conditions de travail sont désormais
capitales. Leur non-respect - surtout - risque de renvoyer une image
déplorable à l'extérieur, aux yeux des consommateurs et des actionnaires. Au
niveau mondial, les déséquilibres s'accroissent, parce que ce sont les
riches qui polluent le plus ; parce que les nations les plus pauvres sont
les plus exposées aux conséquences du dérèglement climatique.
La lutte contre les inégalités est désormais une priorité. Fabienne Simon,
directrice chez TNS-Sofres, y croit : "Le social est la valeur qui monte."
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PO
(*) pas de la famille, celui là
> Selon cette enquête, réalisée avec Yankelovitch Research, les consommateurs
> de 2008 recherchent l'authenticité et se méfient du "greenwashing", cette
> tendance des annonceurs à peindre en vert leur communication sans changer
> leurs pratiques. "Ce qui est étonnant, c'est l'étroitesse de la palette des
> verts utilisés", commentent les auteurs de l'enquête. Alors que
> l'environnement prend une importance croissante dans le quotidien des
> consommateurs, ceux-ci deviennent de plus en plus méfiants vis-à-vis de la
> publicité mensongère. Les réactions des internautes le confirment : "Vous
> nous racontez tout et n'importe quoi sur l'environnement. Assez de
> bigoterie écologiste !", lancent-ils.
Tant mieux si de plus en plus de monde arrive à distinguer le bon grain de
l'ivraie.
Quelques exemples:
L'écolo bobo s'achète une Prius hybride pour partir tous les WE faire du bateau
sur la côte, clim branchée.
Le vrai écolo roule en Clio avec parcimonie et à 80 km/h.
L'écolo bobo va faire de l'"écotourisme" en Tasmanie.
Le vrai écolo participe à des chantiers avec des amis dans sa région.
L'écolo bobo achète le dernier Canard WC supervert et parfumé à la
chlorophylle.
Le vrai bobo utilise du vinaigre blanc tout aussi efficace, moins cher, moins
polluant quand même.
L'écolo bobo fait mettre du chanvre pour isoler ses 200 m2 de duplex survitré.
Le vrai écolo vit dans le logement adapté à ses besoins.
L'écolo bobo achète de l'eau en bouteilles, écolo car "compactable".
Le vrai écolo boit de l'eau de robinet, avec au besoin un simple filtre.
L'écolo bobo achète L'Express, Ushuaïa, le Courrier International et autres
canards qui alarment l'humanité sur le "changement climatique" catastrophique
"si on ne fait rien."
Le vrai écolo se passe fort bien de tous ces catalogues de pubs pour des 4x4 et
des cosmétiques pour attrape-nigauds.
L'écolo bobo se pose gravement la question de savoir s'il faut boycotter la
cérémonie des J.O de Pékin, en reprenant 2 cacahouettes "bio" devant le foot
sur Canal+.
Pendant ce temps, le vrai écolo agit localement.
Etc etc.
--
Gallad
--
Henri-Georges NATON
Hypérion, Le club d'Astronomie de la Réserve Naturelle Nationale
d'Hettange-Grande http://hyperion57.free.fr/
Le site de discussion des géoarchéologues http://geoarch.free.fr/
Le vrai écolo boycotte tous les programmes télé qui présente les JO
(quand il a une télé).
Mais par dessus tout, l'écolo bobo fait au minimum 3 gosses, alors
que l'écolo en fait 1 au maximum.