2002 : 216 ans (en language journalistique : "on a assez de charbon
pour 216 ans"'
2003 : 204
2004 : 192
2005 : 164
2006 : 155
2007 : 147
2008 : 133
2009 : 122
La diminution spectaculaire du ratio réserves./production, qui dans
monde parfait serait d'un an chaque année, est du à la fois à
l'augmentation de la production, et à des réestimations à la baisse :
les réserves de charbon ne sont que très grossièrement évaluées, et
bien suvent quand on creuse pour les estimer plus précisément, on est
déçu.
Ces chiffres montrent à quel point il est dénué de tout sens de
diviser les réserves affichées par la production et en déduire "on a
assez de {{telle ressource naturelle}} pour X années".
C'est pourtant ce que radotent les journalistes.
Disons que ᅵa donne quand mᅵme un ordre de grandeur.
>
> C'est pourtant ce que radotent les journalistes.
Le plus cocasse, c'est que cette diminution spectaculaire se fait en pleine
pᅵriode de lamentation sur les diaboliques ᅵmissions de CO2...
--
Ormuz
> Le plus cocasse, c'est que cette diminution spectaculaire se fait en pleine
> période de lamentation sur les diaboliques émissions de CO2...
Ben cette diminution intervient essentiellement parce que la
production annuelle, donc les émissions de CO2 liées, augmentent...
Oui j'ai compris, seulement c'est révélateur, en plein processus de Kyoto, dont
le protocole a été ratifié par quasiment tous les pays. Entre l'enjeu
énergétique et les (pseudo) dangers climatiques, on a vite choisi...
Sinon, il y a cet intéressant panorama 2008 de l'IFP sur les perspectives du
charbon:
http://www.ifp.fr/content/download/58414/1278328/version/2/file/5-vf_Charbon+-+ressource%2C+réserves+et+production.pdf
270 Ko, pages.
Les statistiques concernent seulement les réserves de charbon prouvées, et dans
les conditions d'exploitation en cours. Toutes choses qui peuvent évoluer, ce
qui complique encore l'indicateur.
Je cite une partie de la conclusion, qui montre que le charbon n'a rien de
ringard, si l'on sort d'une certaine vision franco-française:
Le charbon constitue ainsi une énergie fossile :
■ abondante: au rythme actuel de production,
les réserves actuelles permettent d’assurer 145 ans
de consommation actuelle. Même si les chiffres de
réserves dans certains pays sont soumis à caution
(Chine, Russie) et que la production est amenée
à augmenter rapidement, la tendance lourde
persiste.
■ relativement bien répartie géographiquement,
en tout cas mieux que le pétrole et le gaz : l’Amérique
du nord, l’Asie/Océanie et la CEI détiennent en effet
chacune 27 à 30 % des réserves actuelles de
charbon. Celui-ci contribue ainsi activement à
l’indépendance énergétique de certains pays gros
consommateurs d’énergie tels que la Chine ou
les USA.
■ peu onéreuse comparativement aux autres énergies
fossiles: son prix a certes été multiplié par près de
2 entre 2003 et 2007, mais le charbon reste encore
près de 5 fois moins cher que le pétrole et 3 fois mois
cher que le gaz par unité d’énergie.
Dans le contexte actuel de difficulté d’accès à la
ressource en pétrole et gaz pour les pays non
producteurs et de hausse des prix, ces trois atouts sont
très importants et expliquent l’engouement récent pour
cette énergie qui a pu être considérée comme étant
"d’un autre siècle".
--
Ormuz
> Ces chiffres montrent ᅵ quel point il est dᅵnuᅵ de tout sens de
> diviser les rᅵserves affichᅵes par la production et en dᅵduire "on a
> assez de {{telle ressource naturelle}} pour X annᅵes".
>
> C'est pourtant ce que radotent les journalistes.
Les journalistes en gᅵnᅵral sont issus de formations littᅵraires et ne
comprennent pas grand chose au-delᅵ de la division. Et de toutes faᅵons, ils
recherchent davantage la sensation que l'explication.
Puisque tu aimes la prospective, voilᅵ un modᅵle rᅵcent et intᅵressant:
"Forecasting coal production until 2100"
http://www.theoildrum.com/node/5256
Chose rare, le modᅵle y est dᅵcrit, avec le contexte et ses limites, et de
plus, "the authors have indicated that they would like our feedback on their
approach and how to improve it."
Cet ᅵtat d'esprit nous change de ces chercheurs qui jouent volontiers les
gourous.
--
Ormuz