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FMI-FAIM

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o.gehem

unread,
May 1, 2008, 2:10:42 AM5/1/08
to
http://www.monde-diplomatique.fr/2008/05/HALIMI/15859

FMI-FAIM

Le Fonds monétaire international (FMI) et l’Organisation mondiale du
commerce (OMC) avaient promis que l’augmentation des flux de
marchandises contribuerait à éradiquer la pauvreté et la faim. Cultures
vivrières ? Autonomie alimentaire ? On avait trouvé plus intelligent :
l’agriculture locale serait abandonnée ou orientée vers l’exportation.
Ainsi, on tirerait le meilleur parti non pas de conditions naturelles —
plus favorables, par exemple, à la tomate mexicaine, à l’ananas
philippin —, mais de coûts d’exploitation plus bas dans ces deux pays
qu’en Floride ou en Californie.

L’agriculteur malien confierait son alimentation aux firmes céréalières
de la Beauce ou du Midwest, plus mécanisées, plus productives. Quittant
sa terre, il irait grossir la population des villes pour devenir ouvrier
dans une entreprise occidentale ayant délocalisé ses activités afin de
profiter d’une main-d’œuvre meilleur marché. Les Etats côtiers d’Afrique
allégeraient au même moment le poids de leur dette extérieure en vendant
leurs droits de pêche aux bateaux-usines des pays plus riches. Il ne
resterait plus ensuite aux Guinéens qu’à acheter des conserves de
poisson danoises ou portugaises (1). Malgré une pollution supplémentaire
générée par les transports, le paradis était assuré. Le profit des
intermédiaires (distributeurs, transitaires, assureurs, publicitaires)
aussi...

Soudain la Banque mondiale, prescriptrice de ce modèle de «
développement », annonce que trente-trois pays vont connaître des «
émeutes de la faim ». Et l’OMC s’alarme d’un retour au protectionnisme
en observant que plusieurs pays exportateurs de denrées alimentaires
(l’Inde, le Vietnam, l’Egypte, le Kazakhstan...) ont décidé de réduire
leurs ventes à l’étranger afin — quelle impudence ! — de garantir
l’alimentation de leur population. Le Nord s’offusque vite de l’égoïsme
des autres. C’est parce que les Chinois mangent trop de viande que les
Egyptiens manquent de blé...

Les Etats qui ont suivi les « conseils » de la Banque mondiale et du FMI
ont sacrifié leur agriculture vivrière. Ils ne peuvent donc plus se
réserver l’usage de leurs récoltes. Eh bien, ils paieront, c’est la loi
du marché. L’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et
l’agriculture (FAO) a déjà calculé l’envol de leur facture d’importation
de céréales : 56 % en un an. Logiquement, le Programme alimentaire
mondial (PAM), qui nourrit chaque année soixante-treize millions de
personnes dans soixante-dix-huit pays, réclame 500 millions de dollars
supplémentaires.

Ses prétentions ont dû être jugées extravagantes puisqu’il n’en a obtenu
que la moitié. Il ne quémandait cependant que le prix de quelques heures
de guerre en Irak et le millième de ce que la crise des subprime va
coûter au secteur bancaire, généreusement secouru, lui, par les Etats.
On peut calculer les choses autrement : le PAM implorait pour le compte
de ses millions d’affamés... 13,5 % des sommes gagnées l’année dernière
par le seul M. John Paulson, dirigeant d’un fonds spéculatif assez avisé
pour prévoir que des centaines de milliers d’Américains seraient réduits
à la faillite immobilière. On ignore combien rapportera, et à qui, la
famine qui a commencé, mais rien ne se perd jamais dans une économie
moderne.

Car tout se recycle ; une spéculation chasse l’autre. Après avoir
alimenté la bulle Internet, la politique monétaire de la Réserve
fédérale (Fed) a encouragé les Américains à s’endetter. Et gonflé la
bulle immobilière. En 2006, le FMI estimait encore : « Tout indique que
les mécanismes d’allocation de crédit sur le marché de l’immobilier aux
Etats-Unis sont restés relativement efficaces. » Marché-efficace : ne
devrait-on pas souder ces deux mots une fois pour toutes ? La bulle
immobilière a crevé. Les spéculateurs réhabilitent alors un vieil
eldorado : les marchés de céréales. Achetant des contrats de livraison
de blé ou de riz pour une date future, ils escomptent les revendre
beaucoup plus cher. Ce qui entretient la hausse des prix, la famine...

Et que fait alors le FMI, doté, selon son directeur général, de « la
meilleure équipe d’économistes qui soit au monde » ? Il explique : «
Une des manières de résoudre les questions de famine, c’est d’augmenter
le commerce international. » Le poète Léo Ferré écrivit un jour : « Pour
que le désespoir même se vende, il ne reste qu’à en trouver la formule. »

Il semblerait qu’on l’ait trouvée.
Serge Halimi.


--
"Spéculation et crises : ça suffit !" Déjà plus de 30 000 signatures.
http://www.stop-finance.org

Turgocot

unread,
May 1, 2008, 5:25:09 AM5/1/08
to

"o.gehem" <o.g...@mafia.org> a écrit dans le message de news:
48195f7d$0$13053$426a...@news.free.fr...

> http://www.monde-diplomatique.fr/2008/05/HALIMI/15859
>
> FMI-FAIM
>
> Le Fonds monétaire international (FMI) et l'Organisation mondiale du
> commerce (OMC) avaient promis que l'augmentation des flux de marchandises
> contribuerait à éradiquer la pauvreté et la faim.

On peut toujours rêver.
Mais si on ne peut pas adapter la production alimentaire à la population, si
on essayait d'adapter la population au niveau de ressources disponibles ?
Ça ne pénaliserait personne, on n'a jamais vu les exclus de l'incarnation
dans ce monde venir se plaindre.

o.gehem

unread,
May 1, 2008, 5:39:46 AM5/1/08
to
Turgocot a écrit :

> "o.gehem" <o.g...@mafia.org> a écrit dans le message de news:
> 48195f7d$0$13053$426a...@news.free.fr...
>> http://www.monde-diplomatique.fr/2008/05/HALIMI/15859
>>
>> FMI-FAIM
>>
>> Le Fonds monétaire international (FMI) et l'Organisation mondiale du
>> commerce (OMC) avaient promis que l'augmentation des flux de marchandises
>> contribuerait à éradiquer la pauvreté et la faim.
>
> On peut toujours rêver.
> Mais si on ne peut pas adapter la production alimentaire à la population,

Hypothèse. Quand on veut, on peut.
On a bien su adapter la production alimentaire au capitalisme, l'inverse
doit bien être possible.

> si
> on essayait d'adapter la population au niveau de ressources disponibles ?
> Ça ne pénaliserait personne, on n'a jamais vu les exclus de l'incarnation
> dans ce monde venir se plaindre.

Cela, on va de toute façon y arriver, que ce soit choisit ou subit.
Deux pistes qui peuvent être complémentaires :
- On adapte la population en terme quantitatif (malthusianisme
démographique),
- On adapte les modes de consommation de la population, notamment de la
petite tranche qui consomme la plus grande part des ressources, à fins
énergétique, de gaspillages de toutes sortes et d'alimentation riches en
viandes, graisses et sucres.

Turgocot

unread,
May 1, 2008, 6:11:37 AM5/1/08
to

"o.gehem" <o.g...@mafia.org> a écrit dans le message de news:
4819907e$0$6420$426a...@news.free.fr...

>> On peut toujours rêver.
>> Mais si on ne peut pas adapter la production alimentaire à la population,
>
> Hypothèse. Quand on veut, on peut.

S'il suffisait de vouloir pour pouvoir, ce serait vraiment un jeu trop
facile, et au final, ça n'intéresserait personne.
Moi-même, je voudrais être moins con, et je n'y arrive pas.
Pour me consoler, je me compare, alors là, je reprends espoir.

> Cela, on va de toute façon y arriver, que ce soit choisit ou subit.
> Deux pistes qui peuvent être complémentaires :
> - On adapte la population en terme quantitatif (malthusianisme
> démographique),

Je sens comme une lueur de médisance, ou plutôt, de calomnie, dans l'emploi
de "malthusianisme".
Je ne vois pas en quoi la limitation des naissances à un niveau supportable
par l'état actuel de l'économie brimerait quiconque.
Et l'acceptant et en la pratiquant, les pauvres montreraient leur sens des
responsabilités. Que les riches ne la pratiquent pas serait sans influence
notable sur le résultat global, mais ils la pratiquent déjà, c'est dailleurs
un de leur moyen pour se maintenir dans leur pouvoir, tout en conseillant
aux pauvres de se reproduire à qui mieux-mieux. Ils ont d'ailleurs mis en
place des tas d'incitations à le faire, allocs, allocations parent isolé,
promesse d'éducation gratuite, carte famille nombreuse à la sncf... pour
leur plus grand interêt à eux, les riches.


o.gehem

unread,
May 1, 2008, 6:28:38 AM5/1/08
to
Turgocot a écrit :

> "o.gehem" <o.g...@mafia.org> a écrit dans le message de news:
> 4819907e$0$6420$426a...@news.free.fr...
>>> On peut toujours rêver.
>>> Mais si on ne peut pas adapter la production alimentaire à la population,
>> Hypothèse. Quand on veut, on peut.
>
> S'il suffisait de vouloir pour pouvoir, ce serait vraiment un jeu trop
> facile, et au final, ça n'intéresserait personne.
> Moi-même, je voudrais être moins con, et je n'y arrive pas.
> Pour me consoler, je me compare, alors là, je reprends espoir.

http://www.monde-diplomatique.fr/2008/05/HALIMI/15859
Comme il est bien expliqué dans cet article, le FMI et l'OMC ont bien
réussit à détruire l'agriculture de subsistance des pays africains, et
même l'agriculture tout court de ces pays.
Il doit bien être possible de reconstruire ce qu'ils ont détruit...

>
>> Cela, on va de toute façon y arriver, que ce soit choisit ou subit.
>> Deux pistes qui peuvent être complémentaires :
>> - On adapte la population en terme quantitatif (malthusianisme
>> démographique),
>
> Je sens comme une lueur de médisance, ou plutôt, de calomnie, dans l'emploi
> de "malthusianisme".

Non, pas du tout, bien que je ne soit pas un franc partisan de l'option.
Le malthusianisme est une doctrine économique. J'ai par contre dû faire
un plénoasme. Malthusianisme par essence sous-entend une régulation par
le volume des populations.
Cousteau, lui, était plutôt adepte de cette approche. Mais tout Cousteau
qu'il est, tout le monde, loin de là n'a pas a adhérer entièrement à
tout ce qu'il dit.

http://fr.wikipedia.org/wiki/N%C3%A9o-malthusien

> Je ne vois pas en quoi la limitation des naissances à un niveau supportable
> par l'état actuel de l'économie brimerait quiconque.
> Et l'acceptant et en la pratiquant, les pauvres montreraient leur sens des
> responsabilités.

Oui, voilà, la planète va mal, c'est à cause des pauvres.


> Que les riches ne la pratiquent pas serait sans influence
> notable sur le résultat global, mais ils la pratiquent déjà, c'est dailleurs
> un de leur moyen pour se maintenir dans leur pouvoir, tout en conseillant
> aux pauvres de se reproduire à qui mieux-mieux. Ils ont d'ailleurs mis en
> place des tas d'incitations à le faire, allocs, allocations parent isolé,
> promesse d'éducation gratuite, carte famille nombreuse à la sncf... pour
> leur plus grand interêt à eux, les riches.

Oui, voilà. Ensemble on va construire un "monde meilleur", dans la
droite ligne d'Aldous Huxley.

C'est quand même dommage que vous vous arrêtez au Premier item présenté
et ayiez snipé le second...

---------------


- On adapte les modes de consommation de la population, notamment de la
petite tranche qui consomme la plus grande part des ressources, à fins
énergétique, de gaspillages de toutes sortes et d'alimentation riches en
viandes, graisses et sucres.

---------------

Turgocot

unread,
May 1, 2008, 6:38:36 AM5/1/08
to

"o.gehem" <o.g...@mafia.org> a écrit dans le message de news:
48199bf2$0$11135$426a...@news.free.fr...

>
> Oui, voilà. Ensemble on va construire un "monde meilleur", dans la droite
> ligne d'Aldous Huxley.
>

Ah vous avouez implicitement, vous, c'est un monde pire que vous voulez
installer. Vous fatiguez pour rien, il suffit de laisser aller, et ça vient
tout seul.


o.gehem

unread,
May 1, 2008, 6:47:36 AM5/1/08
to
Turgocot a écrit :

Oui. La révolution néolibérale est en marche...

wand

unread,
May 1, 2008, 10:02:23 AM5/1/08
to

"Turgocot" <Turg...@hotmail.fr> a écrit dans le message de news:
4819978d$0$21145$7a62...@news.club-internet.fr...

>
> "o.gehem" <o.g...@mafia.org> a écrit dans le message de news:
> 4819907e$0$6420$426a...@news.free.fr...
>>> On peut toujours rêver.
>>> Mais si on ne peut pas adapter la production alimentaire à la
>>> population,
>>
>> Hypothèse. Quand on veut, on peut.
>
> S'il suffisait de vouloir pour pouvoir, ce serait vraiment un jeu trop
> facile, et au final, ça n'intéresserait personne.
> Moi-même, je voudrais être moins con, et je n'y arrive pas.
> Pour me consoler, je me compare, alors là, je reprends espoir.

Pourquoi vouloir comparer Con ? mias il y a laid, gras, petit ou grand


>
>> Cela, on va de toute façon y arriver, que ce soit choisit ou subit.
>> Deux pistes qui peuvent être complémentaires :
>> - On adapte la population en terme quantitatif (malthusianisme
>> démographique),
>
> Je sens comme une lueur de médisance, ou plutôt, de calomnie, dans
> l'emploi de "malthusianisme".
> Je ne vois pas en quoi la limitation des naissances à un niveau
> supportable par l'état actuel de l'économie brimerait quiconque.
> Et l'acceptant et en la pratiquant, les pauvres montreraient leur sens des
> responsabilités. Que les riches ne la pratiquent pas serait sans influence
> notable sur le résultat global, mais ils la pratiquent déjà, c'est
> dailleurs un de leur moyen pour se maintenir dans leur pouvoir, tout en
> conseillant aux pauvres de se reproduire à qui mieux-mieux. Ils ont
> d'ailleurs mis en place des tas d'incitations à le faire, allocs,
> allocations parent isolé, promesse d'éducation gratuite, carte famille
> nombreuse à la sncf... pour leur plus grand interêt à eux, les riches.

Jusqu'au moment ou ils voient que les impots commencent a rogner un peu trop
a leur avis sur leurs richesses.
Le paradoxe c'est que cette richesse il la laisseront a leur mort soit a
l'etat soit a
une decendance qui n'a pas su combien c'est difficile de la créer et la
dilapide
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