<ARIE Elie>, curieux de tout et réceptif aux louanges médiatiques sur la
corne d'abondance promise dénommée ITER, a écrit dans le forum fr.misc.bio:
> Je n'ai pas de connaissances particulières dans ce domaine (NDLR ITER); mais j'ai
> assisté à ce débat:
> <http://tinyurl.com/3ayek7>
> et je vous demande de prendre connaissance des participants:
> -Alain Dejammet, Ambassadeur de France, ancien ambassadeur auprès de
> l'ONU
> -Sadegh Kharazi, ambassadeur d'Iran en France
> -Nicolas Sarkis, directeur du Centre arabe d'études pétrolières
> -Youri Roubinski, diplomate, directeur du Centre d'études françaises
> de l'Institut d'Europe de Moscou
> - Ivan Prostakov, Chef de la Délégation Economique et Commerciale de
> Russie en France
> -Mohamed Mazari Boufares, directeur « stratégie et prospective » à la
> Sonatrach (Algérie)
> -Jean Abiteboul, directeur international de Gaz de France
> -Francis Guttman, ambassadeur de France, ancien Président de Gaz de
> France
> -Jean-Pierre Chevènement
> et la conclusion qui s'en dégageait, c'est que, en gros, ce qui
> succèderait au pétrole, ce serait le pétrole plus cher, en attendant
> la fusion, qu'il faudrait bien attendre 80 ans.
> Vous pouvez lire l'ensemble du colloque sur le lien que je vous ai
> donné (parce que j'ai quand même un peu simplifié...).
> Depuis, j'ai lu un article sur un essai américain réussi qui aurait
> fait gagner 30 ans, et j'ai fait la soustraction 80 -30 = 50 (mais je
> me suis peut-être gourré, je n'ai jamais été bon en calcul).
> Des articles plus optimistes prévoient les premières applications
> commerciales pour 2040:
> <http://tinyurl.com/2sgc7m>
Oui, bah, d'une part les participant à ce colloque sont loin d'être des
personnes parties non prenantes en matière de politique énergétique, et
pour le moins que l'on puisse dire, pas spécifiquement des sommités en
matière de nucléaire, ni même en terme d'approche énergétique globale.
Sur ce plan, je vois surtout l'Iran avec ce que l'on en connait
concernant les prétentions du pays à accéder à la technologie nucléaire.
Pas étonnant qu'ils se glissent dans tous les colloques possibles et
imaginables dès qu'il y est question de nucléaire, histoire de donner le
change à la France pour avoir en retour toutes les facilités à se doter
de la technologie.
Comme vous vous doutez que j'ai un temps disponible assez limité, je me
suis surtout pour l'heure concentré sur les conclusion de JPC en pages
61-62-62-64-65.
D'une part, il est assez marrant que ces mecs,après avoir dressé un
sombre mais réaliste tableau en terme de perspectives énergétiques,
fassent la promotion d'EPR.
En effet, ce sujet a été ici longuement débattu, et nous sommes tous à
peu prêt d'accord pour dire que l'EPR est une grosse merde, qui par
ailleurs ne doit son salut que dans la mort décidée de la filière RNR
/surgénération pourtant prométeuse que les "écolos", alliés
contre-nature des marchands d'armes ont de concert signé l'arrêt de mort
de Super-Phenix. c'est connu. On accuse le chien d'avoir la rage , ce
qui permet de le tuer sans remord.
Ensuite, cette grande apologie d'Iter. Un voeux pieux qui ne tient pas
compte des grandes incertitudes concernant la viabilité industrielle du
truc. (Entre un proto qui marche quelques instant et une installation
industrielle qui produit pendant plusieurs décennies le pas est grand).
Et même si ça marche, faudra aller trouver tous les métaux rares
nécessaires à la construction de telles installations.
Mais comme dit, on a le droit de rêver et de faire un plan sur la
comète, quitte à annoncer des délais raccourcis d'une industrialisation
hypothétique, histoire de faire un peu de mousse et de gagner en
importance dans les médias.
En étant toujours sur le point A, ce qui est marrant est que la notion
d'économie d'énergies est seulement abordé en 3, alors que ça devrait
être la première priorité. la modération énergétique et l'augmentation
de notre efficacité énergétique, c'est bien que sont les les plus
importants gisements.
Enfin bon, continuons la lecture.
En point B est abordé un chapitre sur la géopolitique au moyen-orient.
Pas étonnant, vu que l'Iran est parti les membres et que nous sommes
devant un parterre de diplomates onusiens et de gens plus ou moins
impliqués dans les questions de pétrole et de politique moyen-orientale.
En point C, le gaz.
A noter qu'il n'est pas innocent la présence de l'Algérie, de la Russie
et de GDF. ces gens-là se connaissent très bien à mon avis, et il n'est
pas étonnant qu'ils fassent ensemble les paons dans un colloque avec
participants triés sur le volet et d'où ils savent déjà à peu prêt
quelles en seront les conclusions.
Le chapitre 2 est assez gonflé, surtout quand on sait que JPC en est
membre et rédacteur.
On a vu ce que la libération du marché de l'énergie a donné en Californie.
En l'occurrence, on voit une certaine contradiction avec le chapitre 4
où il est évoqué "une prise de participation des pays consommateurs et
association au bénéfice des pays consommateurs".
Avec le recul, ces propos datant de 2004, on sait maintenant où on en
est concernant la privatisation d'EDF et GDF. Au départ, on parle de
capital mixte histoire de calmer les esprits, et à l'arrivée, on arrive
à une privatisation totale.
Ensuite, chose à laquelle on pouvait s'attendre vu la nature des
intervenant, il est évoqué la nécessité d'investissement sur le secteur
du gaz. On ne peut pas nier cette nécessité. Mais il y a aussi d'autres
filières que le nucléaire le gaz et le pétrole. Nos chers participants,
par nature orientés sur ces seules alternatives ne pouvaient couvrir ces
autres champs, ne serait-ce que par leur incompétence en la matière.
Au point D, du même tonneau, on parle gaz, pétrole et géostratégie.
la conclusion est en fait assez marrante. ITER,pourtant la danseuse à
Arié est carrément passé à la trappe, on évoque une soit-disant prise de
conscience du problème énergétique, et on conclut par des nécessités de
partenariat avec les proches voisins producteurs de pétrole et de gaz.
A la limite, là, je dirais qu'ITER ne servirait là que comme virtuel
appât pour allécher ces "proches voisins" dont on a absolument besoin
des ressources énergétiques, quitte à les décevoir profondément dans
50-80 ans quand ils apprendront qu'ITER n'est qu'un miroir aux alouettes
pour zozos...
XP+ SUIVI fr.soc.environnement