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Réforme du RMI & Création du RMA ...

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témoin

unread,
Nov 24, 2003, 10:14:30 AM11/24/03
to
Rappel historique du contexte de la réforme :

Le Revenu minimum d'insertion (RMI) a treize ans. Créé en 1988 comme une
aide pour sortir de l'exclusion, il peut être à juste titre considéré comme
une avancée sociale majeure. Il constitue le minimum vital pour ceux qui
vivent en état de grande exclusion et contribue indéniablement un moyen à la
lutte contre la pauvreté. il s'agit d'une allocation temporaire de survie
qui donne les moyens et incite l'insertion.

Aujourd'hui, près de 1100 000 bénéficiaires.

Le montant moyen s'élève à 304 euros

765 000 contrats d'insertion ont été signés

7,5 milliards d'euros constituent le budget de cette allocation.

Deux objectifs sont contenus dans la réunion des trois lettres RMI : la
création d'un revenu minimum et une aide à l'insertion mais aujourd'hui,
chacun s'accorde à reconnaître que le RMI est un échec.

Seulement un allocataire sur deux bénéficie aujourd'hui du contrat
d'insertion prévu par la loi. Au total, une trop faible part d'allocataires
accède à l'emploi et ceux qui bénéficient du RMI depuis plusieurs années
s'éloignent encore plus du monde du travail.

La dimension insertion est insuffisante, voire totalement absente. A ce
propos, la Cour des comptes relevait que la « contractualisation demeure le
point faible du dispositif » et la nécessité de « renforcer l'efficacité du
volet insertion ».

Reste à comprendre pourquoi. Le RMI est-il un handicap au retour à
l'activité ?

Ce paradoxe a fait l'objet d'études, en particulier de la part du
Commissariat général au Plan.

Les allocataires du RMI préféreraient-ils s'accommoder du minimum social
plutôt que d'accomplir un travail ne procurant que des revenus faiblement
supérieur ?

Le faible différentiel, voire le différentiel négatif qui existe entre le
RMI et les revenus rémunérant une activité salariée, notamment lorsque
celle-ci est exercée à temps partiel expliquerait-elle la faible incitation
au retour à l'activité ? Bien souvent, la faiblesse de cet écart ne suffit
pas à compenser la diminution progressive de l'aide au logement,
l'imposition de l'ensemble des revenus, les coûts supplémentaires liés à la
reprise de l'activité (frais de transports, garde d'enfants...).

Il faut reconnaître, avant tout, l'hypocrisie du I compris dans Insertion de
RMI et admettre qu'il existe des personnes qui, pour des raisons diverses,
ne retrouveront jamais de travail. Il n'y a pas ici de jugement de valeur,
mais un simple constat : Certains bénéficiaires du RMI sont et resteront
durablement exclus de l'emploi.

Or, il est hors de question de priver une personne d'un revenu minimal, mais
il s'agit de mettre fin à l'hypocrisie de leur prétendue possibilité
d'insertion professionnelle. Aujourd'hui l'Etat se prépare à dépenser sans
compter pour que des centaines de milliers d'hommes et de femmes simulent le
travail disparu dans d'étranges "ateliers de formation" ou d'entreprises
d'insertion" afin de garder la forme pour des emplois qu'ils n'auront
jamais.

On invente toujours de nouvelles mesures encore plus stupides que les
précédentes simplement pour maintenir l'illusion que la machine sociale qui
tourne à vide peut continuer à fonctionner indéfiniment. L'Etat se charge
une fois de plus de ce que le marché n'est plus à même de garantir en
instituant un nouveau programme de création d'emplois

Cette simulation étatique du travail, qui s'accompagne de la réduction de la
durée de l'assurance chômage, est aujourd'hui encore plus violente et
répressive qu'elle n'a jamais été.

Ce fanatisme de la bureaucratie du travail ne tolère pas que les exclus, les
chômeurs, les sans avenir se réfugient dans les dernières niches, pourtant
très étroites du néo-Etat social en lambeaux.

Elle incarne la volonté encore et encore de maintenir coûte que coûte la
domination de l'idole travail même après sa mort. Aujourd'hui les exclus,
s'ils ne veulent pas vivre de charité chrétienne et d'eau fraîche, vont
devoir accepter n'importe quel sale boulot, n'importe quel travail d'esclave
ou n'importe quel contrat d'insertion aussi absurde soit-il, pour prouver
leur inconditionnelle disponibilité au travail. En simulant "l'emploi" et en
faisant miroiter un futur positif de la société du travail, on crée la
légitimation nécessaire pour sévir plus durement contre les chômeurs et ceux
qui refusent de travailler.

Grand paradoxe : la contrainte au travail imposé par l'Etat, même si il n'a
aucune chance d'aboutir, reste néanmoins un point de repère idéologique pour
une large couche de la population menacée par la déchéance.

Avec un stock de 100 000 RMA dont 30 000 dans le secteur marchand attendu en
fin d'année 2004, Capital & Travail sont définitivement les deux faces de la
même médaille.

source : http://membres.lycos.fr/temoinchoc/

Followup-To: fr.soc.travail


PGreenfinch

unread,
Nov 24, 2003, 11:32:18 AM11/24/03
to
"témoin" <nospam> a écrit

> Rappel historique du contexte de la réforme :

Bigre, la "contrainte au travail", l'horreur quoi !
Moi, ce que je vois plutôt c'est que l'état aime bien se
faire de nouveaux paroissiens.
Entre les agriculteurs, le corps medical, les chômeurs,
les rmistes/astes, les agents et retraités de l'état, les
assoces vivant de subsides, les 36000 maires et que
sais-je, ceux qui échappent à la dépendance des
collectivités officielles et de leur fond de commerce,
vont bientôt avoir l'air d'extraterrestres, ou pire,
d'archeo-libéraux.
Tiens, un gros recrutement ces temps ci lorsqu'il y a le
moindre évènement dramatique ce sont les psychologues
des "cellules d'aide psychologique" (*). Je me demande
s'ils ont le statut d'intermittent ;-))
Bon, un terrain que les sectes ne manquent pas non plus
de viser, la brêche étant ouverte par la banalisation du
concept.
A quand un statut public pour les livreurs de pizzas et les
toiletteurs de caniches ?
(*) tiens, je suis sûr qu'au prochain crash boursier, il
y en aura d'ouverts par la banque de france, en mal de
se trouver de nouvelles missions pour justifier ses
sureffectifs et le maintien de ses petits palais dans les
villes de sous-prefecture. Elle fait déjà dans l'extra-
judiciaire en s'occupant des commissions de surendettement,
allez savoir pourquoi, si ce n'est pour occuper un
territoire ?


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