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Patriotisme economique : l'irrepressible pulsion protectionniste des vieux Etats-nations

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Yoki

unread,
Sep 25, 2005, 2:55:19 PM9/25/05
to

L'actualité récente voit revenir en force une sinistre notion que l'on
croyait appelée à disparaître : le « patriotisme économique ».(*) C'est
avec des cris d'orfraie que la classe politique française a accueilli cet
été la rumeur d'OPA sur Danone par la société PepsiCo et exhorté les
actionnaires à « résister » au nom de l'intérêt national ; c'est avec la
même énergie que le Premier Ministre français a exigé cette semaine que la
société Hewlett Packard (qui annonce son intention de se séparer d'un
certain nombre de collaborateurs) rembourse les aides qu'elle aurait
perçues.

On retrouve ici cette indéracinable conception marxiste de l'économie comme
guerre permanente et absolue, laquelle revient en réalité à confondre deux
choses : la rivalité interétatique et la concurrence entre des entreprises
sur la scène mondiale. Cette dernière canalise la violence et constitue
l'un des plus formidables facteurs de pacification entre les peuples. Le
commerce est né, écrit Friedrich Hayek, le jour où pour la première fois,
« un sauvage plaça quelque offrande à la frontière d'un territoire tribal,
dans l'espoir qu'un don correspondant lui serait fait en retour par le même
procédé ». Le commerce, nous dit Hegel, a affiné les moeurs du continent
européen à l'image des pièces de monnaie polies par l'usage à force de
passer de main en main. Lorsque survient un conflit, on a coutume
d'incriminer des facteurs économiques. En réalité, c'est leur conception du
prestige de l'Etat qui amène les dirigeants à instrumentaliser l'économie.
C'est en poursuivant une politique ultra-protectionniste d'inspiration
mercantiliste que Jean-Baptiste Colbert a précipité la France dans une
guerre avec la Hollande.

Le patriotisme économique apparait ainsi pour ce qu'il est vraiment : une
forme déguisée de protectionnisme. Paraille conception conduit à une
sanctuarisation de l'activité économique nationale. Ainsi, Riboux, pdg de
Danone, en vient à comparer son entreprise à la cathédrale de Chartes.
Attitude ruineuse en définitive : on sait ce qu'il en coûte à la Wallonie
d'avoir voulu maintenir à tout prix son « patrimoine » industriel.(**) Ce
sentimentalisme peut dégénérer au point de désigner ennemie de la nation,
du peuple et de l'Etat, l'entreprise étrangère qui entend simplement
réaliser un certain nombre d'opérations économiques dans le plus pur
respect des lois. Du patriotisme économique à la xénophobie, il n'y a qu'un
pas. C'est dans ce travers qu'Oxfam tombe lorsqu'il appelle au boycott
économique de produits israéliens.

La volonté de préserver tel ou tel fleuron industriel témoigne d'une
perception erronée de l'entreprise, laquelle n'est rien d'autre qu'un
faisceau de contrats et non pas une mystérieuse entité porteuse d'un génie
national. Croire le contraire, c'est verser dans l'animisme. Certes, il
s'agit d'un objet complexe : en toute rigueur des termes, les actionnaires
n'en possèdent pas la « propriété », mais ben les droits résiduaires de
revenus et de contrôle. Mais à ce titre, l'Etat n'a STRICTEMENT rien à dire
s'ils décident d'aliéner ces derniers à qui leur semble bon.


---
(*) Ce concept de patriotisme économique est problématique d'un point de
vue économique (1), juridique (2) et moral (3).

1. Economique. D'un point de vue strictement économique, que des
entreprises étrangères prennent le contrôle de firmes françaises est
réjouissant. D'abord pour les actionnaires, qui ne vendent leurs parts que
s'ils y ont intérêt. Ensuite pour les consommateurs : l'intégration à un
groupe international se traduit rarement par une dégradation des produits
et services offerts. Enfin pour la collectivité dans son ensemble, qui ne
peut se construire qu'au départ d'entreprises saines et prospères.

2. Juridique. Quid si nos partenaires décidaient d'adopter, à l'instar de
la France, une politique économique "patriotique", i.e. encourager leurs
propres entreprises à prendre le contrôle d'entreprises étrangères tout en
faisant défense aux entreprises étrangères de prendre le contrôle de leurs
entreprises nationales ? Une courte réflexion suffit pour comprendre qu'une
telle généralisation du patriotisme économique condamnerait les entreprises
à demeurer strictement nationales. En d'autres termes, l'institution du
patriotisme économique en règle est une impossibilité logique qui ne
laisserait subsister, du concept, que son versant protectionniste, signant,
du fait même, l'arrêt de mort de l'Union européenne, de l'O.M.C. et du
commerce international. Tenter de sauver le concept en le réservant aux
secteurs "stratégiques" de l'économie nationale oblige à soutenir le
caractère stratégique du yaourt.

3. Moral. Emmanuel Kant a montré qu'un comportement ne peut être qualifié
de juste que s'il est universalisable : "Agis uniquement d'après la maxime
qui fait que tu puisses vouloir en même temps qu'elle devienne une loi
universelle". La maxime resterait-elle viable si le comportement que
j'adopte se généralisait ? Que la réponse soit négative, alors ce
comportement est injuste.

Lire Drieu Godefridi :
http://www.fahayek.org/index.php?option=com_content&task=view&id=221&Itemid=45
http://www.fahayek.org/index.php?option=com_content&task=view&id=223&Itemid=45

(**) Jean-Louis Caccomo a montré le danger de ce concept d'industrie
stratégique visant à légitimer le patriotisme économique. Cf. son livre
consacré aux industries numériques
(www.amazon.fr/exec/obidos/ASIN/2738446620/) et son dernier ouvrage sur
l'innovation en général (www.amazon.fr/exec/obidos/ASIN/2747580156/).
L'exemple de l'informatique dans les années 60 en France est emblématique.
Bull est une entreprise française privée qui compte parmi les 10
constructeurs mondiaux. Bull décide un mariage avec Honeywell, un mariage
d'intérêt, par définition dans les affaires économiques (mais l'intérêt
n'est-il pas ciment le plus solide que l'amour ?). Bull était intéressée
par le dynamisme technologique outre-Atlantique dans ce domaine qui s'est
avéré crucial par la suite ; Honeywell était motivé par la perspective de
l'unification du marché européen (traité de Rome). Or, L'Etat français a
cassé cette fusion, prétextant que l'on ne saurait laisser entrer une firme
américaine (le Grand Satan, ô horreur !) dans le capital d'une firme
française dans une industrie aussi stratégique que l'informatique. On
connait tous la suite. Bull fut nationalisé. Puis après 30 ans de
subventions fut rendu au secteur privé mais personne ne voulait plus
acquérir un groupe qui ne comptait plus dans l'information. Aujourd'hui,
parmi les 10 constructeurs informatiques mondiaux, il ne reste que des
américains et des japonais. Et la France a raté la révolution informatique,
handicapant sa croissance économique pour des décennies.


P@lp@tine

unread,
Sep 25, 2005, 3:10:16 PM9/25/05
to

Yoki a écrit :

> L'actualité récente voit revenir en force une sinistre notion que l'on
> croyait appelée à disparaître : le « patriotisme économique ».(*) C'est
> avec des cris d'orfraie que la classe politique française a accueilli cet

Un orfraie , ça ne crie pas ! Ca siffle !
" L'Orfraie a tout un répertoire de vocalisations, depuis le <<tchouk,
tchouk, tchouk>> sifflé, jusqu'au très sociable <<chirrup>> qu'ils
exclament pour se saluer. Pourtant, c'est le sifflement perçant que
ces oiseaux émettent lorsqu'ils planent au-dessus de l'eau à la
recherche du poisson qui attire l'attention de l'observateur. "

patr...@rock.com

unread,
Sep 25, 2005, 3:56:24 PM9/25/05
to

Yoki a écrit :


"l'irrepressible pulsion protectionniste des vieux Etats-nations..."

Vous vous moquez. S'il s'agissait d'une pulsion aussi "irrepréssible"
que vous le prétendez il y aurait longtemps qu'en France les
barrières tarifaires et les quotas à l'importation seraient rétablis
! De même que le dispositif légal imposant un statut de
"joint-venture" pour les implantations des entreprises étrangères...
Sans parler d'un controle des changes interdisant efficacement les
manipulations financières spéculatives...

Et il n'y aurait pas lieu de se plaindre de déficit commercial, du
chomage et des délocalisations ou même encore de la dette du Trésor
ou de la fuite des cerveaux, ni de pousser des cris d'orfraie en cas de
menace de prédation des entreprises françaises par les stratéges
sans scrupules de holdings anonymes étrangères...

Votre propagande visant à faire prendre des vessies pour des lanternes
et des mesures d'économie politique fondées sur la raison et la
nécessité pour des pulsions archaïques compulsives, s'écroule
d'elle-même par son absurdité...

Tout chez vous est basé sur l'indigence intelectuelle et la
malhonneteté...
Votre pensée est vicieuse dans ses fondements : qui peut vous suivre
dans vos détours à part quelques imbéciles ?

Ah au fait ! quand est-ce que vous la lancez cette "Grande Croisade de
l'Occident contre le communisme internationaliste, le socialisme
keynesien, le pacifisme alter-mondialiste, la démocratie populaire et
le bolchevisme trotskiste" ?

Crétin !

FELIX.XFILE

unread,
Sep 25, 2005, 4:04:00 PM9/25/05
to
Si vous voulez dire que les élans de patriotisme économique que balancent
les politiques dans les médias est un leurre, je suis d'accord.
Rappelez-moi s'ils étaient si éloignés des affaires du Crédit Lyonnais.

FelX


Yoki

unread,
Sep 25, 2005, 6:00:34 PM9/25/05
to
[erratum]

> Attitude ruineuse en définitive : on sait ce qu'il en coûte à la Wallonie
> d'avoir voulu maintenir à tout prix son « patrimoine » industriel.(**) Ce

---
(**) Lire les travaux du sénateur (réformateur) Alain Destexhe :
http://destexhe.be/Lettre%20Econo2.pdf ,
http://destexhe.be/communique_15_07_2005_fr.htm ,
http://destexhe.be/wallonie_fevrier_2005.pdf et
http://destexhe.be/Wallonie_juillet_2005.pdf


loisillon

unread,
Sep 25, 2005, 8:52:30 PM9/25/05
to
In article <roCZe.4893$ez1.3...@phobos.telenet-ops.be>, Yoki says...

>
>
>L'actualité récente voit revenir en force une sinistre notion que l'on
>croyait appelée à disparaître : le « patriotisme économique ».(*) C'est
>avec des cris d'orfraie que la classe politique française a accueilli cet
>été la rumeur d'OPA sur Danone par la société PepsiCo et exhorté les
>actionnaires à « résister » au nom de l'intérêt national ; c'est avec la
>même énergie que le Premier Ministre français a exigé cette semaine que la
>société Hewlett Packard (qui annonce son intention de se séparer d'un
>certain nombre de collaborateurs) rembourse les aides qu'elle aurait
>perçues.
...

Notez que les Américains ne sont pas les derniers à être protectionnistes. C'est
parce que la bureaucratie bruxelloise est une entité apatride* qu'elle est
libre-échangiste. Même à son âge d'or, la Grande-Bretagne ne fut
libre-échangiste que de 1846 à 1890.

* J'ai vu le nom d'un bureaucrate de Bruxelles, on ne sait même pas de quel pays
il peut venir, plutôt un pays du Nord, quand même, il est peu vraisemblablement
français. La langue anglaise a été de toutes façons un puissant vecteur du
libéralisme dans la bureaucratie de l'Union, mais il ne peut se concrétiser que
parce que la Commission n'a pas de patrie.

expliquesonge

unread,
Sep 26, 2005, 2:14:50 AM9/26/05
to

"Yoki" <yoki...@hotmail.com> a écrit dans le message de news:
roCZe.4893$ez1.3...@phobos.telenet-ops.be...

>
> L'actualité récente voit revenir en force une sinistre notion que l'on
> croyait appelée à disparaître : le « patriotisme économique ».(*) C'est
> avec des cris d'orfraie que la classe politique française a accueilli cet
> été la rumeur d'OPA sur Danone par la société PepsiCo et exhorté les
> actionnaires à « résister » au nom de l'intérêt national ; c'est avec la
> même énergie que le Premier Ministre français a exigé cette semaine que la
> société Hewlett Packard (qui annonce son intention de se séparer d'un
> certain nombre de collaborateurs) rembourse les aides qu'elle aurait
> perçues.

Les "cris d'orfraie" sont surtout affligeants, en l'occurence par leur côté
dérisoire et incantatoires.


>
> On retrouve ici cette indéracinable conception marxiste de l'économie
comme
> guerre permanente et absolue, laquelle revient en réalité à confondre deux
> choses : la rivalité interétatique et la concurrence entre des entreprises
> sur la scène mondiale. Cette dernière canalise la violence et constitue
> l'un des plus formidables facteurs de pacification entre les peuples.


Et d'une guerre civile mondiale.

> (....)


>
> ---
> (*) Ce concept de patriotisme économique est problématique d'un point de
> vue économique (1), juridique (2) et moral (3).
>
> 1. Economique. D'un point de vue strictement économique, que des
> entreprises étrangères prennent le contrôle de firmes françaises est
> réjouissant. D'abord pour les actionnaires, qui ne vendent leurs parts que
> s'ils y ont intérêt. Ensuite pour les consommateurs : l'intégration à un
> groupe international se traduit rarement par une dégradation des produits
> et services offerts. Enfin pour la collectivité dans son ensemble, qui ne
> peut se construire qu'au départ d'entreprises saines et prospères.


L'ennui, c'est qu'il faut que l'économie nationale verse les dividendes que
l'on entend à des entités étrangères, qui, par principe, vont au plus
offrant. Ce ne serait pas grave si un phénomène inverse équilibrait les
échanges de capitaux. Mais les économies occidentales sont structurellement
déficitaires. Ce sont ces déficits capitalisés qui reviennent sous forme de
capitaux flottants à rémunérer, et donc en prédateurs.


>
> 2. Juridique. Quid si nos partenaires décidaient d'adopter, à l'instar de
> la France, une politique économique "patriotique", i.e. encourager leurs
> propres entreprises à prendre le contrôle d'entreprises étrangères tout en
> faisant défense aux entreprises étrangères de prendre le contrôle de leurs
> entreprises nationales ? Une courte réflexion suffit pour comprendre
qu'une
> telle généralisation du patriotisme économique condamnerait les
entreprises
> à demeurer strictement nationales. En d'autres termes, l'institution du
> patriotisme économique en règle est une impossibilité logique qui ne
> laisserait subsister, du concept, que son versant protectionniste,
signant,
> du fait même, l'arrêt de mort de l'Union européenne, de l'O.M.C. et du
> commerce international. Tenter de sauver le concept en le réservant aux
> secteurs "stratégiques" de l'économie nationale oblige à soutenir le
> caractère stratégique du yaourt.


Pour l'Europe, il est en effet trop tard pour imaginer une sauvegarde de
chaque pays individuellement.
Mais la sauvegarde collective passera forcément par des mesures
protectionnistes aux frontières de l'Europe. Sauf si on arrivait à créer un
système monétaire international sérieux qui remplirait son rôle théorique:
le pays déficitaire voit la valeur de sa monnaie baisser et l'équilibre se
rétablit.


>
> 3. Moral. Emmanuel Kant a montré qu'un comportement ne peut être qualifié
> de juste que s'il est universalisable : "Agis uniquement d'après la maxime
> qui fait que tu puisses vouloir en même temps qu'elle devienne une loi
> universelle". La maxime resterait-elle viable si le comportement que
> j'adopte se généralisait ? Que la réponse soit négative, alors ce
> comportement est injuste.

Le principe d'échanges équilibrés entre entités souveraines et démocratiques
est parfaitement généralisable.
Celui selon lequel il faudrait tout sacrifier aux intérêts d'abord des
magnats du pétrole, ensuite des maffieux qui se sont autoproclamés
propriétaires des industries des pays de l'Est, enfin du parti communiste
chinois qui place les énormes réserves de change qu'il constitue en bon et
énorme capitaliste????


>
> Lire Drieu Godefridi :
>
http://www.fahayek.org/index.php?option=com_content&task=view&id=221&Itemid=
45
>
http://www.fahayek.org/index.php?option=com_content&task=view&id=223&Itemid=

Ne pas être en retard d'une guerre, pour une fois!


fda

unread,
Sep 26, 2005, 4:04:49 AM9/26/05
to
loisillon wrote:

> La langue anglaise a été de toutes façons un puissant vecteur du
> libéralisme

La langue anglaise, non.

Le protestantisme, oui.

pippa

unread,
Sep 26, 2005, 3:53:32 AM9/26/05
to
loisillon wrote:
> In article <roCZe.4893$ez1.3...@phobos.telenet-ops.be>, Yoki says...
>
>>
>>L'actualité récente voit revenir en force une sinistre notion que l'on
>>croyait appelée à disparaître : le « patriotisme économique ».(*) C'est
>>avec des cris d'orfraie que la classe politique française a accueilli cet
>>été la rumeur d'OPA sur Danone par la société PepsiCo et exhorté les
>>actionnaires à « résister » au nom de l'intérêt national ; c'est avec la
>>même énergie que le Premier Ministre français a exigé cette semaine que la
>>société Hewlett Packard (qui annonce son intention de se séparer d'un
>>certain nombre de collaborateurs) rembourse les aides qu'elle aurait
>>perçues.
>
> ...
>
> Notez que les Américains ne sont pas les derniers à être protectionnistes. C'est
> parce que la bureaucratie bruxelloise est une entité apatride* qu'elle est
> libre-échangiste. Même à son âge d'or, la Grande-Bretagne ne fut
> libre-échangiste que de 1846 à 1890.

n'empêche que lorsqu'on évoque le patriotisme au sujet du yaourt c'est
qu'on est très très très mal

roaringriri

unread,
Sep 26, 2005, 4:04:54 AM9/26/05
to
expliquesonge a écrit :

> "Yoki" <yoki...@hotmail.com> a écrit dans le message de news:
> roCZe.4893$ez1.3...@phobos.telenet-ops.be...
>
>>L'actualité récente voit revenir en force une sinistre notion que l'on
>>croyait appelée à disparaître : le « patriotisme économique ».(*) C'est
>>avec des cris d'orfraie que la classe politique française a accueilli cet
>>été la rumeur d'OPA sur Danone par la société PepsiCo et exhorté les
>>actionnaires à « résister » au nom de l'intérêt national ; c'est avec la
>>même énergie que le Premier Ministre français a exigé cette semaine que la
>>société Hewlett Packard (qui annonce son intention de se séparer d'un
>>certain nombre de collaborateurs) rembourse les aides qu'elle aurait
>>perçues.
>
>
>
>
> Les "cris d'orfraie" sont surtout affligeants, en l'occurence par leur côté
> dérisoire et incantatoires.

Il ne s'agit pas de cris d'oiseau, mais de poisson.

Si on enlève aux politiciens leur fonction supposée de maquereaux dans
le grand bordel Libéral, à quoi peuvent-ils bien prétendre ?


PGreenfinch

unread,
Sep 26, 2005, 4:37:18 AM9/26/05
to
<patr...@rock.com> a écrit "l'irrepressible pulsion protectionniste des
vieux Etats-nations..."

Vous vous moquez. S'il s'agissait d'une pulsion aussi "irrepréssible"
que vous le prétendez il y aurait longtemps qu'en France les
barrières tarifaires et les quotas à l'importation seraient rétablis

Dîtes, le patriote, dans la même veine, voyez je tiens
compte de vos considérations, comment expliquez vous
l'absence de fonds de pension en france qui fait que
l'actionnariat du CAC 40 est de plus en plus le fait
de non résident.? Certes, perso cela ne m'émeut pas
que des groupes aux activités mondiales aient un capital
mondialisé, et que par ailleurs les français diversifient
eux aussi géographiquement leurs placements, l'histoire
des oeufs et des paniers. Mais vous, qui tripotez et
tricotez tricolore ?


fda

unread,
Sep 26, 2005, 5:12:57 AM9/26/05
to
PGreenfinch wrote:

> comment expliquez vous
> l'absence de fonds de pension en france qui fait que
> l'actionnariat du CAC 40 est de plus en plus le fait
> de non résident.?

Et de quelle boule de cristal céleste tires-tu cette "information", les
titres des sociétés cotés en bourse étant pour la plupart au porteur et
anonymes ?

PGreenfinch

unread,
Sep 26, 2005, 6:31:32 AM9/26/05
to

"fda" <armi...@noos.fr> a écrit dans le message de news:
4337b809$0$16165$79c1...@nan-newsreader-05.noos.net...

Jamais entendu parler des virements de paiement de
dividendes ? En tout cas ces chiffres de détention des,
titres, quelqu'en soit le procédé de recensement ou
d'échantillonage statistique, sont publiés régulièrement.
Cherchez les sur le web, oui, je vous laisse le faire,
je sais c'est pas très coopératif mais il m'arrive d'avoir la
flemme de faire l'éducation des gens qui ne cherchent pas
à s'informer. C'est vrai qu'avec le crosspostage sur philo
et politique faut pas s'attendre à ne trouver dans ce débat
que des gens très au courant des réalités de ce monde.
Voyez, je suis compréhensif ;-))


fda

unread,
Sep 26, 2005, 7:16:38 AM9/26/05
to
PGreenfinch wrote:

>>>comment expliquez vous
>>>l'absence de fonds de pension en france qui fait que
>>>l'actionnariat du CAC 40 est de plus en plus le fait
>>>de non résident.?
>>
>>Et de quelle boule de cristal céleste tires-tu cette "information", les
>>titres des sociétés cotés en bourse étant pour la plupart au porteur et
>>anonymes ?
>
> Jamais entendu parler des virements de paiement de
> dividendes ?

So what ? Un organisme peut collecter des dividendes au nom de ses
représentants,n et cela ne nous dit rien sur les représentants en
question. L'organisme est même là pour que nous ne sachions rien sur
eux: cela se nomme précisément le secret professionnel.

On ne s'étonne donc pas que tu n'aies donné aucun chiffre : tu ne les as
tout simplement pas. En revanche, pour répéter ce que tu lis dans C qui
l'a lu sur B qui l'a entendu de A, ça, tu es bon. Tu l'aurais été tout
autant comme missionnaire pour une religion quelconque : la démarche est
la même : la *foi* . On "sait". On sait pourquoi ? Parce qu'on sait,
voilà tout, c'est ça, justement, la foi ! Et comme on a besoin de se
rassurer, on cherche d'autres gosos pour y croire autoour de soi, ce qui
ne fait qu'intensifier le zèle propagateur de la "vraie foi".

Donc FU2 fr.soc.religion.

PGreenfinch

unread,
Sep 26, 2005, 9:36:43 AM9/26/05
to

"fda" <armi...@noos.fr> a écrit dans le message de news:
4337d504$0$6455$79c1...@nan-newsreader-06.noos.net...

Bingo, venez de montrer votre crétinisme, la Banque de France
doit être une congregation religieuse
www.paris-europlace.net/links/doc063102_fr.htm


patr...@rock.com

unread,
Sep 27, 2005, 3:18:25 PM9/27/05
to

PGreenfinch a écrit :

Eh bien voyons !
Vous prétendez prendre compte de mes considérations ; vous m'en voyez
bassement flaté... mais prenez vous compte des considérations des
autres intervenants ? Ce serait signe d'ouverture d'esprit et de
culture tout à votre honneur...

Nous avons plusieurs fois évoqué le problème des fonds de pension
sur ce forum (fse) et j'ai retenu une chose simple : les fonds de
pensions constituent un des facteurs d'agravation du chomage.

Lorsqu'une telle masse de capital spéculatif investit ici ou là c'est
souvent aux mêmes conditions que le petit spéculateur de bas étage :
pour dégager une plus value à court terme. Or aujourd'hui qu'est-ce
qui rend les titres boursiers florissants ? les annonces de
licenciement !
Ayez la bonne grace de le reconnaitre !

Pour quelles raisons la France historiquement choisi plutot le systeme
par répartition plutot que la capitalisation ?
Nous en avons déjà parlé et je pense que vous vous êtes trouvé à
bout d'argument pour contredire ce choix nécessaire.

Que représente les fonds de pension ? Fondamentalement je le pense une
vision à court terme et particulièrement agressive de la vie
économique et sociale... Libre à vous d'y adhérer et de vous
identifier à ce systeme s'il correspond au schéma mental qui
structure votre identité.

D'autre part je vois mal en quoi la question de la rétraite en
général et des fonds de pension en particulier peut être liée au
crédo de Mr Villepin concernant un éventuel "patriotisme
économique". Credo qui me parait plus qu'insuffisant pour ne pas dire
totalement surfait.

J'imagine que les fonds de pensions devraient être encadré par
certaines règles élémentaires de bon sens. Par exemple pour
commencer ils devraient être réinvestit dans le territoire national
en vue de favoriser la bonne santé de l'économie et la prospérité
de la société (sens général) qui a su les créer et les organiser
légalement. enduite ils faudrait un cadre éthique a l'affectation de
ces fonds de manière a ce qu'ils ne soient plus considéré comme une
menace prédatrice pour les entreprises et les travailleurs qui les
subissent mais une garantie d'emploi pour ceux-ci et un soutien
financier fiable pour les administrateurs.

Qu'en pensez vous ?

PGreenfinch

unread,
Sep 27, 2005, 5:00:45 PM9/27/05
to

<patr...@rock.com> a écrit

>Qu'en pensez vous ?

Oh, savez, moi, la poésie...


patr...@rock.com

unread,
Sep 28, 2005, 2:46:03 PM9/28/05
to

PGreenfinch a écrit :

> <patr...@rock.com> a écrit
>
> >Qu'en pensez vous ?
>
> Oh, savez, moi, la poésie...

Un jour je prendrai un peu de temps pour vous aider à voir ce qu'est
la poésie... Promis ! :-)

PGreenfinch

unread,
Sep 28, 2005, 5:27:13 PM9/28/05
to

<patr...@rock.com> a écrit

Un jour je prendrai un peu de temps pour vous aider à voir ce qu'est
la poésie... Promis ! :-)

Sympa, prévoyez un verre à pied.;-)


patr...@rock.com

unread,
Sep 29, 2005, 3:37:47 PM9/29/05
to

PGreenfinch a écrit :

A propos, avez-vous vu ce film : "la maison aux esprits" de Bille
August, inspiré du livre d'Isabel Allende ?

UBUjean-jacques viala

unread,
Sep 29, 2005, 4:27:05 PM9/29/05
to
On Sun, 25 Sep 2005 18:55:19 GMT, "Yoki" <yoki...@hotmail.com> wrote:

>
>L'actualité récente voit revenir en force une sinistre notion que l'on
>croyait appelée à disparaître : le « patriotisme économique ».

ah faut pas vous laisser impressionner par le vocabulaire il s'agit pas
de patriotisme du tout, mais de defense des interets de classe, en
l'occurence des dirigeants de société.

personne defend les usines françaises, les ouvriers ont pas droit au
patriotisme, les conseils d'administration si.

--

UBU

Les officiers et sous officiers parachutistes, le mieux serait de les abattre
nous-mêmes en Algérie, car ils n'ont plus leur place dans un pays civilisé.
Témoignage Chrétien, en 1957

PGreenfinch

unread,
Sep 30, 2005, 11:52:00 AM9/30/05
to

<patr...@rock.com> a écrit

A propos, avez-vous vu ce film : "la maison aux esprits" de Bille
August, inspiré du livre d'Isabel Allende ?

Je ne connaissais même pas le titre. Vous le conseillez ?
C'est pas trop effrayant ? Je suis sensible, vous savez ;-))


UBUjean-jacques viala

unread,
Sep 30, 2005, 2:44:21 PM9/30/05
to
On 29 Sep 2005 12:37:47 -0700, patr...@rock.com wrote:

>
>PGreenfinch a =E9crit :
>
>> <patr...@rock.com> a =E9crit
>>
>> Un jour je prendrai un peu de temps pour vous aider =E0 voir ce qu'est
>> la po=E9sie... Promis ! :-)
>>
>> Sympa, pr=E9voyez un verre =E0 pied.;-)


>
>A propos, avez-vous vu ce film : "la maison aux esprits" de Bille

>August, inspir=E9 du livre d'Isabel Allende ?
>
ah elle était pas née quand son papa ecrivait des horreurs sur les juifs
et les gitans.

une chance elle se serait crue obligée d'en parler.

quand nos anti racistes exigeront-ils le debaptisement des avenues et
des places(sans compter les écoles et les lycées) allende?

jamais bien sûr.

--

patr...@rock.com

unread,
Sep 30, 2005, 4:04:51 PM9/30/05
to

UBUjean-jacques viala a écrit :

oui c'est vrai !

on pourrait les rebaptiser Challe, Salan, Jouhaud ou Zeller...

patr...@rock.com

unread,
Sep 30, 2005, 4:48:40 PM9/30/05
to

Yoki a écrit :

> L'actualité récente voit revenir en force une sinistre notion que l'on
> croyait appelée à disparaître : le « patriotisme économique ».(*) C'est
> avec des cris d'orfraie que la classe politique française a accueilli cet
> été la rumeur d'OPA sur Danone par la société PepsiCo et exhorté les
> actionnaires à « résister » au nom de l'intérêt national ; c'est avec la
> même énergie que le Premier Ministre français a exigé cette semaine que la
> société Hewlett Packard (qui annonce son intention de se séparer d'un
> certain nombre de collaborateurs) rembourse les aides qu'elle aurait
> perçues.
>
> On retrouve ici cette indéracinable conception marxiste de l'économie comme
> guerre permanente et absolue, laquelle revient en réalité à confondre deux
> choses : la rivalité interétatique et la concurrence entre des entreprises
> sur la scène mondiale.

Si vous reprenez votre vieux livre d'histoire (oui celui plein de
poussière sur la dernière étagère...) vous verrez que la guerre
économique est avant tout une guerre sociale. Tiens prenez par exemple
le chapitre sur le révolution française vous verrez que le remise en
cause du capitalisme est déjà évidente dans la colère du peuple
contre les "affameurs" ces gros négociants qui, grace à la
liberalisation - sur le modèle anglais - du commerce des céréales,
spéculaient sur le prix du blé en attendant la pénurie pour vendre
à prix fort leurs stocks. Le pain bien précieux par excellence
n'était même plus disponible pour ceux qui ne pouvaient plus
l'acheter à prix d'or.

Le protectionnisme n'est pas seulement un obstacle au commerce mondial
"libéral" ou un outil de sécurité nationale mais aussi une mesure
pour lutter contre l'injustice sociale et la misère et le chomage des
populations...
C'est ce que vous avez omis de préciser.


Cette dernière canalise la violence et constitue
> l'un des plus formidables facteurs de pacification entre les peuples.

Faux évidement. Le commerce est avant tout un moyen de domination
d'une certaine classe sociale : ces gros commercants qui peuvent
facilement transformer leur pouvoir économique en pouvoir politique,
voir influencer la diplomatie de leur propre pays dans le sens de leur
intérêts.

Une politique libérale menée depuis des pays "sous controle"
premièrement :
- contre l'émergence d'une opposition politique émanant des classes
populaires par exemple ;
- contre les obstacles nationaux à l'extension de leurs affaires (en
imposant la baisse des tarifs douaniers à l'étranger : on en voit le
triste résultat dans la ruine de l'Afrique)... au besoin en utilisant
d'abord la force diplomatique par l'isolement, la déstabilisation,
puis la force millitaire dans le cas des pays dans lesquels on veut
"casser la résistance" d'une politique trop "nationale"...
- on va même plus loin en manipulant sur le territoire d'un pays cible
la situation politique, économique et sociale pour promouvoir les
intérêts commerciaux d'affairistes métropolitains qui se prétendent
"apatrides".

Finalement les faits nous montrent chaque jour avec plus d'acuité la
formidable menace que représente la "liberté du commerce" : une
menace sociale doublée d'un chantage interventionniste dangeureux et
à peine dissimulé selon les priorités stratégiques de ses
promoteurs qui en sont aussi directement ou indirectement les
bénéficiaires.

C'est ce que vous apprenez lorsque vous étudiez l'histoire et les
sciences sociales. Tout un programme pour vous puisque votre éducation
est à refaire !

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