Le 31/05/2012 13:51, Elohan a écrit :
> jean-daniel dodin a écrit :
>> Le 31/05/2012 12:58, Elohan a écrit :
>>
>>> Réponse photo pourrait bien faire partie d'Unilever ou Chasseur
>>> d'images de PepsiCo, en quoi cela changerait leur pertinence et leur
>>> crédibilité ? Ce sont des considérations capitalistiques
>>> d'arrière-boutique sans grand intérêt pour le lecteur.
>>
>> si tu ne comprends pas ca, il faut que tu te renseigne...
>
> Bonne idée. Explique... :-)
c'est une question d'économie générale
Les motivations d'un patron particulier ne sont le plus souvent pas
financières. Un créateur d'entreprise est d'abord passionné par son
sujet, l'argent est un bonus non négligeable, mais pas essentiel. Il
est courant de voir un patron perdre jusqu'à sa chemise pour essayer
de sauver son entreprise.
Un grand groupe n'a pas de patron. Il a un PDG, grassement salarié
pour faire suer le maximum de fric à l'entreprise. Il est dirigé par
ses actionnaires qui ont autant à cirer de l'objet de l'entreprise que
de leur première Rolex. Il gère au mieux de la finance.
Naguère on parlait de "monopoles", de "sociétés multinationales", mais
au moins ils étaient conçus autour de leur objectif social.
Aujourd'hui la moitié du monde est possédée par les fonds de pension
anglo-saxons. Seul compte le profit maximum. Si un magazine rapporte,
tant mieux. Si on pouvait le faire fabriquer en Chine, ce serait fait.
Hélas il faut encore des journalistes locaux, qui connaissent les
particularismes. On ne peut pas se contenter de traduire des articles
anglais comme ça a déjà été fait (le plus célèbre est le Reader's
Digest). On ne peut même pas faire imprimer plus loin que l'Espagne,
il faut trop de temps pour rapatrier le papier...
Mais si le magazine en question ne rapporte plus, on le ferme.
Il faut aussi, dans l'autre point de vue (celui du journaliste), en
comprendre l’ambigüité.
Les journalistes sont un corps intermédiaire, et comme tel, ils ont le
doigt glissé entre l'arbre et l'écorce.
Les grandes marques savent bien qu'un bon rédactionnel dans un journal
renommé est bien plus efficace qu'une publicité dans un grand magazine
généraliste. Ils savent aussi qu'un bon journaliste voit passer entre
ses mains un grand nombre de modèles d'appareils photos et par
conséquent peut leur retourner un avis très utile pour leur bureau
d'études. Ils savent aussi que si le journaliste n'est pas crédible,
ses articles ne serviront à rien.
Je ne crois pas que Nikon, Canon ou Pentax se soucient de l'avis de CI
sur un compact à 100 euros, mais ils savent bien que la clientèle des
appareils disons au dessus de 250 euros est composée en majorité
d'utilisateurs soucieux de qualité et de commodité d'utilisation, qui
lisent la presse et se renseignent sur le net.
Je crois vraiment que s'il y a eu un défaut majeur sur un Nikon,
c'était une erreur du bureau d'études et qu'ils ont tout fait pour y
remédier. Un journaliste qui leur signale le défaut en pré-test peut
très bien se voir répondre: "c'est un défaut du prototype".
Un journaliste ne peut pas faire son métier s'il n'a pas les appareils
en main. Il ne peut guère acheter ou se faire prêter tous les modèles
du marché. Il doit donc être en bon termes avec les marques. Il ne
peut pas non plus être en contradiction avec son lectorat, il doit
donc être critique au minimum sur tout ce qui est visible pour l'usager.
L'expertise indépendante n'existe pas plus que le matériel inusable.
Un expert doit forcément connaitre les détails de son domaine et
toutes les informations viennent des entreprises (je parle d'expertise
technique, ici, il n'y a presque aucun grand labo public dans ce domaine).
Il faut donc pour nous, pauvres lecteurs, naviguer d'une page à
l'autre, lire entre les lignes, rigoler des disputes picrocolines et
essayer de trouver ce qui convient le mieux à nos besoins personnels
sans jeter la pierre aux autres, mais sans non plus leur accorder une
confiance aveugle.
jdd