Chapitre 3 : Jpthebox, Alf, la neige et les MT21
Ah, j'ai pas mal dormi dans cette tente futuriste, merci l'ami Aschem.
Je me
dirige vers les sanitaires, et je squatte un lavabo .
J'entend un cycliste qui débarque demandant à la volée
« c'est ici les sanitaires »
J'allais lui répondre que cela ne ressemblait pas au cul de sa mère
lorsque la
réponse à sa question vint toute seule, nous entendons un énorme …….
PLOUFF, un truc monstrueux, genre une brique jetée dans la seine.
Ceci venait, d'une des toilettes… quelques instants plus tard Gunthar
notre
Prussien, sort en boutonnant son pantalon en cuir
« gooden thaarrr », ce qui veut dire en teuton « j'ai bien chier ma
race »
« Salut a toi l'ami » répondis-je.
Ce n'est pas le tout, il faut prendre la route, aujourd'hui c'est la
plus belle
journée du parcours. Que des pistes Italiennes en plus, la stella,
finistre,
oulx, bref de quoi s'amuser durant deux jours pleins, ce qui était
d'ailleurs
prévu à l'origine.
Nous nous dirigeons vers le Mont cenis en passant par la piste dite du
petit
bonheur. Alf fera remarquer avec son puissant intellect que c'est une
piste pour
les camionnettes et non pour les superbes motos comme les nôtres.
C'est vrai
qu'elle n'est pas trop difficile, ça tient du chemin plutôt.
En plus elle est frappée par un interdit en son milieu, pas d'accès
sauf aux
riverains, ce sera le premier demi tour de la journée.
Il faut savoir que je rabâche depuis des mois à Alf, que le mont
cenis, en
particulier le fort de la turra c'est le plus bel endroi de la terre :
« Tu verras c'est une superbe vue, une belle piste, etc… »
Sauf, sauf, qu'on a rien vu. Au bout de 500 mètres la jolie petite
piste est
traversée par une congère, qui ne laisse que peu d'option, précipice
ou demi
tour.
La pour le coup je suis vraiment très déçu cela devait être le point
central du
voyage, merde, autant de prépa pour rien…
Nous allons nous vengés par un tour du lac, et puis il y a le roterel,
et les
pistes Italiennes.
« Alors tu lui fais faire demi tour à ton étron ? »
Bin non, l'africa de Alf n'a plus de jus, elle ne démarre plus. Génial
une panne
en plus, Alf descend la piste en roue libre.
Finalement elle redémarre, nous décidons de nous arrêter au café juste
au col du
Mont cenis. Alf commence à démonter ça brèle, je fais un pronostique :
« gros chacal, t'as vérifié ta batterie »
« hurrmff, aoorfff, c'est pas ça «
Bon pendant qu'il démonte sa brèle je vais faire connaissance avec la
patronne
de l'établissement. Bien sympathique du reste, avec des bons gros
seins, ce qui
la rend d'autant plus sympathique.
Elle me tient un discours auquel je ne suis pas habitué, mais que
j'entendrai de
nombreuses fois, au cours des jours suivants par les locaux.
En fait, tous les habitants sont mécontents que l'on interdise les
pistes aux
4x4 et aux motos. Même eux sont emmerdés. Elle me dit qu'en fait les
4x4 et les
motos sont les biens venus, car pour les montées en Alpage les bergers
suivent
les traces. A force de tout interdire les sentiers se referment, les
forts ne
sont plus accessibles, et donc il n'y a plus à les entretenir, donc
économie de
pognon.
Elle a les clefs du fort Pattacreuse et me prédit que d'ici 2 à 3 ans
il sera
complètement inaccessible.
« C'est de la faute à ces salauds de verts européens qui n'ont jamais
bougés
leur cul d'un fauteuil »
C'est marrant lorsqu'elle dit ça, ses nichons s'agitent tous seuls,
une pensée
me traverse : serai je un obsédé sexuel ?
Mais comme chacun sait :
« La limite à partir de laquelle on parle d'hypersexualité est sujette
à débat,
car la libido est inégalement partagée entre les êtres humains, qu'ils
soient
hommes ou femmes. Il est donc très difficile de définir un niveau «
normal » de
pulsions sexuelles. Certains se contentent d'un rapport sexuel
épisodique,
d'autres en ressentent le besoin quotidiennement, voire plus comme
ceux qui
recherchent des relations considérées comme hors-normes ou à plusieurs
partenaires dans le cadre de la sexualité de groupe. »
« Le consensus aujourd'hui tend à parler d'hypersexualité lorsque les
conséquences sur le plan social deviennent inacceptables. »
Heureusement les conséquences sociales sont acceptables, donc obsédé
je ne suis
pas.
Pour en revenir à cette charmante femme, lorsque je lui explique mes
mésaventures, elle compatie, et téléphone à son frère pour qu'il
confirme
l'accessibilité du Lac Roterel. Le verdict est malheureusement sans
appels,
2,5 mètres de neige. E t bien maintenant je dois l'annoncer à Alf.
Tiens d'ailleurs, à t'il trouvé la panne ? Et oui ceci panne était du
à la
formation de 2 cm de vert de gris autour de son + de batterie. ? En
fait on ne
voyait même plus la cosse, Ah y a pas à dire il l'a bien révisé le PD.
En plus durant ce temps il a trouvé des copains/copines (j'te pine ?).
Une
teutone, possède une RD07 full option, valises, crash bar,
etc..Affiche 56 000,
je vois qu'elle se penche sur ma brèle, 99 000, impressionnant non ?
Une autre RD07 dernier modèle se gare, un Français. En discutant avec
lui il
s'étonne de mon kilométrage, il regarde la bécane de Alf, 67 000, pas
mal.
Lorsqu'Alf lui apprend que c'est 167 000, il agrippa sa jambe en se
frottant
dessus. Nous partîmes, et Alf mit près de 2 kilomètres à se
débarrasser de son
encombrant colis, à grands coups de bottes sur la tête.
Nous allons donc essayé de faire le tour du lac du montcenis, la piste
est
gentille. A bout de 2 kilomètres nous croisons un 4x4 :
« ça passe pas, mais on viens de voir un italien en transalp, alors… »
Pousse ta bouse, on y va. Vraiment c'est juste il y a des congères
partout
; mais nous passons. Nous rencontrons notre aventurier en transalp,
petit
manteau de toile, baskets, chaussettes mode taille basse :
« Ehh, la strada elle est trop petite, Non è bello ciò che è bello, ma
è bello
ciò che piace, Parlare a nuora perché suocera intenda, Occhio non vede
cuore non
duole, Nacque per nulla chi visse solo per sé, Chi lascia la strada
vecchia per
quella nuova, sa quel che lascia ma non quel che trova, Chi
perfettamente ama,
perfettamente serve.A buon intenditor, poche parole.A ben condire
l'insalata, ci
vuole un avaro per l'aceto, un giusto per il sale e uno strambo per
l'olio.Tra
il dire e il fare c'è di mezzo il mare.Chi ha torto fa clamore contro
l'accusatore.on ha il dolce a caro, chi provato non ha l'amaro.Chi ben
comincia
è alla metà dell'opera.Chi al caso s'affida, prende un cieco per
guida. »
Ce a quoi je lui répond :
« Belli e brutti, si sposan tutti. Il bugiardo deve avere buona
memoria, Fra i
due litiganti il terzo gode."
Donc nous devrions y arriver, et là nous comprenons ce qui a fait
changer de
route notre ami. Une congère énorme, avec le précipice a gauche, et à
droite la
congère. Des piétons ont déjà du emprunté le chemin qui fait 50 cm de
large,
avec interdiction de poser le pied gauche.
Nous l'avons fais, constatant même qu'au milieu un gros caillou
farceur, faillit
nous envoyer dans le ravin. Tels des héros nous nous congratulons, et
Alf
toujours le bon mot pour rire me dit :
« T'imagines que l'on doive repasser en sens inverse ? »
Je me marre, qu'il est con parfois. L'ennui c'est que les cons aussi
peuvent
avoir raison, nous allons le constater 200 mètres plus tard. LA c'est
carrément
impossible de passer, même avec la meilleur volonté.
Bon, il va falloir faire demi tour, repasser le sentier d'unijambiste.
Nous
avons, je dois l'avouer un peu les miquettes. Nous préparons malgré
tout le
chemin en cassant la glace avec des cailloux, tel des hommes des
cavernes. Je
comprends mieux maintenant pourquoi St Bernard emporte une pelle dans
ses
bagages.
Alf a une super idée, je me place dans le ravin, il passe en moto et
s'il perd
l'équilibre je peux lui donner la poussée salvatrice.
J'invalide sa théorie pour 2 raisons :
- la poussée salvatrice il la recevra de toute manière dans son anus
ce soir
- s'il tombe ça fait 2 morts directs
Vous imaginez comme épitaphe :
« Ci git Jpthebox, écrasé au col du mont Cenis, par l'énorme poids de
la
connerie d' alf, ainsi que les 350 kg du RD07A «
Super, je serai la risée du cimetière pour l'éternité.
Il passera en premier pour la peine.
Et alors ? et bin si tu peux c'est que nous sommes vivants.
Il est donc grand temps de faire un point. D'après nos dernières
infos, il a
neigé sur tous les massifs au dessus de 2000m, et cette année en
particulier
comme jamais.
L'Italie et ses pistes attendront 2010, il faut rayer cette partie.
Notre seul
espoir est de se diriger vers le sud, ou la misère est moins dure au
soleil.
Décision est prise on coupe.
Nous descendons vers Susa, en croisant des motards, en veux tu en
voila, mais
tous dans le sens inverse. Nous nous arrêtons même pas prendre un
café, car Alf
me dis que l'on risque de se faire voler les roues de nos motos.
Il y a pas à dire les routes sont belles, nous sommes même accrochés
par un
local, mais nous roulons assez fort, de plus en plus d'ailleurs,
bientôt se
n'est plus qu'un chiure de mouche dans mon rétroviseur.
Nous repassons en France, en plein descente vers Briançon. Nous sommes
tellement
frustrés que nous accrochons tout ce qui nous tombe sous la main,
moto, scotter,
trotinette, camion.
Alf trouvé un local bien croustillant, un mec en 1200GS, quelle
prothèse à
pilote ce truc. Bref nous nous mettons en position « les têtes brulées
»
« Zero à midi », vroooouuauauauamm, je suis derrière le romain.C'est
dur je veux
absolument le passer en virage. D'un coup Alf me passe d'un grand coup
de gaz,
le salaud il m'a piqué ma place, l'infâme chien ne le reconnaitra
jamais, quel
salaud, il le veut pour lui tout seul.
Et en plus il le passe cet enfoiré,peu après Enfin il le passe…,pas
propre du
tout :l'arrière a tout de même décroché . Salaud il a mangé mon
romain, il est
depucelé le romain maintenant, si ça se trouve y va plus vouloir
jouer.
Bon y veux jouer, ahh super, je le passe dans un beau virage, 3-4
virages, il
est toujours là le rascal. Oh super j'aperçois une superbe épingle à
gauche en
dévers, je vais lui faire un angle qui va le laisser sur le cul, en
plus comme
je suis en descente, je vais tout déchirer.
Je m'aligne bien large, je vais bien le prendre, je penche, je penche
(putain
c'est chouette sur ce coup je racle tout le sabot), je penche et ….
Crraaaakkk,
toommm, boumm.
Bin j'ai rien déchiré du tout sur ce coup…
Je me retrouve en une demie seconde de l'état grave penché, à l'état
grave
tombé, je suis sous la bécane nous glissons,.
Boum, elle a du touché un truc, la seconde d'après je suis passé par-
dessus la
moto, je glisse sur le dos, et la bécane glisse vers mon casque.
C'est officiel, les derniers crampons des MT21 sont fais pour sortir
de la boue,
par pour angler comme un porc.
Et moi qui pensait que la limite à l'angle c'était le pilote !!
Zoup, ça s'arrête, premier reflexe sur les jambes, je saute dans le
fossé, Aie,
ça fait mal au genou. Bon pas de voiture en face, je traine ma moto
qui git tel
un âne mort.
Je regarde autour de moi, des voitures s'arrêtent, le motard aussi :
« c'est bon t'as rien «
Il doit penser « c'est bien fait, les petits cons comme toi méritent
d'etre par
terre, vermine communiste »
« j'ai du sang plein le jean mais ça va, tu m'aide à la relever »
« je peux pas je suis en devers «
« ahh… merci , préviens mon pote alors »
Le motard part en trombe, il passera devant Alf sans s'arrêter ni rien
lui dire.
Une femme m'aidera à relever la moto, elle a de belles jambes
fuselées, ahhh je
ne vais pas si mal en fait.
Bon le pilote : plus de jean, la jambe saigne y a des cailloux un peu
dedans, la
main aussi, je n'ai rien de cassé, juste brulé par la bitume.
La bécane : c'est solide tout de même, la bulle éclatée (je recherche
une bulle
haute de rd04) , le sélecteur un peu morflé, mais le par carter
touratruc a tout
encaissé
Je ne vois pas Alf revenir, cela fait bien 10 minutes. Bon, il faut
tout faire
soi même, je vais me soigner.
Alors trousse à pharmacie, je me rappelle soudain que ma femme m'avait
dis de
prendre de la Bétadine, et que j'avais refusé en répondant :
« Euh, pas besoin de l'alcool à 90 j'suis un warrior moi »
Bin maintenant il faut désinfecter, et je suis plus sur d'être un
warrior. Allez
courage comme dans les films, j'arrose les plaies ouvertes avec
l'alcool.
Alors, j'ai crié comme dans les films, et pis âpres j'ai failli vomir,
pas comme
dans les films…
Une compresse de la bande, tiens vala alf, il a l'air inquiet, il va
sortir son
mouchoir de sa poche, mais mais, l'enculé , c'est pas son mouchoir
c'est son
appareil photo, à le salaud tout de meme.
Nan, sinon y m'a bien aidé et il m'a même aidé à refaire ma bulle avec
du
scotch. Par contre il voulait qu'on arrête les vacances , …mais ça va
pas !!!!
Sinon, pour le soir, nous nous sommes payés une chambre d'hôte, avec
ma jambe
c'est mieux.
Ah, pour finir cette journée, j'ai refais le pansement et également
remis de
l'alcool, mais cette fois la j'avais une arme secrète : un bouquin de
Mickael
Christon
Comme dans les films le livre dans la bouche,
pas comme dans les films, j'ai poinçonné avec mes dents un quart du
livre,
maintenant il me manque tous les débuts des derniers lignes de la page
Et ceci sur 228 pages…