On 9 nov, 18:33, Christophe Dang Ngoc Chan <cdang@wanadoo;fr> wrote:
> Je parle de quelle maintenance selon toi ?
Je te cite :
"Je n'ai pas écrit que les salles avaient des techniciens, j'ai écrit
qu'il y avait des boîtes indépendantes assurant la maintenance.
(Et heureusement que toutes les salles assurent la maintenance, il ne
suffit pas de changer la lampe de temps en temps...). "
Tu parles donc bien de 2 types de maintenance, une locale assurée par
un proprio indépendant et une autre purement professionnelle
délocalisée.
On peut discuter des deux, c'est comme tu veux.
> Pour que l'on soit d'accord sur ce que tu penses que je pense (sinon, on
> parle dans le vide).
Tu as raison.
> > Pas tant que ça, quand les ciné indé se passent les copies entre eux
> > pour se dépanner 1 jours ou 2, ce n'est pas de la poésie c'est de
> > l'intelligence,
>
> Oui, ça j'ai fait, mais je ne vois toujours pas le rapport.
Ce n'est pas une question de rapport, on discutait mutualisation de
moyens.
> Les cinés peuvent s'échanger les fichiers num ? M'étonnerait.
Techniquement c'est faisable, reste à savoir comment les distributeurs
l'entendent, à mon avis c'est niet !
> Puis dans cette partie de la discussion, on parlait du dépannage
> électronique, pas de la diffusion des copies.
Je ne parlais pas de la diffusion des copies, voir précédemment.
> > Ta pièce standard, ce ne serai pas de "l'adaptable" par hasard ?
> > Les pièces détachées sur les projos 35 ... y en a t-il beaucoup qui
> > peuvent servir pour plusieurs marques ?
>
> Un projo mécanique, c'est de la pignonerie et un peu d'électronique de
> puissance (redresseur, éclateur).
> Vu le prix de fab' d'un pignon, personne ne s'amuse à faire du non standard.
> L'électronique de puissance n'est pas non plus un pb.
Je suis d'accord mais il est irréaliste de penser pouvoir changer tout
la pignonerie de son vieux projo en allant se fournir dans une
boutique référencé chez Direct Industry, ce n'est pas un taf de
débutant, sans compter les adaptations nécessaires, il y en aura c'est
certain.
L'électronique de puissance c'est du gâteau, je te l'accorde mais ça
reste un vrai boulot, ce n'est pas un truc accessible aux bricolos.
Ensuite pour se débrouiller avec des pièces issues d'un constructeur
allemand, italien, français, étatsunien pour réparer sa bécane, si
c'est possible, c'est réservé à une "élite", des gars qui ont un
savoir et une pratique au-delà de la moyenne, bref, c'est loin d'être
simple.
> Ya bien que la croix de Malte, mais si le niveau d'huile est maintenu,
> je ne vois pas ce qui poserait problème avant, mettons, 50 ans de
> fonctionnement.
Ma foi, le taulier aura cassé sa pipe avant ...
> (Ça donne quoi un projo num de 50 ans d'âge ?)
Ça n'arrivera pas, le cycle de vie de ces machines est beaucoup trop
court.
Le marché oriente cette durée, c'est malheureusement ainsi.
Mais aussi, les technologies utilisées sont en constante évolution.
Ceci dit, une conception modulaire est envisageable de manière à
absorber dans la douceur les sauts technologiques.
> Reste le miroir et le filtre dichroïque ?
Pour réparer ça soi-même ou trouver des velus capables de le faire,
c'est ça que tu veux dire ?
> > Les cartes électroniques des processeurs Dolby, peut-on se fournir
> > ailleurs que chez eux en cas de besoin ?
Je n'ai pas dis que c'était possible.
En dehors de la logique programmée et des circuits propriétaires (si
il y en a), un bon technicien peut les dépanner si la panne intervient
en dehors d'un contrat de garantie et/ou de maintenance.
Mais c'est toujours pareil, il faut trouver un gars compétent et
abordable.
> On ne parle plus du projo mais de l'ampli.
> Oui, il y a déjà une dépendance sur les amplis.
Les amplis ? (j'insiste bien les amplis, pas les processeurs).
Je suis catégorique, il n'y a aucune dépendance sur les amplis.
Un exploitant indépendant un temps soit peu cultivé (c'est dur à
trouver) et bien conseillé par un vrai technicien audio fait
entièrement ce qu'il veut au niveau amplis et des enceintes de
surcroît.
> Ceci dit, en mode dégradé, on peut encore tourner avec le son optique.
> Alors qu'une carte qui dégage sur un num, c'est un arrêt des projections
> jusqu'au remplacement.
Une "carte son" ça ne dégage pas comme ça, il faut vraiment le
vouloir, sauf défaut de fabrication avéré ou installation au-dessous
de tout (ça existe ...).
Reste à savoir s'il n'y a pas des constructeurs qui ont prévu une
parade pour fonctionner en mode dégradé, je n'ai pas cherché.
Sinon, tu as raison, c'est la panade et c'est la que la notion de
service entre pros prend toute sa dimension, des gars comme CTS
doivent être capables de dépanner dans les 4 heures dans leur zone
d'influence ... que le tout puissant nous entende !
> > Bon exemple.
> > Pour avoir longtemps travaillé avec du Buisse Botazzi, je vois mal
> > comment mon garagiste (européen, pas africain, je n'ai rien contre les
> > africains) aurait pu me réparer un couloir ou me ré-usiner une croix
> > de malte etc etc ...
>
> N'importe quel atelier de mécanique (un tour, une fraiseuse), et c'est
> vrai qu'il se font rare en France, peut te faire ça.
Tu connais, c'est certain, les tarifs et les délais pratiqués par les
derniers des Mohicans, et je regrette cette situation, mais même dans
la vallée de l'Arve c'est quasiment la croix et la bannière pour
trouver son bonheur, en attendant le projo reste en carafe, c'est
malheureux mais c'est comme ça, j'aimerai bien pouvoir sur un simple
coup de fil obtenir en 24 H une belle croix de malte toute neuve, en
France ce n'est même pas la peine d'y penser.
> J'envisage même de filer ça en TP à mes bacs pro Technicien d'usinage
> (on a la chance de ne pas dépendre de l'Éducation nationale et donc
> d'avoir pu garder les machines conventionnelles).
Tes élèves ont de la chance de pouvoir travailler sur des sujets de ce
genre mais auront-ils plus tard la possibilité d'appliquer ce savoir
dans leur vie professionnelle ?
Je leur souhaite en tout cas.
> J'ai un ami qui va faire du dépannage pour les machines de fabrication
> de bouteille partout dans le monde y compris hors OCDE, et il a toujours
> pu trouver un atelier de mécanique pour se refaire des pièces.
Là ça devient plus flou comme exemple, ce n'est pas très parlant, mais
effectivement si ton ami possède les plans, cahier des charges etc
etc ... il y a des ateliers de fabrication mécanique dans le monde
entier, tout est possible, c'est en France que tout devient
impossible, ça devient interdit de travailler, de bien travailler et
ce n'est pas cette escroquerie du grand emprunt qui va soit-disant
remettre le pays sur les rails de la ré-industrialisation.
> Sinon, les garagistes des pays en voie de développement on des mains
> d'or, système D oblige, je ne serai pas étonné qu'il soient capables de
> faire une croix de Malte à la lime -- tu serait étonné de ce qu'est
> capable de faire un ajusteur "à l'ancienne".
Je sais, ces gars sont des artistes et je vois de temps en temps le
boulot d'anciens bien de chez nous faire des merveilles ... c'est une
perte dramatique à mon avis.
> > Dans ce cas je te conseilles (sans te commander) de prendre un aller
> > simple pour le Surinam
>
> Et en dehors de la caricature ?
Tu as raison, ça peut être pris comme de la caricature mais ça n'en
était pas.
> J'ai écrit, et donc je réécrit, qu'
> "Il ne s'agit pas de faire un combat d'arrière garde sur "comme
> l'argentique c'était bien", mais bien d'essayer de voir les impacts
> secondaires et pourtant profonds que peut avoir le passage au tout num."
Pour moi c'est très simple.
Si les petits exploitants (indépendants, communes, communauté de
communes etc etc ...) ne se mettent pas techniquement et
commercialement à la page, s'ils ne veulent pas comprendre qu'il faut
faire face à la technologie grâce à la culture et à l'éducation et
bien ils seront broyés et finiront sur le tapin.
Les opérateurs projectionnistes sont dans le même cas, s'ils ne se
fédèrent pas pour augmenter considérablement leur niveau de
connaissances et de compétences, ils vont dégager violemment et il ne
restera plus que des pouce bouton sous payés et traité comme des
esclaves.