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Re: [Hollywood] 2012 : L'Apocalypse selon Roland Emmerich

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Denis Cil

unread,
Nov 24, 2009, 12:05:39 PM11/24/09
to

"Yoki" <nos...@nospam.com> a �crit dans le message de
news:0kROm.62127$rp6....@newsfe11.ams2...
> Lu sur l'excellent site d'Elisabeth Levy :

[snip]

> Source : http://www.causeur.fr/2012-tous-aux-urnes-funeraires,3343

Bouquet final
http://cjoint.com/data/lyrYsr0KHr.htm
Tous aux urnes fun_et_rires
--
Denis

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michael

unread,
Nov 24, 2009, 3:28:21 PM11/24/09
to
Je pensais que le film de 2012 a �t� si forte qu'elle a �t� �puisante. Elle
avait un dialogue terrible. Il devait y beaucoup de platitudes. J'ai un gros
mal de t�te du film et a d� prendre quelques asperines.

"Yoki" <nos...@nospam.com> skrev i melding
news:0kROm.62127$rp6....@newsfe11.ams2...
> X-No-Archive: Yes


>
> Lu sur l'excellent site d'Elisabeth Levy :
>

>> 2012 sera catastrophique et ne sera pas. C'est la th�se de quelques
>> mill�naristes �nerv�s, reprise par l'Allemand Roland Emmerich, �migr� �
>> Hollywood pour blockbusteriser � gogo. Apr�s les extraterrestres pas
>> extra du tout dans Independance Day, et le d�r�glement climatique � son
>> climax dans Le jour d'apr�s, il nous livre sa lecture du calendrier maya,
>> alors qu'on croyait na�vement que seul le gr�gorien avait un sens.
>> Emmerich nous fait le coup d'un soleil br�lant, qui r�chauffe la terre de
>> l'int�rieur, comme un vulgaire micro-onde import� d'un pays du bloc
>> asiatique qui ne r�pondrait pas aux exigences des normes europ�ennes,
>> mais ceci est un autre d�bat. De d�bat, dans 2012, il n'en est pas
>> question. Mais de hauts et de bas, oui : la temp�rature monte, l'eau
>> �galement, et notre civilisation tombe de haut : 2012 donc, �a va mal
>> finir, on va y passer, et c'est bien fait pour nous, Occidentaux replets
>> que nous sommes.
>>
>> Apr�s la bagatelle - pour un massacre - de 2h38, on oscille entre la
>> moquerie condescendante, l'ennui, et l'admiration pour la ma�trise sans
>> borne des sp�cialistes des effets sp�ciaux hollywoodiens. Sauf que l'on
>> �vacue rapidement les deux derniers, pour ne retenir qu'une palanqu�e de
>> poncifs hilarants qui feraient volontiers passer un film mis�rabiliste
>> belgo-hexagonal tourn� sous un ciel plomb� de novembre pour un feu
>> d'artifice dans l'empyr�e vesp�ral de juillet.
>>
>> Les clich�s v�hicul�s par 2012 sont r�v�lateurs de l'esprit dominant
>> dans les cercles �clair�s de l'intelligentsia m�diatico-cin�matographique
>> plum�e par Madoff qui pr�ne d�sormais la croissance partag�e et l'amour
>> universel. � ce titre d'�pitom�s de medley post-crise dans un monde
>> multipolaire, ces lieux communs m�ritent qu'on se penche un tout petit
>> peu sur eux. En prenant garde de ne pas basculer dans la faille de San
>> Andreas1, bien entendu :
>>
>> 1. L'Afrique survit, s'�l�ve m�me au sens litt�ral du terme, puisque
>> la tectonique des plaques, perturb�e par le r�chauffement du centre de la
>> terre, la hisse au dessus de tous les autres continents, lui �vitant
>> ainsi d'�tre submerg�e par les eaux. Symbole. C'est la seule surprise du
>> sc�nario, qui surfe sur l'atmosph�re crisique ambiante : le capitalisme
>> est mauvais, l'Occident et les pays riches alignent les �neries, mais il
>> y a une justice immanente : l'Africain, m�me si pas "entr� dans
>> l'histoire", comme dirait notre pr�sident, est sauf car il a �t� bien
>> sage et conna�t la vraie vie. On n'est pas loin ici d'une adaptation du
>> mythe du bon sauvage, transpos� par le kal�idoscope politiquement correct
>> de la machinerie hollywoodienne. Seul hic de la bien-pensance du sc�nar :
>> sauv�s par d'�normes arches flottantes, des centaines de milliers de
>> Chinois travailleurs et malins, d'Europ�ens mous et inexistants, de
>> Russes � fourrure et � blondes � seins refaits, et d'Am�ricains ob�ses
>> mais lucides vont rappliquer aussi sec sur le seul continent � sec. Les
>> pauvres Hottentots n'en avaient pas pris assez avec les premiers
>> Hollandais du Cap ? On en remet une couche, histoire de bien leur montrer
>> qui est le patron. Surprise : le Cran n'a pas encore r�agi � ce
>> b�gaiement historique.
>>
>> 2. Corollaire de la mauvaise conscience �voqu�e au point pr�c�dent :
>> au cour du pouvoir am�ricain, la lutte entre jeune+noir+gentil et
>> vieux+blanc+m�chant bat son plein. Le digne pr�sident am�ricain est noir,
>> effet Obama oblige. Sa fille est une fille bien, �videmment. Les deux
>> jeunes scientifiques qui alertent sur la catastrophe � venir sont
>> respectivement un Indien et un Africain-Am�ricain. En revanche, le
>> cynique sans cour qui ne veut sauver que les riches est dans la
>> cinquantaine, blanc et gras. Comme l'autre figure n�gative du film, un
>> milliardaire russe �norme et toqu� (en astrakan), dont on pr�cise bien
>> qu'il a oblig� sa petite amie � se faire refaire les seins, histoire de
>> prouver combien il est vil : voil� un argument gonfl� qui doit faire
>> mouche chez les starlettes de Hollywood.
>>
>> 3. � l'Est, plein de nouveau : le Chinois est productif et malin,
>> tout en �tant humain, au fond : il a su manager ses h�misph�res droit et
>> gauche. R�sultat, les Chinois sont des potes. Ce sont nos nouveaux amis,
>> qui, en � peine deux ans, construisent les arches qui sauveront
>> l'humanit�. Bravo les gars ! L'atelier du monde montre sa ma�trise
>> technologique, �a valait le coup de d�localiser.
>>
>> 4. Les Europ�ens sont totalement � l'ouest. Passifs, � l'ex�cutif
>> pl�thorique, ils parlent n�anmoins d'une seule voix : celle de la
>> chanceli�re allemande, comme le r�alisateur. Ach so ! L'identit�
>> nationale fran�aise en prend un coup. � noter, dans le concert
>> soporifique des huiles de la vieille Europe, cette manie des Italiens de
>> n'en faire qu'� leur t�te. Il est vrai que ces Latins sont incontr�lables
>> : Emmerich le vit tous les jours � Los Angeles o� des hordes de Latinos
>> incontr�lables passent la fronti�re pour servir de techniciens de surface
>> dans les maisons cossues de Beverly Hills, au risque de peser � la baisse
>> sur le salaire de l'Am�ricain moyen.
>>
>> 5. La famille d�compos�e, recompos�e, d�recompos�e ou red�compos�e
>> puis re-recompos�e - et o� tout le monde s'aime - est le rempart, avec
>> comme valeurs-valises la solidarit�, la fraternit�, l'�galit�, tous ces
>> "t�" qui ne bouillent que pour un mot : l'humanit� telle qu'on ne l'a
>> jamais connue, sauf dans les discours du PS. Famille, je vous aime :
>> d'ailleurs, les m�chants sont tous divorc�s donc seuls.
>>
>> 6. La r�f�rence � la religion et � Dieu est omnipr�sente, comme dans
>> toute vulgate cin�matographique am�ricaine qui se respecte, et toute fin
>> du monde imminente (mais l�, seuls les dinosaures pourraient en
>> t�moigner). Toutes les religions sont repr�sent�es, pour ne l�ser
>> personne. Mais une seule en prend plein la calotte : la catholique, qui
>> voit Saint-Pierre de Rome s'affaler lourdement sur le sol romain.
>> Emmerich a pr�cis� qu'il avait film� la destruction de la Mecque, mais
>> qu'au montage, il avait pos� un voile pudique sur la sc�ne, de peur
>> d'�tre victime d'une fatwa qui "l'obligerait � vivre avec des gardes du
>> corps jusqu'� la fin de ses jours". Allah �tant mis�ricordieux, il avait
>> peu � craindre, mais il se m�fiait des barbus exalt�s qui voient des
>> m�cr�ants partout. Gr�ce � cette saine prudence, Emmerich pourra encore
>> tourner et gagner des millions. C'est en emmerichant qu'on devient riche.
>> Et �a marche : 2012 a d�j� rapport� 250 millions de dollars, seul dieu
>> dont l'existence n'est pas discutable.
>>
>> Restons concret : alors que le pouvoir d'achat est au centre des
>> pr�occupations de chacun, un ticket de 10 euros pour d�couvrir des lieux
>> communs dans une salle bond�e o� une foule atteinte de jeun�te aigu�
>> m�che du pop-corn et jette ses canettes sur le sol -apparemment peu
>> attentive au fait qu'il faut garder notre plan�te propre avant qu'elle
>> n'explose, mais on n'�tait pas � une projection du film d'Hulot- c'est
>> pas rien. Du v�cu.
>>
>> Surtout, le film passe � c�t� du seul vrai �v�nement de 2012. [...]
>
> Source : http://www.causeur.fr/2012-tous-aux-urnes-funeraires,3343
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