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"12 choses auxquelles Woody Allen ne pige rien"

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Francois Kahn

unread,
Jun 29, 2009, 5:22:49 PM6/29/09
to
The AV Club, un site web am�ricain a priori plut�t pro-Allen s'est amus�
� recenser les th�mes abord�s par son cin�ma et qui n'ont franchement
rien de transcendant, faute d'un point de vue r�fl�chi sur la question.
Du coup, une liste qui �gratigne mais qui vise souvent juste

http://www.avclub.com/articles/i-love-you-scumbag-x-12-things-woody-alle
n-just-do,29731/

1. Les afro-am�ricains
Les noirs sont presque toujours absents de ses films et le personnage de
Chiwetel Ejiofor dans Melinda et Melinda n'arrange pas les choses :
tellement plaisant et agr�able qu'il n'a aucune personnalit�.

2. Le sud des Etats-Unis
Dans Whatever Works, il semble qu'il soit peupl� de bouseux, de droite,
chr�tiens int�gristes.

3. La Grande-Bretagne
Match Point et Le R�ve de Cassandre n'ont pas �t� tr�s bien re�us en
Angleterre : le dialogue sonne faux, l'accent cockney dans Cassandre est
abominable (avec des fautes de prononciations pour faire plus couleur
locale mais pas du tout r�alistes), le portrait de la bourgeoisie est
encore plus convenu.

4. La Psych� f�minine (apr�s Maris et Femmes)
Aucun personnage f�minin marquant depuis 1994. On alterne entre des
m�g�res castratrices (Christina Ricci dans La Vie et tout le reste) et
des filles sexy et superficielles qui ne demandent qu'� coucher avec le
personnage de Woody Allen ou son substitut � l'�cran. Exemples : Radha
Mitchell qui a deux r�les insupportables dans Melinda et Melinda, Mira
Sorvino qui semble sortie d'une blague de Playboy dans Maudite Aphrodite
ou Samantha Morton, ravissante, triste, bienveillante et totalement
muette dans Accords et d�saccords.
L'article sugg�re une note d'espoir avec Vicky Christina Barcelona (ce
qui me semble g�n�reux).

5. Les non juifs
Ne sont pas assez n�vros�s, donc pas assez humains

6. Los Angeles
Hollywood et ses films sont soigneusement ignor�s par les personnages
des films d'Allen. Ou bien ils suscitent leur horreur.

7. La conduite
Alvy Singer dans Annie Hall est un conducteur ex�crable mais quand il
est passager, �a n'est gu�re mieux, surtout quand le fr�re d'Annie
(Christopher Walken) se trouve au volant et lui parle de ses tentations
de provoquer un carambolage mortel.

8. La violence
Toujours repr�sent�e hors champ. Alors qu'il y a quelques films
"policiers" � son compteur (Meurtre myst�rieux � Manhattan, Le Sortil�ge
du Scorpion de Jade, Ombres et brouillard), Agatha Christie fait du gore
� c�t�.

9. Bob Dylan
Ridiculis� dans Annie Hall en le faisant encenser par une idiote qui
d�clame les paroles des chansons.

10. La musique moderne en g�n�ral, le rock en particulier
Alors qu'il habite New York, une des villes avec les plus fortes
cr�ations musicales de l'Am�rique, le temps semble s'�tre arr�t� pour
Allen � la fin des ann�es 30. Toute musique plus r�cente est l'objet de
blagues ou de sarcasme. Le nadir : le personnage du fils punk dans
Hollywood Ending.

11. Le cin�ma ind�pendant ou du reste du monde depuis 75
Allen a toujours assum� ses influences mais il n'y a presque aucune
ouverture sur le cin�ma contemporain. Les rares tentatives de prendre un
acteur "qui monte" sont tr�s convenues et se font au d�triment du film.

12. Les drogues � usage r�cr�atif
Quoi, des gens sont pr�ts � renoncer provisoirement � leur capacit� �
r�fl�chir pour passer un bon moment ??????

--
FK
"Send lawyers, guns and money..."

Zarak

unread,
Jun 30, 2009, 5:22:23 PM6/30/09
to
Listing réchauffé, voire à côté de la plaque tant les auteurs ignorent la dimension
volontairement comique de la mise en abîme du personnage par lui-même.
Dans l'article en anglais, erreur totale sur le point 12 ; Woody Allen
y est présenté comme un fou d'intellectualisation, ce qui est tout l'inverse :
il n'a cessé dans son oeuvre de moquer cette approche stérile de la vie.
L'un de ses plus beaux films, le bergmanien "Interiors", met d'ailleurs en
scène une famille d'intellos névrosés (goys) mise en pièce par une mama viveuse.
"Hannah et ses soeurs" contient de même une scène où la découverte des
Marx Brothers est vécue comme un remède aux verbigérations existentielles
menant au suicide...

S'il s'agissait d'inciter à ne pas aller voir Whatever Works demain, c'est loupé
pour moi ;-)


Francois Kahn

unread,
Jun 30, 2009, 7:33:55 PM6/30/09
to
"Zarak" <zarakonline AT free.fr> wrote:

> Listing r�chauff�, voire � c�t� de la plaque tant les auteurs ignorent la
> dimension volontairement comique de la mise en ab�me du personnage par
> lui-m�me.

Pas tant que �a. Cf. la derni�re phrase de l'article, comme quoi c'est
pour moiti� ridicule, moiti� fond�.

Et la mention de la conduite est �videmment l� pour la boutade. Mais �a
fait partie des traits qui le d�finissent. Si on me disait que le
prochain Woody Allen va �tre un road movie, j'aurais du mal � le croire.

> Dans l'article en anglais, erreur totale sur le point 12 ; Woody Allen

> y est pr�sent� comme un fou d'intellectualisation, ce qui est tout l'inverse :
> il n'a cess� dans son oeuvre de moquer cette approche st�rile de la vie.

Et c'est pour une part de l'auto-d�rision, ce dont tu parlais � propos
de la mise en abyme. Il a quand m�me tendance � vouloir intellectualiser
pas mal de choses qui sont cens�es aller de soi tout en ayant conscience
de ce travers et en mesurant la vacuit� de cet effort. Son oeuvre serait
moins int�ressante si elle �tait une charge contre les intellectuels
new-yorkais qu'il peut cotoyer. S'il s'int�resse � la tendance de
l'esprit humain � vouloir tout conna�tre, expliquer, r�genter, tendance
dont il est pour une part un repr�sentant, c'est tout de suite plus
fort. Et c'est explicite dans un film comme "Z�lig", o� toute la n�vrose
du personnage se r�v�le au d�part quand il veut faire croire qu'il a lu
Moby Dick.


> L'un de ses plus beaux films, le bergmanien "Interiors", met d'ailleurs en

> sc�ne une famille d'intellos n�vros�s (goys) mise en pi�ce par une mama
> viveuse.

"Int�rieurs" et "September" font partie pour moi de ses films trop
mani�r�s. On per�oit beaucoup "Int�rieurs" au travers du mot de John
Waters, comme quoi si le nom de Bergman avait figur� au g�n�rique et que
�a avait �t� tourn� en su�dois, les critiques auraient vu que c'�tait un
chef d'oeuvre. Mais �a n'est ni du Bergman, ni totalement du Allen. Il y
manque, par exemple, la violence dans les relations. La sc�ne que tu
mentionnes est pour moi la plus int�ressante du film, celle qui justifie
apr�s coup pas mal de choses : la deuxi�me �pouse du p�re qui passe pour
une idiote aux yeux des autres et qui finalement juge finement ce qui se
passe pendant le repas.

Et c'est d'ailleurs ce genre de point de vue ext�rieur qui fait
cruellement d�faut � ses films r�cents. Les lacunes du ou des
personnages principaux, surtout quand il s'agit d'un personnage
"all�nien" sont parfois comment�es ou explicit�es par d'autres
personnages (les compagnes au moment de leur rupture) ou par la
narration. Mais il n'y a plus vraiment de v�rit�s qui fusent gr�ce �
quelqu'un qui n'est plus du m�me milieu. Je dirais m�me qu'il y a
r�gression, depuis qu'il y a un certain nombre de semi-cr�tins qui
peuplent ses films (la prostitu�e et le footballeur dans Maudite
Aphrodite, le grand dadais dans Escrocs mais pas trop)


> "Hannah et ses soeurs" contient de m�me une sc�ne o� la d�couverte des
> Marx Brothers est v�cue comme un rem�de aux verbig�rations existentielles
> menant au suicide...

C'�tait il y a 22 ans aussi. C'est plus dans les Woody Allen r�cents que
ce travers s'accuse. La sc�ne o� la m�re de Christina Ricci se fait des
rails de coke dans Anything Else t�moigne d'une r�pugnance nette � ce
genre de pratique. Le probl�me, c'est que la sc�ne est caricaturale et
sonne faux comme � peu pr�s tout le film. Certains l'avaient salu� sur
le coup comme un nouveau Annie Hall (le distributeur, en
particulier...), d'autres comme une relecture pessimiste mais plus
ma�tris�e des th�mes du couple.

Mais bon, le film a six ans et je persiste avec le recul � trouver que
c'est une daube ind�fendable, et en partie parce qu'il essaye de se
coltiner une s�rie de th�mes o� il n'est pas ou plus dans son �l�ment et
dont la liste donne un aper�u : les femmes, Hollywood (le deal qu'on
propose � Jason Biggs), les femmes non juives pas assez complexes, la
musique (le couple va chez un disquaire pour se prendre des vinyles des
ann�es 50), le cin�ma r�cent (Christina Ricci pas du tout dans un r�le
pour elle).


>
> S'il s'agissait d'inciter � ne pas aller voir Whatever Works demain, c'est
> loup� pour moi ;-)

Maintenant, j'y vais au coup par coup, environ un film sur deux histoire
de tenter ma chance. Dans les films r�cents, il y a eu quelques
r�ussites mineures mais je n'ai plus envie de me faire avoir par les
"grands retours en forme" fa�on Match Point ou Vicky Christina
Barcelona. Et puis bon, l�, je voudrais avancer dans la saison 4 de "The
Wire"...

Zarak

unread,
Jul 1, 2009, 9:14:11 AM7/1/09
to
"Francois Kahn" <lor...@alussinan.org> a écrit dans le message de news: 1j25gpr.11ses3v1dyeym7N%lor...@alussinan.org...
>
> Et la mention de la conduite est évidemment là pour la boutade. Mais ça
> fait partie des traits qui le définissent. Si on me disait que le
> prochain Woody Allen va être un road movie, j'aurais du mal à le croire.

Et alors ? Je ne saisis pas bien l'intérêt de ce genre de remarque. Le fait
qu'Hitchcock n'ai jamais fait tourner de brunes moches représente-t-il un
quelconque problème d'ordre artistique ?

>> Dans l'article en anglais, erreur totale sur le point 12 ; Woody Allen

>> y est présenté comme un fou d'intellectualisation, ce qui est tout l'inverse :
>> il n'a cessé dans son oeuvre de moquer cette approche stérile de la vie.
>
> Et c'est pour une part de l'auto-dérision, ce dont tu parlais à propos
> de la mise en abyme. Il a quand même tendance à vouloir intellectualiser
> pas mal de choses qui sont censées aller de soi tout en ayant conscience
> de ce travers et en mesurant la vacuité de cet effort. Son oeuvre serait
> moins intéressante si elle était une charge contre les intellectuels
> new-yorkais qu'il peut cotoyer. S'il s'intéresse à la tendance de
> l'esprit humain à vouloir tout connaître, expliquer, régenter, tendance
> dont il est pour une part un représentant, c'est tout de suite plus
> fort. Et c'est explicite dans un film comme "Zélig", où toute la névrose
> du personnage se révèle au départ quand il veut faire croire qu'il a lu
> Moby Dick.

Ca me fait penser aussi à Match Point, quand le petit arriviste parvient à
berner le bourgeois avec qui il a eu "une discussion très intéressante sur
Dostoïevski" alors qu'il n'a lu que le commentaire de texte de Crimes et
Châtiments. Le thème n'est certes pas la névrose comme dans Zélig, mais
cette fois c'est la superfialité bourgeoise qui est dynamitée, et de façon plus
générale la facilité avec laquelle on peut faire croire à tout individu d'essence
vaniteuse qu'on connaît tout et qu'on a tout compris sur tout.



>> L'un de ses plus beaux films, le bergmanien "Interiors", met d'ailleurs en

>> scène une famille d'intellos névrosés (goys) mise en pièce par une mama
>> viveuse.
>

> "Intérieurs" et "September" font partie pour moi de ses films trop
> maniérés. On perçoit beaucoup "Intérieurs" au travers du mot de John
> Waters, comme quoi si le nom de Bergman avait figuré au générique et que
> ça avait été tourné en suédois, les critiques auraient vu que c'était un
> chef d'oeuvre.

Oui mais nous ne sommes pas responsables de la nullité des critiques.
Tout moindre connaisseur sait bien qu'il suffit d'à peu près 10 ou 15 secondes
pour savoir que l'on est dans un Bergman et nulle part ailleurs. Pour Woody
Allen, c'est juste une influence, il ne faut pas le voir comme "voulant faire
du Bergman", il ne se permettrait pas.

Ensuite, maniéré, qu'est-ce que ça veut dire ? Pour moi, maniéré, c'est
quelque chose qui ne fonctionne pas. September, j'ai peu de souvenirs,
il ne m'a pas marqué. Mais Intérieurs a fonctionné pour moi. Le scénario
est excellent, les acteurs plutôt exceptionnels, lumières et couleurs y
dévoilent un Woody Allen plus cinéaste que jamais, et le drame "intérieur"
de la femme névrosée (mémorable Geraldine Page) crève l'écran.

> Mais ça n'est ni du Bergman, ni totalement du Allen. Il y
> manque, par exemple, la violence dans les relations. La scène que tu
> mentionnes est pour moi la plus intéressante du film, celle qui justifie
> après coup pas mal de choses : la deuxième épouse du père qui passe pour


> une idiote aux yeux des autres et qui finalement juge finement ce qui se
> passe pendant le repas.

La "violence dans les relations" ? Il y a une énorme violence sourde mais
néanmoins palpable dans les relations intra et extra-familiales d'Intérieurs.

> Et c'est d'ailleurs ce genre de point de vue extérieur qui fait
> cruellement défaut à ses films récents. Les lacunes du ou des


> personnages principaux, surtout quand il s'agit d'un personnage

> "allénien" sont parfois commentées ou explicitées par d'autres


> personnages (les compagnes au moment de leur rupture) ou par la

> narration. Mais il n'y a plus vraiment de vérités qui fusent grâce à
> quelqu'un qui n'est plus du même milieu. Je dirais même qu'il y a
> régression, depuis qu'il y a un certain nombre de semi-crétins qui
> peuplent ses films (la prostituée et le footballeur dans Maudite


> Aphrodite, le grand dadais dans Escrocs mais pas trop)

Pinaillage... pourquoi vouloir obstinément que des "vérités" fusent
des personnages (et de surcroît de tel ou tel milieu) alors que cet aspect
de son oeuvre a progressivement disparu ? Il y en a un qui, très souvent,
n'est pas "du même milieu", c'est le spectateur, qui est assez grand pour
tirer ses vérités. Globalement, la vérité fuse d'elle-même.

>> "Hannah et ses soeurs" contient de même une scène où la découverte des

>> Marx Brothers est vécue comme un remède aux verbigérations existentielles
>> menant au suicide...
>
> C'était il y a 22 ans aussi. C'est plus dans les Woody Allen récents que
> ce travers s'accuse. La scène où la mère de Christina Ricci se fait des
> rails de coke dans Anything Else témoigne d'une répugnance nette à ce
> genre de pratique. Le problème, c'est que la scène est caricaturale et
> sonne faux comme à peu près tout le film. Certains l'avaient salué sur


> le coup comme un nouveau Annie Hall (le distributeur, en
> particulier...), d'autres comme une relecture pessimiste mais plus

> maîtrisée des thèmes du couple.

Ta critique est dans le même esprit que l'article. Anything Else n'est
pas "caricatural" dans le sens où il n'a pas vocation à être réaliste. Et les
bobos sous coke qu'il met en scène sont là pour représenter ceux qui
fuient la réalité, qui leur reviendra de toute façon en pleine gueule. Woody
Allen n'est ni un donneur des leçon, ni un réaliste ; il pose des instances,
comme Godard dans le Mépris où il n'est pas un seul personnage qui
ne soit un "schème".

Dans mes souvenirs, c'est une comédie juste délirante, piquante, volontairement
excessive, sur le parcours initiatique d'un jeune auteur comique new-yorkais,
parcours chapeauté par Woody Allen himself - on comprend bien sûr le côté
doublement autobiographique, rétroactif, et d'autant plus touchant.
Pour moi il reste, sans étiquettes, un cru assez jouissif où le cinéaste/personnage
y est certes plus surexcité que jamais, et pourtant charismatique en diable
dans ce rôle de vieux briscard maîtrisant toute la topologie du milieu et se prenant
lui-même sous son aile. Et d'innombrables scènes m'ont vraiment fait éclater
de rire (le manager ultrajuif qui fait une crise cardiaque dans le resto quand il
apprend que son poulain le quitte, la destruction très lâche de la voiture, le
déménagement du piano - "il n'y a rien ici qui ne pourrait être déplacé sans
l'aide d'une douzaine de dockers ou de quelques boeufs"... tiens je me marre
tout seul en l'écrivant :)

> Mais bon, le film a six ans et je persiste avec le recul à trouver que
> c'est une daube indéfendable, et en partie parce qu'il essaye de se
> coltiner une série de thèmes où il n'est pas ou plus dans son élément et
> dont la liste donne un aperçu : les femmes, Hollywood (le deal qu'on
> propose à Jason Biggs), les femmes non juives pas assez complexes, la


> musique (le couple va chez un disquaire pour se prendre des vinyles des

> années 50), le cinéma récent (Christina Ricci pas du tout dans un rôle
> pour elle).

Idem : ce n'est pas de cette façon que je regarde ses films, anciens comme
récents. Je ne le vois pas comme un documentariste, et s'il est à côté de la
plaque, c'est un côté de lui qui me fait d'autant plus marrer. Les seuls "documents"
valables de Woody Allen sont sans doute "Broadway Danny Rose", "Radio Days"
et "Manhattan".

>> S'il s'agissait d'inciter à ne pas aller voir Whatever Works demain, c'est
>> loupé pour moi ;-)


>
> Maintenant, j'y vais au coup par coup, environ un film sur deux histoire
> de tenter ma chance.

Moi je ne "tente pas ma chance", j'y vais, point. Si la programmation cinématographique
était de qualité, à la rigueur, peut-être pourrais-je me passer d'un nouveau cru
Allen qui serait, disons, de tiède réputation par la critique mondiale. Mais là...

> Dans les films récents, il y a eu quelques
> réussites mineures mais je n'ai plus envie de me faire avoir par les
> "grands retours en forme" façon Match Point ou Vicky Christina
> Barcelona.

Si tu n'as pas aimé Match Point (qui n'est en fait rien d'autre qu'un remake lointain
et malin de Crimes et Délits) ou même VCB, alors ne va plus voir un seul Woody
Allen ! Ce sera gain de temps et de petite monnaie.


jojo

unread,
Jul 2, 2009, 3:16:33 AM7/2/09
to
On 1 juil, 01:33, lore...@alussinan.org (Francois Kahn) wrote:
> "Zarak" <zarakonline AT free.fr> wrote:
>
>
> Mais bon, le film a six ans et je persiste avec le recul à trouver que
> c'est une daube indéfendable, et en partie parce qu'il essaye de se
> coltiner une série de thèmes où il n'est pas ou plus dans son élément et
> dont la liste donne un aperçu : les femmes, Hollywood (le deal qu'on
> propose à Jason Biggs), les femmes non juives pas assez complexes, la

> musique (le couple va chez un disquaire pour se prendre des vinyles des
> années 50), le cinéma récent (Christina Ricci pas du tout dans un rôle
> pour elle).
>

Il y a un double probleme chez Woody Allen:
1. Depuis 20 ans il fait des remakes de ses propres films (et
dernierement d'autres auteurs). On a quand meme souvent l'impresion de
revoir a chaque fois la meme chose, les memes histoires, les memes
personnages caricaturaux et ridicules etc...
2. Woody Allen passe pour l'incarnation du Juif new-yorkais alors
qu'il est deconnecte non seulement de toute vie juive mais aussi des
juifs reels. Ces personnages juifs tortures sont aussi des caricatures
delirantes des Juifs reels, et si elles pouvaient correspondre a
quelque chose dans le passe, elles n'ont plus grand chose a voir avec
les Juifs americains d'aujourd'hui.

>
>
> > S'il s'agissait d'inciter à ne pas aller voir Whatever Works demain, c'est
> > loupé pour moi ;-)


>
> Maintenant, j'y vais au coup par coup, environ un film sur deux histoire

> de tenter ma chance. Dans les films récents, il y a eu quelques
> réussites mineures mais je n'ai plus envie de me faire avoir par les
> "grands retours en forme" façon Match Point ou Vicky Christina
> Barcelona. Et puis bon, là, je voudrais avancer dans la saison 4 de "The
> Wire"...

Voila, excellente priorite, c'est une saison fantastique d'une serie
extraordinaire, a des annees lumieres au dessus de ce que Allen a fait
et fera jamais.

sacha martinetti-levy

unread,
Jul 4, 2009, 2:54:14 PM7/4/09
to
In ref :<1j23gp3.1do6eh695qpjkN%lor...@alussinan.org>,
Francois Kahn <lor...@alussinan.org> a transmis ceci :

> The AV Club, un site web am�ricain a priori plut�t pro-Allen s'est
> amus� � recenser les th�mes abord�s par son cin�ma et qui n'ont
> franchement rien de transcendant, faute d'un point de vue r�fl�chi
> sur la question. Du coup, une liste qui �gratigne mais qui vise
> souvent juste
>
> http://www.avclub.com/articles/i-love-you-scumbag-x-12-things-woody-alle
> n-just-do,29731/

> 1. Les afro-am�ricains
> Les noirs sont presque toujours absents de ses films et le personnage
> de Chiwetel Ejiofor dans Melinda et Melinda n'arrange pas les choses :
> tellement plaisant et agr�able qu'il n'a aucune personnalit�.

WA serait-il un raciste qui s'ignore ?

> 2. Le sud des Etats-Unis
> Dans Whatever Works, il semble qu'il soit peupl� de bouseux, de
> droite, chr�tiens int�gristes.

WA ne serait-il pas pote avec la Bible Belt et ses tr�s jolies productions
en tous domaines ?

> 3. La Grande-Bretagne
> Match Point et Le R�ve de Cassandre n'ont pas �t� tr�s bien re�us en
> Angleterre : le dialogue sonne faux, l'accent cockney dans Cassandre
> est abominable (avec des fautes de prononciations pour faire plus
> couleur locale mais pas du tout r�alistes), le portrait de la
> bourgeoisie est encore plus convenu.

WA ne serait pas anglais ?

> 4. La Psych� f�minine (apr�s Maris et Femmes)
> Aucun personnage f�minin marquant depuis 1994. On alterne entre des
> m�g�res castratrices (Christina Ricci dans La Vie et tout le reste) et
> des filles sexy et superficielles qui ne demandent qu'� coucher avec
> le personnage de Woody Allen ou son substitut � l'�cran. Exemples :
> Radha Mitchell qui a deux r�les insupportables dans Melinda et
> Melinda, Mira Sorvino qui semble sortie d'une blague de Playboy dans
> Maudite Aphrodite ou Samantha Morton, ravissante, triste,
> bienveillante et totalement muette dans Accords et d�saccords.
> L'article sugg�re une note d'espoir avec Vicky Christina Barcelona (ce
> qui me semble g�n�reux).

WA serait-il un b�te misogyne ?

> 5. Les non juifs
> Ne sont pas assez n�vros�s, donc pas assez humains

WA serait-il sioniste au point d'�tre antigoy ?

> 6. Los Angeles
> Hollywood et ses films sont soigneusement ignor�s par les personnages
> des films d'Allen. Ou bien ils suscitent leur horreur.

WA aurait-il un probl�me avec Hollywood sans que quiconque nous ait mis au
courant ?

> 7. La conduite
> Alvy Singer dans Annie Hall est un conducteur ex�crable mais quand il
> est passager, �a n'est gu�re mieux, surtout quand le fr�re d'Annie
> (Christopher Walken) se trouve au volant et lui parle de ses
> tentations de provoquer un carambolage mortel.

WA aurait-il un probl�me avec le mode de transmort le plus usit� en dehors
de la maladie ?

> 8. La violence
> Toujours repr�sent�e hors champ. Alors qu'il y a quelques films
> "policiers" � son compteur (Meurtre myst�rieux � Manhattan, Le
> Sortil�ge du Scorpion de Jade, Ombres et brouillard), Agatha Christie
> fait du gore � c�t�.

WA aurait-il un probl�me avec la vue du sang dont nous n'aurions pas
connaissance ?

> 9. Bob Dylan
> Ridiculis� dans Annie Hall en le faisant encenser par une idiote qui
> d�clame les paroles des chansons.

Robert Dylan n'a t-il jamais �t�, non plus, ridicule ?

> 10. La musique moderne en g�n�ral, le rock en particulier
> Alors qu'il habite New York, une des villes avec les plus fortes
> cr�ations musicales de l'Am�rique, le temps semble s'�tre arr�t� pour
> Allen � la fin des ann�es 30. Toute musique plus r�cente est l'objet
> de blagues ou de sarcasme. Le nadir : le personnage du fils punk dans
> Hollywood Ending.

La musique Major (itairement) diffus�e des 60 derni�res ann�es serait-elle
si absolument renversante que WA serait un bien pi�tre auditeur de ces
merveilles ?

> 11. Le cin�ma ind�pendant ou du reste du monde depuis 75
> Allen a toujours assum� ses influences mais il n'y a presque aucune
> ouverture sur le cin�ma contemporain. Les rares tentatives de prendre
> un acteur "qui monte" sont tr�s convenues et se font au d�triment du
> film.

WA, � 75 ans, serait donc orient� cin�matographiquement parlant vers le Big
Bang plut�t que le Big Crunch et le fait qu'il n'ait soutenu ni Lynch ni
Gondry ni Woo serait une anti-m�daille � anti-compresser si l'�nergie
"Noire" l'emportait in fine sur la gravit� quantique ?

> 12. Les drogues � usage r�cr�atif
> Quoi, des gens sont pr�ts � renoncer provisoirement � leur capacit� �
> r�fl�chir pour passer un bon moment ??????

L�, je ne peux commenter, ne connaissant pas les id�es de WA en la mati�re.
Mais s'il est pour la r�pression, je ne suis pas d'accord et ne le trouve,
tout � coup, pas gentil du tout du tout. C pa mon copin.

Toi :

"Maintenant, j'y vais au coup par coup, environ un film sur deux histoire

de tenter ma chance. Dans les films r�cents, il y a eu quelques
r�ussites mineures mais je n'ai plus envie de me faire avoir par les
"grands retours en forme" fa�on Match Point ou Vicky Christina
Barcelona. Et puis bon, l�, je voudrais avancer dans la saison 4 de "The
Wire"...

Moi : Niet Argument pour l'ensemble. Time over.

Rien que : Match Point est un �pisode de la s�rie "Crimes et d�lits". On tue
facile, et la TV amerloque, qui est devenue la TV mondiale (de plus imit�e
par les TV locales, atrocement mal, mais efficacement quant au volet de
propagande polici�re), est le personnage principal, jamais v�ritablement
montr�e, � peine d�sign�e dans un dialogue.

Quand tu feras le m�me travail de collection d'article, voire un boulot
personnel sur the Wire, ou the Shield, ou toute autre sorte de machins de
qualit� alpha en mati�re de r�a, mais avec un background pour le coup hideux
question propaganda-ultralib�ralisme, je serai int�ress�.

On ne peut reprocher � WA de faire du WA, pas davantage qu'� Ozu de faire du
Ozu voire m�me � FK de faire du FK .
Une personnalit� se concentre sur deux choses : ses pr�rogatives et ses
meilleures altitudes.

L'Homme-Tout est mort dans les grottes de Tautavel, puis encore une fois �
Ath�nes et � Rome, puis en dernier pendant la Renaissance.

Maintenant, nous sommes revenus dans nos grottes. Reprocher � WA ce qui est
stigmatis� dans au moins six ou sept de ces points, c'est reprocher �
Odysseus de n'avoir pas d�couvert l'Am�rique, � Shakespeare de ne pas savoir
conduire, ou, plus rude, � Konrad d'avoir dans de multiples romans - dont
Lord Jim - d'avoir conserv� l'id�e que malgr� l'humanit� manifeste des
peuplades rencontr�es, un blond aux yeux bleus, m�me coupable de la pire des
l�chet�s, valait � la base mieux qu'un repr�sentant de toutes les autres
races, et de loin.

Et non seulement �a, mais qu'un m�tis �tait forc�ment biais�, � tous points
de vue.
Je rappelle que les oeuvres dont je parle sont du d�but du XX �me si�cle, et
qu'elles sont �tudi�es dans les plus grandes �coles. A raison, si le
contexte, m�me si r�cent, est rappel�.

WA est un pur Manhattanien, sans aucun doute r�actionnaire � beaucoup
d'�gards, n�vros� mais avec cette qualit� extraordinaire d'avoir transcend�
s(c)es difficult�s pour b�tir en partie avec une oeuvre magistrale.

Sans doute trop de films, une gourmandise ou une urgence, on s'en fout. Ce
n'est pas grave, il suffira de trier.

Mais tout attendre, toutes les qualit�s...
Et surtout, surtout, faire passer une critique assez dure pour un simple
gag, une s�rie de reproches de potache, alors qu'il s'agit pour au moins la
moiti� de mise en cause non seulement de la qualit� de sa production
artistique, mais davantage, de le faire passer pour ferm� sur sa culture,
raciste, juif antigoy (ce qui est pareil que raciste mais �a s'additionne)
misogyne, intello quasi born�, coinc�, bloqu� sur tout autre cin�ma que le
sien ou celui d'anciens ma�tres, pass�iste etc..

Mais tu nous as habitu� � ces traitements � l'emporte-pi�ce. Tu voulais sans
doute r�veiller Yannick.
Ben non, tu vois, il ne lis pas le forum, apparemment. Il a sans doute mieux
� faire !


--

Sacha


sacha martinetti-levy

unread,
Jul 4, 2009, 3:01:30 PM7/4/09
to
In ref :<e8cb9edd-af5f-410d...@z34g2000vbl.googlegroups.com>,
jojo <joj...@gmail.com> a transmis ceci :

>> Maintenant, j'y vais au coup par coup, environ un film sur deux

>> histoire de tenter ma chance. Dans les films r�cents, il y a eu
>> quelques r�ussites mineures mais je n'ai plus envie de me faire
>> avoir par les "grands retours en forme" fa�on Match Point ou Vicky
>> Christina Barcelona. Et puis bon, l�, je voudrais avancer dans la


>> saison 4 de "The Wire"...

> Voila, excellente priorite, c'est une saison fantastique d'une serie
> extraordinaire, a des annees lumieres au dessus de ce que Allen a fait
> et fera jamais.

Tu vois, Fran�ois, les +1 qui t'accompagnent ? C'est malin.
Relis bien ce petit paragraphe de jojo : c'est pas jojo.


--

Sacha


Francois Kahn

unread,
Jul 4, 2009, 6:41:37 PM7/4/09
to
sacha martinetti-levy <sacha.retir...@freesurf.fr> wrote:

> Mais tu nous as habitu� � ces traitements � l'emporte-pi�ce. Tu voulais sans
> doute r�veiller Yannick.
> Ben non, tu vois, il ne lis pas le forum, apparemment. Il a sans doute mieux
> � faire !

Depuis un certain temps, j'ai d�cid� de ne pas r�pondre � tes messages
et de les ignorer autant que possible.

Apr�s ce message, j'appliquerai � nouveau ce principe.

Je participe assez r�guli�rement � ce forum et je poste sur des sujets
relativement divers. Le trafic n'est plus ce qu'il �tait mais il
m'arrive de contribuer.

Depuis six mois, un an, tes retours sur frcd se font syst�matiquement
pour m'enfoncer, puis partir quelques jours sur des digressions puis
dispara�tre subitement. A la diff�rence de quelqu'un d'autre, tu n'as
sans doute visiblement "rien de mieux � faire".

Consulte tes messages envoy�s sur frcd si tu veux v�rifier �a.

Quant � l'article reproduit, �a fait des ann�es que je suis un lecteur
r�gulier de The Onion et de son suppl�ment culturel "s�rieux", The AV
Club. �a fait aussi un certain temps que je poste des liens sur certains
de leurs articles. Ce qu'il y a d'int�ressant avec eux, m�me si c'est en
anglais, c'est que leurs articles sont souvent p�remptoires, avec une
petite dose de mauvaise foi, mais qu'ils arrivent � faire comprendre que
c'est plus pour ouvrir au dialogue que pour composer une somme
d�finitive sur un sujet.

L'article sur Woody Allen a �t� un de ceux qui, depuis quelques mois, a
d�clench� le plus de r�actions aupr�s des lecteurs. Auxquelles j'ai
contribu� sous mon pseudo habituel l�-bas. Comme je l'avais pr�cis� en
t�te du message, le site est plut�t "pro-Woody" et avait fait il y a
quelques mois un long article proposant les films � voir en priorit�,
ceux qui �taient moins accessibles aux spectateurs d�butants mais
peut-�tre plus profonds, ceux qui �taient pour fans seulement, etc.

C'est ind�niable qu'Allen a des marottes, des petites obsessions d�nu�es
de m�chancet� et qui font ses films peut-�tre pas au m�me titre que
l'analyse de la psych� humaine, mais qui composent un "Woody Allen". Ce
sont les titres dans la m�me police de caract�res depuis trente ans, les
boutades, les r�currences de certains types de personnages secondaires,
la musique � base de Benny Goodman et d'artistes de la m�me �poque, etc.
Bref, les ingr�dients n�cessaires � un bon pastiche.

Certains de ces ingr�dients ont du "charme", d'autres moins. Et certains
des meilleurs films de Woody Allen se b�tissent malgr� ces travers, ces
marottes. Les recenser n'est pas amoindrir son oeuvre cin�matographique,
surtout quand pour appr�cier la liste il faut une bonne connaissance
pr�alable de ses films.

Je suis par ailleurs de l'avis que son cin�ma est entr� dans une zone de
turbulences depuis plus d'une d�cennie, que les personnages f�minins
qu'il compose ont perdu en personnalit� et que son dernier "grand film"
serait "Harry dans tous ses �tats". Je n'en fais pas pour autant un
r�alisateur fini. Je fais reposer cette situation sur ses m�thodes, vu
qu'il s'oblige (ce qu'il dit lui-m�me dans ses interviews) � faire un
film par an.

Peut-�tre est-il arriv� dans une phase o� il a un peu perdu en
cr�ativit� et en invention (ce qui serait compr�hensible � son �ge et
apr�s un tel nombre de films), m�me s'il a peut-�tre gagn� en ma�trise
de l'autre c�t�. Toujours est-il que quelqu'un qui d�couvre Woody Allen
par "Hannah et ses soeurs", "Maris et femmes", "Annie Hall",
"Manhattan", "Crimes et d�lits" ou "La Rose pourpre du Caire" aura
certainement envie de fouiller davantage dans son oeuvre. Dans les
r�cents, hmmmm.... Il y a peut-�tre "Match Point", que je trouve
personnellement in�gal et l'objet de pas mal d'indulgence due � la
plastique de l'actrice principale.

Ce dont tu sembles de plus n'avoir pas conscience, c'est que �a fait des
lustres que les Woody Allen ne cr�ent plus "l'�v�nement" sauf quand il y
a une jeune blonde � forte poitrine que beaucoup aimeraient baiser. Ses
films sortent dans un ennui poli avec de temps en temps dans les canards
parisiens une interview ou une critique un peu plus positive que les
pr�c�dentes. Il y a quelques fid�les qui iront voir le film mais le
d�bat blobal sur Woody Allen est entr� dans une zone o� il y a surtout
de la r�v�rence polie ou du "je regarderais pt'�tre quand �a passera �
la t�l�". Ou sinon il y a la poign�e de z�lateurs dont Rolandeau fait
partie. Parler de ses fims r�cents autrement que pour dire "Ah, �a fait
plaisir de le voir revenir un peu en forme" repr�sente d�j� un effort
sup�rieur � ce que fait la majorit� du public m�me cin�phile.

Je continue � voir des Woody Allen quand j'ai l'intuition que le film
pourra �tre int�ressant, pas pour perdre mon temps en me foutant d'un
film que j'aurai d�cid� par avance de d�tester. Je r�serve �a � un
Michael Bay ou � un Desplechin

Enfin concernant tes th�ses comme quoi je voudrais "r�veiller Yannick",
je te fais remarquer qu'elles atteignent un joli niveau de connerie. La
derni�re chose dont j'ai envie, c'est d'avoir droit � une nouvelle
vendetta de ce type et de le provoquer sur un forum o� il n'a plus mis
les pieds depuis au moins un an et qu'il ne lit visiblement plus, pas
plus que la plupart de ses inconditionnels. De ce c�t�, mon �nervement
s'est transform� en amusement et m�me cet amusement devient avec l'usure
moins efficace que la d�couverte d'un extrait de "The Room" de Tommy
Wiseau.

Des preuves ? il y a un an, j'aurais pu �taler les efforts d�sesp�r�s de
Yannick d'�tre consid�r� comme une autorit� par Wikipedia, je ne l'ai
pas fait. J'aurais pu balancer des allusions � r�p�tition � son grand
oeuvre en cours sur la mise en sc�ne au cin�ma (dont j'ai �galement eu
vent il y a des mois � sa propre initiative, en fait...), je ne l'ai pas
fait. Bon, je reconnais que je mentionne maintenant ces trucs (aucune
envie de ressortir de vieux griefs � la place) mais ce r�sum� n'est rien
par rapport � ce que quelqu'un de mal intentionn� pourrait en tirer ou
de la pol�mique que �a aurait pu g�n�rer ici en temps et en heure.

� la diff�rence de Woody Allen, o� j'ai encore espoir qu'il nous fasse
encore quelques films int�ressants et o� il y a de toute fa�on assez de
films majeurs pour lui valoir une place dans un panth�on culturel,
Yannick Rolandeau ne m�rite pas qu'on parle de lui quand il n'y a rien �
en dire. Je continue � penser que c'est un aspirant alternativement
cin�aste/critique/�crivain qui a de grandes ambitions intellectuelles
mais ses ambitions se mesurent p�niblement � ses r�alisations concr�tes,
sauf pour quelques partisans. La disproportion pr�te en fait � sourire,
accentu�e par le style dogmatique et �nerv� de l'individu, les
maladresses et la mauvaise foi que pointent du doigt tous ses
adversaires, mais pas au point d'en faire un croque-mitaine ou un p�re
fouettard destin� � attirer des rires faciles en son absence. Vu le
nombre de gourous et de prescripteurs dangereux en activit� sur
Internet, il est contre-productif de s'acharner sur un pauvre diable,
surtout quand il ne fait plus illusion.

Sur ce, je te renvoie � tes espoirs �ventuels qu'un adolescent sorte de
"Whatever Works" avec les larmes aux yeux, qu'il s'exclame "Quel grand
film ! Qu'est-ce que son r�alisateur a fait d'autre ?" et que tu lui
tendes une copie patiemment annot�e par tes soins dans les marges du
"Cin�ma de Woody Allen" pour lui faire d�couvrir la vie gr�ce � la plume
de Yannick Rolandeau. Ou � la lecture d'un de mes prochains messages qui
serait une "provocation" visible. Mais apr�s tout, tout comme Yannick,
tu auras "sans doute mieux � faire", non ?

--
FK
"In France, an average of 200 films are released each year, over half of
which are about French cinema."

jojo

unread,
Jul 5, 2009, 4:45:46 AM7/5/09
to
On 4 juil, 21:01, "sacha martinetti-levy" <sacha.retirez-
moimar...@freesurf.fr> wrote:
> In ref :<e8cb9edd-af5f-410d-be4e-5cf40626c...@z34g2000vbl.googlegroups.com>,
> jojo <jojl...@gmail.com> a transmis ceci :

>
> >> Maintenant, j'y vais au coup par coup, environ un film sur deux
> >> histoire de tenter ma chance. Dans les films récents, il y a eu
> >> quelques réussites mineures mais je n'ai plus envie de me faire
> >> avoir par les "grands retours en forme" façon Match Point ou Vicky
> >> Christina Barcelona. Et puis bon, là, je voudrais avancer dans la

> >> saison 4 de "The Wire"...
> > Voila, excellente priorite, c'est une saison fantastique d'une serie
> > extraordinaire, a des annees lumieres au dessus de ce que Allen a fait
> > et fera jamais.
>
> Tu vois, François, les +1 qui t'accompagnent ? C'est malin.

> Relis bien ce petit paragraphe de jojo : c'est pas jojo.
>

Oh le pauvre pitchounet est choque qu'on prefere une serie tele a
Woody Allen... Grow up.

Thierry M.

unread,
Jul 5, 2009, 5:05:09 AM7/5/09
to
Aprᅵs mᅵre rᅵflexion, Francois Kahn a ᅵcrit :
> The AV Club, un site web amᅵricain a priori plutᅵt pro-Allen s'est amusᅵ

c'est surtout un journaleux qui doit remplir une page blanche avec du
vide... allez, on fait la mᅵme pour l'age de glace 3 (que je n'ai pas
encore vu, mais pour raconter n'importe quoi, ce n'est pas la peine) :

1/ noirs: il n'ya pas de mamouths noirs dans ce film
2/ afrique: elle ne semble mᅵme pas ᅵvoquᅵe, tout se passe dans une
sibᅵrie terrestre, c'est du racisme par omission.
3/ falaise: elle se contente d'ᅵtre au bord du prᅵcipice, ce qui est un
manque d'imagination
4/ femme: la femme du rongeur est un archᅵtype dᅵvalorisant qui ne
demande qu'a coucher.
5/ non juifs: le tigre a dent de sabre es-il juif ?

etc.

--
Thierry
Aero-QCM (Vol libre, vol ᅵ voile, ulm, avion)
http://ardf.free.fr/QCM/forum/


Francois Kahn

unread,
Jul 5, 2009, 7:11:01 AM7/5/09
to
Thierry M. <thry.NOSP...@wanadoo.fr.INVALID> wrote:

> Apr�s m�re r�flexion, Francois Kahn a �crit :


> > The AV Club, un site web am�ricain a priori plut�t pro-Allen s'est amus�
>

> c'est surtout un journaleux qui doit remplir une page blanche avec du

> vide... allez, on fait la m�me pour l'age de glace 3 (que je n'ai pas


> encore vu, mais pour raconter n'importe quoi, ce n'est pas la peine) :

Si tu avais pris la peine de cliquer sur la page, tu aurais vu que
c'�tait un papier �crit � plusieurs plumes. Le genre de trucs o� en
comit� de r�daction chacun fait ses suggestions puis apr�s r�union
chacun a une ou deux entr�es � r�diger, pas le grand r�quisitoire qu'un
plumitif signe pour se faire un nom en esp�rant un succ�s de scandale.

>
> 1/ noirs: il n'ya pas de mamouths noirs dans ce film

Un truc qui me fait doucement rigoler c'est que ceux qui jugent cet
article sacril�ge ou qui d�fendent le r�alisme des observations de Woody
Allen sur New York n'y ont souvent jamais mis les pieds. Il y a une
grosse communaut� noire � New York et elle est fortement int�gr�e dans
les milieux artistiques et culturels que les personnages des films de
Woody Allen sont cens�s fr�quenter et ce depuis des d�cennies.

Le New York de Woody Allen est en fait en bonne part le New York des
films hollywoodiens des ann�es 50. Et il en fait un cadre romantique,
pas le New York r�aliste de Scorsese ou de Spike Lee. J'exag�re en
parlant de romantisation de New York ou de vision hollywoodienne ? C'est
Allen qui le dit lui-m�me :

http://www.usatoday.com/life/movies/news/2009-06-17-woody-allen_N.htm?cs
p=34

Que l'on aime ou que l'on n'aime pas Woody Allen, on peut au moins
admettre qu'il travaille avec un univers fictif qui est restreint dans
son extension (cf. le fait que l'espagnol est la seule langue parl�e par
les autochtones dans Vicky Christina Barcelona). Son New York ne pr�tend
pas �tre le "vrai" New York, pas plus que le personnage jou� par Woody
Allen n'est un double de l'auteur lui-m�me. La faible repr�sentation de
la communaut� noire dans ses films y participe. �a n'a rien � voir avec
du racisme mais quand Woody Allen tente justement de faire un effort en
faisant figurer un personnage noir dans M�linda et M�linda, il cumule
les bonnes intentions et il se plante au final.

Le d�calage avec la r�alit� dans ses films n'a jamais �t� trop g�nant �
mes yeux, sauf �videmment quand il pr�tend donner une le�on � la
modernit� et qu'il ne fait que r�v�ler son incompr�hension des
�volutions du monde.


> 2/ afrique: elle ne semble m�me pas �voqu�e, tout se passe dans une
> sib�rie terrestre, c'est du racisme par omission.
> 3/ falaise: elle se contente d'�tre au bord du pr�cipice, ce qui est un
> manque d'imagination
> 4/ femme: la femme du rongeur est un arch�type d�valorisant qui ne

> demande qu'a coucher.
> 5/ non juifs: le tigre a dent de sabre es-il juif ?

Et alors ? �a ne retire aucune pertinence � la critique des d�tails
r�v�lateurs, de l'id�ologie qu'il peut y avoir dans un film (je ne parle
pas sp�cialement de Woody Allen). Barthes l'a tr�s bien fait en
commentant les m�ches �tudi�es des acteurs du Jules C�sar de Mankiewicz
dans "Mythologie". �a ne semble relever que de l'anecdote mais il avait
mis le doigt sur un a priori fondamental du style du flm.
--
FK

Francois Kahn

unread,
Jul 5, 2009, 7:11:01 AM7/5/09
to
jojo <joj...@gmail.com> wrote:

> > >> Maintenant, j'y vais au coup par coup, environ un film sur deux

> > >> histoire de tenter ma chance. Dans les films r�cents, il y a eu
> > >> quelques r�ussites mineures mais je n'ai plus envie de me faire
> > >> avoir par les "grands retours en forme" fa�on Match Point ou Vicky
> > >> Christina Barcelona. Et puis bon, l�, je voudrais avancer dans la


> > >> saison 4 de "The Wire"...
> > > Voila, excellente priorite, c'est une saison fantastique d'une serie
> > > extraordinaire, a des annees lumieres au dessus de ce que Allen a fait
> > > et fera jamais.
> >

> > Tu vois, Fran�ois, les +1 qui t'accompagnent ? C'est malin.


> > Relis bien ce petit paragraphe de jojo : c'est pas jojo.
> >
>
> Oh le pauvre pitchounet est choque qu'on prefere une serie tele a
> Woody Allen... Grow up.

Je pr�f�re terminer une bonne saison d'une des meilleures s�ries
am�ricaines jamais faites � voir en priorit� un Woody Allen au mieux
"correct".

En fait, je ne pr�f�re pas forc�ment "The Wire". Ils ont un angle
d'approche qui est lui-m�me assez orient� autant qu'il faut adh�rer aux
pr�suppos�s d'un Woody Allen. The Wire, c'est, au meilleur sens du
terme, du marxisme.

Nuance, �a n'est pas une s�rie communiste ou socialiste. C'est surtout
une s�rie qui, fid�le aux id�es philosophiques de Marx, estime que
l'individu est �troitement d�termin� par les structures (morales,
�conomiques, politiques, etc.) auxquelles il appartient, que ce sont
elles qui le dominent et qu'il n'y a que de tr�s rares (voire aucune)
exceptions.

Les types des quartiers sont le produit de leur environnement et les
r�gles du jeu font qu'ils n'ont que le trafic pour gagner leur vie,
certains se d�brouillent mieux parce qu'ils ont per�u les r�gles mais
ils n'arrivent pas forc�ment � s'en affranchir (cf. Barksdale et
Stringer Bell quand ils veulent se r�orienter vers des activit�s
l�gales). De m�me, les flics ou les profs peuvent faire tout ce qu'ils
peuvent, leur hi�rarchie raisonne en termes statistiques et ils
r�coltent surtout des frustrations. Bref, personne ne peut �chapper �
son destin.

C'est une s�rie plut�t d�moralisante, parfois tr�s bien faite (l'id�e de
ramener les �pisodes � n'�tre que les chapitres d'un ensemble plus vaste
permet une ambition in�dite dans les th�mes abord�s), parfois un peu
lourde et d�monstrative. Je crois qu'elle ne me procurera jamais la
claque qu'est le d�nouement de "The Shield", qui a bien plus de ficelles
d'�criture, de clich�s et de conventions (� premi�re vue, le r�sum� d'un
�pisode ressemble � la une du Nouveau D�tective), mais dont les
sept-huit derniers �pisodes ont un poids extraordinaire parce qu'ils
avaient des personnages avec de la pr�sence et que leurs relations ont
fini par prendre le dessus.

En tout cas, heureusement qu'il y a des gens comme David Simon ou Shawn
Ryan pour ne pas traiter la vie comme un film de Woody Allen. Et �
l'inverse, heureusement qu'il y a un type comme Woody Allen pour ne pas
nous repr�senter l'existence comme une s�rie de r�glements de comptes.

Thierry M.

unread,
Jul 5, 2009, 7:46:48 AM7/5/09
to
Aprᅵs mᅵre rᅵflexion, Francois Kahn a ᅵcrit :

> Si tu avais pris la peine de cliquer sur la page, tu aurais vu que
> c'ᅵtait un papier ᅵcrit ᅵ plusieurs plumes. Le genre de trucs oᅵ en
> comitᅵ de rᅵdaction chacun fait ses suggestions puis aprᅵs rᅵunion

ᅵa ne change rien, c'est creux, vide, et je me fous de woody allen :o)

- Allez les gars, brainstorming, john ?
- oui, heu j'ai remarquᅵ qu'il n'avait pas lavᅵ les carreaux de sa
fenᅵtre dans escroc mais pas trop
- frank ?
- il faudrait parler des noirs, il est essentiel dans un film de parler
des noirs
- trᅵs bien, jessica ?
- il faut trouver un film de woody sans aucun noir, on pourra illustrer
notre article en le citant
- frank ?
- oui, mais atention, il faut sortir du contexte juif new yorkais


bref, un genre de metropolitan/jeune et jolie/cosmo du cinᅵma

Francois Kahn

unread,
Jul 5, 2009, 8:11:07 AM7/5/09
to
Thierry M. <thry.NOSP...@wanadoo.fr.INVALID> wrote:

> Apr�s m�re r�flexion, Francois Kahn a �crit :
>

> > Si tu avais pris la peine de cliquer sur la page, tu aurais vu que

> > c'�tait un papier �crit � plusieurs plumes. Le genre de trucs o� en

> > comit� de r�daction chacun fait ses suggestions puis apr�s r�union
>
> �a ne change rien, c'est creux, vide, et je me fous de woody allen :o)

(...)

>
> bref, un genre de metropolitan/jeune et jolie/cosmo du cin�ma

Donc tu critiques un truc sans l'avoir lu simplement sur la base de mon
r�sum� et sans chercher � conna�tre le support d'o� �a vient ?

Rien � rajouter, sauf qu'avec des soutiens pareils, Woody Allen n'a plus
besoin d'ennemis.

Thierry M.

unread,
Jul 5, 2009, 8:39:20 AM7/5/09
to
Francois Kahn a exprimᅵ avec prᅵcision :

> Donc tu critiques un truc sans l'avoir lu simplement sur la base de mon

> rᅵsumᅵ et sans chercher ᅵ connaᅵtre le support d'oᅵ ᅵa vient ?

ben ton rᅵsumᅵ montre juste que je fais bien de ne pas lire l'article.
trᅵs bon rᅵsumᅵ :o)
ah, c'ᅵtait pt'etre pas l'effet escomptᅵ...
bon, tant pis. mais aller nous raconter que tel personnage, dans tel
film ne sait pas conduire correctement (*), que c'est un fait marquant
dans l'oeuvre de woody allen... ? un des 12 !!!???
si, ᅵa prouve que "coco il nous faut un article en 12 points ! je tiens
dᅵjᅵ le titre, planchez la dessus"

Il ya certaienement pleins d'ᅵtudes interressantes sur WA...
Si vous l'aimez, pointez nous des liens, je vais peut ᅵtre m'y
interresser ? qui sait ?

> Rien ᅵ rajouter, sauf qu'avec des soutiens pareils, Woody Allen n'a plus
> besoin d'ennemis.

ben ce n'est pas ce genre d'article qui va le soutenir, et puis de
toute faᅵon, allen a son public que cela ne fera pas frᅵmir et les
autres s'en foutent bien de qui il est, il vont voir un film, c'est
tout.
personnellement je serais plutᅵt dans la seconde catᅵgorie. j'aime
regarder un film d'un oeil vierge et je suis trᅵs bon public (sauf pour
transformer2).

sacha martinetti-levy

unread,
Jul 6, 2009, 11:26:54 AM7/6/09
to
In ref :<1j2cqpi.1c00wwb1dznc39N%lor...@alussinan.org>,

Francois Kahn <lor...@alussinan.org> a transmis ceci :

> sacha martinetti-levy <sacha.retir...@freesurf.fr> wrote:


>
>> Mais tu nous as habitu� � ces traitements � l'emporte-pi�ce. Tu
>> voulais sans doute r�veiller Yannick.
>> Ben non, tu vois, il ne lis pas le forum, apparemment. Il a sans
>> doute mieux � faire !

> Depuis un certain temps, j'ai d�cid� de ne pas r�pondre � tes messages
> et de les ignorer autant que possible.

Un temps certain. Mes tentatives de paix se sont sold�es par des �checs et
des critiques d'une violence effarante.
Mais bon, passons, en effet. �a n'a plus beaucoup d'importance, si �a en a
eu.

> Apr�s ce message, j'appliquerai � nouveau ce principe.

Principe idiot. Je peux tr�s bien �crire des choses qui te donneront envie
de r�agir. Il ne faut pas non plus tout le temps rouler dans la
centrifugeuse. La cage est d�j� assez petite sans �a.

> Je participe assez r�guli�rement � ce forum et je poste sur des sujets
> relativement divers. Le trafic n'est plus ce qu'il �tait mais il
> m'arrive de contribuer.
>
> Depuis six mois, un an, tes retours sur frcd se font syst�matiquement
> pour m'enfoncer, puis partir quelques jours sur des digressions puis
> dispara�tre subitement. A la diff�rence de quelqu'un d'autre, tu n'as
> sans doute visiblement "rien de mieux � faire".

Ce n'�tait que le deuxi�me de cette sorte, et ce n'�tait pas pour
"t'enfoncer".
J'ai r�agis comme souvent sur ces histoires sordides de trou du cul
condylom�s ou de bol alimentaire. La vie priv�e - je dis v�ritablement
*priv�e* de ces hommes pourrait au moins �tre respect�e pendant que leur
cadavre craque encore en se refroidissant.

> Consulte tes messages envoy�s sur frcd si tu veux v�rifier �a.

Je vais �tre tr�s clair : Ma derni�re phrase de mon dernier post �tait en
effet de l'ordre du proc�s d'intention, sans doute un puissant mim�tisme �
rebours. Les anciens savent que ce n'est pas mon habitude.
Peut-�tre que Rousseau avait curieusement pr�vu mon erreur en �voquant
(toutes proportions gard�es, hein) les manquements de Schopenhauer.
Donc je te prie (une nouvelle fois) de m'excuser.

C'est l� que je ne suis pas d'accord, et ce pourquoi ma tectonique m'a trahi
(la bonne vieille chaleur des �tats du sud ch�re � Caldwell, celle qui fait
danser les neurones et les fusils, organiques ou de m�tal cisel�) :

Cette liste n'est pas gentillette, elle ne fixe pas des "marottes", elle ne
fait pas sourire, et encore moins rire : C'est une des pires attaques en
r�gle que j'ai lues sur un grand r�alisateur, et la plus dure en tous cas
sur WA.
La faire passer pour autre chose m'est apparu au minimum comme proc�dant
d'un syst�me. J'ai pens� apr�s le quatri�me point, d�j�, qu'il s'agissait
d'une charge f�roce.

La finesse des gars �tant d'intercaler ici ou l� un point ultra-mineur, tel
la conduite, voire m�me Hollywood.

> Je suis par ailleurs de l'avis que son cin�ma est entr� dans une zone
> de turbulences depuis plus d'une d�cennie, que les personnages
> f�minins qu'il compose ont perdu en personnalit� et que son dernier
> "grand film" serait "Harry dans tous ses �tats". Je n'en fais pas
> pour autant un r�alisateur fini. Je fais reposer cette situation sur
> ses m�thodes, vu qu'il s'oblige (ce qu'il dit lui-m�me dans ses
> interviews) � faire un film par an.

> Peut-�tre est-il arriv� dans une phase o� il a un peu perdu en
> cr�ativit� et en invention (ce qui serait compr�hensible � son �ge et
> apr�s un tel nombre de films), m�me s'il a peut-�tre gagn� en ma�trise
> de l'autre c�t�. Toujours est-il que quelqu'un qui d�couvre Woody
> Allen par "Hannah et ses soeurs", "Maris et femmes", "Annie Hall",
> "Manhattan", "Crimes et d�lits" ou "La Rose pourpre du Caire" aura
> certainement envie de fouiller davantage dans son oeuvre. Dans les
> r�cents, hmmmm.... Il y a peut-�tre "Match Point", que je trouve
> personnellement in�gal et l'objet de pas mal d'indulgence due � la
> plastique de l'actrice principale.

Je ne suis pas un ex�g�te de cet auteur. Il tourne trop, et de l'avis de
tous. Toutefois, imaginer WA tournant moins est aussi sp�cieux que de
changer la constante de Planck afin d'imaginer un monde meilleur.

Pourtant, parfois en effet la mar�e basse r�v�le la signature d'un diamant.
match Point est de ceux-l�. A mille lieux au-dessus de la plupart des
productions de ces derni�res ann�es - des siennes, de celles de beaucoup
d'autres p�m�s et palm�s et des meilleurs opus des meilleures s�ries.

Le duo (la s�rie) Crimes et d�lits/Match Point est une merveille
terrifiante, qui n'a rien � voir avec la plastique d'une nana en ce qui
concerne le second �pisode (j'ai rat� qq chose ? Je ne me souviens pas du
tout de ce genre de stimuli dans ce film).
Il y a dans ce dernier un recours � une m�taphysique du chaos, r�gissant
bien davantage nos vies que ce que les s�ries voudraient nous propagander :

En g�n�ral une police toute-puissante, sinon d�pass�e par Le Crime, ainsi
que des service-secrets o� trainent �galement les meilleurs hommes
disponibles de la plan�te, le plus souvent sous la pression de politiques
gouvernementales et judiciaires affreusement injustes, de
b�tons-dans-les-roues mis par les caciques locaux ignobles �lus (la
d�mocratie), et min�s par des �l�ments �videmment de passage, rarement les
h�ros-�ros-h�ro�ne du peuple install�s pour six saisons par les valets des
comit�s de s�lection des cha�nes, eux-m�mes sous la pression maximale des
groupes d'investissements.

Ces groupes d'investissement repr�sentant qui ? Le syst�me-m�me qui serait
mis � mal de fa�on paradoxale par les cha�nes diffusant ces s�ries ? Oui.
Parce qu'� la fin, la seule propagande int�ressante est celle des gardiens,
des milices, des flics, de l'arm�e, des gardes du corps VIPware, qui sont le
v�ritable mur entre les consommateurs de ces s�ries, et ceux qui vivent avec
une part statistique chaque jour plus importante du nerf de la guerre, du
pognasse, du pouvoir.

Ce WA justement brise le miroir aux alouettes de ce que le m�me WA parait
ailleurs encenser, une sorte de Rohmer � l'am�ricaine, les milieux bourgeois
et cultiv�s :

Les hommes n'y sont pas meilleurs qu'ailleurs, certains sont des salauds
authentiques aussi physiquement dangereux que les killers basan�s qu'on nous
montre � sati�t� dans les s�ries depuis Serpico jusqu'� The Shield, et, �
l'instar de Kubrick, territoires et violence sont indissociables (il y a un
sens li� �galement dans ce dernier mot).

Mais WA rejoint �galement Resnais ("Smoking", "No Smoking") dans l'id�e que
le chaos dont je parle plus haut, est bien davantage ma�tre de nos vies que
le principe divin, big Brother /absolu/, qui r�gne pourtant en ma�tre dans
la quasi totalit� de la production audio-visuelle mondiale depuis la fin des
70's. Celui qui veut que tout crime soit puni (h�ritier de la n�vrose
hitchcockienne, mais je ne pense pas qu'il y ait l� une filiation r�elle,
faut pas d�conner.)
Le d�but de l'�re Reggan.

Ce film et son pr�alable d�montrent que Woody Allen continue d'avoir une
vision pr�cise du monde, malgr� ses gr�garit�s new-yorkaises et tout ce
qu'on peut en dire - apr�s tout Scorc�se ne parle que de son quartier depuis
des lustres, �galement - mais que plus encore, il d�monte avec la l�g�ret�
d'un Fred Astaire, la colline d'immondices t�l�visuels qui continue de se
d�verser sur la plan�te, venant d'o� ? Hollywood - dont les savants se sont
dor�navant empar�s pour travestir les vieilles recettes en nouvelles, par la
magie d'un bon casting tant des r�alisateurs, des sc�naristes, que des
trognes com�diennes. Les Sopranos ont �t� le prototype.

Alors oui, parfois, il y a des r�alisateurs qui transcendent ou amusent. En
effet on se marre (jaune) avec le doc House, qui au moins � la vertu d'�tre
ce que sur ce forum on appellerait un salaud mais dont, sur l'�cran, on
pl�biscite l'extraordinaire mix d'intelligence ac�r�e et de misanthropie
dandy.
Mais il y avait �galement Columbo, ultra r�p�titif, voire machinique,
obsessionnel, une tentative d'ordre par le rituel, afin de juguler le chaos
dont je parle plus haut ? En tous cas, il y a toujours eu des s�ries
atypiques.

Mais Columbo gagnait toujours. Et c'�tait bien un flic. Alors que les stats
donnent au meilleur un pourcentage de moins de 30% de crimes r�solus aux
states (on ne fait pas beaucoup mieux en France).

>Ce dont tu sembles de plus n'avoir pas conscience, c'est que �a fait
> des lustres que les Woody Allen ne cr�ent plus "l'�v�nement" sauf
> quand il y a une jeune blonde � forte poitrine que beaucoup
> aimeraient baiser. Ses films sortent dans un ennui poli avec de temps
> en temps dans les canards parisiens une interview ou une critique un
> peu plus positive que les pr�c�dentes. Il y a quelques fid�les qui
> iront voir le film mais le d�bat blobal sur Woody Allen est entr�
> dans une zone o� il y a surtout de la r�v�rence polie ou du "je
> regarderais pt'�tre quand �a passera � la t�l�". Ou sinon il y a la
> poign�e de z�lateurs dont Rolandeau fait partie. Parler de ses fims
> r�cents autrement que pour dire "Ah, �a fait plaisir de le voir
> revenir un peu en forme" repr�sente d�j� un effort sup�rieur � ce que
> fait la majorit� du public m�me cin�phile.

Pour certains films, ta molle diatribe convient aux mollesses d'un WA qui
pense visiblement � autre chose (m�me s'il y a toujours quelque chose �
r�cup�rer, m�me dans les moins bons. C'est un humoriste qui a marqu� le XX
�me si�cle, on se marre toujours � un moment ou un autre, ou bien une sc�ne
est si juste qu'on ne regrette pas d'�tre aller, in fine, voir le truc
annonc� comme mineur).

Mais pas pour MP, certainement pas. C'est un des films les plus subversifs
que j'ai vus depuis des lustres. Ce n'est pas parce qu'on montre un flic gay
enculer son coll�gue avant de sniffer un rail de coke, puis se reprendre et
finir par tuer les vrais m�chants en leur �clatant les couilles dans des
gerbes de sang film�es au stroboscope sur du Radiohead que �a fait un film
subversif.

Sinon, adios Bunuel.

> Je continue � voir des Woody Allen quand j'ai l'intuition que le film
> pourra �tre int�ressant, pas pour perdre mon temps en me foutant d'un
> film que j'aurai d�cid� par avance de d�tester. Je r�serve �a � un
> Michael Bay ou � un Desplechin


Bon


> Enfin concernant tes th�ses comme quoi je voudrais "r�veiller
> Yannick", je te fais remarquer qu'elles atteignent un joli niveau de
> connerie. La derni�re chose dont j'ai envie, c'est d'avoir droit �
> une nouvelle vendetta de ce type et de le provoquer sur un forum o�
> il n'a plus mis les pieds depuis au moins un an et qu'il ne lit
> visiblement plus, pas plus que la plupart de ses inconditionnels. De
> ce c�t�, mon �nervement s'est transform� en amusement et m�me cet
> amusement devient avec l'usure moins efficace que la d�couverte d'un
> extrait de "The Room" de Tommy Wiseau.
>
> Des preuves ? il y a un an, j'aurais pu �taler les efforts d�sesp�r�s
> de Yannick d'�tre consid�r� comme une autorit� par Wikipedia, je ne
> l'ai pas fait. J'aurais pu balancer des allusions � r�p�tition � son
> grand oeuvre en cours sur la mise en sc�ne au cin�ma (dont j'ai
> �galement eu vent il y a des mois � sa propre initiative, en
> fait...), je ne l'ai pas fait. Bon, je reconnais que je mentionne
> maintenant ces trucs (aucune envie de ressortir de vieux griefs � la
> place) mais ce r�sum� n'est rien par rapport � ce que quelqu'un de
> mal intentionn� pourrait en tirer ou de la pol�mique que �a aurait pu
> g�n�rer ici en temps et en heure.

Oui, oui. Bon. Je ne vais pas te chercher quand tu es mesur�, c'est le
contraire. Tu es, � ce moment, agr�able � lire, m�me lorsqu'on n'est pas
d'accord.
De toute fa�on je suis fatigu� de ces conneries. il faut croire que
demeurent des poches de ressentiment vis � vis de certains de tes propos ici
me concernant.
Pour ce qui est de Yannick, il est assez grand - maintenant, arf - pour se
d�brouiller seul. Je me suis assez fait chier comme �a. C'est ce qui
m'attriste le plus. Devoir surveiller ma g�ophysique pour des raisons qui ne
m'ont jamais v�ritablement incomb�es, sortir la phrase de trop, comme si
l'indiscipline r�gnait dans le propre dos de mon ego.
Le probl�me est que nous n'avons jamais r�gl� �a en direct. Un peu facile de
s'en aller avec sous le bras une poup�e �pingl�e qui n'a jamais plus
ressembl� � l'original que Pam�la Anderson � Marilyn, le Golem � l'Anima ou
Personne � Personne et m�me � Personne (double allusion cin�matographique :
Le droit de toucher le pl�tre de mes burnes dans les 24 heures du d�c�s au
gagnant). Dommage, et je ne changerai pas d'avis, m^peme sous la pluie noire
de tes acidit�s (tu en as, faut pas d�conner)

> � la diff�rence de Woody Allen, o� j'ai encore espoir qu'il nous fasse
> encore quelques films int�ressants et o� il y a de toute fa�on assez
> de films majeurs pour lui valoir une place dans un panth�on culturel,
> Yannick Rolandeau ne m�rite pas qu'on parle de lui quand il n'y a
> rien � en dire. Je continue � penser que c'est un aspirant
> alternativement cin�aste/critique/�crivain qui a de grandes ambitions
> intellectuelles mais ses ambitions se mesurent p�niblement � ses
> r�alisations concr�tes, sauf pour quelques partisans. La
> disproportion pr�te en fait � sourire, accentu�e par le style
> dogmatique et �nerv� de l'individu, les maladresses et la mauvaise
> foi que pointent du doigt tous ses adversaires, mais pas au point
> d'en faire un croque-mitaine ou un p�re fouettard destin� � attirer
> des rires faciles en son absence. Vu le nombre de gourous et de
> prescripteurs dangereux en activit� sur Internet, il est
> contre-productif de s'acharner sur un pauvre diable, surtout quand il
> ne fait plus illusion.

Par exemple.

> Sur ce, je te renvoie � tes espoirs �ventuels qu'un adolescent sorte
> de "Whatever Works" avec les larmes aux yeux, qu'il s'exclame "Quel
> grand film ! Qu'est-ce que son r�alisateur a fait d'autre ?" et que
> tu lui tendes une copie patiemment annot�e par tes soins dans les
> marges du "Cin�ma de Woody Allen" pour lui faire d�couvrir la vie
> gr�ce � la plume de Yannick Rolandeau. Ou � la lecture d'un de mes
> prochains messages qui serait une "provocation" visible. Mais apr�s
> tout, tout comme Yannick, tu auras "sans doute mieux � faire", non ?

Bon, je ne parlais pas de WWorks.

Je trouvais facile de faire passer pour un truc pas m�chant (puisque
provenant d'un site "plut�t pro-Allen"), une charge comportant des points
assez brutaux en m�me temps que tailler � l'emporte-pi�ce, voire faux.
Le m�lange des genres. Bon, voir tout en haut.

Sinon, on ne peut pas dire que je territorialise beaucoup. J'ai le temps
d'avoir mieux � faire (� ton instar, je ne dis pas le contraire) !


--

Sacha


sacha martinetti-levy

unread,
Jul 6, 2009, 11:36:49 AM7/6/09
to
In ref :<4a5217bf$0$15186$426a...@news.free.fr>,
sacha martinetti-levy <sacha.retir...@freesurf.fr> a transmis ceci
:

> ce qui m'attriste le plus. Devoir surveiller ma g�ophysique pour des
> raisons qui ne m'ont jamais v�ritablement incomb�es, sortir la phrase

incomb�

> points assez brutaux en m�me temps que tailler � l'emporte-pi�ce,

Taill�s

Les autres coquilles, je les distribue aux sumos.

--

Sacha


sacha martinetti-levy

unread,
Jul 6, 2009, 11:58:16 AM7/6/09
to
In ref :<4a5217bf$0$15186$426a...@news.free.fr>,
sacha martinetti-levy <sacha.retir...@freesurf.fr> a transmis ceci
:

>> Sur ce, je te renvoie � tes espoirs �ventuels qu'un adolescent sorte


>> de "Whatever Works" avec les larmes aux yeux, qu'il s'exclame "Quel
>> grand film ! Qu'est-ce que son r�alisateur a fait d'autre ?" et que
>> tu lui tendes une copie patiemment annot�e par tes soins dans les
>> marges du "Cin�ma de Woody Allen" pour lui faire d�couvrir la vie
>> gr�ce � la plume de Yannick Rolandeau. Ou � la lecture d'un de mes
>> prochains messages qui serait une "provocation" visible. Mais apr�s
>> tout, tout comme Yannick, tu auras "sans doute mieux � faire", non ?

Ah oui : Tu vois la surench�re ? Je disais simplement que tu avais peut-�tre
d�viss� ce truc avec une intention.

Quant aux "annotations", quelle blague ! Tu n'es pas tr�s psychologue, hein
? Ce n'est pas une critique, on ne peut pas tout �tre. Mais comme partout,
toujours, � chaque moment, je peux me tromper.
Comme toi sur beaucoup de choses me concernant, ainsi que le type de
relations, priv�es, que j'entretiens (ou aie entretenues) avec le
c�l�brissime et � jamais inscrit dans les coeurs de la confraternit� humaine
n�ogirardienne antekunderatique finkielkrautiste et d�finitivement
muraihy�ne, le monde entier l'aura reconnu, succ�dant dans les m�mes coeurs
au lieu supr�me, au noeud gordien de tous les r�seaux d'amour, � Micky
Jackson si t�t disparu, �videmment le sieur Rolandeau � qui je taille une
pipe Saint-Claude AOC tous les matins et suis en relation GPS le reste du
tant s'il n�cessite une seconde.

Sinon, je me suis excus� sur le proc�s d'intention (J'attendrais, toujours,
celles pour tous ceux dont tu m'as affubl�s et la violence de tes r�actions.
Tant qu'on est vivant...)

--

Sacha


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