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h...@toto.com> �crivait :
> > Dans la s�rie : � Les anc�tres de la Ligne �(1), les noms suivants :
> >
> > Colonel Casse, Jean Argaud, Aviateur Rodier, Jonquille, P�ronne, Reims,
> > Belfort, Lun�ville, R�vigny, �pernay, Cigogne, Phoc�e, Becfigue,
> > Bemt�vi.
> >
> > vous �voquent-ils quelque chose ?
>
> �a sent pas un peu la mar�e ? ;)
>
> Il me semble reconnaitre des noms de bateaux qui assuraient la travers�e
> du courrier avant les avions, entre la ligne toulouse - st louis et le
> continent sud am�ricain ...,!?
Bravo ! �a sent m�me beaucoup la mar�e !
Il s'agit des noms des avisos* qui ont fait partie de l'unit� � Maritime
� d'Air France.
* aviso, nom masculin (abr�viation de l'espagnol barca de aviso �
b�timent d'avis �). Marine. Petit b�timent de reconnaissance et de
surveillance lointaine, caract�ris� par un faible tirant d'eau, un tr�s
grand rayon d'action et une bonne vitesse qui �taient principalement
employ�s pour porter des ordres, des d�p�ches, des avis.
Et oui ! Air France a comport� une unit� maritime avec des capitaines,
des officiers, des quartier-ma�tres, des matelots et des navires.
Grandeur et Servitude de l'Unit� Maritime d'Air France
Se sentir investi, a tort ou a raison, d'un devoir de m�moire suppose
avant tout, vous en conviendrez, de porter � la connaissance du plus
grand nombre les faits et gestes qui m�ritent que l'on s'en souvienne.
Or, combien d'ex-agents d'Air France et a fortiori aujourd'hui du
Groupe, ont connu un jour l'existence d'un service maritime au sein de
leur Compagnie, oeuvrant tout d'abord en M�diterran�e puis en Atlantique
Sud ? Tr�s peu sans doute. Qu'il me soit donc permis de leur en dire
deux mots, en connaissance de cause et avant qu'il ne soit trop tard.
C'est tout d'abord � la pr�carit� des appareils lanc�s sur le tron�on
Alicante/Oran par les lignes Lat�co�re que l'on doit la cr�ation d'un
service de d�pannage maritime en M�diterran�e, d�cision qui se
justifiait d'autant plus que l'ouverture de la ligne Marseille/Alger
allait accro�tre les m�mes besoins. C'est ainsi que furent mis en place
quatre navires exclusivement destin�s � aller secourir les �quipages des
hydravions tomb�s en mer.
Trois des quatre Unit�s de cette flottille plut�t disparate portaient
des noms d'aviateurs disparus :
- le Colonel Casse (3) bas� � Alger
- le Jean Argaud bas� � Port Vendres
Il s'agissait l� de deux ex-chasseurs am�ricains de sous-marins
construits � New York en 1917 � quelques 450 Unit�s pour le compte de
l'U.S. Navy. Ils d�pla�aient 84 tonnes avec des mensurations de 33,5 m x
4,70 m et 2 m�tres de tirant d'eau, propuls�s par 3 moteurs de 250 CV
chacun. C'�taient deux bons petits b�timents en pin d'Or�gon, bien
chevill�s, qui tenaient parfaitement la mer et filaient tout de m�me
leurs 17 noeuds.
- L'aviateur Rodier bas� � Port de Bouc, plus petit mais plus rapide,
avait en charge la s�curit� du Golfe du Lion et des mouvements des
hydravions qui op�raient sur l'�tang de Berre.
- Le Jonquille, enfin, sorti des chantiers de Lorient � peu pr�s � la
m�me �poque �tait ancr� � Palma de Majorque, base particuli�rement bien
�quip�e pour le sauvetage et le ravitaillement mais surtout situ�e en un
point plus central de la M�diterran�e.
L'armement de chacun �tait de dix hommes (moiti� officiers, moiti�
matelots) disposant de moyens de navigation et de radio les plus
performants de l'�poque permettant de couvrir tout le secteur occidental
de la M�diterran�e.
C'est ainsi que se pr�sentait alors la protection des hydros dont
l'exploitation et l'entretien, aussi bien en l'air que sur leur plan
d'eau, n'�tait pas une sin�cure et les heures � y consacrer devaient
�tre pleines d'attention et souvent d'inqui�tude.
Mais c'est bien l'Atlantique sud qui s'ouvrit le plus fr�quemment et le
plus longtemps aux �traves de nos Avisos.
Pour r�aliser le visionnaire projet de liaison postale entre Toulouse et
Santiago du Chili, il �tait un �cueil de taille : c'�tait le
franchissement des 1 620 miles qui s�parent toujours Dakar de Natal.
C'est ainsi qu'en attendant et pendant que progressait l'opini�tre
recherche d'une solution a�rienne, le lien transatlantique allait �tre
assur� par le plus ancien si non le plus classique des moyens de
navigation � port�e imm�diate : les navires.
C'est alors que l'A�ropostale loua � la Marine Nationale pour un franc
symbolique par an et par navire, d'anciens chasseurs de sous-marins l�
encore d�sarm�s, remis�s � Cherbourg et promis � la casse. Ainsi furent
successivement mis � disposition de l'A�ropostale : Le P�ronne, le
Reims, le Belfort, le Lun�ville, le R�vigny et l'Epernay, soit six
b�timents charg�s du transport du courrier, une fois par semaine et dans
les deux sens, permettant ainsi le fonctionnement d'une ligne r�guli�re
continue entre l'Europe et l'Am�rique du Sud. Leur �taient adjoints
quatre navires de plus faible tonnage, dits de servitude, baptis�s
Cigogne, Phoc�e, Becfigue et Bemtevi, charg�s de missions diverses et de
d�pannages �ventuels d'hydravions en haute mer comme ce fut le cas le 9
juillet 1930 pour le Phoc�e qui sauva l'�quipage Mermoz, Dabry et Gimi�
apr�s un amerrissage de fortune � 400 miles de Dakar (1).
Arriva le moment o� tout le mat�riel ayant r�ellement souffert des
conditions d'exploitation qui lui furent impos�es, il fallut envisager
de le remplacer, Pour ce faire, quatre navires furent command�s,
baptis�s A�ropostale I, II, III, IV, sortis respectivement des chantiers
navals de Bordeaux, S�te et Nantes pour les deux derniers mais
strictement identiques, � savoir : 450 tonnes de d�placement, 60 m�tres
de long, 6 m�tres de large et 2,50 m�tres de tirant d'eau, ce qui, dans
ce dernier cas �tait vraiment tr�s peu au regard de leurs
superstructures. Leur vitesse �tait donn�e pour 17 noeuds ce qui
supposait que la coque soit propre mais en perdait jusqu'� trois apr�s
un trimestre en eaux tropicales.
Un �quipage �tait constitu� de 24 hommes (officiers et matelots en
nombre quasiment identique) qui, sur de tels bateaux, en plus de leur
exp�rience professionnelle et leur disponibilit� totale, se devaient
d'avoir l'estomac bien accroch� pour en supporter les mouvements.
Mouvements tellement exag�r�s qu'� l'origine ces avisos furent d�clar�s
� non marins �. Ce qui justifia la mise en place de quilles lat�rales de
50 centim�tres de large sur une grande partie de la longueur de la
coque. Cette modification n'apporta que peu d'am�lioration et les
quelque 110 heures que supposait la travers�e Dakar-Natal �taient d'une
p�nibilit� plus que certaine tant pour l'�quipage que pour le mat�riel,
et si l'A�ropostale II a disparu corps et biens le 12 ao�t 1932, il y a
peu de questions � se poser quant aux circonstances de sa disparition,
le chavirement en est tout simplement la cause. Mais h�las 24 hommes
d'�quipage disparaissaient � tout jamais.
Les conditions de navigation m�ritent que l'on s'y attarde quelque peu
pour pr�ciser aux connaisseurs le comportement de ces bateaux et les
conditions de vie � bord. � 15 noeuds avec une houle de hanche ou de
l'arri�re, les roulis d�passaient souvent 40� et l'h�sitation � se
redresser provoquait bien souvent l'inqui�tude tandis que les tangages
mer debout les d�gageaient jusqu'� l'aplomb de la passerelle, et vous
conviendrez avec moi qu'il y a anomalie lorsque les h�lices brassent de
l'air plut�t que l'�l�ment dans lequel elles se doivent de travailler.
Je vous laisse le soin d'en d�duire les conditions de travail et de
repos � bord. Cette situation conduisit, d�but 1934, les trois avisos
restants (qui avaient vu leur nom devenir Air France I, III, IV) � subir
un soufflage de la coque pour gagner un m�tre de largeur au ma�tre
couple et am�liorer ainsi la stabilit� transversale.
Parall�lement des travaux �taient en cours qui devaient r�duire le
parcours � effectuer par ces bateaux en attendant le service
int�gralement a�rien En effet des pistes furent am�nag�es :
- 1 - cot� africain aux �les du Cap Vert : � Porto-Pra�a (2) � 350 miles
de Dakar.
- 2 - c�t� Am�rique du Sud : au Br�sil, � Fernando de Noronha r�duisant
ainsi de 500 miles la travers�e maritime.
Mais d�s que furent r�alisables � 100 % les liaisons a�riennes, les
Avisos s'install�rent � tour de r�le en des points bien pr�cis du
passage des hydravions ou avions auxquels ils pr�taient assistance
m�t�orologique, radio goniom�triques et radio tout court, toujours �
par�s � � porter secours � tous ceux qui en auraient besoin, et Dieu
sait s'il y eut de nombreux cas toutes nationalit�s confondues.
� ce stade je rappellerai un passage de l'avant-propos du � grand � Jean
Macaigne (4) pour son livre sur le sujet, lui qui fut radio � bord du �
P�ronne � avant d'entamer l� haut ses vingt quatre mille heures de vol
dont six mille de nuit, je le cite : �... n'�tant plus aur�ol�e du
prestige nouveau qui s'attachait � l'air, la participation �ph�m�re de
ces navires � l'histoire de l'A�ropostale n'en a pas fait des vedettes -
aucun nom prestigieux n'a surv�cu � leur passage - ils n'apparaissent
qu'en �pisode estomp� dans l'�dification et la survivance de la Ligne.
Cependant, durant les premi�res ann�es li�es � la p�riode critique du
d�marrage ils occup�rent, souvent avec gloire, une place aussi difficile
qu'ingrate. Et l'on peut affirmer que, sans Eux, la Ligne n'aurait pu
d�buter que six � huit ans plus tard. �
J'aurais aim� terminer sur cette citation mais je ne r�siste pas �
l'envie de vous dire jusqu'au bout ce que fut la fin de vie de ces trois
Avisos. A mon sens cela m�rite d'�tre connu.
Ils furent r�quisitionn�s en 1939 par la Royale et conserv�rent leur
appellation d'Air France I, III et IV. Arm�s copieusement pour la chasse
aux sous-marins, les jonctions de convois et leur protection, ils furent
affect�s � la 7e flottille de d�fense de Dakar, ce qui leur valut en
septembre 1940 d'affronter la Royal Navy et d'�tre cit�s � l'ordre de la
Division navale par ordre en date du 14/10/1940. Le revirement de
situation impos� apr�s le d�barquement d'Afrique du nord les
conduisirent � quitter leur neutralit� et coop�rer pleinement avec les
Alli�s, et leurs tr�s nombreuses attaques contre les U-boat de la
Kriegsmarine leur valurent � nouveau d'�tre cit�s � l'ordre de la
Division Navale par ordre en date du 20/11/1945, apr�s qu'il fut mis fin
� leurs missions. Et l�, je vous laisse � vos r�flexions.
Pour en finir, le I fut rendu � son armateur (service archives dixit) en
ao�t 1946. Le III d�r�quisitionn� le 7/11/1945 fit du cabotage sur les
c�tes d'Afrique avant de faire naufrage au large de la C�te d'Ivoire et
le IV subit les affres de la casse.
Voil� ce que j'estimais devoir vous dire pour eux.
Yvan Chonavel
Quartier-ma�tre radio sur le Air France I
Pr�sence des retrait�s d'Air France n�140
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(1) Exploit de Mermoz, Dabry et Gimi�
Br�sil, 13 mai 1930 (Vol aller)
A leur amerrissage � Natal, trois vedettes viennent � la rencontre de
Mermoz, Dabry et Gimi�, lesquels pensent � une escorte officielle :
n'ont-ils pas effectu� la premi�re liaison postale a�rienne entre
l'Europe et l'Am�rique du Sud? En fait, ce sont des douaniers br�siliens
qui, tout de suite, leur r�clament leurs passeports. Jusqu'� pr�sent, le
courrier franchissait l'Atlantique par bateaux avisos. Perte de temps
inacceptable pour Mermoz, qui, s�r du Lat� 28, d�cide de tenter la
travers�e de l'Atlantique Sud. Hier, � bord de l'hydravion Comte de La
Vaulx, il d�collait de Saint-Louis-du-S�n�gal avec le navigateur Dabry
et le radio Gimi�, ainsi qu'une charge de 130 kg de poste. Volant � tr�s
basse altitude et � vitesse r�guli�re, ils p�n�trent, soudain, dans la
fameuse zone de d�pression du pot au noir. Trois heures durant, ils sont
ballott�s par les �l�ments ; le moteur manque m�me d'�tre noy� par la
pluie. Enfin, se dessine une trou�e. La c�te br�silienne est en vue.
Pour Jean Mermoz, � ce fut un vol sans histoire � !
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Ce n'est pas parce qu'ils sont nombreux � avoir tort
qu'ils ont forc�ment raison. Coluche