"Frédéric PLATZER" <frederic...@ouanadou.fr> a écrit dans le message de
news: 48542406$0$877$ba4a...@news.orange.fr...
> c'est du Mozart !
>
> il a écrit une musique (ou du moins expliqué le procédé) pour composer de
> la musique à part de jets de dés!
Bravo ! C'est effectivement de Mozart, et même si la réponse n'est pas
complète, cela vaut à Frédéric Platzer un P&MV d'honneur, que voici, que
voilà :
-----------------------
; 1 P&MV d'honneur ;
-----------------------
Et il y en aura un autre, mes gueux, c'est jour de fête, pour couronner
celle ou pour celui qui donnera précisément le titre de l'oeuvre et le
numéro Köchel.
--
Paul & Mick Victor
généreux
valses k 294d
ça va ?
Fred
Allez, on ne va pas pinailler et farfouiller dans les arcanes du Köchel. Il
s'agit du "Musikalisches Würfelspiel" K. 516f, qu'on désigne parfois
également sous le numéro Anh. 294d. C'est donc un second P&MV d'honneur qui
tombe dans l'escarcelle de Frédéric Platzer, le voici, le voilà.
-----------------------
; 1 P&MV d'honneur ;
-----------------------
Alors, un petit mot d'explication. Ce type de jeux mathématico-musicaux
étaient fort en vogue vers la fin du XVIIIe siècle et au début du XIXe
siècle. Le principe est amusant : Comme dans les Cent mille milliards de
poèmes de Queneau, Mozart a composé 11 petits menuets de 16 mesures chacuns,
tous différents, et qui suivent exactement le même schéma harmonique. On a
donc 16 mesures par morceau multiplié par 11 morceaux, ce qui représente 176
mesures. Verticalement, toutes les mesures sont interchangeables : la mesure
1 du premier menuet peut être remplacée par la mesure 1 du 5ème, la mesure 3
du 4ème menuet peut être remplacée par la mesure 3 du 9ème, etc. On voit le
nombre de combinaisons : il a été calculé et s'élève à
45.949.729.863.572.161, chiffre absolument pharaonique, tellement même que
je ne sais pas comment ça se dit. Des érudits ont trouvé qu'à une vitesse
moyenne, il faudrait 23 milliards d'années pour tout jouer.
Adoncques, on jetait deux dés à chaque mesure, et la somme des dés indiquait
le numéro du menuet qu'on allait utiliser. Par exemple, si pour la première
mesure on obtenait 8, on prenait la 1ère mesure du 8ème menuet (ou plutôt du
9ème, puisque le premier menuet n'existait pas, la numérotation commençait à
2, car il est impossible de faire moins de 2 avec deux dés, vous suivez ?),
puis on relançait les dés pour trouver la deuxième mesure, puis la
troisième, etc.
Les matheux anglicistes pourront se référer à la page suivante, qui a l'air
très sérieuse, mais où je n'ai pas tout compris :
http://www.asahi-net.or.jp/~rb5h-ngc/e/k516f.htm
On y explique également un autre jeu dont, paraît-il, Mozart était friand et
qui se jouait à partir des lettres d'un nom.
On pourra également se reporter à cette page en français, mais plutôt ardue,
pour moi tout au moins. J'en extrais cette phrase admirable : "Il faut
prendre garde que cette variable, devant simuler deux dés, ne saurait être
équiprobable. Elle est en effet la somme de deux variables aléatoires
équiprobables dans [1,6], et présente donc un histogramme de profil
triangulaire. On aura, par exemple : P{x=2} = P{x=12} = 1/36, P{x=3} =
P{x=11} = 2/36" etc...
http://jim2003.agglo-montbeliard.fr/articles/lorrain.pdf
Sur cette page, on peut créer des menuets aléatoires. Le résultat est
absolument atroce, il doit y avoir des bugs dans le programme :
http://sunsite.univie.ac.at/Mozart/dice/#options
Et puis, les curieux trouveront une discussion intéressante et de nombreux
liens sur le forum du Club des amateurs de Mozart, c'est à la page :
http://sunsite.univie.ac.at/Mozart/dice/#options
Le montage que j'ai réalisé en supprimant les commentaires provient
d'extraits de l'édition complète Mozart que Philips a publiée en 2001. Il
s'agit du Cd n° 3 du coffret intitulé "Théâtre et musique de ballets,
raretés, suprises". Erik Smith est au clavecin. Voili, voilà, je vous
souhaite une bonne nuit pleine de doux rêves.
--
Paul & Mick Victor
Nounours
Bravo. Je m'étais complètement fourvoyé, car le bruit des dés, je l'avais
interprété comme une mousquetade, et je cherchais donc du côté des
innombrables pièces imitatives de bataille, mais cela ne collait ni avec le
caractère paisible et anodin de l'extrait écouté, ni avec tes commentaires.
Pour la phrase ci-dessus (je ne suis pas allé voir la page), elle attire
l'attention sur le fait auquel je n'avais effectivement jamais prêté
attention que lorqu'on joue avec deux dés, tous les coups obtenus n'ont pas
la même probabilité. Par exemple, on a deux fois plus de chances de faire un
3 qu'un 2, puisque deux combinaisons de dé donnent le 3 (1+2 et 2+1) alors
qu'une seule donne le 2 (1 + 1). Le coup le plus fréquent théoriquement est
le 7 qu'on peut atteindre par 6 combinaisons des deux dés. J'espère donc que
Mozart avait soigné le 8e menuet, appelé à servir plus qu'un autre.
> On pourra également se reporter à cette page en français, mais plutôt ardue,
> pour moi tout au moins. J'en extrais cette phrase admirable : "Il faut
> prendre garde que cette variable, devant simuler deux dés, ne saurait être
> équiprobable. Elle est en effet la somme de deux variables aléatoires
> équiprobables dans [1,6], et présente donc un histogramme de profil
> triangulaire. On aura, par exemple : P{x=2} = P{x=12} = 1/36, P{x=3} =
> P{x=11} = 2/36" etc...
C'est exactement ce que je voulais dire.
A deux dés, on fait un menuet gaussien, le 7 sortant plus souvent que
le 2 ou le 12.
C'est les Gaussiennes de Wolfie.
Lionel Tacchini
> Bravo. Je m'étais complètement fourvoyé, car le bruit des dés, je l'avais
> interprété comme une mousquetade,
Moi aussi, J'ai cru qu'on tirait sur le claveciniste et qu'il fallait
en attacher un nouveau au clavecin à chaque fois.
C'est bien sur la raison pour laquelle il y a plus de pianistes que de
clavecinistes. Bel exemple de darwinisme de symbiose ou l'instrument
évolue au profit de l'instrumentiste.
Lionel Tacchini
Les Gaussiennes, c'est plutôt de Satie, non ?
--
Paul & Mick Victor
se gausse
Michael qui s'est bien amusé à vous lire.
Disons que ce n'est pas par ce talent que je brille le plus en société.
Allez, pour rire, un menuet d'anthologie (mais après tout, ce n'est
peut-être pas un menuet ?) :
http://fr.youtube.com/watch?v=mAXVDH_1q_M
--
Paul & Mick Victor
mordu
Pas que je sache.
>
> > C'est les Gaussiennes de Wolfie.
>
> Les Gaussiennes, c'est plutôt de Satie, non ?
Pas que je sache.
Alors là, je me gnausse.
Ce nombre vaut 11 élevé à la puissance 16, c'est-à-dire
11×11×11×11×11×11×11×11×11×11×11×11×11×11×11×11.
> et s'élève à 45.949.729.863.572.161
Je le confirme.
> chiffre absolument pharaonique, tellement même que
> je ne sais pas comment ça se dit.
Quarante-cinq mille neuf cent quarante-neuf billions sept cent
vingt-neuf milliards huit cent soixante-trois millions cinq cent
soixante-douze mille cent soixante et un (en français standard,
avant les recommandations orthographiques de 1990).
> Des érudits ont trouvé qu'à une vitesse
> moyenne, il faudrait 23 milliards d'années pour tout jouer.
C'est le cas si chaque morceau dure environ 16 secondes. Pour plus de 20
secondes comme les deux de ton exemple (ceux qui ne sont pas interrompus
par les jets de dés), cela fera plus de 30 milliards d'années.
J'en profite pour apporter une "touche" de linguistique européenne, liée à
l'histoire (autres passions).
Le nom de ce cher "Jean-Louis Dussek" a bien varié selon ses pérégrinations.
Traduit de l'allemand impérial Johann Ludwig Dussek, il est appelé par ses
compatriotes tchèques Jan Ladislav Dusík.
Pour corser la chose, certains écrivent parfois Dusek ce qui le fait
confondre avec Frantisek (Franz) Xaver Dusek (Duschek) (1731-1799), autre
compositeur et claviériste bohémien, ami de Mozart qui composa l'aria K.528
pour son épouse Josepha, célèbre cantatrice.
Et comme la femme de Dussek-Dusík chantait aussi la boucle est bouclée.
A en perdre la tête...
Michal Ludwik (sic !).
"Paul & Mick Victor" <b.suisseVo...@wanadoo.fr> a écrit dans le
message de news: 485505e1$0$852$ba4a...@news.orange.fr...
"Michal" <padespamMicha...@MANDARINE.fr> a écrit dans le message
de news: 485a5490$0$841$ba4a...@news.orange.fr...