Alain CF wrote:
> VSOP a exposé le 01/05/2012 :
>
>> Comment fait-on pour numériser un fichier déjà numérique? Faut-il le
>> transformer en analogique pour ensuite le numériser une deuxième
>> fois?
>
> C'est-à-dire ? Pour transformer son format ?
La question de VSOP était pertinente, puisqu'un Cd contient déjà, par
définition, de la musique numérisée. Je peux donner un témoignage, car j'ai
réalisé l'opération qu'envisage Alain CF, ce qui m'a pris quelques années,
mais je suis globalement satisfait du résultat.
Au bout de dizaines d'années de mélomanie aiguë, les disques s'entassent,
ils sont bien alignés sur les étagères, et très vite, il n'y a plus assez
d'étagères, alors on met deux couches, puis on empile couches sur couches,
si bien qu'on n'y retrouve plus rien, malgré le soin qu'on a pris à les
classer. Il faut donc penser à un autre mode de stockage, et les capacités
des disques durs et leur prix relativement bas aujourd'hui fournissent bien
sûr la solution.
Faut-il convertir ? Je l'avais envisagé, mais franchement, vu les capacités
de stockage, ça ne me paraît pas indispensable. Je me suis contenté de
ripper les Cd au format Wav. Je fais tenir presque 1.800 Cd à ce format
conforme à l'original sur un disque dur de 1,5 To. Évidemment, on pourrait
en mettre le double ou le triple avec une compression, même une compression
sans perte, du type flac ou ape. Mais est-ce bien utile ? J'ai aujourd'hui
rippé plus de 6.000 Cd. qui tiennent sur trois disques durs, plus que je
n'écouterai jamais jusqu'à la fin de mes jours. Et il me reste encore de la
place avant d'envisager l'achat d'un 4ème disque dur (d'un septième et
huitième, en fait, car il faut bien sûr penser à sauvegarder en double, on
ne sait jamais...
Ripper un Cd est relativement rapide, il existe des tas de petits logiciels
qui font ça très bien.
Après, reste le problème du classement. Au fur et à mesure que je rippai mes
Cd, j'ai constitué une base de données, ce qui permet de retrouver très
rapidement un morceau avec une requête adaptée. Je ne me suis pas pris la
tête à nommer mes dossiers. J'ai attribué un numéro à chaque Cd, et je les
retrouve très facilement grâce à la base de donnée. Ainsi, je vois en une
seconde que le numéro 0001 est un disque EMI qui contient des concertos pour
violoncelle par Tortelier, que le 3827 est la Tarangalila-Symphonie de
Messiaen par Riccardo Chailly, etc... Et ça marche bien sûr dans l'autre
sens. Ainsi, je sais, en en deux clics de souris, que le lied "An die Musik"
D. 547 de Schubert se trouve dans le dossier n° 296 piste 1 par Elisabeth
Schwarzpokff, dans le dossier 527 piste 12 par Leontine Price, et dans le
dossier 1471 piste 15 par Gundula Janowitz. Si je devais rechercher ces Cds
physique dans le bordel qui encombre les étagères, il me faudrait une heure
ou moins avant de mettre la main dessus. Évidemment, les dossiers sans la
base de données sont difficilement exploitables, et il faut tout de même
penser à nommer toutes les pistes extraites des Cds, de manière à pouvoir
les retrouver quand même sans la base, on ne sait jamais. Pour cela, le plus
simple est évidemment d'utiliser Freedb, qui reconnaît, allez, 95% des Cds.
Mais évidemment, il arrive que la base reste muette, déconcertée devant un
Cd un peu exotique qu'elle ne connaît pas. Alors, ben oui, il faut renommer
les pistes à la main, ça prend du temps. En fait, ces opérations m'ont
occupé près de trois ans.
Je signale l'existence, que j'ai découverte avec ravissement, des
applications de reconnaissance auditive, par exemple Shazam, que j'ai vu
fonctionner, mais bon, celui-ci ne s'installe que sur iphone, et d'ici que
j'ai un iphone, les poules auront des dents. Il doit exister des
applications pour PC ou Android. Il suffit de diriger le téléphone vers la
source sonore, et le bouzin identifie le morceau et montre la pochette,
pourvu bien sûr qu'il figure dans la base de données, qui semble assez
complète. On n'arrête pas le progrès.
À l'usage, je me suis tout de même rendu compte de quelques limites à mon
système. D'abord, je n'ai pas gardé les livrets, les documentations qui
accompagnent les Cds. Il aurait fallu les scanner, ce qui aurait pris un
temps considérable, mais parfois, il me serait bien utile d'avoir davantage
de détails, une date d'enregistrement, ou dans les compilations, notamment
en jazz, le détail des interprètes. Et puis, les livrets d'opéra, mais on en
trouve beaucoup sur Internet et sur
http://odb-opera.com/
Bref, un système de stockage relativement satisfaisant, à l'heure où l'on
constate l'exiguïté des appartements et le prix délirant du m2, notamment
dans les grandes villes, et où l'on songe à la brièveté de l'existence, à la
vanité des choses humaines et à l'inéluctable nécessité de se débarrasser de
l'invraisemblable fatras d'objets accumulés pendant une vie.
--
Paul & Mick Victor
Un homme se penche sur son passif