Le 14/05/2013 01:31, Paul-Olivier Margail a �crit :
> Alain Naigeon :
>> (...) J'y vois deux raisons : le "style"... textes d'une �poque o�
>> c'�tait apparemment fr�quent la technique : le "r" fran�ais est
>> beaucoup plus vers la gorge (difficile et dangereux)
>
> Et aussi la connerie humaine illimit�e. Pour ce qui est de la France,
> afin de d�velopper l'organe, jusqu'en 1920/30, les m�thodes �crites
> de chant pr�conisaient de glisser sous le lit un chou coup� en 2.
> Jusqu'en 1970, on conseillait des gargarismes au vin blanc dans
> lequel on faisait fondre un cachet d'aspirine et jusqu'en 1976, dans
> 50 pour cent des conservatoires, les professeurs pr�tendaient que "la
> fonction cr�ant l'organe, le fait d'imposer la langue fran�aise au
> cours de l'apprentissage permettait de cr�er de belles et grosses
> voix. Qui plus est, afin de contrer le trac, il �tait demand� aux
> �l�ves d'aller s'acheter en pharmacie un m�dicament du nom de
> Palpipax � effets imm�diats et indescriptibles". Concernant le
> souffle, une grande basse fran�aise de renomm�e internationale avait
> jusqu'en 1985 une m�thode hallucinante pour le d�velopper : l'�l�ve
> �tait couch� sur une table; on posait sur son ventre le Bottin de
> Paris; on posait la femme du prof sur le Bottin et quand l'�l�ve
> arrivait � soulever le tout, il �tait m�r pour l'Op�ra. Enfin, une
> prof du conservatoire de Paris, jusqu'en 85 aussi, demandait aux
> filles de se coller une plume d'oiseau assez grande dans le chignon.
> Quand la plume bougeait, la voix �tait plac�e. Quand la plume
> disparaissait, les mauvais esprits se demandaient toujours o� elle
> avait bien pu rentrer...
>
> Apr�s �a, aller chicaner pour des "r" compl�tements tar�s :-)
>
>> J'�cris cela pour tester mon intuition en attendant l'intervention
>> de quelque ma�tre ou ma�tresse du chant lyrique.
>
> Elisabeth Schwarzkopf, qui n'aurait jamais accept� qu'on ne les
> roul�t pas -sans peser dessus- dans les autres langues (sauf
> l'Anglais, bien s�r), coupait syst�matiquement ceux qui le faisaient
> en Fran�ais d'un vigoureux "ah non, pas avec l'accent bourguignon,
> chantez cette langue comme vous la parlez". Mais elle-m�me, au d�but
> de sa carri�re, faute de conna�tre la langue, avait commis quelques
> erreurs (Marguerite, M�lisande et Mica�la).
>
> Pour ce qui est du Fran�ais, le plus dur � enseigner aux �trangers
> sont les conventionnelles ferm�es qui sonnent "an" (�ternellement),
> "on" (c'est bon) et "in" (injuste). Ils ne connaissent pas de juste
> milieu : soit c'est compl�tement ampoul� et snob; soit c'est
> tellement ouvert que m�me les cigales elles se taisent pour regarder
> la partie de p�tanque.
>
Chez les basses en tout cas on ne prononce jamais les nasales. "Allo
zafa de la patrie, le jor de glare est arriv�. Cotre nos de la tyranni-e
l'�tadard s�gl� t-est lev� etc.".
Personnellement je prononce le "r" dental et non roul�, entre "r" et
"l", tr�s bref.
Et pour chanter en basse profonde, il ne faut pas parler � haute voix de
la journ�e ni se racler la gorge. Pr�voir du s�rum physiologique pour se
d�crasser les voies respiratoires.
D'apr�s mon prof de chant M. Ossorguine (chef de ch�ur de l'�glise Saint
Serge � Paris) la technique des basses russes a �t� emprunt�e aux lamas
mongols, le "aum" caverneux et le chant de gorge.
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"Shut your eyes and see."
James Joyce, Ulysses
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