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Re: Rrrrrrrrrrrr...

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Julien barma

unread,
May 13, 2013, 10:19:33 AM5/13/13
to
Le lundi 13 mai 2013 15:36:07 UTC+2, MELMOTH a écrit :
> Ave, � amis m�losiciens... Une question Me turluchibre, l�... Pourquoi diantre TOUS les chanteurs, qu'ils soient m�les ou femelles, fran�ois ou estrangers, roulent-ils (dans #90% des cas) les "r" en chantant ?...Jeposelaquestion�...

ils grasseyent dit -on
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Jean Toulet

unread,
May 13, 2013, 12:24:33 PM5/13/13
to

"MELMOTH" <th...@free.fr> a �crit dans le message de news:
mn.6ba87dd5c...@free.fr...
> Ave, � amis m�losiciens...
> Une question Me turluchibre, l�...
> Pourquoi diantre TOUS les chanteurs, qu'ils soient m�les ou femelles,
> fran�ois ou estrangers, roulent-ils (dans #90% des cas) les "r" en
> chantant ?...Jeposelaquestion�...
>

Il me semble avoir lu que c' �tait pour une question d'intelligibilit� du
texte: la pi�tre qualit� des premi�res reproductions sonores rendait d�j�
d�licate l'�coute. On a donc essay� de compenser par une "diction" adapt�e
et le roulement des "r" faisait partie du lot.

D'ailleurs, c' �tait le cas �galement des chanteurs de vari�t� et pour la
m�me raison: Damia, Tr�net roulaient les "r" et, si vous �coutez Juliette
Gr�co (par exemple), elle ne roule pas vraiment les "r" mais elle les...
racle, en quelque sorte.

C'est vrai qu'aujourd'hui, ces artifices ne sont plus n�cessaires. J'avoue
que le Pell�as de mon cher Claude ne requiert pas ce "bruit".

Jazzmicalement,

Jean Toulet - Macarrrrell!...


Alain Naigeon

unread,
May 13, 2013, 3:28:30 PM5/13/13
to
"MELMOTH" <th...@free.fr> a écrit dans le message de news:
mn.6ba87dd5c...@free.fr...
> Ave, ô amis mélosiciens...
> Une question Me turluchibre, là...
> Pourquoi diantre TOUS les chanteurs, qu'ils soient mâles ou femelles,
> françois ou estrangers, roulent-ils (dans #90% des cas) les "r" en
> chantant ?...Jeposelaquestion©...
>
J'y vois deux raisons :
le "style"... textes d'une époque où c'était apparemment fréquent
la technique : le "r" français est beaucoup plus vers la gorge (difficile et
dangereux)
J'écris cela pour tester mon intuition en attendant l'intervention
de quelque maître ou maîtresse du chant lyrique.
--

Français *==> "Musique renaissance" <==* English
midi - facsimiles - ligatures - mensuration
http://anaigeon.free.fr | http://www.medieval.org/emfaq/anaigeon/
Alain Naigeon - anai...@free.fr - Oberhoffen/Moder, France
http://fr.youtube.com/user/AlainNaigeon




Paul-Olivier Margail

unread,
May 13, 2013, 7:31:30 PM5/13/13
to
Alain Naigeon :
> (...)
> J'y vois deux raisons :
> le "style"... textes d'une �poque o� c'�tait apparemment fr�quent
> la technique : le "r" fran�ais est beaucoup plus vers la gorge
> (difficile et dangereux)

Et aussi la connerie humaine illimit�e. Pour ce qui est de la France,
afin de d�velopper l'organe, jusqu'en 1920/30, les m�thodes �crites de
chant pr�conisaient de glisser sous le lit un chou coup� en 2. Jusqu'en
1970, on conseillait des gargarismes au vin blanc dans lequel on faisait
fondre un cachet d'aspirine et jusqu'en 1976, dans 50 pour cent des
conservatoires, les professeurs pr�tendaient que "la fonction cr�ant
l'organe, le fait d'imposer la langue fran�aise au cours de
l'apprentissage permettait de cr�er de belles et grosses voix. Qui plus
est, afin de contrer le trac, il �tait demand� aux �l�ves d'aller
s'acheter en pharmacie un m�dicament du nom de Palpipax � effets
imm�diats et indescriptibles". Concernant le souffle, une grande basse
fran�aise de renomm�e internationale avait jusqu'en 1985 une m�thode
hallucinante pour le d�velopper : l'�l�ve �tait couch� sur une table; on
posait sur son ventre le Bottin de Paris; on posait la femme du prof sur
le Bottin et quand l'�l�ve arrivait � soulever le tout, il �tait m�r
pour l'Op�ra. Enfin, une prof du conservatoire de Paris, jusqu'en 85
aussi, demandait aux filles de se coller une plume d'oiseau assez grande
dans le chignon. Quand la plume bougeait, la voix �tait plac�e. Quand la
plume disparaissait, les mauvais esprits se demandaient toujours o� elle
avait bien pu rentrer...

Apr�s �a, aller chicaner pour des "r" compl�tements tar�s :-)

> J'�cris cela pour tester mon intuition en attendant l'intervention
> de quelque ma�tre ou ma�tresse du chant lyrique.

Elisabeth Schwarzkopf, qui n'aurait jamais accept� qu'on ne les roul�t
pas -sans peser dessus- dans les autres langues (sauf l'Anglais, bien
s�r), coupait syst�matiquement ceux qui le faisaient en Fran�ais d'un
vigoureux "ah non, pas avec l'accent bourguignon, chantez cette langue
comme vous la parlez". Mais elle-m�me, au d�but de sa carri�re, faute de
conna�tre la langue, avait commis quelques erreurs (Marguerite,
M�lisande et Mica�la).

Pour ce qui est du Fran�ais, le plus dur � enseigner aux �trangers sont
les conventionnelles ferm�es qui sonnent "an" (�ternellement), "on"
(c'est bon) et "in" (injuste). Ils ne connaissent pas de juste milieu :
soit c'est compl�tement ampoul� et snob; soit c'est tellement ouvert que
m�me les cigales elles se taisent pour regarder la partie de p�tanque.

--
P-Ol

Alain Naigeon

unread,
May 13, 2013, 6:48:38 PM5/13/13
to
"Paul-Olivier Margail" <p...@wanadoo.fr> a �crit dans le message de news:
1l2u1bz.1dbnklpf4ie5uN%p...@wanadoo.fr...
Int�ressant, m�me si un peu sch�matique sur certains points (de la part
de Mme Schwartzkopf notamment) : dans les milieux chics au 18� je
crois qu'on roulait volontiers les "r". C�tait une affectation peut-�tre,
mais coh�rente avec certaines autres, vestimentaires par exemple.
J'ai lu aussi que les femmes chic �taient cens�es *parler* en voix
de t�te ! Quiconque a fait un stage en compagnie d'une brochette
de sopranos sait � quel point c'est insupportable :-)

--

Fran�ais *==> "Musique renaissance" <==* English

RVG

unread,
May 14, 2013, 1:27:38 AM5/14/13
to
Le 14/05/2013 01:31, Paul-Olivier Margail a �crit :
> Alain Naigeon :
>> (...) J'y vois deux raisons : le "style"... textes d'une �poque o�
>> c'�tait apparemment fr�quent la technique : le "r" fran�ais est
>> beaucoup plus vers la gorge (difficile et dangereux)
>
> Et aussi la connerie humaine illimit�e. Pour ce qui est de la France,
> afin de d�velopper l'organe, jusqu'en 1920/30, les m�thodes �crites
> de chant pr�conisaient de glisser sous le lit un chou coup� en 2.
> Jusqu'en 1970, on conseillait des gargarismes au vin blanc dans
> lequel on faisait fondre un cachet d'aspirine et jusqu'en 1976, dans
> 50 pour cent des conservatoires, les professeurs pr�tendaient que "la
> fonction cr�ant l'organe, le fait d'imposer la langue fran�aise au
> cours de l'apprentissage permettait de cr�er de belles et grosses
> voix. Qui plus est, afin de contrer le trac, il �tait demand� aux
> �l�ves d'aller s'acheter en pharmacie un m�dicament du nom de
> Palpipax � effets imm�diats et indescriptibles". Concernant le
> souffle, une grande basse fran�aise de renomm�e internationale avait
> jusqu'en 1985 une m�thode hallucinante pour le d�velopper : l'�l�ve
> �tait couch� sur une table; on posait sur son ventre le Bottin de
> Paris; on posait la femme du prof sur le Bottin et quand l'�l�ve
> arrivait � soulever le tout, il �tait m�r pour l'Op�ra. Enfin, une
> prof du conservatoire de Paris, jusqu'en 85 aussi, demandait aux
> filles de se coller une plume d'oiseau assez grande dans le chignon.
> Quand la plume bougeait, la voix �tait plac�e. Quand la plume
> disparaissait, les mauvais esprits se demandaient toujours o� elle
> avait bien pu rentrer...
>
> Apr�s �a, aller chicaner pour des "r" compl�tements tar�s :-)
>
>> J'�cris cela pour tester mon intuition en attendant l'intervention
>> de quelque ma�tre ou ma�tresse du chant lyrique.
>
> Elisabeth Schwarzkopf, qui n'aurait jamais accept� qu'on ne les
> roul�t pas -sans peser dessus- dans les autres langues (sauf
> l'Anglais, bien s�r), coupait syst�matiquement ceux qui le faisaient
> en Fran�ais d'un vigoureux "ah non, pas avec l'accent bourguignon,
> chantez cette langue comme vous la parlez". Mais elle-m�me, au d�but
> de sa carri�re, faute de conna�tre la langue, avait commis quelques
> erreurs (Marguerite, M�lisande et Mica�la).
>
> Pour ce qui est du Fran�ais, le plus dur � enseigner aux �trangers
> sont les conventionnelles ferm�es qui sonnent "an" (�ternellement),
> "on" (c'est bon) et "in" (injuste). Ils ne connaissent pas de juste
> milieu : soit c'est compl�tement ampoul� et snob; soit c'est
> tellement ouvert que m�me les cigales elles se taisent pour regarder
> la partie de p�tanque.
>

Chez les basses en tout cas on ne prononce jamais les nasales. "Allo
zafa de la patrie, le jor de glare est arriv�. Cotre nos de la tyranni-e
l'�tadard s�gl� t-est lev� etc.".

Personnellement je prononce le "r" dental et non roul�, entre "r" et
"l", tr�s bref.

Et pour chanter en basse profonde, il ne faut pas parler � haute voix de
la journ�e ni se racler la gorge. Pr�voir du s�rum physiologique pour se
d�crasser les voies respiratoires.
D'apr�s mon prof de chant M. Ossorguine (chef de ch�ur de l'�glise Saint
Serge � Paris) la technique des basses russes a �t� emprunt�e aux lamas
mongols, le "aum" caverneux et le chant de gorge.

--
"Shut your eyes and see."
James Joyce, Ulysses

http://rvgmusic.bandcamp.com/
http://soundcloud.com/rvgronoff
http://bluedusk.blogspot.com/

Julien barma

unread,
May 14, 2013, 4:04:29 AM5/14/13
to
Le lundi 13 mai 2013 18:24:33 UTC+2, Jean Toulet a écrit :

J'avoue que le Pell�as de mon cher Claude ne requiert pas ce "bruit". Jazzmicalement, Jean Toulet - Macarrrrell!...

humm! même dans celui de Desormiéres?
julien
ps/ on va marcher sur la gueule de la vierge rouge! :-)

Jean Toulet

unread,
May 14, 2013, 5:56:37 AM5/14/13
to

"Julien barma" <az...@adapei83.fr> a �crit dans le message de news:
8f10abc1-584f-484f...@googlegroups.com...
Le lundi 13 mai 2013 18:24:33 UTC+2, Jean Toulet a �crit :

> ps/ on va marcher sur la gueule de la vierge rouge! :-)

Peuh!!!... C'est vous qui allez rester en rade...

Jazzmicalement,

Jean Toulet - AllezLeStadeuuh!!!...


Julien barma

unread,
May 14, 2013, 10:15:45 AM5/14/13
to
Le mardi 14 mai 2013 11:56:37 UTC+2, Jean Toulet a écrit :
> "Julien barma" ps/ on va marcher sur la gueule de la vierge rouge! :-) Peuh!!!... C'est vous qui allez rester en rade...

Il parait la plus belle d'Europe avec sa digue faite à partir des restes du bagne de Toulon.

Julien " pilou-pilou" Barma.

Paul-Olivier Margail

unread,
May 14, 2013, 7:19:03 PM5/14/13
to
Alain Naigeon :

> (...)
> Int�ressant, m�me si un peu sch�matique sur certains points (de la part
> de Mme Schwartzkopf notamment) :

Le propos n'�tait pas excessif : elle tapait toujours fort de fa�on que
le probl�me soit tr�s rapidement r�gl�, dans l'optique d'aider les
chanteurs, pas pour son confort perso.

Du reste, quand ses paroles d�passaient sa pens�e, elle rectifiait le
tir � la premi�re occasion : "a-t-on vu les Suisses, la radio suisse qui
m'a interview� hier ? Ah, bonjour. Je voulais vous demander de
m'excuser, tout ce que je vous ai dit hier �tait assez stupide".

> dans les milieux chics au 18� je
> crois qu'on roulait volontiers les "r". C�tait une affectation peut-�tre,
> mais coh�rente avec certaines autres, vestimentaires par exemple.
> J'ai lu aussi que les femmes chic �taient cens�es *parler* en voix
> de t�te ! Quiconque a fait un stage en compagnie d'une brochette
> de sopranos sait � quel point c'est insupportable :-)

Ben il y a eu la fameuse mode des Incroyables. Aussi ahurissant que cela
puisse para�tre, pendant 20 ans, � l'Op�ra de Paris, on chantait � la
mani�re cr�ole "elle a de t'�s beaux yeux / voyez comme elle est mise /
sa taille est fo't bien p'ise / il ne lui manque 'ien.

Et il n'y avait pas que les femmes chics qui s'exprimaient en suraigu,
si possible en papillonnant des yeux et sur la position faciale affect�e
d'une femme qui respirerait une fleur : toutes les mezzos se voyaient
ainsi promettre de ne jamais se r�veiller un matin affubl�es d'une voix
de basse profonde.

Je pense que ces dizaines de tics officiels et affligeants ont d�tourn�
le public fran�ais de l'op�ra, laissant entre eux ceux qui aimaient
cette bouillasse irrationnelle. Et pendant ce temps, New-York et Sydney
cr�aient leurs propres troupes � chanter le r�pertoire fran�ais tant ce
r�pertoire est aim� partout ailleurs : cette ann�e encore, au Met de
New-York, c'est Poulenc et ses Dialogues des Carm�lites qui fermeront la
saison pour la 30� fois en 40 ans.

--
P-Ol

Paul-Olivier Margail

unread,
May 14, 2013, 7:19:04 PM5/14/13
to
RVG :

> (...)
> Personnellement je prononce le "r" dental et non roulᅵ, entre "r" et
> "l", trᅵs bref.

Rᅵgine Crespin aurait aimᅵ : c'est ce qu'elle faisait !

> Et pour chanter en basse profonde, il ne faut pas parler ᅵ haute voix de
> la journᅵe ni se racler la gorge. Prᅵvoir du sᅵrum physiologique pour se
> dᅵcrasser les voies respiratoires.

En fait, on peut parler et se rᅵcler la gorge ᅵ condition de savoir
comment faire redescendre l'appareil phonatoire et si le sᅵrum phy
revient trop cher, on se fait ᅵa ᅵ l'eau de mer.

Le matin au rᅵveil, quand tu as dormi seul et que tu n'as pas passᅵ ton
temps ᅵ faire des cochonneries ᅵ 5 ou 6, tout ce qui sert ᅵ la voix est
dans la bonne position physique, trᅵs bas, ᅵ la cave. ᅵ la moindre prise
de souffle, au moindre son parlᅵ, hop, tout remonte d'au moins un ᅵtage
pour encombrer gorge et bouche. L'idᅵal n'est donc pas de savoir tout
faire redescendre (ᅵa, ᅵa s'appelle "le mᅵtier"), l'idᅵal, c'est
d'apprendre ᅵ tout bloquer en position basse.

> D'aprᅵs mon prof de chant M. Ossorguine (chef de chᅵur de l'ᅵglise Saint
> Serge ᅵ Paris) la technique des basses russes a ᅵtᅵ empruntᅵe aux lamas
> mongols, le "aum" caverneux et le chant de gorge.

Ca n'est absolument pas idiot et rejoint une notion cousine transmise en
Europe par les enseignants sᅵrieux : toujours commencer une sᅵance de
travail par du "humming" (bouche fermᅵe) afin de bien gᅵolocaliser le
son dans la caisse de rᅵsonnance. Et effectivement, quand on foire son
coup, on le sait tout de suite car on le sent physiquement avant mᅵme
que de l'entendre.

--
P-Ol

RVG

unread,
May 15, 2013, 9:27:27 AM5/15/13
to
Le 15/05/2013 01:19, Paul-Olivier Margail a écrit :
> RVG :
>
>> (...) Personnellement je prononce le "r" dental et non roulé, entre
>> "r" et "l", très bref.
>
> Régine Crespin aurait aimé : c'est ce qu'elle faisait !
>

J'ai dû piquer sa technique. Ses Nuits d’Été ont longtemps été un de mes
disques préférés avant de trouver le CD de Janet Baker dans une vente de
charité de l'Armée du Salut en GB.

>> Et pour chanter en basse profonde, il ne faut pas parler à haute
>> voix de la journée ni se racler la gorge. Prévoir du sérum
>> physiologique pour se décrasser les voies respiratoires.
>
> En fait, on peut parler et se râcler la gorge à condition de savoir
> comment faire redescendre l'appareil phonatoire

Des exercices respiratoires. La pratique hésychaste dite de la prière du
cœur peut aussi contribuer au maintien d'une voix grave (là encore il
s'agit certainement d'un emprunt aux pratiques bouddhistes de
l'Extrême-Orient russe).

> et si le sérum phy revient trop cher, on se fait ça à l'eau de mer.
>
> Le matin au réveil, quand tu as dormi seul et que tu n'as pas passé
> ton temps à faire des cochonneries à 5 ou 6, tout ce qui sert à la
> voix est dans la bonne position physique, très bas, à la cave. À la
> moindre prise de souffle, au moindre son parlé, hop, tout remonte
> d'au moins un étage pour encombrer gorge et bouche. L'idéal n'est
> donc pas de savoir tout faire redescendre (ça, ça s'appelle "le
> métier"), l'idéal, c'est d'apprendre à tout bloquer en position
> basse.
>

Oui mais souvent ça ne veut pas. On reste alors dans la basse
"classique" et on n'est vraiment à l'aise que dans le baryton-basse.

Un type comme Vladimir Miller a une voix de cachalot. Dans mes bons
jours j'arrive à tenir l’unisson, mais en fin de journée c'est
impossible, je suis au moins une tierce au-dessus maximum.

En néerlandais:
http://youtu.be/7XSrg7gdvP0

>> D'après mon prof de chant M. Ossorguine (chef de chœur de l'église
>> Saint Serge à Paris) la technique des basses russes a été
>> empruntée aux lamas mongols, le "aum" caverneux et le chant de
>> gorge.
>
> Ca n'est absolument pas idiot et rejoint une notion cousine transmise
> en Europe par les enseignants sérieux : toujours commencer une séance
> de travail par du "humming" (bouche fermée) afin de bien géolocaliser
> le son dans la caisse de résonnance. Et effectivement, quand on foire
> son coup, on le sait tout de suite car on le sent physiquement avant
> même que de l'entendre.
>

Si vous avez une paroisse russe près de chez vous, allez discuter avec
le diacre qui est toujours une basse. Le p. Georges qui officiait à la
cathédrale St Alexandre Nevski à Paris jusqu'à ces dernières années,
avait une voix très pure - et très basse. Lors de la lecture de l’Épitre
du jour, c'était impressionnant: les premières phrases étaient
non-localisables, on aurait dit que la voix venait de l'intérieur de
vous, puis allait se loger, une tierce et deux chapitres plus loin,
devant la porte de l'autel où le diacre lisait.
Le prêtre en revanche est un ténor, ce qui donne de jolies choses dans
les répons et les antiennes de la liturgie russe.
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RVG

unread,
May 15, 2013, 12:06:53 PM5/15/13
to
Le 15/05/2013 17:56, MELMOTH a écrit :
> Ce cher mammifère du nom de RVG nous susurrait, le mercredi
> 15/05/2013, dans nos oreilles grandes ouvertes mais un peu sales tout
> de même, et dans le message
> <kn028q$pdb$1...@blueduskconspiracy.eternal-september.org>, les doux
> mélismes suivants :
>
>> J'ai dû piquer sa technique. Ses Nuits d’Été ont longtemps été un
>> de mes disques préférés avant de trouver le CD de Janet Baker dans
>> une vente de charité de l'Armée du Salut en GB.
>
> Nempêche... Ça ne Me dit toujours pas (origine de ce fil) _POURQUOI_
> les chanteurs "classiques" *roulent les R*...Je n'ai toujours pas eu
> la moindre réponse _PERTINENTE_...
>

Pour des questions respiratoires. Le "r" français bloque la respiration
sauf si on augmente son aspect guttural, comme ont fait certains
chanteurs populaires (Piaf, Brel). Ou alors on ne l'entend pas du tout
avec une voix travaillée.
En allemand aussi, le "ch" dur est généralement prononcé "à la russe"
pour ne pas bloquer le souffle.
Et il n'y a pas de chant classique en néerlandais, CQFD.

Alain Naigeon

unread,
May 15, 2013, 12:56:23 PM5/15/13
to
"MELMOTH" <th...@free.fr> a �crit dans le message de news:
mn.7c347dd50...@free.fr...
> Ce cher mammif�re du nom de RVG nous susurrait, le mercredi 15/05/2013,
> dans nos oreilles grandes ouvertes mais un peu sales tout de m�me, et dans
> le message <kn028q$pdb$1...@blueduskconspiracy.eternal-september.org>, les
> doux m�lismes suivants :
>
>> J'ai d� piquer sa technique. Ses Nuits d'�t� ont longtemps �t� un de mes
>> disques pr�f�r�s avant de trouver le CD de Janet Baker dans une vente de
>> charit� de l'Arm�e du Salut en GB.
>
> Nemp�che...
> �a ne Me dit toujours pas (origine de ce fil) _POURQUOI_ les chanteurs
> "classiques" *roulent les R*...Je n'ai toujours pas eu la moindre r�ponse
> _PERTINENTE_...
>
>

Qu'appelles-Tu pertinente ? Je maintiens que le 'r' tel que nous
le pronon�ons aujourd'hui est difficilement compatible avec une
�mission saine dans le style lyrique.

--

Fran�ais *==> "Musique renaissance" <==* English
midi - facsimiles - ligatures - mensuration
http://anaigeon.free.fr | http://www.medieval.org/emfaq/anaigeon/
Alain Naigeon - anai...@free.fr - Oberhoffen/Moder, France
http://fr.youtube.com/user/AlainNaigeon

--
> Car avec beaucoup de science, il y a beaucoup de chagrin ; et celui qui
> accro�t sa science accro�t sa douleur.
> [Eccl�siaste, 1-18]
> MELMOTH - souffrant
>
>


Paul & Mick Victor

unread,
May 15, 2013, 5:02:58 PM5/15/13
to
MELMOTH wrote:
> Nemp�che...
> �a ne Me dit toujours pas (origine de ce fil) _POURQUOI_ les chanteurs
> "classiques" *roulent les R*...Je n'ai toujours pas eu la moindre
> r�ponse _PERTINENTE_...

Peut-�tre parce qu'ils n'arrivent pas � rouler les "L" ?
--
Paul & Mick Victor
impertinent ?


Paul-Olivier Margail

unread,
May 15, 2013, 6:27:43 PM5/15/13
to
RVG :

> (...)
> > R�gine Crespin
>
> J'ai d� piquer sa technique. Ses Nuits d'�t� ont longtemps �t� un de mes
> disques pr�f�r�s avant de trouver le CD de Janet Baker dans une vente de
> charit� de l'Arm�e du Salut en GB.

Fisher Dieskau a toujours dit avec force qu'on ne devient chanteur que
si on est capable d'un minimum d'imitation inconsciente...

D'autre part, passer d'un(e) interpr�te favori(te) � un(e) autre est
normal puisque nous r�agissons � l'�volution de l'esth�tique. Les
chanteurs surgis apr�s la 2� guerre mondiale disaient combien il leur
avait �t� difficile de se situer alors qu'ils n'avaient aucun rep�re
(enregistrement) ais�ment accessible de leurs illustres pr�d�cesseurs.
-Avec l'av�nement de la st�r�o, Callas et Tebaldi se sont m�me pay� le
luxe d'enregistrer 2 fois certains op�ras-. Eux, par contre (les
chanteurs de l'apr�s-guerre), nous ont beaucoup donn� � entendre, leurs
maisons de disques enregistrant alors � tire-larigot et du coup, nous
avons eu le choix.

> > (...)
> > L'id�al n'est donc pas de savoir tout faire redescendre
> > (�a, �a s'appelle "le m�tier"), l'id�al, c'est d'apprendre
> > � tout bloquer en position basse.

> Oui mais souvent �a ne veut pas. On reste alors dans la basse
> "classique" et on n'est vraiment � l'aise que dans le baryton-basse.

On ne va pas pouvoir continuer � parler technique car il y aura la
barri�re du vocabulaire et l'�change par �crit dans ce domaine rel�ve de
l'irr�el...
Toutefois, il faut essayer de repositionner le duo souffle/�mission au
niveau des clavicules. On sent tr�s bien � quel endroit en se palpant
lorsqu'on inspire : l� o� �a se contracte.
Ensuite, ind�pendamment, c'est sous les aisselles et jamais plus haut
que l'on repositionne le timbre.
Voil�, et tout �a peut �tre fait alors m�me qu'on est en train de
chanter. Mais attention : le chant, c'est lib�rer le son, et non pas le
coincer. Donc, il ne faut rien forcer. Sur les enregistrements de Galina
Vishnevskaia et Fiorenza Cossotto (et Monserrat Caball� en direct, les
soirs de grande fatigue), on les entend parfaitement se repositionner.
Elles passaient par l'artifice d'un coup de glotte malheureusement trop
audible mais le r�sultat �tait fabuleux puisqu'elles maintenaient ainsi
une richesse de timbre incroyable.

--
P-Ol

RVG

unread,
May 16, 2013, 3:30:58 AM5/16/13
to
Le 15/05/2013 23:02, Paul & Mick Victor a ᅵcrit :
> MELMOTH wrote:
>> Nempᅵche... ᅵa ne Me dit toujours pas (origine de ce fil)
>> _POURQUOI_ les chanteurs "classiques" *roulent les R*...Je n'ai
>> toujours pas eu la moindre rᅵponse _PERTINENTE_...
>
> Peut-ᅵtre parce qu'ils n'arrivent pas ᅵ rouler les "L" ?
>

Les chᅵurs gallois nous donnent aussi l'exemple de prononciation d'une
langue non seulement trᅵs gutturale (mais aux voyelles longues et
claires) et ᅵ un son caractᅵristique appelᅵ "l fricatif" qui s'ᅵcrit
"ll" et se prononce en claquant l'arriᅵre de la langue contre un cᅵtᅵ du
palet.

Par exemple le baryton Thomas L. Thomas:
http://youtu.be/asHE3JQADUc
Et en franᅵais (aria "ᅵ vin dissipe", de l'opᅵra Hamlet):
http://youtu.be/mH9Xlnz32t8

RVG

unread,
May 16, 2013, 9:19:46 AM5/16/13
to
Le 16/05/2013 00:27, Paul-Olivier Margail a �crit :
Une psalmodie du Notre P�re en slavon d'�glise, dans mes bons jours:
http://soundcloud.com/rvgronoff/otche-nash

Paul-Olivier Margail

unread,
May 17, 2013, 12:24:23 PM5/17/13
to
RVG :

> (...)
> Une psalmodie du Notre P�re en slavon d'�glise, dans mes bons jours:
> http://soundcloud.com/rvgronoff/otche-nash

Je conserve le lien et d�s que j'en aurai l'occasion, j'irai �couter (je
ne suis pas �quip� pour).

--
P-Ol
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