daniel.fischer0322 <
daniel.fi...@orange.fr> wrote:
> JS Bach et A Mozart ont composé de petites pièces très simples pour
> débutants, mais très plaisantes, que l'on trouve dans de petites
> compilations d'oeuvres classiques faciles (voir en librairie).
Pour ce qui est de Bach, le Petit livre de musique d'Anna-Magdalena est
principalement un recueil d'œuvres qui ne sont pas de Bach mais de
contemporains compilées par lui : Petzold, Couperin, Hasse, Stölzel, son
fils Carl Philip Emmanuel, Mgr Böhm, et d'autres anonymes. Concernant
celles dont on sait qu'elles sont de Bach, elles vont du Choral
nécessitant quand même de savoir lire à quatre voix, à des pièces plus
difficiles Comme le Rezitativ und Arie BWV82 ou l'Aria di Giovannini BWV
518 qui sont en plus destiné à être chantées sur l'accompagnement
(Anna-Magdalena avait un brin de voix !). On rappelle aussi que la
version originale de ce Notenbüchlein comportait les Partita BWV 827 et
830 qu'on ne peut pas décemment qualifier de "faciles". Il en va de même
du Klavierübung destiné à son fils, qui nécessite déjà une certaine
technique pour être joué proprement. Dans les deux cas on se souvient
aussi qu'il s'agit de pièces pour clavecin ou clavicorde et non pour
piano, et que l'adaptation crée une difficulté supplémentaire si on veut
bien faire.
Rappelons aussi que Goldberg, pour qui ont été écrites les "variations"
qu'on considère, pour certaines, comme raisonnablement difficiles
(euphémisme !), n'était que son *élève*, ce qui donne une perspective un
peu vertigineuse ce ce qu'était l'apprentissage du clavier selon
Jean-Sébastien !
Concernant Mozart, il a effectivement composé, entre 4 et 6 ans, de
jolies ritournelles assez abordables, mais il faut quand même prévenir
du fait que la main gauche reste peut-être plus sollicitée que ne le
tolérerait notre PO ?
Sans préjuger de la réponse qu'il va nous fournir et qui pourrait
orienter le conseil, en parlant d'une manière très générale de
l'apprentissage du piano :
- on acceptait il y a 50 ans des contraintes d'apprentissage dès le plus
jeune âge que plus personne n'est prêt à consentir aujourd'hui. Ça
simplifiait beaucoup les choses car il y a toute une partie mécanique et
neuro-musculaire qui ne supporte guère de raccourcis. Il faut en passer
par du temps et de la progression. Exactement comme pour faire le grand
écart en danse : ce n'est jamais du premier coup. Et l'âge ajoute des
contraintes supplémentaires : moins de souplesse et d'adaptabilité et
moins d'obéissance sans discuter à faire les exercices nécessaires (et
ingrats).
- S'agissant du piano dit "classique", le strict *minimum* pour obtenir
un résultat satisfaisant (au bout de quatre ans) sera d'y consacrer un
quart d'heure *au moins* chaque jour (absolument TOUS les jours, pas
"une heure un jour sur quatre" !) et de s'inscrire dans une école de
musique municipale. Seul un professeur de métier pourra détecter les
mauvaises positions, les mauvais choix, les pièges qui éviteront à
l'apprenti de se retrouver définitivement bloqué dans une impasse.
"Désapprendre" des positions fautives prend au moins trois ou quatre
fois plus de temps qu'il en aura fallu pour les apprendre.
Ça c'était dans un contexte où on souhaitait pouvoir jouer pour faire
plaisir à quelqu'un (public, auditoire). Pour se faire plaisir à
soi-même voire se la raconter (qui est le droit le plus strict de
chacun) ça peut être beaucoup plus simple et même se passer totalement
de méthode ou de partitions :-)
--
Gérald