Je vous propose de le continuer, de le déflorer, de le contredire, de le
plagier...
vous pouvez même le lire d'un derrière distrait...
bref, de jouer...
Il est là.
Au premier étage, avec la fenêtre qui donne sur le canal.
Il est là, car le rideau bouge.
Il n’y a personne sur le quai,
A part moi dans l’encognure d’une porte,
et une prostituée qui fait la grue en ciré noire sous un
lampadaire avec ses seins en vitrine, et un de ces
fume-cigarette à la Dietrich à la bouche.
L’ambiance est tout à fait Lili Marlène, à la caserne près.
Le baryton de la sirène d’un bateau entrant, répond
au soprano sifflet d’un train en partance.
La gare tout proche, où il débarque ce matin d’un compartiment de
troisième classe,
les yeux bouffis de sommeil, une valise en carton, et les cheveux en
bataille
Il ne sait pas qu’il est attendu.
Que pour lui c’est la fin du voyage,
l’escale définitive,
l'arrêt bière façon Borgniol
Le terminus à perpétuité.
Terminus, c'est le nom de l’hôtel qu’il choisi,
alors que le choix ne manque pas dans le coin.
C’est drôle non ?
L’hôtel des Amériques, parce que y rien d’autre en face que l’Amérique,
et le bras tendu au ciel de la Liberté
qui engueule Dieu.
L’Oasis,
L’hôtel d’Alger
L’hôtel du Port,
l'hôtel de la Gare...
Le Panier, bon là c’est un hôtel de passe…
L’hôtel du Nord tenu par parigot nostalgique du canal Saint-Martin.
Non, il a fallu qu’il choisisse celui-ci, comme s’il savait...