Voici les vers 13 à 23 des Bacchantes d'Euripide :
λιπὼν δὲ Λυδῶν τοὺς πολυχρύσους γύας
Φρυγῶν τε, Περσῶν θ᾽ ἡλιοβλήτους πλάκας
Βάκτριά τε τείχη τήν τε δύσχιμον χθόνα 15
Μήδων ἐπελθὼν Ἀραβίαν τ᾽ εὐδαίμονα
Ἀσίαν τε πᾶσαν, ἣ παρ᾽ ἁλμυρὰν ἅλα
κεῖται μιγάσιν Ἕλλησι βαρβάροις θ᾽ ὁμοῦ
πλήρεις ἔχουσα καλλιπυργώτους πόλεις,
ἐς τήνδε πρῶτον ἦλθον Ἑλλήνων πόλιν, 20
τἀκεῖ χορεύσας καὶ καταστήσας ἐμὰς
τελετάς, ἵν᾽ εἴην ἐμφανὴς δαίμων βροτοῖς.
Voici le début de ma traduction pour cette longue phrase :
Ayant quitté les champs abondants d'or des Lydiens et les plaines des
Phrygiens pour les plaines des Perses frappée des rayons du Soleil, le
sremparts de Bactus, la terre au climat rude et toute l'Asie
En fait on peut théoriquement répartir les compléments comme on veut, cela
ne change rien au sens. Toutes ces régions se touchent et on passe de l'une
à l'autre.
MAIS ....il faut couper après τείχη et non après Φρυγῶν τε
Vous êtes grecque et vous entendez ça au théâtre. Vous comprenez
naturellement que toute la première partie est liée puisque tout est
coordonné de la même façon. Vous pensez donc aussi la même chose pour τήν τε
δύσχιμον χθόνα Μήδων quand, effet de surprise, vous entendez ἐπελθὼν et
comprenez que désormais tout dépend de ce participe.
C'est un exemple typique des obscurités, surprises et ambiguïtés volontaires
qu' adorait Euripide et que les anciens lui ont sévèrement reprochées .
Et donc l'éditeur a eu raison de mettre la virgule là où elle est.
> Vous êtes grecque et vous entendez ça au théâtre. Vous comprenez
> naturellement que toute la première partie est liée puisque tout est
> coordonné de la même façon. Vous pensez donc aussi la même chose pour
> τήν τε δύσχιμον χθόνα Μήδων quand, effet de surprise, vous entendez
> ἐπελθὼν et comprenez que désormais tout dépend de ce participe.
>
Je pense que le jeu des artistes devait pallier à l'ambiguïté
Pour nous il suffit de lire
λιπὼν δὲ Λυδῶν τοὺς πολυχρύσους γύας
Φρυγῶν τε,
avec une pause ici
Περσῶν θ᾽ ἡλιοβλήτους πλάκας
Βάκτριά τε τείχη τήν τε δύσχιμον χθόνα 15
Μήδων ἐπελθὼν
> C'est un exemple typique des obscurités, surprises et ambiguïtés
> volontaires qu' adorait Euripide et que les anciens lui ont sévèrement
> reprochées .
>
pour qu'il n'y ait plus d'obscurité, mais au contraire une phrase
superbement construite.
--
Amicalement. Chaeréphon
"Je ne crains rien, je n'espère rien, je suis libre".
<http://users.tellas.gr/~sarbonne/index.htm>
Pas du tout, césure, pause de la voix ou pas, c'est obscur, volontairement
obscur, l'effet de surprise est voulu et il est mal venu. Je partage l'avis
des anciens : Euripide écrivait for mal. Aristophane a parodié de façon très
drôle de telles incongruités. Ceci dit les Bacchantes sont un pur
chef-d'oeuvre, certainement sa meilleure tragédies avec les Troyennes parmi
celles qui ont survécu.