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Quelques precisions sur la grippe (R. Noto)

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Christophe Dang Ngoc Chan

unread,
Nov 8, 2009, 2:16:26 PM11/8/09
to
Ren� Noto (pr�sident de l'ANIMS, m�decin g�n�ral BSPP)
Quelques pr�cisions sur la grippe
Secourisme revue n� 167 (septembre 2009)
p. 20 et suiv.
<URL:http://www.anims.asso.fr/fr-revue.html>

[...]

2 - Grippe, syndrome grippal, quelles diff�rences ?

[...] Le virus de la grippe, comme celui des syndromes grippaux,
appartient � la cat�gorie des virus respiratoires, virus qui se
d�veloppent dans l'appareil respiratoire.

Les troubles observ�s sont tr�s similaires : d�but brutal avec asth�nie,
maux de t�te, courbatures, puis fi�vre, toux ; se surajoutent assez
souvent angine, troubles digestifs avec diarrh�e et vomissements.

Donc diagnostic pr�cis difficile, le seul diagnostic valable est celui
qui s'appuie sur la recherche et la pr�sence de virus dans les voies
respiratoires.

Autant dire que dans la pratique courante cela ne se r�alise presque jamais.

Mais il y a aussi un diagnostic de pr�somption en p�riode �pid�mique :
des troubles brutaux quelques jours apr�s un contact avec une personne
malade ayant pr�sent� ces sympt�mes.

C'est alors un diagnostic plus �pid�miologique que clinique.

Cette notion est importante :
- pour r�habiliter l'efficacit� de la vaccination antigrippale
habituelle : combien de fois a-t-on entendu "j'ai eu la grippe alors que
j'�tais vaccin� !" ;
- pour rappeler que tous les virus respiratoires peuvent atteindre
l'homme dans la p�riode hivernale, la confusion peut alors s'expliquer.

3 - Virus grippal, quelle origine ?

La virologie [...] a montr� qu'il y a trois types de virus : A, B et C :
- le virus C n'est pathog�ne que pour certains animaux ;
- le virus B atteint les animaux et l'homme chez qui il est responsable
de cas sporadique et quelquefois de petites �pid�mies ;
- c'est surtout le virus A qui est le plus r�pandu et responsable de
grandes �pid�mies, et c'est celui qui est le plus susceptible de mutations.

4 Virus grippal, quels r�servoirs ?

[...] Le virus A poss�de trois sortes de r�servoirs habituels :
- r�servoir aviaire, c'est celui de la grippe aviaire qui s�vit dans la
plupart des esp�ces d'oiseaux ;
- r�servoir porcin, c'est celui de la grippe porcine ;
- r�servoir humain en p�riode d'�pid�mie, c'est celui de la grippe humaine.
� partir de ces r�servoirs, [les virus] vont par le biais de la
contamination entres individus se r�pandre dans les populations
d'oiseaux, de porcs et chez les hommes.

5 - Virus mutant, croisement de virus, la barri�re des esp�ces ?

[...] On consid�re maintenant que la notion de "barri�re des esp�ces"
[...] est de plus en plus fragile et perm�able.

Pour le virus de la grippe A c'est le cas : les trois esp�ces peuvent
�changer des g�nes entres eux donnant ainsi de nouvelles variantes.

6 Virus H1N1, H5N1, pourquoi ?

[...] les virus [ne peuvent] se d�velopper dans l'organisme apr�s
contamination qu'apr�s avoir p�n�tr� � l'int�rieur d'une cellule.

L'�quipement enzymatique qu'ils poss�dent � leur surface permet cette
p�n�tration gr�ce � deux substances diff�rentes :
- les h�maglutines H ;
- les neuramidinases N.
Il existe 16 vari�t�s d'h�maglutines dont seulement 3 sont dangereuses
(pathog�nes), donc de H1 � H3.

De m�me, il y a 9 neuramidinases dont seulement 2 pathog�nes, N1 et N2.
[...]
Th�oriquement, car la souche H5N1 qui repr�sentait la menace hier
semblait hors de cete pr�vision.

[...]

8 - Comment la grippe peut �tre dangereuse ?

La mortalit� peut avoir trois origines distinctes :
- l'atteinte respiratoire habituelle li�e � l'activit� du virus peut se
compliquer d'une surinfection bronchopulmonaire [...] le malade va
mourir d'une "pneumopathie bact�rienne" ayant �volu� vers une
insuffisance respiratoire grave rebelle � tout traitement antibiotique
appropri� ;
- l'atteinte respiratoire habituelle prend une forme gravissime d'embl�e
et �volue tr�s vite vers un SDRA (syndrome de d�tresse respiratoire
aig�e) d'origine virale, donc non sensible aux antibiotiques, et qui
�volue vers une forme mortelle rapidement malgr� la mise en oeuvre d'une
ventilation artificielle ;
ce fut la cause principale de mort au cours de la pand�mie de 1918
(entre 40 et 10 millions de morts) ;
- la maladie grippale vient "d�compenser", c'est-�-dire aggraver, une
pathologie pr�existante jusque l� assez bien support�e : maladie
cardiovasculaire, diab�te, insuffisance r�nale, troubles respiratoires
comme la bronchite chronique, insuffisance h�patique d'une cirrhose,
sida, etc.
De m�me, les gens �g�s, dont les d�fenses immunitaires sont affaiblies
par l'�ge, peuvent pr�senter des formes graves et mortelles.
De m�me les personnes vivant dans des conditions pr�caires, donc
d�nutries, sont plus vuln�rables aux atteintes de la grippe.

9 - Pourquoi la grippe H1N1 semble plus contagieuse ?

[...] Plusieurs hypoth�ses ont �t� avanc�es et parmi elles les modalit�s
de multiplication du virus dans l'organisme : le virus de la grippe
saisoni�re, toujours cit� en r�f�rence, se multiplie (on parle de
r�plication) surtout dans les muqueuses des fosses nasales. Celui de la
grippe H1N1 semble se multiplier aussi dans toutes les voies
respiratoires, bronches, bronchioles, ... Il est donc davantage pr�sent
dans toutes les expectorations �mises par un malade [...].

10 - La grippe H1N1 serait-elle plus dangereuse que la grippe saisonni�re ?

[...]
- l'hypoth�se de b�nignit� a �t� faite par comparaison de l'�volution de
l'�pid�mie actuelle � celle survenue en 1977 [...] les caract�ristiques
�taient les suivantes : transmission rapide, importante morbidit� chez
les jeunes de moins de 25 ans (nombre de malades), mais faible mortalit�
Source : "Swine-origine influenza virus in young age groups"
Lancet vol. 373 issue 9881, p. 2018-2019, 20 juin 2009
- l'hypoth�se de la gravit� a �t� faite par d'autres recherches : le
virus actuel serait 100 fois plus pathog�ne que le virus saisonnier et
plusieurs explications ont �t� avanc�es : r�plication du virus plus
large [...]
Sources : "Pathogenesis and transmission of swine-origin 2009 A(H1N1)
influenza virus in ferrets"
Vincent J. Munster, Charles A.A.M. Fouchier
Science Express, en ligne 2 juillet 2009 (DOI : 10.1126/science.1177127)

[...]

15 - Grippe saisonni�re, grippe H1N1, quel mode de fabrication des
[vaccins] ?

[...]
Pour la grippe H1N1

La culture sur oeufs f�cond�s est impossible car le virus est tr�s
toxique pur l'esp�ce aviaire et les oeufs embryonn�s vont mourir. Il
faut donc faire subir une pr�paration g�n�tique sp�ciale au virus qui
lui �te sa virulence pour l'embryon tout en conservant ses propri�t�s
antig�niques [...].

Ce proc�d� est s�r mais tr�s lent (pr�s de 6 mois) et n�cessite par
ailleurs de fortes doses d'antig�nes pour d�clencher une r�ponse suffisante.

Ce sont ces raisons pour lesquelles il a �t� anonc� initialement :
- que les vaccins ne pourraient �tre pr�ts � temps si la pand�mie
survenait rapidement ;
- qu'il n'y aurait peut-�tre pas assez de vaccins pour tout le monde [...] ;
- qu'il faudrait peut-�tre deux injections successives pour assurer ue
bonne immunit� ;
- qu'il fallait fabriquer un vaccin avec des "adjuvants" chimiques
susceptibles d'augmenter la r�ponse immunitaire des sujets vaccin�s.
[...]

--
Christophe Dang Ngoc Chan
secouriste b�n�vole, moniteur
cd...@wanadoo.fr

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