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COMMENT EST-CE POSSIBLE ?

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SCALAIRE 57

unread,
May 28, 2009, 5:32:46 AM5/28/09
to

-- COMMENT EST-CE POSSIBLE ?

Quand j'�tais un chiot, je t'ai amus� avec mes cabrioles et t'ai fait rire.
Tu m'as appel� ton enfant, et en d�pit de plusieurs chaussures m�ch�es et
quelques oreillers assassin�s, je suis devenu ton meilleur ami. Toutes les
fois que j'�tais m�chant tu agitais ton doigt vers moi et me demandais �
Comment est-ce possible ? �, mais apr�s on s'amusait ensemble.
Mon �ducation a pris un peu plus longtemps que pr�vu, parce que tu �tais
terriblement occup�, mais nous y avons travaill� ensemble. Je me souviens de
ces nuits o� je fouinais dans le lit et �coutais tes confidences et r�ves
secrets, et je croyais que la vie ne pourrait pas �tre plus parfaite.
Nous sommes all�s pour de longues promenades et courses dans le parc,
promenades de voiture, arr�ts pour de la cr�me glac�e (j'ai seulement eu le
cornet parce que � la glace est mauvaise pour les chiens �, comme tu
disais), et je faisais de longues siestes au soleil en attendant que tu
rentres � la maison.


Progressivement, tu as commenc� � passer plus de temps au travail et � te
concentrer sur ta carri�re, et plus de temps � chercher un compagnon humain.
Je t'ai attendu patiemment, t'ai consol� apr�s chaque d�chirement de cour et
d�ception, ne t'ai jamais r�primand� au sujet de mauvaises d�cisions, et me
suis �battu avec joie lors de tes retours au foyer.
Et puis tu es tomb� amoureux. Elle, maintenant ta femme, n'est pas une fana
des chiens, mais je l'ai accueillie dans notre maison, essay� de lui montrer
de l'affection, et lui ai ob�i. J'�tais heureux parce que tu �tais heureux.


Ensuite les b�b�s humains sont arriv�s et j'ai partag� votre excitation.
J'�tais fascin� par leur couleur rose, leur odeur, et je voulais les
pouponner aussi. Seulement vous vous �tes inqui�t�s que je puisse les
blesser, et j'ai pass� la plupart de mon temps banni dans une autre pi�ce ou
dans une niche. O, comme je voulais les aimer, mais je suis devenu
n �prisonnier de l'amour �.


Comme ils ont commenc� � grandir, je suis devenu leur ami. Ils se sont accro
ch�s � ma fourrure et se sont lev�s sur leurs jambes branlantes, ont pouss�
leurs doigts dans mes yeux, fouill� mes oreilles, et m'ont donn� des baisers
sur le nez. J'aimais tout d'eux et leurs caresses - parce que les tiennes
�taient maintenant si peu fr�quentes - et je les aurais d�fendus avec ma vie
si besoin �tait.
J'allais dans leurs lits et �coutais leurs soucis et r�ves secrets, et
ensemble nous attendions le son de ta voiture dans l'all�e.


Il y eut un temps, quand les autres te demandaient si tu avais un chien, tu
leur montrais une photo de moi dans ton portefeuille et tu leur racontais
des histoires � mon propos. Ces derni�res ann�es tu r�pondais juste �
oui � et changeais de sujet. Je suis pass� du statut de � ton chien � �
seulement �un chien �, et vous vous �tes offens�s de chaque d�pense pour
moi.
Maintenant, vous avez une nouvelle occasion de carri�re dans une autre
ville, et vous allez d�m�nager dans un appartement qui n'autorise pas
d'animaux
familiers. Tu as fait le bon choix pour ta � famille �, mais il y eut un
temps o� j'�tais ta seule � famille �...

J'�tais excit� par la promenade en voiture jusqu'� ce que nous arrivions au
refuge pour animaux. Cela sentait les chiens et chats, la peur, le
d�sespoir. Tu as rempli la paperasserie et as dit : � Je sais que vous
trouverez une bonne maison pour lui �. Ils ont hauss� les �paules et vous
ont jet� un regard attrist�. Ils comprennent la r�alit� qui fait face � un
chien entre deux �ges, m�me un avec � des papiers. � Tu as d� forcer les
doigts de ton fils pour les d�tacher de mon col et il a cri� � Non, Papa !
S'il
te pla�t, ne les laisse pas prendre mon chien ! �. Et je me suis inqui�t�
pour lui. Quelles le�ons lui avez-vous apprises � l'instant au sujet de
l'amiti�
et la loyaut�, au sujet de l'amour et de la responsabilit�, et au sujet du
respect pour toute vie ? Tu m'as donn� un � au revoir-caresse � sur la t�te,
tu as �vit� mes yeux et tu as refus� d'emporter mon collier avec vous.
Apr�s votre d�part, les deux gentilles dames ont dit que vous saviez
probablement d�j� depuis plusieurs mois que vous deviez d�m�nager et que
vous n'avez rien fait pour me trouver une autre bonne maison pour me prendre
en charge et me rendre heureux. Elles ont secou� la t�te et ont dit
: �Comment est-ce possible ? �.

Ils sont aussi attentifs � nous ici dans le refuge que leurs programmes
charg�s le leur permettent. Ils nous nourrissent, bien s�r, mais j'ai perdu
l'app�tit petit � petit. Au d�but, chaque fois que quelqu'un passait pr�s de
ma cage, je me d�p�chais en esp�rant que c'�tait toi, que tu avais chang�
d'avis,
que c'�tait juste un mauvais r�ve... j'esp�rais tout au moins que �a soit
quelqu'un qui se soucie de moi et qui pourrait me sauver. Quand je me suis
rendu compte que je ne pourrais pas rivaliser avec les autres chiots qui
fol�traient pour attirer l'attention, je me suis retir� dans un coin de la
cage et j'ai attendu...

J'ai entendu ses pas quand elle s'approcha de moi en fin de journ�e, et j'ai
trottin� le long de l'all�e jusqu'� une pi�ce s�par�e. Une pi�ce
heureusement tranquille. Elle m'a plac� sur une table et a frott� mes
oreilles et m'a dit de ne pas m'inqui�ter. Mon cour battait d'appr�hension
sentant ce qui allait venir, mais il y avait aussi un sentiment de
soulagement. Le � prisonnier de l'amour � avait surv�cu � travers les
semaines et les mois d'abandon. Comme c'est dans ma nature, je me suis
plut�t inqui�t� pour elle. Le fardeau qu'elle porte lui p�se lourdement, je
le sais, de la m�me mani�re que je connaissais votre humeur � vous mes
ma�tres.
Elle a plac� une cha�ne doucement autour de ma patte de devant et une larme
a roul� sur sa joue.

J'ai l�ch� sa main comme j'en avais l'habitude quand je te consolais il y a
tant d'ann�es. Elle a gliss� l'aiguille hypodermique habilement dans ma
veine. Quand j'ai senti la piq�re et le liquide se r�pandre � travers mon
corps, je me suis assoupi... Je pouvais encore l'apercevoir et � travers mes
yeux doux yeux j'ai murmur� : � Comment as-tu pu ? �.

Peut-�tre parce qu'elle comprenait mon langage, elle m'a dit � je suis si
d�sol�e. � Elle m'a �treint et m'a expliqu� pr�cipitamment que c'�tait son
travail de s'assurer que j'allais � une meilleure place o� je ne serais pas
ignor� ni abus� ni abandonn� o� j'aurais � pourvoir moi-m�me � mes besoins,
� une place remplie d'amour et de lumi�re, tr�s diff�rente de cet endroit.
Et avec mes derni�res forces, j'ai essay� de me transporter jusqu'� elle et
lui expliquer avec petit battement de queue que mon � Comment as-tu pu ? �
n'�tait pas dirig� contre elle.
C'est � toi, Mon Ma�tre Bien-aim�, que je pensais.

Je penserai � toi et t'attendrai � jamais. Puisse tout le monde dans ta vie
continuer � te montrer autant de loyaut�.

Jim Willis 2001


Note de l'auteur:
Si ce texte � Comment est-ce possible ? � vous a mis les larmes aux yeux en
lisant comme moi en l'�crivant, c'est parce que vous avez du cour et de la
sensibilit�. Cependant ceci est l'histoire de millions d'animaux familiers
qui meurent chaque ann�e dans des chenils fran�ais am�ricains et canadiens,
etc.


Viggo

unread,
Jun 4, 2009, 12:00:07 PM6/4/09
to
SCALAIRE 57 a �crit :

J'aimais beaucoup cette petite histoire. Merci.

...et une autre histoire qui est d'une toute autre nature mais �galement
triste est celle-ci:

http://www.b-a-r-f.com/index.php?option=com_content&view=article&id=114:survivrecroquettes&catid=72:veterinairesbarf&Itemid=100187

La question pourrait �tre un peu provoquant...mais l'est-elle vraiment ?

Amicalement

Viggo

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