Une BD lève le voile sur le Kouprey, animal mythique du Cambodge

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Supharidh Hy

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May 8, 2013, 7:44:40 AM5/8/13
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Une BD lève le voile sur le Kouprey, animal mythique du Cambodge

Avec sa BD Le massacre, Simon Hureau lève le voile sur le Kouprey, un bœuf gris cambodgien qui prend au fil des pages une charge symbolique lourde de sens. Il a rencontré le grand bovidé "vraiment par hasard en feuilletant [l’hebdomadaire] la Gazette Drouot. Tous les éléments étaient là pour faire une histoire épique autour d’un animal dont-on ne peut pas dire grand-chose", précise-t-il. Le Kouprey, emblème durant l’empire des Khmers (IXème au XIIIème siècle après J.C.), sera finalement domestiqué au fil des siècles alors que le Cambodge, lui, sombre sous le joug des puissances coloniales dont celui de la France au XXème siècle.   

Le Kouprey que possède le muséum d’histoire naturelle de Bourges est arrivé en 1931 dans le Cher (département où Fluctuat a par ailleurs déjà mené il y a quelques années une enquête, caméra au poing). Il s’agit d’un Kouprey mâle qui, d’après l’Union internationale pour la conservation de la nature (IUCN), serait un spécimen sauvage. D’autres scientifiques pensent que le Kouprey désormais berruyer n’a jamais été une espèce sauvage, mais plutôt le résultat d’un croisement entre le bœuf sauvage dénommé banteng et le zébu, un bovidé domestique. L’hybride né de cette union serait ensuite retourné à l’état sauvage.  

Au centre de l’histoire de Simon Hureau (en photo ci-dessus avec le Kouprey empaillé), relatant la période où le Cambodge sombre dans la Seconde Guerre mondiale avant de faire le grand plongeon dans la terreur Khmer Rouge, le Kouprey se fait littéralement massacrer par des chasseurs qui parcourent la planète pour accrocher des trophées sur leur mur. "L’histoire est une fiction à 100 % où l'on croise des personnages historiques comme Pol Pot et de pure création telle Limul Goma, qui collectionne le bizarre, l’étrange, l’insolite. Tout est possible avec lui".

Hureau tisse une trame narrative en respectant les faits historiques et aime faire croire que l’histoire est vraie tout en restant scrupuleusement dans la fiction. Autre personnage haut en couleur dans Le massacre : Magloire Desgravières. Passé par les tranchées de la Première Guerre mondiale, le vétéran part ensuite aux confins de l’empire colonial français pour s'oublier dans les paradis artificiels offerts par l’absinthe et l’opium [1].

Mais sa vie est définitivement troublée lorsqu’il tue un Kouprey sauvage pour sauver un enfant. Desgravières – véritable beatnik avant l’heure – a aussi une petite particularité : il aime manger des insectes et c’est à se demander s’il n’y aurait pas là, en filigrane, une discrète pointe de militantisme de la part de Simon Hureau : "Je tente des choses lors de mes voyages, je suis intrigué, curieux, j’aime bien l’idée et je trouve qu’elle mérite d’être développée". 

Le voyage, en cette année 2013, est aussi au cœur des prochains ouvrages de Simon Hureau. Ils devraient emmener les lecteurs du côté de l’Asie et l’Océanie. "En Indonésie, j’ai participé à un workshop BD auprès d’étudiants, et j’ai quelques quatre-vingt pages à propos d’un voyage en Chine".

[1] : La France en faisait le commerce via la Régie de l’opium durant la colonisation. Une variante existe aussi pour le Maroc avec la Régie du kif. Drogue Store, Dictionnaire rock, historique et politique des drogues, Arnaud Aubron chez Don Quichotte.

Par Guillaume RocheFollow @Leyog


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