Fustigator
unread,Sep 27, 2011, 5:06:59 PM9/27/11You do not have permission to delete messages in this group
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Hier volgt een stuk van een toespraak van Albert Devèze, minister
van Landsverdediging , toespraak gegeven te Brussel op 12 maart 1937
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"Il ne reste plus, pour mettre cette volonté de bonne entente
nationale] en péril, que le conflit linguistique, ou, plus exactement,
aujourd'hui le nationalisme linguistique, dont le caractère et les
tendances justifient, hélas ! nos inquiétudes.
Reconnaissons que la beauté et la noblesse de la langue flamande ont
été trop longtemps méconnues parmi nous, et qu'elle n'a conquis droit
de cité qu'à force de revendications tenaces et parfois violentes.
Sans doute, elle est, à l'égal du français, la langue de nos ancêtres
: à ce titre, elle s'impose à notre respect. Aimons-la aussi,
cependant, parce qu'elle est riche et harmonieuse : il faut, pour s'en
convaincre, entendre ceux qui ont acquis la connaissance littéraire
approfondie, dont elle est la langue maternelle, qui la pratiquent
dans la vie quotidienne. Aimons-la surtout, parce qu'elle est
l'expression héréditaire d'une population belge qui, à travers toutes
les vicissitudes, malgré toutes les épreuves, demeura irréductiblement
fidèle à sa conscience et à ses libertés. Et aussi parce que, hier
encore, dans les tranchées, vers lesquelles il faut bien que nous
reportions sans cesse nos pensées émues, elle était la langue de
beaucoup de ces Jass, émules modestes et sublimes du Poilu de France
et du Tommy anglais, et dont les qualités admirables de discipline et
de bravoure suppléèrent à la déficience de notre préparation
militaire. Combien je les comprends et je les admire, ces chefs
militaires, ces commandants d'unité surtout, qui s'étaient imposé de
l'apprendre, et qui s'honoraient d'en faire usage, pour se rapprocher
du cœur de tous leurs soldats, pour mieux remplir leur mission
éminente de chefs de famille militaire, pour que le Flamand de l'Yser
se sente moins cruellement séparé de l'autre famille absente et du
foyer lointain !...
De tels sentiments sont, aujourd'hui, ceux de tous les Belges. Le
droit intégral des populations flamandes à la culture complète dans
leur langue maternelle est désormais reconnu et consacré : la justice
linguistique doit s'étendre pour elles à toutes les circonstances de
la vie publique comme de la vie privée, et nul ne songe à la leur
marchander, à la vouloir partielle et insuffisante, à ne la leur
concéder que par force, sans bonne volonté ni bonne grâce. Les Belges
wallons, de leur côté, ne demandent - et cette revendication n'est:
plus susceptible d'être discutée - qu'à ne pas être contraints
d'acquérir la connaissance de la langue flamande. Souhaitons seulement
que leurs efforts pour l'apprendre volontairement soient d'autant plus
grands et plus fructueux que, libres et spontanés, ils seront dégagés
de toute mauvaise humeur et de tout préjugé : telle est encore, quoi
qu'on en puisse penser, une des conditions essentielles du maintien de
la volonté commune de vivre et de travailler ensemble, dans le cadre
de l'unité nationale. Faut-il dire que la réciproque n'a pas moins
d'importance ? En conservant, à côté de la culture à tous les degrés
dans leur langue maternelle, leur attachement à la culture française,
traditionnellement implantée en terre flamande et qu'il serait odieux
de déraciner, les Belges flamands s'ouvriront le domaine d'une langue
mondiale et resserreront davantage encore les deux grands éléments
ethniques dont la nationalité belge est constituée. Ainsi, dans
l'atmosphère épurée de l'après-guerre, la paix linguistique n'est pas
plus difficile à définir et à conclure que la paix sociale.
A la condition, cependant, que ne s'y mêle point le venin de la
politique de division instituée par l'envahisseur et dont nous portons
le dangereux héritage. Aux populations flamandes, la Belgique a été
représentée comme une, entité artificielle, oppressive, et même
ennemie, objet de sarcasmes et d'abomination. Tout ce qui la symbolise
et la glorifie a été poursuivi d'une haine implacable. On a voulu
créer le mythe d'une Flandre méconnue, exploitée et opprimée, sans
redouter d'abuser par des artifices et des calomnies la spontanéité de
la jeunesse ou la naïveté de l'ignorance. Et le temps n'est pas loin
où des menées souterraines tendaient à désorganiser et à noyauter
l'armée nationale, par une abominable propagande d'indiscipline en
temps de paix et de refus de servir en temps de guerre.
Est-il vrai qu'on se soit rendu compte du danger effroyable d'une
telle orientation du mouvement flamand ? Certaines déclarations qui
voudraient être apaisantes seront-elles traduites en actes ?
Souhaitons-le, de tout notre cœur. Mais espérons que sans faiblesse,
sans transaction, sans hésitation coupable, par l'action législative
et gouvernementale, l'âme de la Belgique soit défendue contre ceux qui
tenteraient de la dissoudre, et tout au moins de la pervertir."
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Fusti