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Dix millions d’hectares de terres agricoles ont été proposés par le Congo à 1 300 agriculteurs sud-africains pour cultiver du maïs et du soja, élever de la volaille et des vaches laitières dans le pays, a annoncé Theo De Jager, vice-président d’Agriculture South Africa (Agrisa), lors d’une conférence sur l’agriculture à Durban.
A savoir que la superficie proposée correspond à deux fois celle de la Suisse et que l’Afrique du Sud, premier producteur africain de maïs et troisième de blé, dispose de l’une des agricultures les plus développées du continent.
Au Congo, la terre ne manque pas car l’exode rural est massif. Alors que 30 % de la superficie du pays sont cultivables, seuls 2 % de terres sont cultivés. L’agriculture est délaissée malgré les slogans du genre « agriculture priorité des priorités », « autosuffisance alimentaire en l’an 2000 » ou « sécurité alimentaire ».
Le Congo, avec ses trois millions d'habitants est l'un des pays les plus dépendants en Afrique dans le domaine des produits alimentaires. Il y consacre chaque année des centaines de milliards de francs CFA.
A noter qu'un projet à peu près similaire (quoique mené de façon moins stupide) avait déjà été négocié en 1995 sous Lissouba. En effet un protocole d’accord avait été signé entre les autorités de l’époque et la South African Development Corporation pour la création d'une société d'économie mixte destinée à la mise en valeur de la vallée du Niari.
Bien entendu les autorités congolaises, conscientes que ce bradage des terres cultivables, à des conditions aussi folles que celles proposées à Daewoo à Madagascar, se sont empressées de démentir par un communiqué du ministère de l’Agriculture de l’Elevage.
Le ministère reconnaît que « du 9 au 13 mars 2009, une délégation de fermiers sud-africains, membres de l'association Agrisa, conduite par son vice-président, M. Théo De Jager, a séjourné au Congo pour explorer les possibilités d'une coopération agropastorale.
Cette délégation s'est rendue dans les départements des Plateaux et de la Cuvette centrale. Au terme de cette mission, une déclaration d'intention estampillée « document provisoire » a été signée entre le ministère de l'Agriculture et de l'Élevage et la délégation de fermiers sud-africains (…) Cette déclaration d'intention porte sur la mise à disposition de terres, la protection des agriculteurs et de leurs affaires, le bénéfice de l'exonération des droits et taxes de douane sur les intrants et matériels agricoles. Par contre, jamais au cours des discussions qui ont précédé la signature de la déclaration d'intention elle-même n'a été évoquée l'idée de cession gracieuse au bénéfice de fermiers sud-africains de 10 millions d'hectares de terre. D'ailleurs, comment pourrait-il en être ainsi quand on sait que la superficie totale des terres arables au Congo est de 10 millions d'hectares ? Enfin, une déclaration d'intention n'est pas un acte juridique qui engage les parties signataires. (…)
Une affaire à suivre car dix millions d'hectares non pas vendus mais donnés il faut le faire ! Que tout le monde se rassure : ceux qui auraient donné ne l'ont pas fait sans recevoir un intérêt ! D'abord il faut savoir que cette superficie représente une parcelle de 200 km de large sur 500 km de long ! Et où se situera ce cadeau royal offert pour 99 années à ces nouveaux colons sud-africains ? Va-t-il falloir raser des forêts ? Devra-t-on exproprier des villages entiers ? Deux fois la taille de la Suisse, 500 000 fois la taille de Monaco ? Après les paradis fiscaux, un paradis agricole serait donc offert aux afrikaners !
C'est sûr des emplois seront créés ! Mais des emplois d'ouvriers agricoles et de boys, pour ces gens nés sous la colonisation et qui ont gardé une mentalité de colonisés ! Quel beau projet que ce dernier en date de « La Nouvelle Espérance », après la promesse faite à des Malaisiens qui, parce qu'ils construiraient prétendument un chemin de fer dans le pays, se serviraient sur toutes les richesses rencontrées sur leur passage !
Avec tous les milliards d'euros, de dollars qui ont été déversés dans les poches du clan, pourquoi n'a-t-on pas lancé un programme agricole, un Crédit Agricole, destinés à aider les entrepreneurs de toutes les régions à se lancer dans la production, dans les plantations et dans l'élevage ? Il aurait été judicieux de faire appel à quelques fermiers sud-africains à qui l'on aurait fait don de quelques milliers d'hectares, avec une franchise douanière et fiscale même pour dix années à condition que chacun dans sa spécialité crée et dirige un centre de formation pour les jeunes Congolais. Chaque ferme sud-africaine installée au Congo devenant un centre de formation ! Ces fermiers auraient même pu recevoir des allocations supplémentaires pour cet enseignement. Il serait donc resté pour les jeunes Congolais, de toutes régions, au sortir de ces stages, 9.995.000 hectares de bonne terre congolaise à développer !
Mais dans ce dernier schéma, il est difficile de racketter ces jeunes fermiers congolais, de venir au nom du président ou de sa famille, en plus des taxes, prendre une partie de la récolte ou du bétail.
Alors pour ne pas s'embêter inutilement, on « donne » tout aux sud-africains, mais on est associé dans l'affaire qui morcellera les superficies. Un fermier qui s'installera au Congo devra payer l'hectare disons à 10 euros, cela fera 100 millions d'euros. A 50 euros l'hectare, ce qui est absolument rien, cela fera 500 millions !
Cette affaire, si elle est avérée, est un scandale économique ! Un scandale politique ! Et un
Publié le : 19 avril 2009 Rubrique : Congo-économie Source : Mwinda.org
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