Pas de pitié pour les prisonniers du boulot
A une époque aujourd'hui bannie, un chanteur corrompait nos oreilles d'une
chanson heureusement plongée dans l'oubli. Le chanteur c'était Henri
Salvador, la chanson « le travail c'est la Santé » (cf. la prison de la «
Santé). Une des assertions du sinistre personnage claironnait : « les
prisonniers du boulot ne font pas de vieux os ».:
http://fr.youtube.com/watch?v=SMPAe5lytKALoin de moi l'idée de distiller par plaisir le lugubre venin aux foules
laborieuses de notre illustre siècle. Seul un souci scientifique m'anime.
Qu'en
est-il du terme « boulot » ? Et bien boulot, nous dit le Petit Robert, vient
de « boulotter » qui voulait dire « travailler » mais ne signifie plus à
présent que « manger » et encore dans le langage familier. « Boulotter »
pour sa part vient de « boulot » que l'on retrouve dans « femme boulotte »
et qui désignait une sorte de pain « gros et court ». Or « boulot » vient à
son tour de « boule » qui dérive enfin du latin « bulla » signifiant. «
bulle ».
Les prisonniers du boulot ne sont donc emprisonnés d'autre chose que d'une
bulle. Mais quoi de plus fragile qu'une bulle ? Ainsi ne sont-ils
prisonniers que de leur propre désir d'y rester prisonnier. Puisque
évidemment ils n'auraient qu'à se syndiquer pour s'en libérer.